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23 octobre 2024

La diffusion réussie des idées radicales auprès du public français

"Les journalistes et spécialistes de l'extrême droite Pierre Plottu et Maxime Macé sont les auteurs de "Pop fascisme. Comment l'extrême droite a gagné la bataille culturelle sur Internet" (éditions Divergences). Avec nous, ils explorent toutes les ramifications de l'extrême droite sur les réseaux sociaux jusqu'aux plateaux TV et nous expliquent en quoi consiste ce pop fascisme qui se répand sur les réseaux sociaux. Cette idée que l'extrême droite contemporaine, en adoptant les codes de l'époque, notamment les réseaux sociaux, est en passe de remporter la bataille culturelle sur Internet. [...]

L'extrême droite a rapidement saisi le potentiel d'internet pour diffuser ses idées et contourner les médias traditionnels. Les deux journalistes nous apprennent que "dès les années 2000, le Front National avait été le premier parti politique à avoir créé son propre blog, son propre site Internet". Cette stratégie de "désintermédiation" visait à établir un contact direct avec un public plus large et à propager son idéologie sans filtre. Le développement de sites et de forums d'extrême droite aura largement contribué à créer des espaces d'échanges et de recrutement en ligne.

L'extrême droite a ensuite su exploiter les mécanismes des réseaux sociaux, notamment les algorithmes qui privilégient les contenus clivants pour susciter des réactions. Surtout, "les algorithmes qui tiennent les réseaux sociaux ont tendance à mettre bien plus en avant les contenus qui créent du débat", expliquent les journalistes. En misant sur la provocation, l'extrême droite s'assure une visibilité accrue. Cette stratégie, combinée à une organisation efficace et à une collaboration entre influenceurs, a permis de diffuser des idées radicales auprès d'un public plus large, contribuant ainsi à les normaliser."

Source : extraits du résumé du podcast Zoom zoom zen de France Inter.

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9 janvier 2025

La passion de la musique en Hi-Res Audio avec suggestions humaines sur Qobuz

3 février 2024

Le niveau d'hypocrisie du patron de Facebook est ahurissant

"Contenus choquants, exploitation sexuelle, harcèlement en ligne, prévention du suicide... Les réseaux sociaux sont décriés à travers le monde pour leur impact néfaste sur la jeunesse. Face à ces dérives bien documentées, le Sénat américain a organisé une audition [le 31 janvier 2024]. Les patron de Facebook (Meta) de X (anciennement Twitter) ou de Tik Tok ont été convoqués devant une commission parlementaire du Sénat américain face aux dérives observées ces dernières années. [...]

A chaque scandale impliquant son entreprise, le PDG de Meta a souvent fait son mea culpa. Une tactique qui contraste avec le positionnement de ses concurrents. Mais Mark Zuckerberg [dont la fortune est plus élevée que jamais] s'est surtout justifié soulignant les investissements continus de Meta dans les efforts entrepris par sa compagnie pour protéger les enfants. [...] Les sénateurs ont dans leur main des documents internes du géant des réseaux sociaux qui prouvent que Mark Zuckerberg a refusé de renforcer les équipes chargées de débusquer les risques pour les adolescents. "Le niveau d'hypocrisie est ahurissant", a jugé le sénateur démocrate Richard Blumenthal. Aux Etats-Unis, ces documents font partie du dossier de plainte déposé par une quarantaine d'États fin octobre. Ces derniers estiment que Meta nuit à la "santé mentale et physique de la jeunesse", évoquant les risques d'addiction, de cyber-harcèlement ou de troubles de l'alimentation.

"En tant que père de trois jeunes enfants, je sais que les questions abordées aujourd'hui sont horribles et alimentent les cauchemars de tous les parents", a déclaré Shou Zi Chew, le responsable de TikTok. "J'ai l'intention d'investir plus de 2 milliards de dollars dans la sécurité. Rien que cette année, nous avons 40 000 professionnels qui travaillent sur ce sujet". [...] "X n'est pas la plateforme de choix des enfants et adolescents", a rappelé de son côté Linda Yaccarino, la patronne de X. [...] A ce stade, la législation américaine protège largement les plateformes numériques de toute responsabilité juridique en ce qui concerne les contenus partagés sur leur site."

Source : extraits choisis d'un article d'Euronews

Dans un autre article (source), on apprend que suite à la pandémie, "Les jeunes ressentent un manque d'amitiés proches, une séparation d'avec leur communauté et le sentiment que leur identité de citoyen numérique a supplanté leur sentiment d'appartenance au monde réel", expliquent les chercheurs Stephanie Rivas-Lara et Hiral Kotecha.

Regardez la séquence vidéo d'Arte 28 minutes sur cet évènement.

3 février 2024

La connexion de nos intelligences, nos coeurs et nos imaginaires

Dans cet entretien, Geneviève Ferone Creuzet explore la possibilité d’un régime de post-croissance et esquisse des pistes pour le faire advenir. Engagée, elle enseigne sur les sujets d'économie circulaire et d'écologie industrielle, a publié plusieurs ouvrages et co-préside le Shift Project.

Ecoutez l'épisode 20 du podcast Remarquables

30 novembre 2023

L'appel à retrouver une parole juste et responsable

"Jamais l’Humanité n’a autant pris la parole. Phénomène inédit dans l’Histoire. À maints égards, opportunité inouïe. Tout le monde s’exprime. S’étale. Se lâche. Se fâche. Se casse. Partout, ça parle. Mais est-ce que ça s’écoute ? Est-ce que, pour autant, on se parle ? Qu’est-ce qui se joue ? Et qu’est-ce qui se dit ? Désormais, chacun peut donner de la voix. Prendre parti. Publier son avis. Proclamer à hauts cris. En un sens, c’est une chance. Un sens – oui, mais lequel ? Tout dépend. Qui parle. Pour dire quoi. Au nom de quoi. À qui. Comment. Pour quoi.

Il faut voir comme on se parle – l’humanité en moins. De ce pouvoir extrême, quels usages faisons-nous ? De façon écrasante, de nos jours, l’énonciation dégénère en dénonciation. En stigmatisation. En ségrégation. En destruction. Et qu’ils visent ou non à détruire, pour beaucoup les mots ne veulent plus rien dire. Gage d’inconscience, vide de sens et pleine de violence – telle s’impose aujourd’hui, dans sa version massive, la parole. [...] Dans nombre de ses modalités actuelles, en mauvaise part, à mesure qu’elle prolifère, la parole se dégrade. Sa profération induit trivialisation, instrumentalisation, division, humiliation. Bien souvent, elle avilit l’individu. Elle annihile le sens. Elle galvaude le locuteur. Elle dénigre l’autre. Elle déchire la société.

Nous appelons ici à la valorisation de la parole. Pour que l’explosion de l’expression marque la consécration de notre humanité. Non son atomisation. [...] Cette globalisation de la parole, nous n’avons aucune intention de la laisser se résumer à sa dégradation. À sa standardisation et à son uniformisation. À sa marchandisation et à sa massification. À son aliénation et à son arriération. À sa pulvérisation en particules rudimentaires – en graines de néant. Jamais nous ne limiterons toutes nos pensées à un cliché. Deux posts. Trois secondes. Quatre émoticônes. Deux cent quatre-vingts caractères. Jamais nous ne reconnaîtrons au seul contenant la toute-puissance de dicter tout contenu. Au médium le pouvoir absolu de n’y voir rien que du flux."

Source : extraits choisis des premières pages du livre de Gérald Garutti, "Il faut voir comme on se parle : Manifeste pour les arts de la parole"

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19 juillet 2023

L’identification aux marques, le signe d’un manque d’esprit critique ?

"Au cinéma, les marques ne se contentent plus des seconds rôles: de "Barbie", qui sort mercredi en salles, à "Ferrari" de Michael Mann ou "House of Gucci" de Ridley Scott, elles fournissent désormais la matière première des films. [...] "On parle toujours de placement de produits mais ça n'a plus rien à voir avec ce qu'on faisait il y a un siècle. Le public a une telle proximité avec les marques que ça ne pose plus de problème" d'y consacrer un film entier, explique à l'AFP Jean-Marc Lehu, spécialiste du management à l'université Panthéon-Sorbonne.

"L'idée (de ce genre de films) est de mettre en avant des valeurs, une personnalité ou un rôle que la marque veut se donner dans la société", complète Géraldine Michel, directrice de la chaire marques et valeurs à l'IAE Paris-Sorbonne. "Les gens sont séduits par ces histoires. Les marques ont pris la place de la politique et de la religion, elles créent des communautés et les films en font partie. C'est de la propagande à grande échelle".

Source : extraits choisis d'un article de La Libre

26 juillet 2023

L'utilisation malavisée de ChatGPT posera des problèmes aux entreprises

"Selon une étude de la firme de sécurité Kaspersky, 42 pour cent des Belges partageraient des données professionnelles personnelles avec ChatGPT, ce qui pourrait mettre en danger des informations sensibles. [...]

"Malgré des avantages évidents, il ne faut pas perdre de vue que les outils de modèle de langage tels ChatGPT sont encore et toujours imparfaits, parce qu’ils sont enclins à générer des allégations non-fondées et à créer des sources d’informations", déclare Vladislav Tushkanov, Data Science Lead chez Kaspersky. Le respect de la vie privé est également un important problème, selon lui, parce que nombre de services IA peuvent réutiliser les apports des utilisateurs pour améliorer leurs systèmes. Cela peut à son tour provoquer des fuites de données. "C’est par exemple le cas, si des pirates volent les données de connexion d’utilisateurs, ou les achètent dans le web clandestin (dark web). Ce faisant, ils pourraient avoir accès à des informations potentiellement sensibles stockées sous la forme d’historiques de clavardage (chat)."

Malgré ce type de risques, quasiment la moitié des employés belges (44%) signalent donc qu’il manque pour l’instant complètement de règles et de directives à propos de l’utilisation d’outils d’IA générative au travail. [...] Les chercheurs en tirent la conclusion que la plupart des organisations belges ne prennent pas la chose suffisamment au sérieux. [...]

Par ailleurs, un quart des cinq cents personnes interrogées admettent utiliser ChatGPT au travail pour des tâches textuelles, comme générer du contenu, traduire et améliorer des textes. A peu près le même nombre (24%) utilise l’outil d’IA comme moyen de gagner du temps pour ce qui est par exemple de résumer de longs textes ou des notes de réunions. S’il est question d’utiliser ensuite le contenu ainsi obtenu, plus de la moitié des employés (57%) indiquent ne pas en contrôler l’exactitude ou la fiabilité avant de le faire passer pour leur propre travail."

Source: extraits choisis d'un article de Data News

10 avril 2023

Les accusations souvent entendues à l’égard de la jeunesse

"Les jeunes seraient « paresseux », « incultes », voire « égoïstes et individualistes ». J’ai entendu mille fois ces accusations à l’égard de la jeunesse : dans des dîners de famille, à la volée chez un commerçant ou portées par des éditorialistes remontés à la télévision. Ces jugements négatifs sont non seulement infondés, mais aussi délétères pour toute la société. Entre le chômage, la dégradation de la situation économique, la pandémie et l’urgence écologique, les jeunes doivent composer avec des paramètres inédits. De plus, les défauts qu’on leur prête sont souvent le symptôme d’une profonde incompréhension – d’un désintérêt ? – pour leurs préoccupations et leurs pratiques. De fait, que ce soit en entreprise, en politique ou dans les médias, les jeunes ont rarement voix au chapitre. C’est la raison pour laquelle j’ai voulu leur donner la parole, dans cette enquête afin de raconter les difficultés auxquelles ils font face et de montrer les solutions qu’ils proposent pour garder espoir en l’avenir. Car une chose est certaine : les jeunes ne correspondent pas aux clichés qui leur collent à la peau. Il est plus qu’urgent de changer de regard sur la jeunesse : la solidarité intergénérationnelle est indispensable pour faire face aux bouleversements qui nous menacent tous."

Source: quatrième de couverture du livre de la journaliste Salomé Saqué "Sois jeune et tais-toi"

7 janvier 2023

Les méthodes des mouvements populistes dévoilées

"Révélations sur les procédés et les techniques à l'origine du nouveau populisme. "Le carnaval, disait Goethe en parcourant les rues de Rome, est une fête que le peuple se donne à lui-même." Un peu partout, en Europe et ailleurs, la montée des populismes se présente sous la forme d'une danse effrénée qui renverse toutes les règles établies et les transforme en leur contraire.

Aux yeux de leurs électeurs, les défauts des leaders populistes se muent en qualités. Leur inexpérience est la preuve qu'ils n'appartiennent pas au cercle corrompu des élites et leur incompétence, le gage de leur authenticité. Les tensions qu'ils produisent au niveau international sont l'illustration de leur indépendance et les fake news, qui jalonnent leur propagande, la marque de leur liberté de penser.

Dans le monde de Donald Trump, de Boris Johnson et de Matteo Salvini, chaque jour porte sa gaffe, sa polémique, son coup d'éclat. Pourtant, derrière les apparences débridées du carnaval populiste, se cache le travail acharné de dizaines de spin-doctors, d'idéologues et, de plus en plus souvent, de scientifiques et d'experts du Big Data, sans lesquels ces leaders populistes ne seraient jamais parvenus au pouvoir.

Ce sont ces ingénieurs du chaos, dont Giuliano da Empoli brosse le portrait. Du récit incroyable de la petite entreprise de web-marketing devenue le premier parti italien, en passant par les physiciens qui ont assuré la victoire du Brexit et par les communicants qui ont changé le visage de l'Europe de l'Est, jusqu'aux théoriciens de la droite américaine qui ont propulsé Donald Trump à la Maison Blanche, cette enquête passionnante et inédite dévoile les coulisses du mouvement populiste global.

Il en résulte une galerie de personnages hauts en couleur, presque tous inconnus du grand public, et qui sont pourtant en train de changer les règles du jeu politique et le visage de nos sociétés."

Source: Résumé du livre Les ingénieurs du chaos de Giuliano da Empoli chez JC Lattès en 2019.

Comme suggéré par l'auteur à la page 186 du livre, regardez la bande annonce du film Brexit.

26 novembre 2022

L'espace public en démocratie se transforme à cause des réseaux sociaux

Cet extrait de RTBF Auvio évoque le changement des fondements de la démocratie et du rapport à la vérité.

Pour aller plus loin

"Si, au début des années 2000, le numérique puis les réseaux sociaux étaient vus comme une formidable opportunité de revitalisation de la démocratie, aujourd’hui le pessimisme domine. L’espace public est de plus en plus polarisé, les fausses informations pullulent et les usines à troll fleurissent. Au travers du regard de deux philosophes : Antoinette Rouvroy (Unamur) et Mark Hunyadi (UCLouvain), cet épisode évoque à la fois les problèmes mais aussi des solutions pour protéger nos démocraties mais aussi, plus fondamentalement, l’esprit humain."

9 septembre 2022

Le russe moyen a-t-il perdu la tête ?

Les témoignages réels repris dans le livre "Z comme zombie" nous font prendre conscience que, pour les russes, les pires mensonges sont des vérités criantes. On comprend pourquoi, en parlant de l'Ukraine, l'utilisation du mot "dénazification" n'émeut pas le russe moyen. Comme dans l'oeuvre orwellienne "1984", nous voilà confronté à une réalité glaçante faisant furieusement pensé à une dystopie, où les idéologies s'affrontent. En tout cas, une réalité russe où la désinformation et le "patriotisme" mènent au pire. Déjà, force est de constater que la vérité est le mensonge. Dès 1949, George Orwell nous avait mis en garde de ne jamais tomber dans cette vision du monde : "La guerre, c'est la paix. La liberté, c'est l'esclavage. L'ignorance, c'est la force."

8 août 2022

Les silences qui précèdent les grands périls

"Le capitalisme néolibéral n’est plus compatible avec le défi climatique. [...] Nous avons aspiré le futur de la planète au travers de sa surexploitation. Le négoce du futur permet son emprunt. Les marchés financiers permettent d’ailleurs donc de « remonter » le temps puisque la spéculation est d’ailleurs un pari sur le futur. Mais parfois, la remontée du temps nous plonge dans notre passé puisque nous détruisons ce que, dans le passé, la nature a mis des millions d’années à produire (eau, matières premières, forêts, mers). C’est ainsi qu’en consommant deux planètes par an, nous puisons dans une planète qui n’a pas le temps de se régénérer. [...]

Chaque jour me rend plus inquiet, car nous sommes devant les silences qui précèdent les grands périls. Depuis des années, nous savons que le paroxysme des déséquilibres climatiques, environnementaux, migratoires, sociaux, etc. se situe en 2030 au plus tard. Mais, en vérité, ce sera plus tôt. Et c’est même maintenant. Nous devons faire face à des périls que nous avions pourtant collectivement pressentis, mais auxquels, individuellement et secrètement, nous croyions avoir échappé. À tort. Sans action décisive, nous serons les prophètes du néant. [...]

Il n’est pas exclu que les articulations politiques collectivisent des pans entiers de l’économie privée, sous forme de confiscation et de nationalisations. Si la survie de l’humanité ne passe pas par l’économie de marché et que nous sommes incapables de déployer une intelligence collective démocratique pour aborder les défis environnementaux, alors des régimes autoritaires, et peut-être génocidaires, apparaîtront. [...] Si nous ne nous faisons pas face aux plus grands périls environnementaux qui surviennent, nous serons bientôt en 1937."

Source: extraits choisis d'un article de Bruno Colmant, économiste et membre de l’Académie Royale de Belgique.

16 février 2022

Les opinions au même niveau que les savoirs : comprendre avec le sociologue JC Kaufmann

"Alors que, dans les institutions républicaines, le savoir était organisé et hiérarchisé, nous assistons actuellement au vaste mouvement de sa démocratisation, où l'opinion de chacun tend à valoir autant qu'un résultat issu de la recherche scientifique, avec ses méthodes, ses protocoles et ses validations. Dans les arènes médiatiques (appels téléphoniques des auditeurs à la radio, témoins en plateau à la télévision, commentaires sur la Toile), les uns et les autres sont souvent placés au même niveau, et il n'est pas rare que les confrontations tournent au désavantage des spécialistes, handicapés par la complexité de ce qu'ils veulent démontrer ou par leur ton professoral, de plus en plus perçu comme une insupportable et hautaine arrogance.

Quand une polémique éclate, les articles favorables aux diverses croyances sceptiques sont beaucoup plus nombreux que ceux qui défendent les résultats scientifiques prouvés (56% contre seulement 10% sur la question de l'impact des ondes, par exemple). Car la tendance à se défier du "système" (dont la science est partie prenante, avec les politiques et les médias) est grandissante. C'est désormais l'opinion venue de la base qui est en position de force, condamnant les détenteurs d'un savoir éprouvé à n'intervenir qu'avec modestie et discrétion. Ou à adopter le même style péremptoire que leurs contradicteurs, les mêmes simplifications, les mêmes semi-vérités. Ainsi voit-on de nombreux scientifiques publier (et diffuser dans la presse grand public) leurs résultats fragmentaires avant qu'ils ne soient suffisamment vérifiés.

Quant aux journalistes, dont une majorité est précarisée et condamnée à travailler dans des conditions d'urgence, ils ont du mal à mettre en oeuvre une véritable procédure de vérification des sources et privilégient souvent la solution de facilité, qui est de reproduire une information fournie par un service de communication cherchant à imposer sa propre "vérité" ou résultant d'une rumeur non fondée, et qui tourne ensuite en boucle. Quand ils cherchent à vérifier, ils sont pris dans le piège du populisme de la Toile, qui se méfie des médias dits "mainstream", soupçonnés de pratiquer la rétention d'informations et de ne pas livrer au bon peuple les vérités cachées, ce qui, paradoxalement, peut placer en position d'autorité les auteurs des rumeurs les plus folles. Ce qui vient d'en bas est drapé dans la vertu des vérités révélées, avec l'excitation qui sied à cet exercice.

La démocratisation du savoir a bien entendu une face positive - il faut toujours commencer par le souligner. Ainsi les milieux modestes utilisent-ils Internet pour découvrir le sens des mots compliqués et résister aux injonctions bureaucratiques. Cette démocratisation brisent les hiérarchies et les privilèges réservés à une élite. Mais la manière dont elle se développe génère des effets pervers considérables, dont nous commençons seulement à saisir toute la gravité. La principale conséquence négative de l'élargissement du savoir tel qu'il se produit actuellement est qu'il s'inscrit dans des univers de plus en plus fermés sur eux-mêmes."

Source: extraits du chapitre "Les savoirs égalitaires" du livre Jean-Claude Kaufmann "La fin de la démocratie: Apogée et déclin d'une civilisation."

31 mai 2022

L’humanité est condamnée de s’éduquer à la sobriété pour survivre

"Une planète en tension où les humains sont appelés à repenser leur rapport au vivant, à questionner la place centrale qu’ils occupent, à s’interroger sur la politique de conservation du vivant non-humain, et à reprendre le contrôle de leurs cerveaux pour habiter la terre autrement, coexister avec le vivant et se sauver eux-mêmes… ; car la planète, elle, nous survivra."

Anthropocène: comment l’humanité peut changer l’horizon, c’est le sujet de l’émission « De cause à effets » avec pour invités Sébastien Bohler, Docteur en neurosciences, et François Sarrazin, Professeur d'écologie à Sorbonne Université.

Et dans le prolongement de cette thématique, comment nous devons adopter collectivement un regard lucide sur la trajectoire d'émission de nos pays développés en lien avec le changement climatique.

19 février 2022

La guerre en Europe aura-t-elle lieu ?

"Le président américain Joe Biden s'est déclaré "convaincu" vendredi que Vladimir Poutine avait décidé d'envahir l'Ukraine, et que la multiplication des heurts visait à créer une "fausse justification" pour lancer l'offensive dans la semaine ou même les jours qui viennent. [...]

Washington estime que la Russie dispose de 190.000 hommes aux abords de l'Ukraine et sur son territoire, en comptant les forces séparatistes. C'est "la plus grande concentration de troupes militaires" depuis la Guerre froide, a dit le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, jugeant que Moscou était "en mesure, sans autre forme d'avertissement, d'attaquer".

Le Pentagone a affirmé vendredi qu'entre 40% et 50% de ces troupes russes sont "en position d'attaque", et que les heurts sur la ligne de front font partie d'une "campagne de destabilisation de l'Ukraine" préliminaire à une invasion. Le ministre de la Défense américain Lloyd Austin a lui aussi affirmé à la chaîne ABC que la Russie avait rassemblé les éléments "nécessaires à une invasion réussie". "Je ne crois pas que ce soit du bluff", a-t-il déclaré. [...]

Le président de la chambre basse du Parlement russe, Viatcheslav Volodine, a assuré que la Russie allait "défendre" les "citoyens russes" qui vivent dans les territoires séparatistes en Ukraine si leurs vies étaient "menacées".

"Si la guerre commence, c'est l'Europe qui deviendra le théâtre des hostilités", a-t-il prévenu."

Source: article de La Libre

Lire également la chronique sur La Libre "J’ai trop vu et trop vécu pour croire un seul mot émanant de Moscou"

Ecoutez le podcast de Christine Ockrent "Affaires Etrangères": Guerre hybride: l'expérience de l'Ukraine

13 février 2022

Les menaces systémiques ne nous font pas reculer

"Nous nous sommes fourvoyés. Ce n’est pas l’information qui nous fait défaut, nous en sommes submergés mais le fait est que nous avons appris à nous déconnecter des sentiments que nous inspirent l’accumulation des déchets et de la pollution qui s’ensuit, les sécheresses à répétition ou les inondations dévastatrices, la perte vertigineuse de la biodiversité, l’exploitation déraisonnable des ressources limitées de la planète et c’est bien là que le bât blesse : nous avons perdu le contact avec la nature dont nous sommes faits."[...]

Nous constatons une « déconnexion entre l’ampleur des menaces avérées et le calme avec lequel on continue tranquillement à faire comme si de rien n’était » (Bruno Latour).

"Tout nous porte donc à continuer à nous comporter « as usual », à considérer la nature comme notre propriété dont on peut user et abuser comme nous y invite la course effrénée à la croissance du PIB (Produit Intérieur Brut) considéré comme le seul indice de nature à mesurer notre bonheur. Il faut donc et de toute urgence décoloniser nos esprits, les libérer de cette chasse à la possession d’objets censés nous combler. Bien plus, il s’agit de prendre conscience que la nature n’est pas un stock de ressources inépuisables, mais que nous en faisons partie, que nous en sommes l’expression dont la pointe semble même la conduire à sa perte. [...]

A moins d’opérer une véritable révolution, en retrouvant notre véritable place dans la nature, en cessant de vouloir en être les propriétaires exclusifs, en renouant avec l’émotion d’en faire humblement partie, dans un souci de sobriété et surtout de solidarité."

Source : extraits choisis d'un article de La Libre

Voir aussi l'article de La Libre Les impacts dévastateurs du réchauffement au crible de 195 pays

12 février 2022

Les cent dernières secondes avant minuit

"La désinformation, les menaces pour la sécurité mondiale, l'absence de politiques climatiques prêtes à être mises en oeuvre, les technologies de rupture et l'insuffisance de la réponse mondiale au COVID-19 conduisent à un environnement de menace mixte."

Source : communiqué de presse incluant une liste de recommandations

"L’horloge de la fin du monde ou horloge de l'Apocalypse (Doomsday Clock en anglais) est une horloge conceptuelle créée en 1947, peu de temps après le début de la guerre froide, et mise à jour régulièrement depuis par les directeurs du Bulletin of the Atomic Scientists de l'université de Chicago, sur laquelle « minuit » représente la fin du monde, l'apocalypse.

L'horloge utilise l'analogie du décompte vers minuit pour dénoncer le danger qui pèse sur l'humanité du fait des menaces nucléaires, écologiques et technologiques. Le nombre de minutes restant avant minuit est mis à jour après une estimation collégiale. Depuis le 23 janvier 2020, l'horloge affiche minuit moins cent secondes (23 h 58 min 20 s) en raison de l'« incapacité des dirigeants mondiaux à faire face aux menaces imminentes d'une guerre nucléaire et du changement climatique »."

Source : Wikipedia

Consultez la déclaration pour 2022.

Voir aussi l'évolution du danger depuis 1947.

25 juillet 2021

La poésie pour vaincre la société de l'impulsion

 

"Nous savons qu'un complot mortifère sape nos sociétés. Je dis et redis à mes enfants : les écrans ce n'est pas la vie. Ils détruisent le plus beau divertissement, l'ennui, le temps perdu, la rêverie. Le numérique ce n'est pas un changement technique, c'est le global deshumanisé. Il y a comme un hic. Où sont les siestes dans la chaleur grésillante de l'été et le blé en herbe, les yeux vers le grand ciel ? » Dans cet essai d'humeur, ce pamphlet contre le totalitarisme des écrans, Olivier Frébourg oppose le temps de la poésie, la beauté et la lenteur pour sortir de l'accélération du temps et de l'enfer des écrans."

Extrait du quatrième de couverture de "Un si beau siècle: La poésie contre les écrans" d'Olivier Frébourg.

9 février 2021

La Russie tente de diviser les européens

"Le gouvernement russe emprunte un chemin particulièrement autoritaire, où la liberté d'expression et la société civile n'ont quasiment plus de place. Les autorités russes ont montré dans l'affaire Navalny qu'elles étaient sans pitié.[...] La Russie considère notre système démocratique et libéral comme une menace existentielle. Nos homologues russes n'ont pas l'intention de poursuivre le dialogue si nous continuons à nous attacher aux droits de l'homme et à la liberté d'expression.[...] La Russie a tenté de nous diviser, mais ils n'ont pas réussi, ni sur l'Ukraine ni sur les sujets de droits de l'homme, ça a clairement été un de leurs objectifs durant ma visite, mais il ne faudrait pas que nous tombions dans leur piège."

- Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne. Février 2021. Source : La Libre

27 juin 2021

La relation rationnelle au réel n'est pas tout

"Le journaliste que je suis, mais aussi plus globalement notre société, on s'illusionne en pensant qu'il peut y avoir des réponses à toutes les questions à travers le seul prisme de la Science et de notre relation rationnelle au réel. J'ai découvert que la Science est un outil formidable mais qui façonne un mode de pensée enfermant. Parce que tout ce qui échappe à l'expérimentation scientifique ne peut alors plus participer de notre réflexion. Un peu comme si on disait que l'amour n'étant ni quantifiable ni vérifiable, nous n'allions pas tomber amoureux."

- Stéphane Allix, journaliste. Source: Article "Nous sommes des âmes éternelles" de la revue Inexploré, numéro 51.

21 octobre 2021

Le prix Sakharov 2021 du Parlement européen décerné à Alexeï Navalny

"Le prix Sakharov met en lumière, chaque année, des personnes ou groupes défendant de manière remarquable la liberté de pensée et les droits humains. [...] Alexei Navalny "a combattu sans relâche la corruption du régime de Vladimir Poutine. Cela lui a coûté sa liberté, et presque sa vie. Le prix décerné aujourd'hui reconnait son immense bravoure. Nous réitérons notre appel à le libérer immédiatement", a communiqué le président du Parlement David Sassoli via Twitter."

Source: La Libre

7 août 2021

Le monde de demain par Yuval Noah Harari

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extrait choisi: "Les technologies nous dominent déjà, de plus en plus aujourd'hui. Les gens sont de plus en plus contrôlés par leurs smartphones et leurs ordinateurs. Nos vies sociales et nos opinions politiques sont modelées par les algorithmes de Google ou de Facebook. Avant, les gens cherchaient des informations, maintenant ils utilisent Google. C'est la première fois dans l'Histoire qu'autant de gens utilisent la même plate-forme, pour obtenir des informations à propos de tant de questions et de sujets différents. L'algorithme de recherche de Google est à présent une des forces les plus puissantes du monde. [...] Je pense que dans très peu de temps - 10, 20 ou 30 ans - de plus en plus de décisions importantes concernant la vie des gens seront prises par des algorithmes. Je ne dis pas forcément que c'est totalement mauvais - il y a de gros avantages à dépendre de la sagesse de ces sytèmes puissants - mais il y a aussi des dangers qui en découlent."

Voir la transcription de l'interview sur le site Fnac

21 juillet 2021

La Loi climat des petits pas adoptée par le Parlement français

"Alors que l’Etat a déjà été condamné pour inaction climatique, la loi climat et résilience est un immense gâchis qui ne permettra pas de remettre la France sur la bonne trajectoire. Depuis 2017, le fossé n’a fait que se creuser entre les discours d’Emmanuel Macron sur l’urgence climatique et les actes au niveau national. La loi finale fait notamment l’impasse sur les premiers responsables du réchauffement climatique, les multinationales. Le gouvernement et les élus ont systématiquement refusé d’intégrer une obligation pour les grandes entreprises de publier une trajectoire de réduction de leur empreinte carbone. Une telle obligation aurait pourtant renforcé la résilience des entreprises tout en favorisant une transition plus juste."

- Alexandre Poidatz, détenteur d'un Master en économie politique internationale, est chargé de plaidoyer pour l’ONG Oxfam France. Source : Réseau action climat

11 mai 2021

La liberté naturelle diffère de la liberté civile

"Il faut bien distinguer la liberté naturelle qui n'a pour bornes que les forces de l'individu, de la liberté civile qui est limitée par la volonté générale, (...) on pourrait sur ce qui précède ajouter à l'acquis de l'état civil la liberté morale, qui seule rend l'homme vraiment maître de lui; car l'impulsion du seul appétit est esclavage, et l'obéissance à la Loi qu'on s'est prescrite est liberté."

- Jean-Jacques Rousseau, dans son ouvrage Du contrat social.

14 décembre 2020

Le retour aux technologies plus simples et recyclables

Nous connaissons mal la manière dont sont fabriqués tous les produits que l’on consomme et la quantité de ressources nécessaires à notre mode de vie. Malheureusement, les progrès technologiques sont rarement accompagnés de sobriété. Dans cet entretien, nous essayons de comprendre comment la limite de nos ressources en métaux conditionne demain.

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