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7 août 2019

L’exemple des saints comme guide pour l'avenir

Parce que notre monde semble "sombrer dans la nuit", "la sainteté est plus que jamais une nécessité. Elle nous enjoint de nous relever, de nommer le mal, de lui faire face, d’endurer sa violence et, avec amour et pour l’amour, d’en triompher. Jamais l’exemple des grandes saintes et des grands saints n’a été plus indispensable qu’en ce début de millénaire. C’est qu’ils n’appartiennent pas au passé, mais à un dépôt immémorial qui engage le futur de la planète."

- Christiane Rancé, romancière et essayiste. Extrait de son Dictionnaire amoureux des Saints. Source: La Libre

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22 juillet 2019

La Maison-Blanche des racistes blancs

Les journalistes indépendants de Democracy Now dressent le tableau, très sombre, après 2,5 ans de présidence par Donald Trump. Il est également question des mauvaises conditions de détention des enfants migrants venant du Mexique.

"Trump a choisi le camp d’autocrates étrangers contre ses propres services de renseignement ; il a défendu des dictateurs contre ses propres responsables militaires ; il a soutenu des despotes contre ses propres alliés”, écrit le site The Hill.

"Trump, raciste en chef.  En postant des tweets xénophobes contre quatre élues démocrates, le locataire de la Maison-Blanche prouve une nouvelle fois, juge le Los Angeles Times (1 et 2), qu'il excelle dans l'art de semer la haîne et la division." Source : Le Courrier International 

5 juillet 2019

Le laxisme dans la lutte contre le racisme

"Les élections du 26 mai sont le résultat logique d'un laxisme prolongé dans la lutte contre le racisme. Toute la société sera gagnante si les luttes pour la justice sociale, écologique et fiscale et contre le racisme structurel sont inscrites au cœur des accords de gouvernements", déclarent 55 associations regroupées au sein de la Coalition pour un plan d'action interfédéral contre le racisme. "Il est grand temps de rattraper le temps perdu en implémentant des mesures ambitieuses contre le racisme structurel, dans tous les domaines sociétaux." - Source : La Libre

Voir aussi La xénophobie, ce produit améliorant les performances des politiques

4 juillet 2019

Les arbres continuent de tomber

La déforestation de l'Amazonie a augmenté de 88% en un an. La planète perd une partie de ses poumons, c'est le tableau dressé par l'agence spatiale du Brésil. L'Amazonie est en train de brûler et est en pleine crise climatique. En un mois seulement, la forêt amazonienne a perdu 920 km². Cette forêt est considérée comme vitale pour la lutte mondiale contre le changement climatique.

Source: Euronews

L'importance réelle de la forêt amazonienne

29 juin 2019

La capitaine admirable et responsable

Le respect des droits de l’homme face à l’échec de L’UE. Capitaine de navire travaillant pour l'ONG allemande Sea-Watch, Carola Rackete a été au bout de sa mission pour mettre en sécurité 40 rescapés en mer. N'en déplaise à Matteo Salvini, le ministre italien de l'Intérieur d'extrême droite, qui a fait passer en juin un décret criminalisant la solidarité et l'humanité.

Après 16 jours de jeux politiques sur le dos des rescapés et de l’équipage embarqué sur le navire – le Sea-Watch 3 a été forcé d’entrer dans le port de Lampedusa sans permission pour débarquer les 40 survivants restants. Le navire ayant déclaré devoir entrer dans les eaux territoriales Italiennes en Etat de Nécéssité presque 60 heures auparavant. Malgré cela, aucune autorité ne s’est manifesté pour assister le navire et aucune solution de débarquement pour les personnes rescapées n’a été proposée. “Nous ne sommes pas soulagés, nous sommes en colère”, dit le capitaine Carola Rackete, “ce débarquement aurait dû avoir lieu il y a plus de deux semaines. Les gouvernements européens, dans leurs bureaux climatisés, ont joué avec la vie de ces personnes pendant plus de 16 jours. C’est inhumain, inacceptable et probablement contraire à toutes les constitutions qu’ils prétendent représenter. C’est une honte pour l’Europe et l’Union que d’accuser les autres du blocus alors qu’aucune institution européenne n’était prête à en assumer la responsabilité jusqu’à ce que je sois obligée de le faire moi-même”.

Khadim Diop, un Sénégalais de 24 ans, qui a vécu l'enfer avant de débarquer à Lampedusa déclare à son propos : "Nous lui disons bravo, [...] parce qu'elle a tout fait pour nous."

Johannes Bayer, le président de Sea-Watch déclare quant à lui: "Nous sommes fiers de notre capitaine, elle a fait exactement ce qu’il fallait. Elle a suivi le droit de la mer et a mis les personnes en sécurité. A sa place, Matteo Salvini devrait faire l’objet d’une enquête pour enlèvement et violation du droit international. Trop souvent, il a évité les poursuites en comptant sur son immunité parlementaire."

"Je suis prête à faire face aux conséquences de mes décisions, comme on peut s’y attendre d’un capitaine. Et M. Salvini ?" demande la capitaine. Poursuivie pour "résistance à un navire de guerre" (source) qui l'empêchait d'accoster, Carola Rackete a été arrêtée, elle encourt une lourde amende et en théorie dix ans de prison.

Source: Article Sea-Watch

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24 juin 2019

Le déclinisme touche nos démocraties

"La démocratie est difficile. Dans de nombreux États de droit démocratiques, des citoyens décrochent. On assiste à une montée progressive du populisme. [...] Le cœur du problème est l’érosion de la qualité du débat public, le remplacement de l’échange d’arguments par l’émotion et l’indignation morale. Cette dégradation se manifeste depuis longtemps, mais atteint désormais un niveau inquiétant."

Lire l'article de Leo Neels sur La Libre

20 juin 2019

La journée mondiale des réfugiés

Un réfugié est une personne qui, « craignant avec raison d'être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays ; ou qui, si elle n'a pas de nationalité et se trouve hors du pays dans lequel elle avait sa résidence habituelle à la suite de tels événements, ne peut ou, en raison de ladite crainte, ne veut y retourner » (Convention de l'ONU relative au statut des réfugiés, 1951, art. 1er a, § 2).

Découvrir l'action de Convivial au profit des mères en exil

8 juin 2019

L'espoir d'un traitement plus humain des migrants par l'Europe

Pietro Bartolo est médecin, il vient d'être élu au Parlement européen. Même s'il a voué son quotidien à soigner de nombreux migrants sur l'île de Lampedusa en Sicile, il ressent un sentiment d'impuissance, car rien ne change. Et c'est la raison pour laquelle il s'est lancé en politique. Il veut se battre pour rendre les institutions européennes plus fortes et plus humaines.

"La migration devrait être gérée à Bruxelles, et pas à Lampedusa. J'ai vu beaucoup de souffrances, d'atrocités. J'ai dû examiné des cadavres, trop souvent. J'ai essayé d'alerter les gens sur ce qui se passe. Lorsque j'entends ces mensonges à la télévision, cela m'énerve. Les gens ne peuvent pas arriver ainsi, ces personnes doivent arriver par des corridors humanitaires. Car nous oublions la chose la plus importante, nous parlons d'êtres humains. Je vais avoir l'occasion de travailler pour rappeler ces valeurs, que nous avons perdues."

En Italie, les élections européennes se sont soldées par la victoire de "La Ligue", le parti d'extrême droite. Même des villes connues pour leur politique en faveur des migrants ont majoritairement voté pour le parti de Matteo Salvini. C'est le cas de Riace, pourtant réputée pour son modèle d'intégration, où La Ligue est arrivée en tête avec 30% des voix.

Sources: Euronews 1, Euronews 2

En savoir plus sur sa vie, son livre, son film

7 juin 2019

Les europarlementaires doivent garantir les droits humains

"Malgré tous les défis qui attendent nos eurodéputés nouvellement élus, j'ai bon espoir qu'une Europe plus libre et plus juste soit à notre portée. Lors des élections de la semaine dernière, les Européennes et Européens ont été plus nombreux à se rendre aux urnes que ces 20 dernières années, et de nombreuses campagnes ont été menées par des jeunes qui se sont fait entendre sur plusieurs questions clés.

Le 14 mai, de jeunes militantes et militants soutenus par Amnesty International ont organisé des actions coordonnées dans plus de 35 villes pour encourager les citoyennes et citoyens européens à aller voter. Ces jeunes ont exprimé leur vision d'une Europe accueillante envers les réfugiés et migrants, garantissant l'égalité des droits pour tous et accordant la priorité à la lutte contre la crise climatique. Nombre de nos nouveaux eurodéputés adhèrent à des principes du même ordre.

Les europarlementaires doivent être prêts à un débat réfléchi et éclairé sur les migrations. L’Europe a besoin d’une vision à long terme de la gestion des migrations, qui réponde aux besoins économiques et démographiques et respecte les droits humains. À cet égard, le Pacte mondial des Nations unies sur les migrations offre un cadre solide. Salué par le Parlement européen en 2018, il reconnaît qu’il est essentiel de mobiliser l’ensemble de la société contre la xénophobie." - Eve Geddie, Directrice du Bureau d’Amnesty International auprès des institutions européennes

Source: Euronews 

6 juin 2019

Le manque de considération pour les individus et la planète

"Je pense que les jeunes sont en train de faire comprendre à ces partis politiques qu’ils ne peuvent plus traiter la crise climatique comme un problème à énumérer à la fin de tout le reste, en l'oubliant peut-être la plupart du temps. Le but d'un New Deal vert, c'est qu'il n'y a pas une seule politique climatique, c'est une vision de la façon dont vous organisez une économie et une société pour qu'elle ne soit pas en guerre contre la vie sur Terre, et cela vaut pour le climat, pour nos océans, mais aussi pour la vie quotidienne des gens, car nous avons un système économique qui traite réellement les gens et la planète comme s'ils étaient jetables." - Naomi Klein, journaliste, auteure et activiste

Source: Euronews

5 juin 2019

La juriste qui milite pour la reconnaissance de l'écocide

Valérie Cabanes est juriste en droit international et spécialiste des droits de l'homme et du droit humanitaire. Elle porte le projet de reconnaissance par la justice de l’écocide comme un crime contre la paix et les générations futures, au nom de la terre et du vivant. Son objectif est que l’écocide soit reconnu par le droit pénal international "comme cinquième crime pouvant être poursuivi devant la Cour pénale internationale au même titre que le crime contre l’humanité, le crime de génocide, le crime de guerre et le crime d’agression".

"Mes voyages dans plus de 40 pays et mes recherches m’ont convaincue que la guerre et la pauvreté sont intimement liées à la sur-exploitation des ressources terrestres et à un partage inéquitable de celles-ci. J’ai aussi pu constater que les modes de vie des peuples autochtones sont les plus à même de préserver le système Terre; ils savent exploiter ses ressources sans jamais l’épuiser car ils se reconnaissent eux-mêmes comme un simple maillon de la chaîne de vie."

"Il est urgent que l’homme retrouve sa juste place de gardien du Vivant, cela passe par une prise de conscience individuelle mais le droit pourrait accompagner ce cheminement. Reconnaître la destruction des écosystèmes comme un crime semble nécessaire pour imposer par la loi, à nos gouvernements et à nos entreprises, la transition énergétique qui permettra de protéger notre environnement, de mieux respecter notre droit à la vie et celui des générations futures."

Retrouvez sa biographie, ses ouvrages et une interview

31 mai 2019

La nécessité d'une Europe forte

"Si nous voulons éviter une nouvelle guerre froide, si nous voulons éviter la confrontation entre deux blocs, si nous voulons établir un véritable ordre multilatéral, il nous faut impérativement une Europe unie et forte qui soit le pilier fondamental de cet ordre multilatéral fondé sur l'État de droit."

- Antonio Gutteres, Secrétaire général des Nations Unies et ancien Haut Commissaire pour les réfugiés. Source

27 mai 2019

Les clivages politiques intra-européens s'accentuent

Les résultats des élections européennes du 26 mai 2019 nous rendent pessimiste, la montée des populistes et des extrêmes donne envie d'utiliser l'analogie d'un cancer qui reprend. Il est clair que la période d'instabilité politique et économique que nous traversons, est le signe d'un monde changeant et parfois menaçant. Mais les causes ne devraient pas produire, selon moi, les retours à l'extrême droite que nous constatons. 

Les bienfaits de l’Europe

Nous vivons dans une zone du monde privilégiée, dont le niveau de confort de vie est inégalée dans l'histoire, et où un beau projet d'association de pays appelé Europe est présent depuis longtemps. Mais nous ne semblons pas nous satisfaire de cette situation. Alors que le reste du monde nous envient, nous ne semblons plus capables d'en apprécier la valeur, si bien que nous sommes portés à écouter ceux qui veulent sa disparition. Pourtant les bienfaits et les avancées de l’Europe sont nombreux (1). Ceci dit, nos systèmes ne sont pas sans défauts. Certaines personnes ont une vie difficile en Europe et les causes peuvent être multiples.

Les réactions face à l’Europe

L’Europe est un projet de civilisation, mais il faut avouer qu’il est aujourd'hui peu lisible pour ses citoyens. La faute sans doute à ses politiciens aux prises avec la complexité d'une réalité à 28 pays, dont les populistes ont vite fait d'en condamner la légitimité et la solidité. Les citoyens, eux, semblent ne pas prendre du recul et réagir de manière émotionnelle; plutôt que de consacrer de l'énergie à des solutions, nous préférons le rejet. Plutôt de nous montrer curieux du monde et bienveillants, nous préférons le repli stérile, une malveillance qui se banalise et un regain d'égoïsme. En Belgique, si nous n'agissons pas contre les tendances politiques clivantes, nous arriverons peut-être à des scénarios identiques à la France avec une extrême-droite en position de force. Ne perdons pas de vue que lorsque le politique prend le chemin des extrêmes, cela va de pair avec plus de violence, de racisme et de troubles sociaux pour les citoyens. Ce n’est évidemment pas ce que nous voulons. 

Un manque de pédagogie pour la jeunesse

D’autre part, plutôt que d'éveiller nos jeunes aux valeurs démocratiques, nous les laissons se perdre dans une marée de désinformation qui a pris ses quartiers sur les réseaux sociaux (2) (3), là où les jeunes ont la mauvaise idée d'aller s'informer sur la politique. Dans un système politique complexe où sont systématiquement pointés les dysfonctionnements et les scandales, et non les succès et avancées, comment espérer que nos enfants, déjà en manque de repères, fassent des choix politiques judicieux ? Où sont les efforts de pédagogie et de clarté de propos dont les jeunes ont besoin pour les aider à poser des jugements sur la société et son avenir ? Quel média traditionnel, à l’exception d’Arte et quelques autres, va se décider à décrire objectivement l'Europe telle qu'elle est, plutôt que d’évoquer constamment ses défauts ? La manière de s'informer de tout citoyen est cruciale. C'est ni plus ni moins qu'un enjeu de démocratie. Il en va de notre discernement du jeu politique.

Une couverture médiatique complète pour les extrémistes

Tourné vers la jeunesse, le Vlaams Belang a mené une campagne acharnée sur Facebook, saturant les fils d'actualités de questions liées à l'immigration et à l'Islam (4) (5). Le résultat est payant (6). Au nom de la liberté d'informer, il semble normal de laisser aux autocrates et aux populistes une place dans les médias pour que nous puissions comprendre que ceux-ci sont extrémistes. Mais alors pourquoi entendons-nous si faiblement les contre-discours démocratiques et les analyses journalistiques qui doivent accompagner les discours des populistes ? Pourquoi nos médias qualifient-ils "d'hommes forts" des dirigeants moralement faibles ? Dans quelle mesure cela peut-il jouer sur nos perceptions ? Pourquoi ai-je le sentiment que peu est fait pour nous éviter le piège idéologique qu’ils nous tendent ? Une démocratie doit se reconquérir au quotidien. Pourquoi des formations politiques démocratiques et respectables, sont peu présents dans les médias et que leurs responsables soient rarement interviewés ? La Flandre, le Royaume-Uni et la France (7) - pour ne parler que des électeurs proches, ont-ils scellé leur avenir aux extrêmes, maintenant que l'habitude de récuser les partis traditionnels est prise ? Les vieux démons vont-ils réapparaître ? Si une partie du problème est en lien avec des perceptions erronées, ne serait-il pas temps d'y travailler, de reparler des valeurs ? 

Les pistes pour un autre avenir

Une société portée sur le clivage n'apporte que désunion et conflits. Si la société se plaint des résultats désastreux de ses élections, elle devrait se remettre en question et œuvrer à tous les niveaux pour rétablir la situation. Rappelons-nous que nous sommes des citoyens qui co-construisent la société dans laquelle nous évoluons. Les partis politiques, s’ils sont responsables, devraient réussir à dégager un intérêt collectif au-dessus des intérêts particuliers. Et le plus tôt sera le mieux, car les changements de société ne se font pas sur quelques années, c’est un travail de longue haleine. 

Sources : 

(1) Les avantages de vivre en Europe.

(2) Trois milliards de faux comptes supprimés de Facebook.

(3) 500 pages et groupes diffusant la haine et la désinformation.

(4) Le succès de l'extrême droite en Flandre.

(5) Le montant des dépenses en communication du Vlaams Belang.

(6) Le montant du financement de la campagne du Vlaams Belang

(7) Les élections montrent que les français changent.

10 mai 2019

Le capitalisme de surveillance

Au XXIe siècle apparaît désormais une nouvelle forme de capitalisme : le capitalisme de surveillance. Il s’agit d’un nouvel ordre économique qui s’accapare les données issues du comportement humain, pour les transformer en produits de prédictions commercialisables. Sur internet, toutes les actions de l’homme sont enregistrées. Dans le monde réel, les objets connectés traduisent son comportement en données enregistrables et exploitables. Si le capitalisme industriel a conquis la nature pour l’exploiter, le capitalisme de surveillance a conquis la nature humaine avec le même dessein. Connaîtra-t-elle les mêmes conséquences ?

Nous vivons dans un monde où pratiquement chaque produit ou service se proclamant "intelligent" ou "personnalisé", est une interface de la chaîne d'approvisionnement qui génère un flux ininterrompu de données comportementales. Le capitalisme de surveillance transforme l'expérience humaine en matière première gratuite qui peut être quantifiée et utilisée pour établir des modèles comportementaux prédictifs destinés à la production et à l'échange. Vous n'êtes pas le "produit", car le "produit" provient du surplus de données arraché à votre vie.

Déjouer la vigilance des utilisateurs

La récupération des données a commencé chez Google, lorsque l'entreprise a cherché à accroître ses revenus en exploitant l'historique de recherches des utilisateurs. Au départ, le principe était de tirer des schémas prédictifs pour adapter les publicités aux utilisateurs; mais il a été poussé plus loin, jusqu'à en déduire des informations personnelles détaillées que les utilisateurs ne fournissaient pas. Ainsi, Google avait trouvé un moyen de créer des échanges commerciaux. Google a bâti son succès sur un miroir sans tain : la surveillance. Puis, ces pratiques ont été adoptées par Facebook, ont envahi la Silicon Valley, et ont depuis débordé dans tous les secteurs économiques. Le capitalisme s'est donc métamorphosé sous nos yeux.

Les capitalistes de la surveillance se sont ensuite rendus compte qu'ils pouvaient modifier les comportements par le biais d'interventions numériques en temps réel suggérant discrètement au consommateur certains comportements. Comme me l'a expliqué un spécialiste de l'analyse des données: "Nous sommes en mesure d'agir sur le contexte d'un comportement donné et d'influencer ce comportement dans un sens ou un autre.[...] En fait, nous apprenons à écrire la musique, puis nous les laissons danser sur la musique." Les annonceurs peuvent repérer le moment précis où un adolescent a besoin de "reprendre confiance en lui" et est, par conséquent, plus vulnérable à une configuration particulière d'incitations publicitaires."

Il fut un temps où nous étions les sujets de notre vie; nous en sommes maintenant les objets.

Les capitalistes de la surveillance produisent ainsi des asymétries profondément antidémocratiques en matière de connaissance et de pouvoir découlant de cette connaissance. Ils savent tout de nous, et font tout pour que nous ne sachions absolument rien de leurs pratiques. Ils prédisent notre avenir et manipulent notre comportement, mais pour le compte de tiers qui en tireront un profit financier ou l'exploiteront à leurs fins. Ce pouvoir de connaître et de modifier le comportement humain est sans précédent. Ce nouveau type de pouvoir humain, je l'appelle "l'instrumentarisme".

Le capitalisme de surveillance enfreint ainsi bon nombre de normes et de pratiques admises qui définissent l'histoire des démocraties libérales. Est-ce que le capitalisme a accouché de quelque chose d'effrayant et d'inédit ? Les conséquences de ces pratiques définiront-elles le cadre moral et politique de la société du XXIe siècle, ainsi que les valeurs de notre civilisation de l'information ?" L'auteure termine par cette affirmation : "Nous devons récupérer le droit de savoir et de choisir qui sait quoi de notre vie et de notre avenir. Ce droit était et reste l'unique fondement possible de la liberté humaine dans une société démocratique fonctionnelle."

Source : Extraits remaniés d'un article du courrier international "Le nouveau visage du capitalisme"

L'auteure : Shoshana Zuboff, Professeure émérite de la Business School de Harvard, docteure en psychologie sociale. Elle vient de publier "The age of surveillance capitalism".

 

"Je ne veux pas vivre dans un monde où tout ce que je dis, tout ce que je fais, chaque personne à laquelle je parle, chaque expression de créativité, d’amour ou d’amitié est enregistré." - Edward Snowden

"Ils ne se révolteront que lorsqu'ils seront devenus conscients." - George Orwell, 1984

 

16 mai 2019

Les méthodes du Kremlin pour les élections européennes

La Sûreté de l'Etat en Belgique surveille le travail de sape de l'Union Européenne par la Russie à l'approche des élections du 26 mai. La Russie tente de "semer la discorde" entre les États de l'Union européenne.

"De nos enquêtes, il ressort que les médias classiques et les réseaux sociaux russes encouragent une vague nationaliste antieuropéenne à l’approche des élections. Mais cela ne se produit pas à une grande échelle. Nous n’avons pas pu identifier une campagne d’influence ciblée et coordonnée à grande échelle en provenance de Russie. [Cependant], les méthodes de désinformation et de manipulation de l’information se sont affinées."

Même analyse de la part de East Stratcom, la task force européenne qui traque la désinformation russe. Les médias proches du Kremlin, Sputnik et Russia Today, continuent d'attaquer l'Union Européenne, ses valeurs et son mandat démocratique tout en faisant la promotion de l'euroscepticisme. "La Russie joue un jeu de longue haleine" et les médias du Kremlin bénéficient de moyens importants. De plus, ils sont bien référencés sur le web et leurs contenus peuvent être consultés dans 30 langues différentes.

La Sûreté estime que l'objectif de la Russie est de polariser et de diviser l'Europe.

Pour l'agence européenne, "La Russie tente de semer la discorde dans les Etats membres en soutenant des candidats populistes, antieuropéens, issus à la fois de l'extrême droite et de l'extrême gauche". Le renseignement belge poursuit: "Pour les élections européennes, l'objectif principal du Kremlin est d'accroître les gains des partis antieuropéens afin d'avoir plus d'influence dans la prise de décision du Parlement Européen sur ce que les russes considèrent être des questions clés telles que l'énergie, les sanctions, les partenariats avec les pays de l'Est, ou la défense."

Du côté des réseaux sociaux, près de 500 experts travaillent pour Facebook 24h sur 24h, pour surveiller les réseaux sociaux à l'approche des élections du 26 mai. Ils ont en ligne de mire les pages, les groupes et comptes à caractère "inauthentique", c'est-à-dire les faux comptes diffusant souvent de fausses informations. Une fois détectés, ces comptes sont supprimés.

Sources: La Libre, Agence européenne contre la désinformation

18 mai 2019

Leur donner une voix

"Je sais ce que c'est que d'être un sans-voix, d'être perçu comme un étranger, d'avoir ce sentiment de n'être jamais installé, de ne pas se sentir chez soi. Et je pense aussi que n'importe quel immigré, mais pas seulement des immigrés, toute personne dont les droits été bafoués, toute personne qui n’a aucune liberté, sera reconnaissante, si quelqu'un d'autre essaie de leur donner une voix."

- Ai Weiwei, artiste et dissident chinois. Source: Euronews

17 mai 2019

Le nouvel attrait pour l'extrême droite

En Belgique comme ailleurs en Europe, les mouvements d'extrême droite gagnent du terrain : l'attrait des nationalistes augmente en général et en particulier auprès des jeunes, un électorat pourtant souvent associé au contraire à la gauche de la gauche. La moyenne d'âge de l'électorat diminue et les candidats d'extrême droite sont eux aussi plus jeunes. Ces mouvements s'appuient sur les réseaux sociaux pour diffuser leurs thèses auprès du public et notamment des jeunes. Si les médias ont changé, en revanche les principales thèses des mouvements nationalistes restent identiques: les théories sur les menaces que feraient peser l'immigration sur l'Europe.

Julia Ebner, chercheuse à l'Institut pour le Dialogue stratégique : "L'extrême droite a vraiment fait un effort pour attirer un public plus jeune. Ils ont changé de noms et, il ressort des analyses sur les médias sociaux que dans la plupart des cas, ce sont les partis politiques d'extrême droite qui ont été les plus actifs auprès des utilisateurs de ces médias sociaux."

Source : Euronews

30 avril 2019

L'approche écologique du Pape François

"L'anthropocentrisme moderne, paradoxalement, a fini par mettre la raison technique au-dessus de la réalité, parce que l'être humain "n'a plus le sentiment ni que la nature soit une norme valable, ni qu'elle lui offre un refuge vivant." LS115.

"Aujourd'hui, nous ne pouvons pas nous empêcher de reconnaître qu'une vraie approche écologique se transforme toujours en une approche sociale, qui doit intégrer la justice dans les discussions sur l'environnement, pour écouter tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres." LS49.

"J'adresse une invitation urgente à un nouveau dialogue sur la façon dont nous communiquons l'avenir de la planète. Nous avons besoin d'une conversion qui nous unisse tous, parce que le défi environnemental que nous vivons, et ses racines humaines, nous concernent et nous touchent tous." LS14.

7 mai 2019

La petite orange bleue

"Comment te dire qui je suis
J'ai pas écrit d'autobiographie
Je viens d'un pays étrange où les gens s'aiment et se déchirent
Et sont capables du meilleur comme du pire
Je suis né sur une petite orange bleue
Au milieu d'un monde immense et silencieux
Et elle tourne et elle tourne, petite orange bleue
Entourée d'étoiles et d'un ciel mystérieux

Et elle m'attire
J'aime bien son genre d'atmosphère
Faut que je respire
Si elle étouffe je manque d'air
Je veux pas qu'elle tourne mal
C'est ma terre
Ma place dans l'univers
C'est ma terre
Moi son grain de poussière

C'est pas l'Eden, cette petite orange bleue
Mais c'est pas l'enfer, c'est peut être un peu des deux
Mais moi je l'aime, ma petite orange bleue
C'est là où je vis
C'est là que je respire le mieux

C'est ma terre
Mon histoire, mon mystère
C'est ma terre
Moi son grain de poussière
Qu'on m'enterre par devant sa lumière
Revoir mon frère, redevenir poussière"

Il y a 29 ans sortait l'album "Ca ne tient pas debout" de Michel Berger dont est tiré ce titre, l'orange bleue.

18 avril 2019

L'appel à l'action pour les futures générations

Greta Thunberg a appelé les politiciens du Parlement Européen à prendre action pour limiter le plus possible la crise climatique. Par son discours profond, factuel et émouvant, cette adolescente autiste asperger exhorte les générations en âge de voter pour les élections européennes à le faire en faveur des futures générations qui vivront, demain, ces dérèglements climatiques. Je ne vais pas citer des passages de son discours, car tout devrait alors être repris ici. Ecoutons-la plutôt.

10 avril 2019

Poursuivi en justice pour avoir sauvé des vies

Miguel Roldan est pompier. Cet espagnol est poursuivi en Italie pour complicité de trafic d'êtres humains. Son crime: avoir embarqué à bord d'un navire d'une ONG pour porter secours aux migrants en Méditerranée. En 2017, il a passé une vingtaine de jours en mer avec sept autres bénévoles, eux aussi sous le coup d'une procédure. Le pompier et ses compagnons risquent jusqu'à 20 ans de prison. La durée d'incarcération est proportionnelle au nombre de vies sauvées. Miguel a sauvé 5000 personnes de la mort.

"Si l'ONG n'avait pas intercepté ces personnes, la mort était certaine. Il était impossible pour les navires à bord desquels ils ont voyagé de Libye d'atteindre l'Europe, où la côte la plus proche était celle de l'Italien Lampedusa, située à 250 km. Pendant la mission, nous n'avons eu aucun problème et personne ne nous a prévenu d'éventuelles irrégularités", a-t-il assuré. "Tout était fait sous les ordres de Rome, s'il disait non, alors rien ne pouvait être fait, en fait, nous devions faire face à des situations difficiles, comme voir la mort de personnes à cause du temps d'attente", a-t-il déploré.

"Et après la mission, "ils nous disent que nous sommes sous enquête judiciaire, [...] Qu'avons-nous fait de mal pour arriver à cette situation ?", a-t-il déclaré perplexe. "Nous sommes dans un monde à l'envers, où le mal prévaut et le bien puni. [...] Les volontaires inquiétés par la justice ne sont pas les véritables victimes de tout cela, mais les personnes qui sont laissées sans aide en Méditerranée", a-t-il déclaré. En 2017, une quinzaine d'ONG naviguaient en Méditerranée, aujourd'hui il n'y a plus un seul navire. Les bateaux n'ont plus l'autorisation de retourner en mer !

Sources: Euronews, interview, article

https://solidarity-at-sea.org/

9 avril 2019

La cheffe indigène et son combat contre la déforestation

Ivanice Pires Tanoné est l’une des 17 cheffes indigènes du Brésil. Elle est la première femme à avoir ce statut dans sa tribu : le peuple Kariri-Xoco. Elle est dès lors investie d'une grande responsabilité qui a changé le cours de sa vie. Porter un message de respect de la culture tribale et de la nature. Sauver le fleuve San Francisco, stopper la déforestation au Brésil, replanter des arbres fruitiers sur les terres sacrées de son clan. Assurer un avenir à ses descendants et à sa culture tribale.

"Pour assumer ma responsabilité, je dois être une super-femme."

Depuis des millénaires, les peuples racines offrent une place prépondérante au vivant, en recherche constante de l'harmonie sociale et écologique. Gardiens de connaissances millénaires en matière d'écologie et de sciences traditionnelles, leur sort est étroitement lié à celui de l'humanité. Et si penser le monde de demain puisait ses sources dans les racines de l'humanité ? Non comme un retour nostalgique à des origines lointaines, mais comme une source d'inspiration pour insuffler de nouveaux modèles de société, plus respectueux de la nature et des hommes.

5 avril 2019

L'apnéiste français qui nous sensibilise à la surpêche

Le 3 avril 2019, l'apnéiste français Guillaume Néry publiait une vidéo intrigante sur Twitter dans laquelle on peut le voir plonger dans l'océan et écouter un son étrange et mystérieux. L’étrange bruit entendu était en réalité fabriqué de toute pièce. Il s'agit en fait d'un montage réalisé par Guillaume Néry lui-même, qui a superposé 30 sons d'animaux agonisants. En cherchant à diffuser celui-ci sous l'eau près des côtes françaises à l'aide d'une balise créée pour l'occasion, il veut que ce cri de détresse soit enfin entendu par l'homme. Le sportif interpelle la société et invite le public à réduire sa consommation de poisson:

"Il est grand temps d'écouter la détresse de l'océan, sinon il se videra de tout poisson en 2048 !*. N'attendez pas que les politiques réduisent la surpêche. Le changement commence dans votre assiette."

(*) Selon les chiffres des Nations Unies reprises par Sea Sheperd.

Site officiel du plongeur

28 mars 2019

Le cri de révolte écologique au congrès américain

La politicienne américaine Alexandria Ocasio-Cortez, incarnant la nouvelle vague démocrate dans son pays, a donné une claque aux républicains pour défendre le “Green New Deal” devant la chambre des représentants. Le “Green New Deal” est un vaste plan d'investissement dans les énergies décarbonnées visant à stopper le réchauffement climatique, tout en promouvant la justice sociale. Il prévoit 100 % d’énergie propre et renouvelable aux États-Unis d’ici 2035.

Afin de souligner l’importance de ce plan de préservation de l’environnement imaginé par certains démocrates américains, la jeune élue s’est lancée dans un plaidoyer “dévastateur” pour ses opposants politiques. “Les gens sont en train de mourir, c’est un sujet sérieux qui devrait dépasser les clivages. La science doit dépasser les clivages”, a alerté la représentante d’un district de New York alors que le Sénat, à majorité républicaine, venait de rejeter le texte.

À un représentant républicain qui qualifiait ce projet législatif d’élitiste, l’élue de 29 ans a répondu: "Ce n’est pas un sujet élitiste, c’est un sujet de qualité de vie. Vous voulez dire aux gens qui désirent et ont besoin d’air pur et d’eau potable qu’ils sont élitistes ? Allez dire ça aux enfants du sud du Bronx qui souffrent du taux d’asthme infantile le plus élevé du pays ! Allez dire ça aux familles de Flint dont les enfants ont un taux de plomb dans le sang en constante augmentation ! Leur cerveau est endommagé pour le reste de leur vie.”

Plus d'informations sur le Green New Deal

29 mars 2019

La faune unique des Galapagos menacée

A un millier de kilomètres des côtes de l'Equateur, s'est engagée une guerre inégale, mais décisive, pour la protection d'un éden qui a inspiré sa théorie de l'évolution à Charles Darwin, un écosystème unique sur la planète. Les gardes du parc des Galapagos et des bénévoles combattent un monstre créé par les humains: des tonnes de plastique que les courants marins poussent jusque dans les estomacs des animaux de cet archipel de l'océan Pacifique.

Au cours du premier trimestre de 2019, huit tonnes de déchets ont été ramassés, et 24,23 tonnes pour toute l'année 2018. Gadgets sexuels, sandales, briquets, stylos, brosses à dents, bouées, mais aussi canettes en aluminium. Les déchets des grandes métropoles parviennent jusqu'aux îles, dégradés en micro-particules de plastique, une menace majeure pour des iguanes, des tortues, des poissons et des oiseaux qui n'existent nulle part ailleurs.

90% des résidus collectés ne proviennent pas d'activités productives aux Galapagos, mais d'Amérique du Sud, d'Amérique centrale, et même une grande quantité de déchets sont de marques asiatiques. Bien qu'il n'existe encore aucune législation, l'idée est que le recensement effectué permette un jour de réclamer des compensations pour dégâts environnementaux.

Les gardes font un autre inventaire, plus affligeant, des animaux affectés, tels les cormorans, qui édifient leur nids avec des couches-culottes, ou encore des tortues marines qui confondent les sacs plastiques avec les méduses dont elles s'alimentent. "Nous devons aller plus loin que le seul ramassage des résidus. Nous devons en appeler aux consciences à l'échelle mondiale afin d'arrêter de jeter des ordures en milieu marin", estime le directeur du Parc national des Galapagos.

Source: La Libre

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