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5 octobre 2020

Les polémiques stériles sur les migrations

"Pas une semaine ne s’écoule sans qu’éclate une nouvelle polémique sur les migrations : violences policières, voile dans l’espace public, discriminations, quotas, frontières, … Les débats sur ces sujets sont devenus tendus, polarisés et passionnels, tandis que la parole raciste s’est libérée, relayée avec force par des activistes identitaires. Collectivement, on a accepté de penser les migrations à partir des questions posées par l’extrême-droite, en utilisant même son vocabulaire. Quant à nous, chercheurs, nous nous sommes souvent retrouvés réduits à devoir débusquer rumeurs et mensonges, qu’il s’agisse de dénoncer le mythe de l’appel d’air ou du grand remplacement.

Nos sociétés resteront malades de ces questions tant qu’elles continueront à les envisager sous l’unique prisme des idéologies. C’est toute l’ambition de ce livre : montrer qu’il est possible de penser ces sujets de manière rationnelle et apaisée, en les éclairant de réflexions et de faits qui sont bien trop souvent absents des débats. En montrant, par exemple, que les passeurs sont les premiers bénéficiaires de la fermeture des frontières. Ou que la migration représente un investissement considérable pour ceux qui partent, alors qu’ils se retrouvent souvent décrits comme la « misère du monde ».

Les questions d’identité collective doivent être des enjeux qui nous rassemblent, plutôt que des clivages qui nous opposent. À condition de reconnaître et d’affronter les problèmes structurels de racisme dans nos sociétés. Après tout, on a tous un ami noir."

Source: Quatrième de couverture du livre "On a tous un ami noir" de François Gemenne, chercheur et enseignant sur les politiques du climat et des migrations.

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27 septembre 2020

Les composantes du monde naturel sont en effondrement

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"[…] Nous allons vers des moments d’instabilité forte. […] Nos sociétés vont vers des autoritarismes. C’est la raison pour laquelle nous avons besoin de nouveaux récits. Et nous avons besoin d’acteurs à mettre en lumière, à mettre en scène, de nouvelles icônes qui incarnent des nouvelles façons d’être au monde, une nouvelle hiérarchie de valeurs, une nouvelle dialectique d’échange les uns avec les autres et avec le reste du vivant; le tout pour inspirer les gens, et pour créer des projets alternatifs aux formes d’autoritarismes qui viennent." - Arthur Keller. Source : Interview intégrale

15 septembre 2020

Le capitalisme remis en question

"La catastrophe écologique est enclenchée, la crise du coronavirus a fracturé le monde entier. Un responsable : le capitalisme. En saccageant le service public de la santé, il a transformé un épisode grave mais gérable en désastre. En poursuivant la destruction des écosystèmes, il a mis en contact des virus mortels avec la population humaine. En aggravant les inégalités, il a plongé des dizaines de millions de personnes dans la misère. Le gong avait pourtant déjà retenti lors de la crise financière de 2008. Mais plutôt que de se remettre en cause, les capitalistes ont formé un nouveau paradigme : l’avenir sera technologique, fondé sur la numérisation et l’intelligence artificielle. Il conduira à une nouvelle élite hybridée avec les machines. Et la masse de l’humanité sera rejetée dans le chaos climatique, au prix d’un apartheid généralisé. Il faut rejeter cette vision mortifère. L’oligarchie est aujourd’hui une caste criminelle. On ne la convaincra pas, on la contraindra. Des stratégies de résistance sont nécessaires, possibles et nombreuses. Cet ouvrage est un appel à dépasser le fatalisme et à entrer en lutte. Car le capitalisme vacille. Et c’est tant mieux : il est temps que s’ouvre le monde nouveau."

Source: quatrième de couverture de "Que crève le capitalisme" par Hervé Kempf, journaliste et écrivain.

15 août 2020

Le journaliste qui confronte Trump à ses mensonges

Shirish V. Date, correspondant pour le HuffPost, a interpellé le président Donald Trump en ces termes: "- Monsieur le Président, après 3 ans et demi, regrettez-vous tous les mensonges que vous avez racontés au peuple américain ?" Trump, n'étant pas d'humeur à répondre, préfère passer à une autre question.

Le journaliste voulait poser cette question au Président depuis 5 ans. Selon lui, Donald Trump débite tellement de mensonges en flot continu que plus personne n'y fait réellement attention. "Il est problématique que la personne qui dirige la nation la plus puissante du monde, qui commande l'arsenal le plus destructeur de l'histoire de l'humanité, ne soit pas digne de confiance." Il encourage ses collègues journalistes à agir contre les mensonges du président. Il rappelle que le Président travaille pour chaque américain.

Selon le Washington Post, Donald Trump se serait rendu coupable de plus de 20.000 mensonges depuis son investiture.

Source: extraits de La Libre

13 août 2020

La propagande russe influence déjà l'opinion publique américaine

"La propagande est un concept désignant un ensemble de techniques de persuasion, mis en œuvre pour propager avec tous les moyens disponibles, une idée, une opinion, une idéologie ou une doctrine et stimuler l'adoption de comportements au sein d'un public-cible. Ces techniques sont exercées sur une population afin de l'influencer, voire de l'endoctriner." Source: Wikipedia.

Via la publication d'une vidéo montrant des manifestants brûler au moins une bible et un drapeau américain, la Russie tente d'influencer le scrutin. La vidéo a été publiée par l'agence de presse de la chaîne Russia Today. Le média russe a pris soin de sélectionner la partie qui l'intéresse, avec l'intention "d'accentuer les tensions racistes avant l'élection". Certains contenus seraient volontairement conçus pour attirer un public républicain. Pour le New York Times, elle représente une des premières tentatives réussies de la Russie d'influencer l'élection de novembre. Derrière les images se cachent des stratégies hasardeuses de sites russes, parfois en lien direct avec le Kremlin.

"Le mécanisme derrière cette stratégie russe est simple, explique Tanguy Struye, professeur en sciences politiques à l'UCLouvain. Les sites russes ciblent les complotistes sur les réseaux sociaux. Ceux-ci vont partager ou retweeter le contenu. En réussissant à cibler les bonnes personnes, le message prend de l'ampleur. Il est repris par certains médias. [...] C'est typique de la théorie du complot : sortir de son contexte un mot, une phrase ou une situation.[...] Les informations diffusées par ces sites renforcent les biais cognitifs. [...] Cette chaîne de désinformation affaiblit la démocratie."

Cette stratégie n'est pas nouvelle. Elle avait déjà été utilisée lors de la campagne présidentielle américaine de 2016. Elle fonctionne aussi en Europe.

Source : Extraits remaniés de La Libre

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8 août 2020

Le penseur dont il faudra relire les écrits

Le philosophe Bernard Stiegler, expert des conséquences sociales du numérique, est décédé. Penseur essentiel des temps modernes, il cherchait à allier la réflexion la plus pointue à l'expérience de terrain la plus concrète.

Très critique du système capitaliste, il avait consacré ses recherches aux mutations provoquées dans la société par le numérique. Il prenait position contre les dérives libérales de la société et a axé sa réflexion sur les enjeux des mutations - sociales, politiques, économiques, psychologiques - portées par le développement technologique. Il avait notamment analysé les risques que faisaient peser ces changements sur l'emploi traditionnel, prédisant sa disparition. Il était toujours soucieux de mettre le progrès technologique au service de l'humain.

Quelques citations de Bernard Stiegler :

"Les gens croient qu'en étant informés, ils savent quelque chose. Or pas du tout ! Un savoir n'est pas seulement une information, mais la transformation de celui qui sait par ce qu'il apprend (aux autres)."

"Ce n'est pas la technique qui est toxique en soi, c'est notre incapacité à la socialiser correctement."

"L'équivalent général" c'est à dire l'argent, condition du capital et marché où, avec les industries culturelles, le temps des consciences est lui-même devenu une marchandise, est conditionné par l'équivalence générale du temps primaire-secondaire dans ses spatialisations tertiaires, manipulables, stockables, échangeables et donc monnayables."

"Affirmer que l'emploi est condamné à dépérir, ce n'est pas vraiment la meilleure façon d'être populaire. Il y a aujourd'hui une obsession de l'emploi – qui est en réalité la dénégation d'un processus tout à fait opposé, et le choc politique qui se prépare dans cette contradiction entre le discours et la réalité promet d'être terrible."

"Aujourd'hui, l'emploi (…) ne produit que standardisation, répétition machinale et stupide, démotivation, et ne se fait désirer que sous la menace permanente d'un chômage toujours plus brutal et angoissant."

Source des citations : babelio

Source : La Libre

5 août 2020

La défense de la démocratie deviendra-t-elle un crime ?

"Comment en est-on arrivé là ? A ce que chacun dans le monde soit surveillé et enregistré, sans que cela soit voté ? [...] De plus en plus, les gouvernements considèrent le piratage comme légal tant que c'est eux qui le pratiquent.[...] La Maison-Blanche le dit : la surveillance de masse n'a jamais empêché la moindre attaque terroriste. Ces programmes ne concernent pas le terrorisme. Ce sont des outils de manipulation diplomatique, d'espionnage économique et d'influence sociale. Des outils de pouvoir." - Edward Snowden

4 août 2020

La dernière annonce avant l'élection

Trump fera-t-il une dernière annonce-choc pour faciliter sa réélection ? Je suis prêt à parier là-dessus. Même si les médias annoncent que l'actuel Président des Etats-Unis est déjà battu pour les prochaines élections de novembre 2020, il ne me semble pas improbable que celui-ci va tenter de retourner la situation en sa faveur. Fort de son caractère imprévisible, je le vois bien dévoiler une information importante au bon moment, une annonce sur un sujet mettant tout le monde d'accord, et qui lui permettra de convaincre les derniers réticents à voter pour lui. Cette annonce pourrait être une révélation ou une avancée pour tout le peuple américain et peut-être même pour le monde entier. Qu'elle soit suivie d'effets bénéfiques ou pas, elle marquera les esprits. Une chose est certaine, Donald Trump fera tout pour rester au pouvoir pour un second mandat.

7 juillet 2019

La société ukrainienne malmenée par le Kremlin

Depuis le début de la guerre dans le Donbass, plus de 80 journalistes ukrainiens ont été faits prisonniers par les forces d’occupation. Cette information a été communiquée par Oxana Romanuk, représentante de l’ONG internationale «Reporters sans frontières». Elle a également confirmé des cas de violations des droits des journalistes dans les territoires contrôlés par le gouvernement ukrainien. (Source: Stopfake)

L’escalade de violences que connaît actuellement l’est de l’Ukraine menace l’accès à l’eau potable de quelque 3,2 millions de personnes, parmi lesquelles un demi-million d’enfants, avertit jeudi par communiqué l’Unicef. L’organisation pour les droits des enfants demande dès lors de mettre fin «immédiatement» à la destruction des infrastructures hydrauliques. (Source: Metrotime).

20 juillet 2019

Les moment perdus, comme des larmes sous la pluie

Il était peut-être le "réplicant" le plus célèbre du monde ! L'acteur Rutger Hauer, qui interprétait le rôle de Roy Batty, un esclave robot sophistiqué, dans le film Blade Runner (1982), vient de décéder le 19 juillet 2019. Très bon acteur, il était véritablement excellent dans son rôle de leader des réplicants; tenant à réclamer aux humains un peu plus d'équité quant à leur durée maximale de fonctionnement. Jouant à la fois un rôle de prédateur pour les humains et de chef de meute pour ses semblables, son personnage exprimait également une farouche envie de vivre comme un être humain. Que d'étonnement pour le personnage de Deckard de s'apercevoir de la richesse des émotions au moment où le réplicant s'éteignait, arrivant en fin de "vie" :

"J'ai vu des choses que vous, les humains, ne croiriez pas. Des vaisseaux de combat en feu sur l'épaule d'Orion. J'ai observé des rayons C briller dans l'obscurité près de la porte de Tannhäuser. Tous ces moments seront perdus à jamais, comme des larmes sous la pluie. Il est temps de mourir."

Cela restera certainement ma réplique préférée du cinéma de science-fiction. Un moment de magie comme il y en a peu. Rutger jouait un personnage fascinant qui aurait mérité une exploration plus substantielle, sous la forme d'une série spin-off, par exemple. Rutger était véritablement captivant à l'écran. Il est assez étonnant de remarquer que l'année où l'acteur Rutger Hauer décède corresponde également à l'année fictive où son personnage Roy Batty s'éteint dans le film.

Une interview. Voir aussi le Courrier International

Ecoutez le titre Trance "Harmonia" du DJ finlandais Orkidea

5 septembre 2019

La légiste qui rend leur dignité aux migrants noyés

Cristina Cattaneo, une femme médecin légiste italienne, donne un nom aux victimes de la Méditerranée. Les naufrages tragiques ponctuent l'actualité et ont fait de cette mer un véritable cimetière, mais un cimetière d'anonymes. Cristina s'est donnée pour mission d'identifier chaque disparu. Une tâche qui n'a pas de fin heureuse, un travail solitaire, patient, humble et tenace, dont personne ne veut se charger. Un sac contenant un peu de terre d'Érythrée, du Ghana, une carte de bibliothèque, un bulletin scolaire..., autant de vestiges des vies brisées de ces hommes, femmes et enfants qui ont tout risqué pour un avenir meilleur. Elle raconte son travail d'enquête dans "Naufragés sans visage", au cours des mois passés en Sicile, après le naufrage d'un bâteau qui transportait près de 1 000 personnes. Cristina nous rappelle que c'est ce travail d'enquête, ce combat pour rendre justice aux morts sans nom, qui fonde notre humanité.

Interview sur Arte 28 minutes

2 novembre 2019

Le projet de sanctuaire marin en Antarctique

Les eaux autour de l’Antarctique seront-elles un jour des réserves naturelles protégées ? L’idée de telles réserves naturelles court depuis des années. Sur la table de travail, des projets de sanctuaires marins, destinés à protéger l'écosystème de cette zone menacée par la pêche et la navigation. Ces sanctuaires pourraient protéger des récifs en eau profonde et des zones d’alimentation des mammifères marins de cette région.

L’initiative menée par l’Australie et la France pour créer un immense sanctuaire marin, de plus d’un million de kilomètres carrés, avait déjà échoué lors des précédents sommets de la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR). Cette Commission, qui compte 25 États auxquels s’ajoute l’Union européenne, détermine les mesures de conservation sur l’utilisation des ressources marines de l’Antarctique.

Depuis 8 ans, la Russie et la Chine s’y opposent ardemment en mettant leur veto, réclamant davantage de précisions et en raison de leurs préoccupations concernant les droits de pêche. Les gouvernements et les associations de lutte pour l’environnement estiment nécessaire la création de nouveaux sanctuaires dans l’Antarctique. Un responsable écologiste a regretté que “l’entêtement égoïste de quelques-uns l’emporte sur la volonté de la majorité”.

Source: La Libre

20 décembre 2019

L'eau menacée par les spéculateurs financiers

"Les Nations Unies ont baptisé la sécheresse "le fléau de la Terre." Pour garantir véritablement le droit à l'eau, nous devons la protéger comme un bien public et collectif, pas une marchandise mise en vente sur les marchés comme du pétrole ou du gaz. Et nous devons combattre les structures et les institutions qui soutiennent un accès inégal aux réserves en diminution de la planète. Notre but est d'obtenir de l'eau potable à un prix accessible, pour tous, partout et pour toujours."
- Maude Barlow, Stockholm, 2018

Maude mène un combat essentiel pour les hommes d'aujourd'hui et de demain, celui de l'eau. Dans ce documentaire d'Arte, Main basse sur l'eau, la froide cupidité de l'homme est dénoncée. Les spéculateurs financiers réussissent en Australie, aux USA et au Royaume Uni à transformer cette ressource naturelle en une marchandise ! L'eau doit rester un droit humain, car sa mise sur le marché va conditionner les conditions de vie de nos contemporains et des générations futures. C'est simplement intolérable. Une enquête remarquable et essentielle.

A consulter aussi: Blue Planet Project 

13 mars 2020

La nouvelle chef de l'Etat grec

Ekateríni Sakellaropoúlou entre en fonction ce jour comme Présidente de la République hellénique. Elle est considérée comme une personnalité apolitique, ou, plus exactement, au-dessus des partis, bien que progressiste, et le fait que le Premier ministre issu d'un parti conservateur la recommande, est considérée comme un signe de recherche d'unité du pays. Juge de profession, elle a acquis une notoriété plus forte en étant ainsi élevée au rang de première femme à la tête de la plus haute cour du pays.

Sa sensibilité aux libertés civiles, aux questions écologiques et aux droits des minorités et des réfugiés, a incité le gouvernement SYRIZA, d'Aléxis Tsípras, à la retenir à ce poste. Selon lui, « [elle] a toujours vigoureusement servi la justice, la protection des droits individuels et la neutralité religieuse de l’État [...] Son élection récompensera les valeurs progressistes qu’elle a défendues en tant que juge ». C'est une première, pour ce régime parlementaire essentiellement patriarcal, de voir une femme occuper ce poste.

Sources : Courrier International, Wikipedia

21 mars 2020

La manipulation d'aujourd'hui rappelle celle d'hier

De toute époque, "l'éducation politique est le rempart principal contre la manipulation. Cette éducation politique transmet aux gens la capacité d'identifier les méthodes de manipulation, et ainsi d'adopter les thèses extrémistes. C'est aujourd'hui une priorité pour l'Europe.

La pièce maîtresse de la manipulation sous le IIIe Reich était l'inversement de la morale: Ce qui était bien devenait mal et ce qui était mal devenait bien. La situation actuelle en Europe nous montre que nous sommes déjà un peu avancé dans ce processus. C'est-à-dire que des partis politiques disent des choses qui étaient absolument impensables il y a 10 ans, sont aujourd'hui élus.

Un autre aspect est que ces partis utilisent des termes rassurants. Le groupe européen de l'extrême-droite s'appelle "identité et démocratie". Alors que ce sont des partis qui menacent frontalement la démocratie. Ce sont des partis anti-pluraliste et donc par nature anti-démocratiques. Ils truquent le sens des mots. C'était déjà le cas sous le IIIe Reich. On fait passer la haine pour de la liberté d'opinion, des mesures autoritaires pour de la protection de la démocratie. On rend ainsi, peu à peu, l'inacceptable acceptable.

Il ne faut pas crédibiliser ce genre de parti et appeler un chat un chat. Les journalistes doivent apprendre à les confronter. Car ils sèment la confusion, brouillent la frontière entre le vrai et le faux et répandent des mensonges. En outre, d'un point de vue strictement politique, ces partis sont contre tout mais ne proposent rien.

Le Vlaams Belang en Belgique a bien compris qu'il devait consacrer beaucoup d'argent pour diffuser leur message sur les médias sociaux. Ils ont compris comment ils pouvaient se servir de ces moyens de communication pour semer la confusion dans nos démocraties. Ils se servent donc des réseaux sociaux ou de la radio pour diffuser des mensonges. Le danger est réel, car même si les gens ne croient pas à ces mensonges, au final ils ne croiront plus en rien du tout.

Un peuple qui ne croit plus en rien, n'est plus capable d'action, de décision ou de jugement. Et un peuple incapable de jugement est manipulable à merci."

- Géraldine Schwarz, journaliste et réalisatrice franco-allemande.

Source : Extraits de l'émission radio Le Grand Oral.

29 mars 2020

L'ambiance musicale qui accompagne ces moments d'écoute de soi

Jean-Michel Jarre a le don de créer des ambiances musicales tout à fait particulières et pourtant parfaitement reliées à nos émotions et à nos états d'âmes. Dans le morceau Oxygène, Pt. 15, il réussit à capturer un état émotionnel qui fait écho en moi en cette période triste de confinement. Tout en étant nostalgique, ce morceau de transition dans l'album Oxygène 3 reste plaisant à écouter au calme.

Alors pour retrouver de l'entrain, passons à la piste Oxygène, Pt. 17, nettement plus enjouée et vecteur d'émotions positives. Que le talent de Jean-Michel nous accompagne encore longtemps.

5 avril 2020

Le retour à l'essentiel

"La crise actuelle nous fait prendre conscience de l'importance de quatre sentiments oubliés : la gratitude, pour ceux qui sont en première ligne ; l’empathie, pour ceux qui souffrent ; l’admiration, pour ceux qui trouvent des réponses ; et l’altruisme, pour agir en soutien des uns et des autres."

Jacques Attali partage ses réflexions qui sont ici résumées:

L’humanité toute entière doit apprendre de ses erreurs pour ne plus les reproduire. Le monde devra être géré d’une façon beaucoup plus empathique et prévenante. La société sera soucieuse de proximité, de justice, et de chaleur humaine. Les convoitises du passé seront désormais dérisoires. Nous aurons tirer les leçons d'un modèle de société criminel. L'économie se recentrera sur l’essentiel et la société découvrira qu'elle peut parfaitement fonctionner de la sorte. Les professions de base, et nécessaires à son fonctionnement, seront les plus importantes pour notre survie. Si, grâce à ces professions, une rémission arrive, il ne faudra pas oublier que la menace peut revenir. Rien ne vaut vraiment plus que le temps qu’on passe avec ceux qu’on aime, et que le sens qu’on donne à sa vie. Il faudra avancer avec courage, lucidité et de façon positive.

Source: Jacques Attali

7 avril 2020

Les hommes n'évitent jamais les crises

Jacques Attali évoquait en 2018: "En 2040, le monde aura traversé une phase tragique, et il aura commencé à se reconstruire." Dans l'intervalle, nous risquons un effondrement de la civilisation européenne. Alors, pourquoi le risque de catastrophe est-il élevé ? 

Aggravation et concomitance des causes
Parce la planète connaîtra, pendant au moins les deux prochaines décennies, une croissance exponentielle de la population, des inégalités, des émissions de gaz à effet de serre, de l'acidification des sols, des guerres de l'eau, de la pollution, des catastrophes naturelles, des migrations, des dettes publiques et privées, etc. Mais aussi parce que ces causes se combineront dans le même laps de temps.

Report de l'action politique et verrouillage du système
Parce que l'histoire nous apprend que les hommes n'évitent jamais les crises. Sans cesse, nous retardons les solutions politiques, économiques, technologiques pour plus de monnaie, plus de dette, plus de procrastination et plus de promesses. Il nous paraît aujourd'hui que seule la croissance nous permettra de nous en sortir. De la sorte, nous renforçons la dynamique d'effondrement de nos sociétés fragiles et la destruction de notre milieu de vie.

Déni des individus et foi dans la technologie
Parce que nous ne voulons pas voir le danger devant nous, malgré les nombreuses alertes. Les matières premières, les ressources sont désormais limitées et nous ne planifions toujours pas l'après-pétrole. Habitués que nous sommes à vivre dans une société connectée et qui se nourrit de divertissements, nous en perdons la vue globale. Alors que les menaces systémiques sont bien présentes, nous regardons ailleurs. Demain, nous devrons nous réveiller et faire le deuil de cette foi en la technologie pour revenir à l'entraide entre êtres humains dans un monde abîmé.

Nous devrions mieux comprendre l'état du système maintenant, pour savoir comment réagir ensuite et prendre part aux solutions. L’heure n’est ni au pessimisme ni à la résignation, mais à l’action positive.

Source: texte librement inspiré des propos de Jacques Attali dans Les Echos

27 avril 2020

Les incohérences de l'esprit moderne

"Il y a un incroyable et gigantesque décalage entre la beauté et la puissance de l'intelligence collective de notre époque et son manque criant de sagesse commune et de respect pour le vivant."

- Extrait du livre "Une autre fin du monde est possible", par Pablo Servigne, Raphaël Stevens et Gauthier Chapelle. 

29 avril 2020

La vérité sur les fonds de placement durables des principales banques

200 milliards d'euros, c'est le montant total des fonds de placement belges. Les banques nous poussent à y investir nos économies. Mais, où va réellement notre argent ? Sous le couvert d'investissements durables, les banques y cachent parfois des secteurs non avouables. Sans le savoir, notre argent finance le sale, le toxique voire le guerrier: l'alcool, le tabac, les jeux de hasard, le pétrole, le charbon, les sables bitumineux, les paradis fiscaux, les mines et enfin l'armement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour mieux choisir : Financité

29 juillet 2020

L’urgence d’agir avec sagesse pour un monde plus durable

"Comme climatologue, je suis frappé par ce qui nous arrive avec ce virus. Ce que nous vivons évoque tellement, en accéléré extrême, le genre de bouleversements auxquels les changements climatiques vont nous confronter. Bien sûr, il y a de nombreuses différences entre les deux problèmes, mais elles ne sont pas si grandes que cela. Avec le virus, ce sont « seulement » les humains qui tombent malades. Pour le climat, ce sont les humains ET les écosystèmes qui souffrent, et de plus en plus.

Rappelons que la canicule de l’été 2003 a tué 70 000 Européens, principalement âgés et isolés. Les étés comme celui-là risquent de devenir habituels d’ici 30 ans à cause des changements climatiques. De nombreuses espèces animales et végétales ne pourront pas s’adapter. La production agricole elle-même sera affectée par un climat plus chaud qu’au cours de toute l’histoire humaine. Ce seront les plus pauvres, ici aussi, qui seront les plus affectés. Cette vague climatique aura des effets bien plus graves encore que la pandémie."

Déjà les premières conclusions s'imposent : "L’humanité a intérêt à mieux prendre en compte les scientifiques et leurs alertes. Les changements radicaux présentés hier comme inimaginables sont possibles quand chacune et chacun nous ressentons vraiment le danger qui nous menace, et que la volonté politique est au rendez-vous.

Nous devons saisir l’occasion de la relance post-covid 19 pour être à la hauteur de cette tâche. Puissions-nous tous et toutes être très touchés dans notre coeur et dans nos tripes par la gravité de ce qui vient de se passer, par le risque énorme de vivre des extrêmes climatiques encore pires, et ainsi comprendre l’urgence d’agir avec sagesse."

- Jean-Pascal van Ypersele, extraits choisis de la "Lettre d’un climatologue confiné" (Lettre N°17 - Juin 2020), Plate-forme Wallonne pour le GIEC.

27 juillet 2020

Lorsque James Cameron interroge les roboticiens sur l'avenir de l'IA

"J'ai discuté avec certains scientifiques de l'intelligence artificielle. Beaucoup de roboticiens tentent justement de recréer de manière artificielle des émotions humaines implantables dans des machines dont les fonctions seraient de prendre soin des personnes âgées ou des enfants, ou encore d'enseigner. Il est inévitable, je pense, que les machines finissent par nous ressembler. Nous allons les créer pour qu'elles nous ressemblent, pour qu'elles soient assez intelligentes pour agir comme nous, et pour qu'elles ressentent les mêmes émotions que nous. Elles seront nous, mais elles seront nos esclaves. Ce que nous voulons, c'est une nouvelle population que nous pouvons utiliser comme bon nous semble. Nous voulons des esclaves. C'est la direction dans laquelle nous nous sommes engagés.

J'en ai discuté avec un groupe de scientifiques spécialistes de l'IA lors d'un colloque, et quelqu'un a demandé "Quel est votre but ?" et l'un des scientifiques a répondu "Notre but, pour faire simple, est de créer une personne." Alors j'ai levé la main, et ils savaient tous que j'avais fait Terminator, du coup, ils ont commencé à se marrer. Je leur ai dit "Ecoutez, je ne veux pas tomber dans le stéréotype du péssimiste, mais, d'après ce que j'entends, vous voulez créer une personne possédant une personnalité. Une machine qui a non seulement une conscience analytique, mais aussi un sens de l'identité. Un être indépendant. Et vous avez également dit que vous souhaitiez la doter d'une intelligence aussi importante, voir plus importante, que la nôtre." Il m'a répondu "Vous avez raison." Alors j'ai demandé: "Comment comptez-vous l'empêcher de se retourner contre nous ?" Bien sûr tout le monde a ri. Mais j'ai continué, "Non, je suis sérieux. Comment l'empêcher d'avoir des buts propres, qui soient opposés aux nôtres ?" Il m'a répondu "C'est très simple. Nous ne lui donnerons que les buts que nous voulons qu'elle ait." "Oh, alors ce n'est pas un nouveau concept. Nous le connaissons depuis des milliers d'années. On a même un nom pour ça. Ca s'appelle l'esclavage. Combien de temps pensez-vous qu'une machine plus intelligente que nous acceptera d'être notre esclave ?" Ils n'ont pas vraiment apprécié.

D'autant que ma question précédente portait sur les émotions. Je leur ai demandé "Pensez-vous qu'il soit nécessaire de doter une machine d'un ego, d'un sens de la survie et d'une identité ?" Et j'ai ajouté "Avant que vous ne répondiez, laissez-moi préciser mon propos. Nos émotions ne sont pas des handicaps, elles ont une utilité. La nature nous a doté d'émotions parce qu'elles nous permettent de nouer des liens, d'interagir, de créer des interdépendances qui nous sont bénéfiques. Elles sont adaptatives. Elles font de nous ce que nous sommes, à savoir la conscience la plus développée de la planète. Pensez-vous que vous pouvez créer une telle conscience, avec un sens de l'identité, une capacité de décision et le désir de survivre, qui ne fasse pas le choix de s'éteindre elle-même ou qui ne devienne pas suicidaire ou dépressive si elle n'a pas d'émotions ?" Et ils m'ont répondu "Non, nous pensons qu'elle doit avoir des émotions." Du coup, on se retrouve avec un esclave qui ressent des émotions. Et non seulement on lui prend sa liberté, mais il peut en plus ressentir les conséquences de cette privation."

Extraits du livre "James Cameron: histoire de la science-fiction".

Voir l'article sur la présence de l'IA dans la vie quotidienne.

21 juillet 2020

Les démocraties résisteront-elles au "tout-à-la-technologie" ?

"Enseignement à distance, 5G, télémédecine, drones, commerce en ligne généralisé,… Le "New Deal numérique" que les géants de la Silicon Valley nous promettent pour faire face au risque de pandémie menace profondément nos démocraties, s’inquiète Naomi Klein dans cet article publié par le site d’investigation The Intercept. Pour elle, loin de la dystopie high-tech qui nous est proposée, il faut au contraire repenser Internet comme un service public au service des citoyens."

L'avenir ultralibéral qui nous est vendu sera facile pour les privilégiés, mais sera refusé aux moins lotis. Un avenir où beaucoup moins d’enseignants, de médecins et de chauffeurs garderont leurs emplois. "Un avenir qui prétendra fonctionner grâce à l’intelligence artificielle, mais qui tiendra, en réalité, grâce aux dizaines de millions d’employés anonymes qui triment déjà à l’abri des regards. Mais le plus inquiétant est la menace pour la démocratie que représente l’accumulation de pouvoir et de richesse par une poignée de géants du numérique qui sont les rois de la dérobade, se défaussant de leur responsabilité dans le paysage de désolation qu’ils laissent derrière eux dans les secteurs sur lesquels ils ont fait main basse, qu’il s’agisse des médias, du commerce ou des transports."

"Les technologies joueront très certainement un rôle de tout premier plan dans les années à venir. La question est de savoir si ces technologies seront soumises au contrôle de la démocratie et des citoyens, ou s'ils seront imposés à la faveur de crises sanitaires, sans que soient posées les questions de fond qui détermineront la forme que prendront nos vies dans les décennies à venir. Des questions comme celles-ci : Puisque nous faisons le constat que le numérique est indispensable en période de crise, ces réseaux - et nos données - devraient-ils rester entre les mains d'acteurs privés comme Google, Amazon ou Apple ? S'ils sont financés en bonne partie par des fonds publics, les citoyens ne devraient-ils pas en être aussi les propriétaires et les contrôler ? Si Internet tient une place aussi grande dans nos vies, ne faut-il pas le considérer comme un service public à but non lucratif ?"

Source: Extraits remaniés d'un article paru dans Le Courrier International

22 juillet 2020

L'influence russe en Angleterre: la nouvelle normalité

La commission parlementaire britannique sur le renseignement et la sécurité a exhorté le gouvernement de Boris Johnson à enquêter sur de possibles ingérences russes dans la vie politique du pays, notamment pendant la campagne du référendum sur le Brexit, lui reprochant d’avoir sérieusement sous-estimé les risques. Dans son rapport, la commission conclut que l’influence russe sur la politique au Royaume-Uni est devenue “la nouvelle normalité”. Elle relève des tentatives d’influence de la Russie sur le référendum de 2014 par lequel une majorité d’électeurs écossais ont rejeté l’option de l’indépendance.

"Ils n'ont pas cherché à comprendre l'impact de l'étendue ni la portée de l'ingérence dans les événements politiques passés." - Stuart Hosie, Membre du comité de renseignement et de sécurité britannique.

La commission dénonce également l’injection par la Russie d’argent issu de la corruption à Londres, la première capitale financière internationale du monde.

Selon le rapport du renseignement britannique, les mesures prises aujourd'hui par l'exécutif au Royaume-Uni visent seulement à limiter les dégâts, compte tenu du niveau d'infiltration des oligarques russes dans le monde des affaires, et la vie politique et sociale du pays. Le rapport a été bloqué par le Premier ministre britannique. Boris Johnson a été accusé de vouloir enterrer la publication. Aujourd'hui, le gouvernement rejette les demandes d'ouverture d'une nouvelle enquête dans ce dossier.

Sources: Euronews et Le Courrier International

Voir le Décryptage d'Arte.

16 juillet 2020

Les jugements légers sur la Science sont l'expression de nos excès

"En 1999, David Dunning et Justin Kruger font paraître un article sur un biais cognitif, appelé depuis "effet Dunning-Kruger" qui illustre bien nos comportements depuis l’apparition du Coronavirus. Partant de l’idée que "l’ignorance engendre plus fréquemment la confiance en soi que ne le fait la connaissance" (Darwin, 1891), ils font apparaître que les personnes qui n’ont aucune compétence en une matière (ici en "virologie" ; "infectiologie" et "épidémiologie"), pour peu qu’ils lisent (mal) quelques articles, écoutent quelques résumés de professionnels à la télévision ou via d’autres médias vont rapidement avoir le sentiment "d’avoir compris". Il y a quatre mois, personne ne savait ce qu’était la chloroquine (sauf ceux qui partaient à l’étranger, dans des pays tropicaux) et l’hydroxychloroquine. Quelques semaines plus tard, grâce à Wikipédia et aux interventions du professeur Raoult sur Youtube, 59% des Français avaient un avis sur l’efficacité du produit (sondage Le Parisien, 5/4/20).

Ce que l’effet Dunning-Kruger met en évidence, c’est que les personnes incompétentes tendent à surestimer leurs niveaux de compétence ("les chiffres du RO sont bons, pourquoi préconiser des masques ?" écrit X sur son mur Facebook) ; à ne pas être capable de reconnaître la compétence à ceux qui la possèdent ("ce type, depuis qu’il est porte-parole du gouvernement, raconte n’importe quoi" écrit un autre sur son mur) et à ne pas se rendre compte de leur degré d’incompétence… Les vrais professionnels, eux, connaissent le phénomène décrit par le philosophe Pascal : la bulle de l’ignorance. Si la connaissance est une sphère, écrivait-il, alors, à mesure que cette sphère grossit (à mesure que l’on en apprend sur un sujet), tout ce avec quoi elle est en contact grossit également (tout ce que l’on ne sait pas). Thomas d’Aquin ne disait rien d’autre : "je crains l’homme d’un seul livre"."

- Nicolas Pinon, Docteur en Psychologie et chargé de cours à l'UCLouvain et la Haute Ecole Vinci. Source: extrait de La Libre

Dans le domaine du changement climatique, un constat identique peut être tiré. Des personnes incompétentes, et peut-être trop médiatisées, amènent les citoyens à adopter des opinions non fondées sur la Science, et donc dénuées de tout fondement objectif. C'est ce que déclarait Harrison Ford en 2018 lors du Global Climate Action Summit: "Votez pour des dirigeants qui croient en la Science et qui comprennent l'importance de la Nature. Arrêtez de dénigrer la Science. Arrêtez de donner du pouvoir aux gens qui ne croient pas en la Science; ou pire encore, qui prétendent ne pas croire en la Science pour favoriser leur propre intérêt." Il est urgent que, tous, nous écoutions les avertissements de la Science afin de les transformer en actions; car le danger qui nous menace, lui, est bien réel.

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