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25 janvier 2024

Les Etats-Unis vont-ils vivre bientôt une insurrection ou une guerre civile ?

"Certains jugeront qu'envisager la possibilité d'une guerre civile n'est que de l'alarmisme. Tout ce que je puis affirmer, c'est que la réalité dépasse déjà les prédictions les plus redoutables. Imaginez simplement revenir dix ans en arrière en expliquant qu'un président républicain soutiendrait ouvertement la dictature nord-coréenne. Aucun théoricien du complot n'aurait osé en rêver. Ceux qui ont anticipé une telle dérive ne l'ont que vaguement entrevue. Les tendances étaient perceptibles ; leur aboutissement ne l'était pas.

A l'heure actuelle, des shérifs, qui sont des élus, vantent la résistance contre le pouvoir fédéral. A l'heure actuelle, des milices s'entraînent et s'arment afin de se préparer à la chute de la République. A l'heure actuelle, des doctrines défendant une liberté radicale, hors d'atteinte, messianique se répandent sur Internet, dans des émissions de radio, sur les chaînes de télévision câblées ou par la bouche de propagandistes qui haranguent les badauds dans les galeries marchandes. A l'heure actuelle, l'américanisme radical brûle d'arriver à une résolution violente de ses fantasmes politiques. A l'heure actuelle, la foi en la démocratie est en miettes. Au lendemain de l'élection de Joe Biden, un sondage de l'institut YouGov constatait que 88% des Républicains ne croyaient pas qu'il l'eût emporté de façon légitime.

Les services de renseignement d'autres pays préparent des dossiers sur les scénarios éventuels d'un effondrement de l'Amérique. Les gouvernements étrangers doivent se préparer à une Amérique post-démocratique, à une super-puissance autoritaire, et par conséquent beaucoup moins stable. Ils doivent se tenir prêts à une Amérique fracturée, tellement minée par ses crises internes qu'elle sera incapable d'élaborer des politiques intérieures ou étrangères, et encore moins de les mettres en oeuvre. [...] La prochaine guerre civile américaine n'est plus de la science-fiction. Les plans de la première bataille ont déjà été dressés. Et pas par des romanciers. Par des colonels."

Source: extrait des pages 28 et 29 du livre du journaliste Stephen Marche "USA: La prochaine guerre civile".

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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4 janvier 2024

L'usage excessif des écrans par les jeunes est problématique

"Troubles du comportement, déficits intellectuels, problèmes de santé… : l’usage généralisé du numérique par les jeunes est lourde de conséquences. Première synthèse des études scientifiques sur le sujet, ce livre est celui d'un homme en colère. « Ce que nous faisons subir à nos enfants est inexcusable. Jamais sans doute, dans l’histoire de l’humanité, une telle expérience de décérébration n’avait été conduite à aussi grande échelle », estime Michel Desmurget. La conclusion est sans appel : attention écrans, poisons lents !

Extrait 1 : « Le message de la littérature scientifique disponible est clair, cohérent et indiscutable : plus les élèves, lycéens, collégiens et étudiants consacrent de temps à leurs joujoux numériques et plus leur niveau scolaire baisse. Jamais sans doute, dans l’histoire de l’humanité, une telle expérience de décérébration n’avait été conduite à aussi grande échelle. »
Extrait 2: « Si vous voulez assurer l’acquisition et la maîtrise du langage chez l’enfant : éloignez-le des écrans, parlez-lui, lisez-lui des histoires et offrez-lui des livres ; et si vraiment les romans ne passent pas, essayez les bandes dessinées dont la richesse langagière est souvent stupéfiante. »

"La lecture pour le plaisir est un antidote majeur à l’émergence du « crétin digital ». Des centaines d’études montrent le bénéfice massif de cette pratique sur le langage, la culture générale, la créativité, l’attention, les capacités de rédaction, les facultés d’expression orale, la compréhension d’autrui et de soi-même, ou encore l’empathie, avec, in fine, un impact considérable sur la réussite scolaire et professionnelle. Aucun autre loisir n’offre un éventail de bienfaits aussi large. À travers la lecture, l’enfant nourrit les trois piliers fondamentaux de son humanité : aptitudes intellectuelles, compétences émotionnelles et habiletés sociales. La lecture est tout bonnement irremplaçable. Michel Desmurget montre que nos enfants lisent de moins en moins, rejette l’idée qu'un écolier sait lire quand il sait déchiffrer et rappelle que lire c’est comprendre. Enfin, tout en reconnaissant l'importance de l'école, il souligne le rôle essentiel du milieu familial pour susciter puis entretenir le goût de la lecture chez l’enfant."

Sources : 4eme de couverture des livres de Michel Desmurget, docteur en neurosciences et directeur de recherche à l’INSERM.

Pour éviter La fabrique du crétin digital, alors Faites-les lire !

Dans un sketch parodique de 1991, Les Inconnus plaisantaient avec ces paroles de chanson : "Je sais pas comment te dire ce que je peux pas écrire, faudrait que j'invente des mots qu'existent pas de la dico..." Eh bien, 30 ans plus tard, c'est le cas !

Ecoutez également l'émission "La tyrannie du divertissement" du podcast Trendspotting

3 décembre 2023

La désinformation exacerbe la crise climatique selon les experts

"L'année 2023 "a été marquée par une "remise au goût du jour" du déni pur et simple, ainsi que par de nouvelles tactiques insidieuses de la part des grandes compagnies pétrolières et des acteurs de mauvaise foi en ligne." [...] Alors que démarre la COP28, le monde est aux prises avec une crise environnementale aggravée par une crise de l'information", déclare Jennie King, responsable de la recherche et de la politique climatique à l'Institut pour le dialogue stratégique et chef du service de renseignement de la coalition CAAD.

"L'année 2023 devrait être la plus chaude jamais enregistrée, mais l'action climatique urgente dont nous avons besoin est entravée par le négationnisme et les campagnes virales qui rejettent le consensus scientifique. Non seulement ces contenus sapent le soutien du public, mais ils érodent de plus en plus la confiance dans les institutions et donnent lieu à des actes de violence", ajoute-t-elle. [...] "Les efforts du lobby des combustibles fossiles se recoupent désormais avec les relations publiques parrainées par l'État, les escrocs en ligne et les désinformateurs commerciaux", affirme Jennie King. [...]

Les sites web qui publient des informations erronées sur le climat tirent profit de la publicité. [...] Les échanges publicitaires (ou sociétés "ad tech") sont des places de marché sur lesquelles la publicité en ligne est achetée et vendue. [...] La CAAD a constaté que plus de 150 plateformes publicitaires permettaient la monétisation de la désinformation sur le climat. [...]

Les grandes compagnies pétrolières dépensent des millions en publicités Meta. Jusqu'à 5,21 millions de dollars (4,75 millions d'euros) d'argent publicitaire ont été dépensés par seulement 13 entreprises de combustibles fossiles entre janvier et octobre 2023, selon la bibliothèque publicitaire de Meta. Ces entreprises ont ainsi obtenu 2 562 publicités sur Facebook. [...] Les entreprises du secteur des énergies fossiles - Shell, ExxonMobil, BP et TotalEnergies - ont représenté 98 % des dépenses publicitaires identifiées. [...]

Les médias d'État russes instrumentalisent les débats sur le climat. Dans les tempêtes développées sur les réseaux sociaux autour de la désinformation climatique, les comptes soutenus par l'État russe apparaissent comme des agents du chaos. Selon la CAAD, ces comptes n'ont pas de message cohérent sur la science du climat, l'action ou l'approvisionnement en énergie. Au contraire, ils utilisent ces sujets pour renforcer leurs campagnes d'influence visant respectivement les pays occidentaux et les pays du Sud."

Source : extraits choisis d'un article d'Euronews

16 janvier 2024

L'humanité doit changer son mode d'évolution pour survivre

"Tim Waring étudie le changement climatique sous l'angle de l'évolution culturelle. [...] Le chercheur et son équipe ont analysé les ressources utilisées par les humains, l'impact qu'ils ont eu sur leur environnement et l'évolution de leurs traits culturels au cours des 100 000 dernières années. Ils ont constaté que les humains ont systématiquement trouvé des solutions aux problèmes auxquels ils étaient confrontés. [...] Cependant, nos antécédents ne suffiront pas à nous sauver à long terme.

Les auteurs de l'article ont constaté que l'une des raisons pour lesquelles nous sommes si doués pour résoudre les problèmes est que nous utilisons les ressources plus intensément et à plus grande échelle chaque fois que nous en avons besoin. Leur analyse a également mis en évidence le fait que l'homme ne trouve des solutions qu'une fois que les problèmes ont déjà été maîtrisés. Dans le contexte du changement climatique, ces approches pourraient ne pas fonctionner car nous n'avons qu'une seule planète. [...] Notre évolution montre que nous avons su résoudre des problèmes entre groupes, mais jamais à cette échelle et avec cette complexité. [...]

Même si nous parvenons à résoudre le problème du changement climatique, nous devrons faire attention à nos traits d'évolution, car les humains ont tendance à être compétitifs pour les ressources, selon ces experts. Auparavant, les conflits causés par notre compétitivité étaient gérables parce que la planète était plus saine. Mais à l'heure où nous testons les limites de la planète, les chercheurs craignent qu'il n'y ait aucun moyen de contourner ce comportement destructeur. [...] L'une des pistes évoquées dans le document est la mise en place de systèmes d'autolimitation et de régulation du marché."

Source: extraits choisis d'un article d'Euronews

15 janvier 2024

La société occidentale fonctionne à haute fréquence et c'est problématique

Stéphane Foucart est journaliste au Monde, en charge des sciences de l’environnement. Ses enquêtes l’ont conduit à s’intéresser aux effets délétères des pesticides sur l’environnement et sur l’homme, aux conséquences de la crise climatique, ou encore aux interactions multiples et complexes entre la communauté scientifique et la société dans son ensemble. Dans l'épisode de ce podcast, il revient sur son parcours de journaliste et dévoile plusieurs aspects de la grille de lecture que ses enquêtes lui ont permis de façonner.

Lien vers le Podcast Remarquables "Stéphane Foucart - Enquêter dans le monde anthropocène".

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10 janvier 2024

La redistribution des tâches entre humains et IA adviendra-t-elle ?

"Il n’est mathématiquement pas concevable de maintenir les niveaux de vie en Occident sans un recours massif à l’automatisation ou à l’immigration. Si bien qu’à contre-courant des prédictions alarmistes, il ne serait peut-être pas absurde de se demander si l’IA sera capable d’automatiser suffisamment vite et fort pour compenser l’inéluctable érosion de la population active. Il est permis d’en douter à plusieurs titres.

D’abord, parce qu’incorporer la technologie dans le fonctionnement des organisations est infiniment plus complexe qu’un rapide dialogue avec ChatGPT. Ceci implique qu’il y aura inéluctablement un décalage qualitatif et temporel important entre les possibilités théoriques de la technologie, et son effet productif réel. Ensuite, parce qu’aussi intelligente qu’elle parvienne à se faire passer, la technologie a plus de chances de déplacer ou modifier le travail que de le supprimer purement et simplement. Si la numérisation a largement contribué à une information plus abondante, riche et accessible, elle s’est aussi accompagnée d’un accroissement considérable des tâches bureaucratiques.

Plus la machine est capable de calculer, de raisonner voire de produire, et plus nous nous transformons – comme le prédisait déjà Thoreau au XIXe siècle – en outils de nos propres outils, désormais chargés de l’alimenter en données, et de contrôler son travail en sortie. Un médecin ne travaille pas moins qu’avant, mais il passe désormais plus de temps à encoder des prescriptions et autres documents électroniques ou à contrôler le diagnostic posé par une machine qu’à soigner ses patients. Le danger n’est donc sans doute pas la disparition du travail, mais une profonde redistribution des tâches entre humains et machines, laissant aux secondes la part la plus productive des activités."

Source : extrait d'un article de La Libre par les Professeurs Nicolas van Zeebroeck (ULB) et Bruno Colmant (ULB et UCLouvain).

5 janvier 2024

Le temps consacré aux machines est perdu pour les relations humaines

"Les interactions avec des ordinateurs et autres robots n’ont jamais été aussi élevées : aux “Dis Siri” et “Ok Google” se sont ajoutés les “Bonjour ChatGPT” et “Hello Bard”, sans compter sur les centaines de milliers d’utilisateurs d’applications comme Replika par exemple. Pour rappel, Replika est un agent conversationnel basé sur une technologie proche de celle derrière ChatGPT et qui permet de se créer une sorte de compagnon imaginaire avec qui discuter. Vous pouvez lui donner certains traits de caractère et l’algorithme en “développera de nouveaux” basés sur les interactions que vous aurez avec lui. Certains utilisateurs cherchent juste à se créer une personne avec qui discuter, d’autres un ou une partenaire de vie dont ils avouent tomber amoureux. Mais derrière le succès commercial de cette entreprise se dessine un succès bien plus terrible : celui de la solitude qui ronge nos sociétés. En effet, le temps passé à “chatter” avec votre réplique d’un être humain est un temps qui n’est pas passé à socialiser, à débattre, à charmer, à rire avec d’autres membres de notre espèce.

Des études menées aux États-Unis rappelaient récemment que la solitude prolongée était aussi nocive pour la santé que l’obésité ou le fait de fumer 15 cigarettes par jour. [...] Les jeunes qui utilisent les réseaux sociaux et applications de conversation plus de deux heures par jour ont deux fois plus de chance de montrer des symptômes de dépression que des individus y passant moins de 30 minutes quotidiennement. [...] Ces interminables discussions, les yeux rivés sur un écran et les pouces qui s’agitent, empêchent toute prise de recul car elles empêchent ce moment où rien ne se passe et où l’esprit vagabonde. Cette épidémie de solitude vient peut-être du fait que, précisément, ces moments d’inactivité nous effraient et qu’un “Bonjour ChatGPT” nous permet si facilement de les annihiler."

Source : extraits choisis d'une chronique de La Libre de Louis de Diesbach, éthicien de la technique, consultant au Boston Consulting Group et auteur. Voir aussi son nouveau livre "Bonjour ChatGPT".

4 décembre 2023

Les entreprises Apple et Meta interdisent l'utilisation de ChatGPT

"Certaines entreprises comme Apple et JPMorgan Chase ont ainsi interdit à leurs employés d'utiliser le chatbot, craignant des inexactitudes et des informations erronées, tandis que Meta a interdit l'utilisation de l'IA générative dans la publicité politique, par crainte de générer des informations erronées. Cela n'empêchera probablement pas ChatGPT et d'autres outils similaires d'être utilisés pour créer et diffuser des contenus faux ou trompeurs. [...] Utilisé correctement, ChatGPT peut apporter une aide précieuse dans la rédaction de documents en langue étrangère, par exemple. Il peut être divertissant et amusant.

Mais dans le domaine de la création artistique, l'IA pourrait modifier en profondeur le processus créatif de certains artistes. [...] L'agence financière Bloomberg a rapporté que l'industrie de l'IA générative vaudra 1,3 trillion de dollars au cours des dix prochaines années. ChatGPT n'est donc pas près de disparaître. Il continuera à s'intégrer aux habitudes de travail de nombreux domaines professionnels en 2024."

Source : extraits choisis d'un article d'Euronews

28 novembre 2023

Le PDG de Wikipedia pense que la diversité est essentielle pour contrer les préjugés

"Pour assurer l'égalité des sexes et lutter contre la désinformation, Wikipédia dispose de sa propre armée de "wikipédiens", qui sont pour la plupart des rédacteurs bénévoles masculins. Jimmy Wales a déclaré que les wikipédiens sont capables de reconnaître les faux sites web et de déterminer facilement si le texte a été écrit par un être humain. [...]

Si un outil était créé pour identifier les erreurs dans un article de Wikipédia en le comparant aux sources utilisées, il pourrait aider à éliminer les inexactitudes. Il a même déclaré à Euronews Next qu'il pourrait envisager une collaboration avec une entreprise d'IA à code source ouvert, librement utilisable, afin de respecter les principes de Wikipédia, mais il a précisé qu'il n'y avait rien de concret à l'étude.

Il a toutefois précisé que cette décision ne serait pas prise à la légère. [...] Il réfléchira donc soigneusement à tout partenariat, mais il a ajouté qu'il était ouvert aux programmes pilotes et aux modèles d'essai. Wikipédia reste un élément essentiel pour l'IA générative, car cette dernière s'appuie sur des informations publiées en ligne pour produire du contenu. Par conséquent, l'encyclopédie en ligne doit être exacte et non biaisée."

Source : extraits choisis d'un article d'Euronews

17 octobre 2023

Les messages sexistes sur les réseaux sociaux restent impunis

"Si le nombre de condamnations pour harcèlement de rue se compte sur les doigts d'une main, les messages sexistes (y compris en ligne) restent carrément impunis. [...] Une loi existe depuis 2014 pour lutter contre le sexisme dans l’espace public. Une étude montre que la cyberviolence, très répandue, y échappe. [...] Les messages sexistes, qui pullulent sur les réseaux sociaux, restent impunis: "Le sexisme, en ligne et hors ligne, fait taire trop de femmes."

Source: extraits choisis d'un article de La Libre

22 novembre 2023

L'idée de respirer pour faire partie d'un monde beaucoup plus vaste

Le livre "parle d’aujourd’hui, de nos asphyxies et de nos grands besoins d’air, c’est‑à-dire de l’irrespirable et de tout ce qu’il faut pour respirer. [...] On en rêve plus que jamais, sans aucun doute, de respirer : respirer tout court, sentir la grâce de l’air et la certitude de sa venue. On n’a qu’à prononcer ce mot d’ailleurs, « respirer », et c’est tout le paysage qui accourt, attiré, aspiré, espéré à l’appel de la langue : on avance dans un océan déjà élargi, selon la marée légère des poumons; les proches et les lointains s’ouvrent par bouffées d’air les plus petites portes du corps, on est comme au balcon de soi-même, et le dehors viendrait presque se blottir, en vapeur, dans la bouche.

On en rêve plus que jamais, on s’en parle, parce qu’une atmosphère assez irrespirable est en train de devenir notre milieu ordinaire. Tout le monde le sait, le sent : on manque d’oxygène, de santé, de paix, on manque de liens vrais, de justice et de joies. C’est presque devenu notre condition naturelle, la caractéristique d’environnements à peu près partout intoxiqués; notre condition politique aussi, traversée de violences et de mépris; notre condition sociale (nos conditions sociales si différentes plutôt) dans un temps de sauvagerie du capital et de brutalités publiques; notre condition psychique même :

l’essoufflement qui découle de nos « si violentes fatigues », la tête dans le guidon, et de ce que cela coûte de s’ajuster à un monde en surchauffe. Un monde où les crises se succèdent, roulent en avalanche sans laisser le temps de reprendre haleine et d’ouvrir franchement la fenêtre aux poumons. – La respiration, en ce sens, ce serait déjà le répit : pause, pouce, on respire, on s’offre des brassées de survie, et l’on tiendrait presque plus sur la qualité de son souffle que sur ses jambes."

Source : extraits choisis des premières pages du livre "Respire" de Marielle Macé

13 novembre 2023

L'époque est à l'acceptation des nuisances imposées par autrui

"Notre époque a remplacé la politesse par la tolérance. Il n’incombe plus à chacun de limiter les nuisances causées à autrui. Il incombe à chacun, au nom de la tolérance, de supporter sans broncher les nuisances imposées par autrui. On a sacrifié la politesse sur l’autel de la liberté individuelle..."

Source: lisez l'article de La Libre

8 octobre 2023

La mise en œuvre de règles planétaires et démocratiques

"La survie de l’humanité ne passe pas par la disparition de la démocratie ou du capitalisme, mais au contraire par la mise en œuvre de règles planétaires et démocratiques, capables de protéger la nature, le vivant, les faibles, et le temps, d’un marché à la fois nécessaire et suicidaire."

- Jacques Attali, extrait d'un article de son blog

6 janvier 2023

Les internautes se liguent contre le ciblage publicitaire de Facebook

"La Cour d’appel du Québec (Canada) a approuvé un recours collectif contre Facebook, accusant le réseau social de discrimination sur l’âge, le genre ou l’origine dans son ciblage publicitaire, a indiqué mercredi l’avocate des plaignants. Le géant californien des réseaux sociaux pourrait devoir payer des dommages à des milliers de Québécois qui ont utilisé depuis 2016 la plateforme pour chercher emplois et logements et se seraient vus cacher des annonces en raison de ces critères discriminatoires. [...]

Selon CBC News, la plainte porte sur une stratégie publicitaire précise, celle du microciblage. On traduit : bien que les annonces apparaissent identiques à toutes les autres, elles ont été en réalité conçues pour ne figurer que dans les fils d’actualité Facebook de personnes précises, au profil recherché. Par conséquent, dans certains cas, une femme peut ne pas voir une annonce visant les hommes. "La discrimination algorithmique qui empêche certains groupes de personnes, comme les femmes et les travailleurs plus âgés, de recevoir des annonces d’emploi n’est qu’une forme moderne du même type de discrimination qui est interdit en vertu de la Charte québécoise", a déclaré l’avocate dans un courriel."

Source: article de La Libre

24 novembre 2022

La fatigue informationnelle, le phénomène expliqué

Cet extrait de la RTBF évoque les causes d'une certaine distance de certains avec l'actualité et les potentiels inconvénients :

Le rapport à l'information est en complète mutation et peut mener à la désinformation

"Le sujet est très peu abordé – et encore plus rarement étudié – de savoir ce que la multiplication des canaux d’information, leur profusion et leur transformation dans la façon de les produire induisent précisément sur les individus. Le potentiel d’accès des Français à l’information – et au-delà leur rapport à celle-ci – s'est trouvé fondamentalement transformé.

Dans ce nouvel écosystème informationnel qui se double d’une lutte sans merci entre géants du numérique et médias pour capter notre attention, il existe donc bien déjà des victimes. Victimes d’un nouveau mal, la fatigue informationnelle, dont à travers cette étude nous avons mesuré la portée et commencé à dessiner les enjeux. Il en est encore peu question. Bien moins que des fake news et autres théories du complot, dont pourtant ils peuvent procéder. Car cette fatigue informationnelle, à laquelle un Français sur deux est exposé, contribue, comme l’expliquait déjà Edgar Morin dans les années 1980, à étouffer les processus critiques et intellectuels.

Face au flux d’information, des stratégies de protection commencent à se mettre en place sur le plan individuel. 77% de Français déclarent qu’il leur arrive de limiter ou de cesser de consulter les informations, dont 28% régulièrement.

Pour les médias, l’un des enseignements majeurs est la tentation du retrait. Trop de notifications, trop d’informations, trop de réactivité peut entraîner la perte des lecteurs, des auditeurs et des téléspectateurs. Ce qui ressort, c’est que dans ce monde informationnel infini où le millefeuille de possibilités est devant chacune et chacun, une offre éditoriale « finie », au sens où elle offre du choix dans un univers où il y a un début, un milieu et une fin, est l’une des voies à explorer."

Extraits choisis du rapport de la Fondation Jean Jaurès: LES FRANÇAIS ET LA FATIGUE INFORMATIONNELLE. MUTATIONS ET TENSIONS DANS NOTRE RAPPORT À L’INFORMATION.

Voir aussi l'extrait audio de la Fondation intitulé: MÉDIAS : ET SI ON EN FINISSAIT AVEC LA FATIGUE INFORMATIONNELLE ?

Chaînes d’info en continu, réseaux sociaux, journaux divers…. les canaux pour s’informer se multiplient, au risque de nous noyer.

1 décembre 2021

Les jeunes diplômés qui refusent le "système" détruisant la planète

« Vous êtes l’élite de la nation » ; « vous construirez le monde de demain ». C’est ce que l’on répète chaque jour à ces étudiants des grandes écoles [françaises]. Comme leurs aînés, ils n’ont aucune raison de se révolter, car une fois diplômés, leur avenir est assuré aux meilleures places. Et pourtant, nés autour des années 2000, grandis dans l’angoisse de l’urgence climatique, ils sont de plus de plus nombreux à se rebeller contre l’héritage catastrophique laissé par les générations précédentes.

Pour cette « génération climat », l’année 2018 marque un tournant. Les 15-25 ans s’éveillent à la lutte écologiste : grèves scolaires, marches mondiales et actions de désobéissance civile à grande échelle se multiplient. Désormais, plutôt que de servir un capitalisme mortifère, ils refusent les places qui leur sont promises et partent en quête de modes de vie alternatifs. Tout en s’inventant de nouvelles vies professionnelles en accord avec leurs convictions, ils investissent les ZAD, construisent des cabanes et cultivent des potagers dans une joyeuse mais radicale remise en cause du « système » qui détruit la planète.

Ce livre d’enquête et d’entretiens retrace la trajectoire de ces futures élites en colère qui, entre désertion et prise d’armes, ont changé leur vie pour mieux « construire le monde de demain ». On n’a pas fini de les entendre."

Source: Quatrième de couverture du livre "La Révolte: Enquête sur les jeunes élites face au défi écologique" par la journaliste du quotidien Le Monde, Marine Miller.

Ecoutez aussi l'épisode "Rebelles surdiplômés" du podcast "De cause à effets".

9 août 2021

L'alerte rouge climatique pour l'humanité

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) vient de rendre public le bilan actualisé des connaissances sur l’influence des activités humaines sur le climat et les risques associés. Un travail titanesque qui dresse un tableau peu réjouissant. Source : La Libre

"Il confirme ce que nous craignons depuis plusieurs décennies : le réchauffement climatique s’aggrave, et il est incontestablement lié aux activités humaines. Les conclusions du rapport ont de quoi mettre KO, mais l’urgence doit au contraire nous empêcher de rester tétanisés et entraîner un réveil des Etats." Source: Greenpeace France

Pour la première fois, le GIEC souligne également "ne pas pouvoir exclure" la survenue des "points de bascule", comme la fonte de la calotte glaciaire de l'Antarctique ou la mort des forêts, qui entraîneraient le système climatique vers un changement dramatique et irrémédiable. Mais ce n'est pas une raison pour abandonner le combat, au contraire, insistent scientifiques et militants. Parce que le changement climatique ne se déchaîne pas par magie à un certain seuil : chaque fraction de degré compte et renforce les impacts.

Le secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres a déclaré: "Les preuves sont irréfutables: les émissions de gaz à effet de serre étouffent notre planète et mettent en danger des milliards de personnes. Le réchauffement de la planète affecte toutes les régions du globe, et de nombreux changements deviennent irréversibles. Nous devons agir maintenant de manière décisive pour éviter une catastrophe climatique. La viabilité de nos sociétés dépend de l'union des dirigeants des gouvernements, des entreprises et de la société civile derrière des politiques, des actions et des investissements qui limiteront la hausse des températures. Les pays devraient également mettre un terme aux nouvelles explorations et production d'énergies fossiles et déplacer les subventions aux énergies fossiles vers les renouvelables." (citations regroupées de M. Guterres des sources suivantes: Euronews, News UN)

Vidéo pédagogique sur le réchauffement climatique

Résumé de la DG environnement et de l'IRM

Lien vers le dernier rapport du GIEC

8 août 2021

Les règles journalistiques qui limitent curiosité et empathie

Une loi de proximité est un principe journalistique qui précise qu'une information est plus ou moins importante selon sa proximité par rapport au lecteur. Un exemple de cette aberration avec une de ces lois, la proximité géographique : "une information est importante au yeux d'un lecteur si elle se situe dans un espace géographique proche de lui ou qu'il connaît (exemple: dans un pays où il a été en vacances). Cette loi est aussi appelé le "mort kilométrique" car un mort dans la ville du lecteur l'intéresse plus qu'un grand nombre de morts dans un pays lointain." Découvrez les différentes lois de proximité réparties sur 4 axes principaux, et vous allez comprendre pourquoi nous ne savons pas mesurer l'importance des évènements dans une perspective mondiale.

6 juillet 2021

Les âmes à réparer

"On vit dans un monde fou, à suivre le chemin du matérialisme, de l'objectivation scientifique, qui nous a coupé à un tel point de notre monde intérieur, qu'on est plus capable de mesurer la réalité de ce que l'on vit."

- Stéphane Allix, journaliste. Source: interview lors de la sortie de son livre "Nos âmes oubliées".

3 juillet 2021

Les journalistes de plus en plus victimes d'agression

"Plus de quatre journalistes sur cinq ont constaté une détérioration du traitement de la presse ces dernières années. Environ la moitié d'entre eux ont déjà été attaqués personnellement. [...] Six journalistes sur dix ont déjà été victimes d'agressions verbales, dans la rue ou en ligne. Une petite minorité a subi des violences physiques. Quatre sur dix ont été agressés dans des lieux publics, cinq sur dix sur internet. Facebook est désigné comme la plateforme la plus importante où les frontières de la décence sont franchies. Les calomnies et les insultes sont courantes mais, dans près de la moitié des cas, il est même question de menaces et d'intimidation."

Source: extraits choisis de La Libre

16 mai 2021

Le vocabulaire excessif en démocratie

"Par quelle aberration peut-on penser que la politique consiste à désigner des ennemis alors qu'elle est la définition d'un partage : ce que nous avons en commun, nous individus, à l'intérieur d'une société et comment nous devons l'organiser ? Les mots ne se contentent pas de décrire la réalité, ils la créent. En hystérisant le débat, en jouant la fureur, l'outrance, la polémique, bref en agitant de tous côtés le fanion rouge du scandale, tous les rhéteurs de l'excès abîment la démocratie et engendrent un état incertain où tout est possible.

Ce n'est pas seulement la réalité de la situation qui provoque le malaise actuel, c'est sa déformation par les mots. L'expression lucide et mesurée d'une situation reste en démocratie le meilleur moyen d'affronter les problèmes. D'où nos difficultés si ce débat même est altéré, si la réalité est déjà déformée par les représentations hérissées et délirantes des polémistes. Notre tâche, c'est d'affronter les difficultés réelles, pas les délires."

Source: Résumé du livre "Les mots pour le dire: de la haine et de l'insulte en démocratie" par Fabrice Humbert.

20 juin 2021

L'UE doit traiter les sans-abris comme des titulaires de droits

"Au moins 700 000 personnes dorment dans la rue chaque nuit dans l’Union européenne, pourtant l’une des régions les plus riches du monde. Compte tenu du décalage entre les ressources disponibles d'une part, et la persistance de la pauvreté et du "sans-abrisme" d'autre part, ces chiffres ne sont pas simplement une source d'embarras : ils font du "sans-abrisme" une crise de droits humains. Un cinquième de la population de l'UE – soit 91,4 millions de personnes – y est toujours menacé de pauvreté ou d'exclusion sociale, et l'accès au logement reste difficile pour de nombreux Européens. Trois défis devraient être relevés pour faire face à cette crise de droits humains.

Il faut d'abord accepter de regarder la réalité en face, et prendre la véritable mesure du phénomène que l'on veut combattre. [...] Les données fiables font encore défaut dans l'UE. Cela complique à la fois l'élaboration des stratégies et le suivi des progrès réalisés.

Le deuxième défi tient au fait que les sans-abris, au lieu d'être traités comme des détenteurs de droits qui devraient se voir garantir l'accès à des recours, sont encore fréquemment criminalisés.

Un troisième défi, enfin, tient au fait que les personnes en situation de "sans-abrisme" devraient avoir accès à des voies de recours pour contester les actions qui ont conduit à leur expulsion de leur domicile et revendiquer un droit à une aide."

Source: Extraits choisis d'un article de La Libre. Les auteurs sont M. Olivier De Schutter, Rapporteur spécial de l’ONU sur les droits de l’homme et l'extrême pauvreté, M. Balakrishnan Rajagopal, Rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à un logement convenable et Mme Birgit Van Hout, Représentante régionale pour l'Europe auprès du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme.

29 juin 2021

La norme sociale n'est pas établie pour être subtile

"Mardi Noir" est psychologue, auteure et youtubeuse. De l'article "La norme et moi" paru dans la revue Inexploré (numéro 51), je reprends ici quelques extraits choisis :

"Qu'est-ce que la norme ? La norme est un consensus établi implicitement entre les membres d'un même groupe. Absorbé petit à petit par l'enfant, au prix parfois de certaines souffrances, ce consensus social se forge chez l'individu comme un ensemble de "règles à suivre", sans lesquelles il risque d'être évincé. Société dont l'animal social qu'est l'humain a besoin pour survivre, cela va de soi. La norme est donc associée à une culture, une temporalité et aussi parfois, et c'est là que le bât blesse, une idéologie. [...] La norme questionne l'altérité, comment faire pour que la réponse ne soit pas idéologique ? Parce que tout le cheminement hésite entre le moi-social et le moi-intime et donc le passionnel. Il faudrait commencer par être au clair avec nos propres écarts quant à notre norme personnelle, accepter notre part d'ombre, pathologique, l'univers de nos fantasmes. [...] Le rapport à la norme interroge nos idées reçues, nous force, sans que nous nous en rendions compte à nous positionner. [...]

La norme résonne quand même avec l'idée que les particularités y sont gommées au profit d'un général plus répandu. Mais comment advient ce "général" ? Produit d'une culture, d'une spiritualité, d'une science, la norme prend le risque de la standardisation, au sein de laquelle l'individu ne se reconnaît peut-être pas. Et ici entrent en scène ce que nous redoutons tous et qui nous maintient dans ce qui-vive de la norme : le jugement de valeur et le regard des autres. Explosion avec Internet bien sûr... "Mardi Noir" soulève cet écueil relatif aux réseaux sociaux: "Ce que l'on voit d'une personne est lissé à un seul aspect, gommant les contradictions à l'être humain. Nous aimons, classer, trier, organiser ce qui nous échappe." Et c'est cette complexité humaine qui disparaît dans la norme à coup de sabre, "la norme n'est pas établie pour être subtile", comme aime à la rappeler l'auteure. Tout ce qui est subversif, alternatif, critique ou transgressif joue alors sur la corde sensible de la norme."

2 avril 2021

La responsabilité du développement technique sur la société

"Les véhicules autonomes sont-ils compatibles avec la lutte contre le changement climatique ? Qui veut des robots-compagnons pour s’occuper des personnes âgées ? L’usine automatisée est-elle le rêve des employés, ou celui des chefs d’entreprise ? Interpeller directement des chercheurs, ingénieurs et startuppers sur les implications politiques de leur activité, tel est l’objet de ce livre, composé de lettres ouvertes rédigées dans un style piquant, qui mêle la satire et l’analyse.

Celia Izoard ouvre ici un dialogue avec les concepteurs des nouvelles technologies pour les interroger sur le sens de leur travail et analyser l’impact social et écologique des grands projets industriels de la décennie, dans un monde en proie à la crise climatique et à l’exploitation au travail. Elle les enjoint à «changer de métier», à l’instar d’Olivier Lefebvre, salarié d’une start-up de véhicules autonomes qui raconte à la fin de l’ouvrage son chemin vers la démission."

Source: Quatrième de couverture du livre "Merci de changer de métier. Lettre aux humains qui robotisent le monde", de Celia Izoard, Éditions de la Dernière Lettre.

Voir aussi l'article de La Libre "La 5G et la démocratie cosmétique".

11 février 2021

Les souhaits de la convention citoyenne ne sont pas repris à l’identique

Lors de la remise des conclusions de la convention citoyenne, Emmanuel Macron s’était engagé à reprendre « sans filtre » les propositions « abouties et précises », à l’exception de trois mesures. Après plusieurs reports et arbitrages musclés, le projet de loi « portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets » a été présenté, le mercredi 10 février, en conseil des ministres.

Le journal Le Monde a passé au crible les réponses apportées par le gouvernement à l’ensemble des préconisations de la convention. Cet examen montre que les souhaits de la convention ont rarement été repris à l’identique. Force est de constater que le compte n'y est pas. Aujourd'hui, la déception des militants écologistes et de nombreux citoyens français est grande.

Vers quoi allons-nous ? La colère légitime des citoyens français engendrée par cette "trahison" du politique va-t-elle provoquer des émeutes dans toute la France ? La colère va-t-elle devenir aveugle ? Car si cette colère ravage tout, que restera-t-il de notre démocratie ? Nous savons qu'une confiance érodée dans le pouvoir en place et les institutions est le terreau idéal pour l'avènement d'un pouvoir autoritaire.

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