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1 août 2023

L'IA forte apporterait à la fois menaces et promesses

"Ces intelligences numériques vont être extrêmement utiles pour la médecine, pour la lecture rapide et précise de scans, pour la conception de nouveaux nanomatériaux afin de fabriquer des cellules solaires plus efficaces, pour prédire les inondations et les tremblements de terre, pour de meilleurs prévisions météorologiques, pour comprendre le changement climatique."

- Geoffrey Hinton, spécialiste des réseaux de neurones artificiels

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13 mai 2023

La déloyauté devient la forme la plus commune de l’exercice de la liberté

La courtoisie, la politesse, un discours démontrant une certaine éducation sont des comportements qui seront de plus en plus rares à l'avenir. Nous constatons un déficit de ces bonnes manières dans nos interactions sociales. Que dire, par exemple, de la notion de loyauté ? Qu'elle soit liée au monde du travail ou à celui de la privée, qu'en reste-t-il ? Jacques Attali analyse les causes de la déloyauté dans la société d'aujourd'hui :

"La déloyauté devient la forme la plus commune de l’exercice de la liberté. Pour comprendre cette évidence, ou au moins cette menace, il faut en revenir aux éléments fondamentaux de nos sociétés modernes, démocratiques ou non, où domine l’économie de marché : elles sont toutes fondées sur l’apologie de la liberté individuelle; chaque citoyen y est poussé à se concentrer sur sa sphère individuelle, sur son bonheur personnel, et à ne pas se préoccuper des enjeux collectifs.

Chaque membre d’une telle société est incité à ne se préoccuper que de lui-même et à se concentrer sur la façon dont il peut gagner les moyens de satisfaire ses propres besoins et ses désirs les plus individualistes, qu’il s’agisse de consommer des biens matériels, de voyager, de s’exprimer, ou de choisir librement sa forme de bonheur, en étant autorisé à le trouver où il veut, en changeant d’avis autant qu’il veut sur ce qu’il désire, et même sur ce qu’il est. [...]

Cette apologie de la liberté illimitée a de la valeur : elle constitue une formidable incitation au changement, à la découverte, à la création à l’innovation, au progrès. Pour autant, cette forme de liberté a aussi des limites : elle ne respecte ni tradition, ni patrimoine, ni acquis; elle empêche de construire quoi que ce soit de durable. Aussi, la société la freine-t-elle en dressant devant elle deux obstacles : un obstacle juridique, (le contrat) et un obstacle moral, (la loyauté)."

Source: découvrez la suite de l'article du blog de Jacques Attali

9 février 2022

L'impact économique et territorial d'Amazon

"On peut dire que le grand gagnant de la crise du coronavirus est Amazon. Tandis qu'à la mi-avril 2020, la pandémie approchait de son moment le plus critique, la valeur des actions de la firme augmentait de 30 % par rapport à l'année précédente ; et en l'espace de seulement deux mois, la fortune nette du PDG Jeff Bezos augmentait de 24 milliards de dollars. Comme le résume un analyste de l'industrie numérique : "Le Covid-19 a été comme une injection d'hormones de croissance pour Amazon."

L'enquête d'Alec MacGillis débute bien avant la crise sanitaire actuelle. Sa méthode est simple et efficace : c'est par une mosaïque d'approches et de vies que l'on comprend le mieux un système, comment ce dernier affecte ceux qui entrent en contact avec sa trajectoire. À la manière des grands reportages littéraires, "Le Système Amazon" décortique l'implacable machine et ses rouages à travers une impressionnante série de portraits et de tableaux.

Il montre également comment la firme est devenue un lobby à part entière à Washington, l'auteur poussant les portes du gigantesque manoir de Jeff Bezos, dans le quartier de Kalorama, où l'on croise lobbyistes, députés, sénateurs et membres du gouvernement. Plus qu'un énième pamphlet sur l'impact destructeur du géant jaune au large sourire, ce livre, fruit d'années d'enquête, offre à lire le récit édifiant d'une société sous emprise.

De centres de livraison en data centers, de campus d'entreprises en entrepôts du mastodonte, visitez un autre monde, en proie à son Amazonisation, qui se divise entre gagnants et perdants, entre vies déconnectées et vies broyées par ce système."

Source: Quatrième de couverture du livre "Le Système Amazon. Une histoire de notre futur."

1 février 2022

La dissonance cognitive et l'éco-anxiété sont les maux des jeunes

"Réchauffement climatique: quand la réalité dépasse la fiction, quelle posture adopter face à une catastrophe programmée ? Selon l’agence européenne de surveillance climatique, l’agence Copernicus, les sept dernières années sont les plus chaudes jamais enregistrées sur la planète. Et le 6è rapport du GIEC qui sera livré fin mars alerte, lui aussi, sur ce réchauffement sans précédent.

Face au déni et au climato-cynisme visibles, notamment sur les réseaux sociaux ou dans certains médias, nous vous proposons le regard de trois jeunes femmes. Trois actrices de terrain, formées aux sciences du climat et issues de cette première génération amenée à vivre les conséquences du réchauffement climatique et à pouvoir faire quelque chose… Comment dire, informer, éduquer et donner à comprendre le phénomène en cours quand la catastrophe annoncée n'est pas visible pour tous… Comment accompagner les citoyens sur le terrain ?"

Source: Ecoutez l'émission "De cause à effets" de France Culture.

Voir aussi l'article de La Libre "Protéger le climat ou prendre l’avion, le difficile dilemme des jeunes"

31 janvier 2022

L'intelligence bien mieux développée que la conscience

"La plupart de nos actes sont entrepris avec un très faible niveau de conscience. Lorsque nous vaquons à des tâches [quotidiennes ou] même lorsque nous nous livrons à des activités intellectuelles, il serait faux d'affirmer que nous le faisons en toute conscience. [...] Le paradoxe humain tient au fait que nous sommes dotés d'un cortex cérébral d'une très grande puissance de calcul, que nous employons essentiellement à des fins utilitaires, de performance et de technique. [...] Nous vivons mieux, nous vivons plus longtemps, nous succombons moins aux maladies et ne mourons plus de faim. [...] Magnifique réussite pratique !

Mais, derrière cette fantastique capacité à trouver des solutions technologiques pour améliorer notre vie matérielle, les forces profondes qui nous animent restent totalement impénétrables. Nous excellons dans l'art de réaliser nos objectifs, pas dans celui de les établir. Le seul critère qui guide notre action est la faisabilité technique. [...] Nous ne nous demandons ni pourquoi nous cherchons à faire cela, ni si cela a un sens. [...] En somme, nous nous comportons comme des êtres dotés d'un haut niveau d'intelligence mais d'un faible niveau de conscience. C'est une différence essentielle. Il est rare que nous pensions à établir cette distinction.

L'intelligence élabore des solutions, génère des calculs, met en application des objectifs et des programmes. Mais elle peut très bien le faire sans que la conscience intervienne à une quelconque étape du processus. [...] L'être humain [...] est doté d'une conscience mais celle-ci est souvent négligée et nous la développons beaucoup moins que l'intelligence. [...] Amener notre degré de conscience à un niveau comparable avec notre niveau d'intelligence sera sans doute un enjeu de premier plan pour l'avenir de notre espèce. Les conséquences de ce choix vont d'ailleurs devenir criantes assez vite. Dans le monde qui se prépare, de plus en plus de gens vont passer moins de temps au travail et plus de temps à des activités de loisir.

Que feront-ils de ce temps ? [...] Chercheront-ils à développer leurs capacités mentales conscientes, pour vivre de manière plus lucide tout en diminuant la quantité de leurs stimulations sensorielles ? [...] La réduction du temps de travail et la prise en charge du labeur par les machines ouvriront la possibilité d'un temps de conscience étendu pour des millions de cerveaux. Plutôt que de jouer, manger, consommer du statut et du sexe en ligne, il s'agira pour chacun de développer le champ de ses ressources mentales et donc de ses expériences qualitatives. A la clé, une limitation de la consommation de biens matériels, sans qu'il en résulte automatiquement un sentiment de déchéance ou de frustration."

Source : Extraits choisis aux pages 230 et suivantes du livre de Sébastien Bohler "Le bug humain" chez Pocket.

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23 janvier 2022

Le prix Nobel de l'environnement a 30 ans

Qui connaît le prix Nobel de l'environnement ? Cela ne vous dit rien, et nous sommes nombreux dans le cas. Et pourtant, quelle belle idée de mettre en valeur ceux qui se dévouent pour la nature et leur prochain. "Le prix Goldman pour l'environnement est un prix remis annuellement à des défenseurs de l'environnement répartis en six zones géographiques : l'Afrique, l'Asie, l'Europe, les nations insulaires, l'Amérique du Nord, et l'Amérique centrale et du Sud. Il est parfois comparé à un prix Nobel vert, ou prix Nobel de l'environnement. Il a été créé en 1990 par Richard Goldman, un philanthrope californien et sa femme Rhoda Goldman."

Le prix récompense des citoyens qui se battent au quotidien, que ce soit pour lutter contre le braconnage, empêcher l'implémentation d'industries polluantes, alerter contre les conséquences de la pollution sur la santé des habitants, faire respecter les droits des indigènes ou bien encore nettoyer leur milieu de vie des déchets plastiques. Ces citoyens se mobilisent et obtiennent des résultats. Lisez les parcours de ces hommes et de ces femmes qui pensent à notre futur. Ils méritent notre attention et notre admiration.

Source : Wikipedia

Les lauréats 2021

Gloria Majiga-Kamoto, Malawi
Thai Van Nguyen, Viêt Nam
Maida Bilal, Bosnie-Herzégovine
Kimiko Hirata, Japon
Sharon Lavigne, États-Unis
Liz Chicaje Churay, Pérou

6 février 2022

L'économie de l'attention : les enjeux écologique, politique et de santé

"C'est une guerre qui nous fait passer l'essentiel de notre temps devant un écran. Une guerre dont nous sommes à la fois les victimes et les agents quand nous réagissons sur Twitter, quand nous notons un chauffeur sur Uber, quand nous swipons sur Tinder... Une guerre qui fait de nombreux dommages, en premier lieu chez les plus jeunes : obésité, troubles du sommeil et de la concentration, isolement… sans compter la mise en danger du lien social et du débat démocratique, et l’accélération de la catastrophe écologique. Une guerre que se livrent les plus grandes entreprises pour capter notre temps de cerveau. Cette guerre, c’est celle de l’attention.

Au fondement de notre liberté et de notre bien-être, l’attention est une ressource rare et précieuse. Elle pourrait disparaître si son exploitation, immense gisement de profits, n’est pas limitée. Pour cela, les manuels de « bon usage » du numérique ne suffiront pas. Refusant les fausses promesses du « techno-solutionnisme vert », ce livre est une arme pour mener la reconquête collective de notre attention. Nourri par un travail de terrain, il propose une plongée dans les rouages de l’économie de l’attention ainsi que des propositions politiques concrètes. Ou comment faire de la déconnexion un pilier de la transition écologique à venir, au service d’une société conviviale et décroissante."

Source: Quatrième de couverture du livre "La guerre de l'attention: comment ne pas la perdre"

 

28 décembre 2021

Les nations européennes sont vulnérables à de nouveaux clivages

Aujourd'hui, nous connaissons tous une personne de notre entourage qui remet en question les connaissances acquises par la médecine (efficacité des vaccins Covid-19) et le système démocratique de nos sociétés. Est-ce que nous aurions pensé il y a 3 ans, que certains de nos citoyens donneraient la clé de leur santé à des non professionnels de la santé ? Les fabricants de doute et d'émotions ont été présents de tout temps, rien de nouveau, mais ils sont capables de nous faire plus de tort que précédemment, car ils peuvent mobiliser désormais des outils de communication qui ont un effet de résonance pour leurs théories. Ils prennent une posture qui fait fi des connaissances scientifiques au profit d'un discours axé sur l'émotion, l'injustice (une posture de victime) et la défiance - remarquez les similitudes avec les arguments de l'extrême droite. Pour l'argent, la valorisation sociale ou encore d'autres considérations, les fabricants de doute ont réussi à créer une défiance qui gagne petit à petit nos esprits pour ne plus en sortir. Comme un cancer qui nous ronge, la défiance est là pour rester. Pourquoi je pense qu'elle va s'installer ? Parce que nos sociétés sont plus enclines à sanctionner qu'à éduquer, à ignorer qu'à convaincre. Mais aussi parce que nous avons beaucoup de mal à faire face, et encore moins à prévenir ces problèmes. On observe aussi une tendance à ne plus réfléchir, à ne plus faire d'efforts : l'argumentation entre citoyens sans conflit est difficile, la nuance n'est plus recherchée. Nos médias grand public font s'affronter les extrêmes. Les sources d'information de référence ne sont plus partagées. Le flou règne. Chacun se barricade armé de sa propre vision du réel.

La face peu reluisante des réseaux sociaux

Après l'euphorie des débuts, les réseaux sont devenus le reflet de la société, avec ses aspects positifs et négatifs. Les réseaux sociaux nous ont apporté de grands bienfaits que l'on ne peut contester, mais également les moyens de nous affronter avec des assertions courtes, de cliver nos sociétés. Par leur approche centrée sur l'argent, leur posture se défendant d'être un média et leur frilosité à intervenir sur tout ce qui nous trompe (erreurs, censure, mensonges, manipulations, appels à la haine, etc.), les géants du web (Google, Facebook, ...) ont une véritable responsabilité dans cette situation - voir les auditions des patrons au Congrès américain. Ils n'ont pas réagi avant que tout cela s'aggrave. Pour faire grandir leur business, ils ont laissé se développer le mélange des genres avec les conséquences délétères que l'on voit aujourd'hui. Exemple : les citoyens publient des "posts" contre les vaccins sur le réseau social professionnel LinkedIn. Laisseriez-vous des théories néo-nazies contaminer votre groupe Facebook consacré au bien-être des nourrissons et de leurs mères ? C'est hors de propos et c'est clivant. Les réseaux nous demandent constamment de prendre position, pour ou contre. Alors qu’il est tout à fait sain de dire que l’on est ignorant. Les problèmes créés par les géants du web sont très importants aux USA et il serait naïf de penser qu'ils ne vont pas s'aggraver en Europe. Les Etats-Unis sont la culture dominante que nos enfants adoptent immédiatement, ainsi que tous les outils technologiques "gratuits" ou non qui leurs sont proposés. Les réseaux ont déjà gagné la bataille de l'attention lors de nos repas de famille, une partie de nos interactions humaines sont désormais en compétition avec des vidéos de chat ! (addiction à la production de dopamine). Si l'on voulait aller au bout de la logique, on dirait que tout est prêt pour faire advenir la confusion et la discorde. Tout est-il perdu ?

Le crédit à celui qui est légitime

Bien sûr, les individus malveillants sont les auteurs des contenus problématiques et c'est sur eux que repose l'essentiel de la responsabilité des conséquences clivantes. Il nous incombe de faire la part des choses, à comprendre qui parle, quelle est son histoire et quelles sont les intentions qu'il poursuit. Mais cela demande de s'interroger, de chercher, de vérifier, de ne pas se laisser influencer facilement. Nul besoin de vous rappeler que les pays anti-occidentaux publient des « fake news » sur les vaccins afin de semer le doute et les troubles sociaux. Mais ces stratégies ne sont pas l'objet de ce billet. En tant qu'européen, cela nous semble impensable qu'une partie de la population américaine croit que l'élection présidentielle dont Joe Biden est sorti vainqueur soit truquée. De même, il semble inconcevable que le Capitole ait pu être attaqué par ses propres citoyens. Pourtant, cela s'est bien produit. Les fabricants de doute ont démontré de manière éclatante leur pouvoir sur nous, et nous montrons tous les jours à quel point nous sommes vulnérables à leurs discours clivants. Il faudrait éviter les pièges, prendre du recul. Pour les sujets que nous ne maîtrisons pas, il est temps de faire confiance à ceux dont c'est la spécialité ; sinon nous ne pourrons plus nous entendre sur ce qui est réel. Et alors tout sera équivalent, ce sera le chaos à l'intérieur comme à l'extérieur, dans nos têtes comme dans nos sociétés. On dit toujours que ce qui se passe aux USA arrive quelques années plus tard en Europe. Cela ne devrait-il pas nous alarmer ? Nos pays ne devraient-ils pas chercher les moyens de s'en prémunir ? Même plus proche de nous, nous avons vu les politiciens de Ukip faire œuvre de destruction avec le Brexit et puis ensuite décliner toute responsabilité, ne plus prendre leur rôle de leader de parti et même démissionner de leur poste (Nigel Farage). C'est comme si on disait aux électeurs : maintenant que c'est le bordel, débrouillez-vous.

La volonté d'en sortir

Les victimes de ces clivages sont captives et n'auront de cesse de garder une posture de défiance, d'attaquer, de pointer ceux qu'ils estiment dans l'erreur. Ils s'indigneront que nous ne voyions pas l'évidence. Ils verront ce qui sépare, plutôt que ce qui rassemble. Nous avons donc besoin de nous rencontrer face à face, de nous parler, d'user de bienveillance (et c'est parfois difficile), alors que notre société occidentale nous amène vers toujours plus d'égoïsme, d'individualisme, d'isolement et de repli sur soi. Nous avons impérieusement besoin que nos citoyens soient éduqués à la Science, à ses méthodes, à l'intérêt de l'investigation journalistique, au décryptage de la propagande et à la compréhension des biais cognitifs, comme le biais de confirmation. Nos visions (pacifiées) du monde et nos valeurs en dépendent. Ne mélangeons pas tout, laissons la politique et la Science dans les cadres qui leur correspondent, avec leurs outils et leurs professionnels. Reconnaissons leurs bienfaits pour la société. Chacun devrait considérer l'importance grandissante des fabricants de doute comme une très sérieuse menace. Que pourrait-il se passer si demain, ils décident de s'attaquer à la chirurgie, en prétextant par exemple que les produits anesthésiants sont responsables de graves problèmes de santé ? Que ferons-nous si des patients devant se faire opérer décident de renier notre médecine sous ces fallacieux prétextes propagés sur les réseaux ? Quelles seront les conséquences sur nos proches, jeunes ou vieux, si nous refusons de faire confiance en notre science contemporaine ? Que seront demain les ravages causés par la désinformation ? Les conséquences sur nos démocraties seront-elles importantes ? Les théories folles - comme le « pizzagate » aux USA - vont-elles fleurir en Europe ? A combien de nouvelles tragédies nos sociétés demain devront-elles faire face ? C'est la responsabilité de chacun de faire preuve de discernement.

4 janvier 2022

Les plus grands risques

C'est l'histoire de Bertrand qui salue son collègue Hervé, gestionnaire des risques dans l'entreprise.

- Salut Hervé, dis-moi c'est plutôt risqué en ce moment, tu ne trouves pas ?

- Salut. Eh bien, cela dépend: il y a les risques de faillites des fournisseurs, de réputation de l'entreprise, de cyberattaques, ...

- Non, je veux dire pour les citoyens. Si on classe les risques pour la société, je dirais qu'il y a d'abord le changement climatique, la pandémie de Covid-19, ... les fricadelles.

- (Rires) Ouais tu as raison, mais je mettrais les fricadelles plus haut dans la liste !

20 juin 2021

La hausse des déplacements forcés dans le monde

Aujourd'hui, 1% de l'humanité a dû, sous la contrainte, quitter sa terre d'origine. Le nombre de personnes fuyant les guerres, les persécutions et les exactions a atteint un record de 82,4 millions en 2020, et cela malgré la pandémie de Covid-19. En outre, ce chiffre est deux fois plus élevé qu'il y a dix ans, selon l'ONU.

Pendant la pandémie, "tout s'est arrêté, y compris l'économie, mais les guerres, les conflits, la violence, les discriminations et les persécutions - tous ces facteurs qui poussent les gens à fuir - ont eux continué", a expliqué à l'AFP le chef de l'Agence des Nations unies pour les réfugiés, Filippo Grandi. Ce dernier a également indiqué que l'impact du changement climatique a contraint à la fuite de nombreuses personnes.

"Les solutions nécessitent que les dirigeants à travers le monde entier et les personnes d'influence laissent de côté leurs différences, mettent fin à une approche égoïste de la politique et se concentrent plutôt sur la prévention et le règlement des conflits, ainsi que le respect des droits humains", a affirmé M. Grandi. Source : Euronews

1 juin 2021

L'exploitation des espèces par l'homme est colossale

"Il y a de nombreuses causes de souffrance dans le monde. Prenons simplement la façon dont les hommes exploitent les autres espèces. Il y a eu 110 milliards d'homo sapiens qui ont vécu sur Terre, depuis que nous existons en tant qu'espèce. C'est le nombre d'animaux qu'on tue pour nos soit-disant besoins, tous les deux mois, comme si de rien n'était. C'est un déséquilibre colossal, et tout le monde y perd. Tout cela devrait nous faire réfléchir."

- Matthieu Ricard, moine bouddhiste, généticien, photographe. Source: Extrait d'une interview dans l'émission De cause à effets.

3 juin 2021

La charge mentale, problème de notre temps

"La charge mentale ne fait que s’alourdir. Comment soulager notre cerveau assailli d’infos qui doit se surconcentrer sans arrêt ? Dans les têtes, plusieurs univers se chevauchent : la maison, le boulot, les loisirs les enfants, la santé, les relations sociales, le Covid et son lot d’angoisses et de questionnements et ce ne sont que quelques exemples. A côté de ça, les smartphones, réseaux sociaux, notifications nous assaillent de toutes parts et sans fin."

Source : extrait de La Libre

31 mai 2021

Les mots courants perdent leur sens

"Il faut se battre pour que le langage ne soit pas profané. Nous sommes liés par quelque chose que nous avons en commun, et c'est le langage. Nous pensons la même chose de chaque mot, à peu près. Et si un jour nous sommes privés de langage, nous perdrons quelque chose de fondamental. Or la course, la compétitivité, la vitesse, les médias, les réseaux sociaux, ce sont toutes des machines à esquinter le langage, à le dévaloriser, à le corrompre. Nous devrions veiller sur le langage, c'est ce que font les poètes. Ils veillent sur les mots et sur le langage."

- Jean-Claude Guillebaud, écrivain, essayiste et grand reporter. Extrait d'une interview de la RTBF au sujet de son dernier essai "Entrer dans la douceur".

27 mai 2021

Le monde d'après la pandémie est une désillusion

"Rarement notre société a été aussi clivée et polarisée. Les réseaux sociaux déchaînent les passions au point de prendre des airs de déchetterie de notre démocratie. On n’échange plus, on n’argumente plus… Non, on se lâche, on humilie, on simplifie, on caricature et on pointe du doigt. La malveillance est devenue la norme. Et pourtant, au printemps dernier, nombre d’entre nous espéraient que la pandémie nous ramène à l’essentiel, à la bienveillance, à la solidarité, aux arguments nuancés, au partage, à une consommation locale et saine… Quelle désillusion pour celles et ceux qui y ont cru. Quelle naïveté sans doute aussi."

Source: un édito de Dorian de Meeûs sur La Libre

17 mai 2021

La pensée pénétrante d'Alain Damasio sur la pratique technologique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques extraits marquants :

"Aujourd'hui, le contrôle est un acquis, et la liberté tu dois la conquérir.[...] Tu vas devoir te battre pour réouvrir tes degrés de liberté qui ont été fermés. [...] Tu vas devoir travailler sur ta production de traces."

"Lidéal du régime néolibéral est de dire: Vous êtes des atomes individuels éparpillés à travers le corps social et on va vous relier avec le numérique. Et tous les moments où vous vous reliez, nous allons les capter et les archiver, cela nous permet de produire de la plus-value. Continuez à être dans votre "techno-cocon", continuez à échanger, soyez une grappe. Soyez connectifs et pas collectifs, soyez solitaires et pas solidaires. Et cela nous permet d'activer un régime économique très puissant, et sur lequel nous prélevons de la trace et de l'argent."

"Il y a un jeu entre vivant et technologie au sens où la technologie offre des ersatz de socialité, offre des ersatz d'enthousiasme, offre des ersatz de jeu, etc. [Alors qu'] il faut réinvestir le réel."

15 mai 2021

Les conséquences de la consultation inadéquate des sources d'information

"Une récente enquête de l'agence européenne Eurofound a révélé une corrélation entre l'hésitation à se faire vacciner et l'utilisation des réseaux sociaux.

40% des personnes qui ont déclaré utiliser les réseaux sociaux comme principale source d'information hésitent à se faire vacciner, contre seulement 18 % des personnes qui utilisent surtout des canaux d'information traditionnels pour s'informer (télévision, radio, presse).

Les personnes qui se disent hésitantes présentent aussi un niveau de défiance envers leur gouvernement et l'Union européenne plus élevé. La principale raison de cette méfiance envers les vaccins reste la sécurité de ces derniers." Source: Euronews

13 mai 2021

La crise climatique : à quand le sursaut ?

"Pourquoi est-ce si difficile de mobiliser les forces dans cette lutte vitale ? De COP en sommets, de rapports du GIEC en alertes citoyennes, de discussions diplomatiques en promesses politiques, la crise climatique poursuit sa route. Au mieux, elle déclenche des phobies et des états d'écolo-dépression, au pire, elle suscite indifférence et déni. Et dans cet entre-deux, une petite partie de la population essaye de 'prendre sa part' quand d'autres privilégient les intérêts économiques à court-terme. Le "Earth Day" de Joe Biden, aura-t-il pour vertu de générer un sursaut… Les décennies passent, les décisions efficaces se font encore attendre.

Pourquoi un tel sentiment de désintérêt pour l'avenir de la planète et de ses habitants ? Pourquoi les scientifiques n'arrivent-ils pas à convaincre ? La crise climatique, est-elle si difficilement compréhensible ? Comment expliquer clairement les causes et les conséquences du réchauffement en cours et faire de cette lutte une priorité ?"

Ecoutez l'émission "De cause à effets" de France Culture.

6 septembre 2020

Le temps pour une insurrection des consciences

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"L’idée que la civilisation occidentale s’inscrit dans un processus infini d’amélioration continue et irréversible, voué à s’universaliser, est encore tenace. Il nous faut l’oublier, adopter une vision plus modérée de notre condition et passer de l’ère des vanités à l’ère de l’humilité. [...] Notre réussite ne dépend pas d’un problème de moyens, mais plutôt de vision, de valeurs et de principes. Notre destin est scellé de six sceaux : l’humilité, la diversité, la solidarité, la dignité, la sobriété et le sens. Il s’agit à la fois d’un enjeu universel et d’un exercice individuel. Personne ne peut s’en extraire. Si chacun fait sa part, ce siècle peut être enchanteur ! Nous nous trouvons sur une crête et il en faut peu pour basculer d’un côté ou de l’autre. C’est l’accomplissement de l’humanité qui se joue."

- Nicolas Hulot, extraits du livre D'un monde à l'autre.

14 mars 2020

Les pistes de solution contre l'effondrement

"Il faut passer des marchés aux réseaux, passer de la propriété à l'accès, passer du PIB à des indicateurs de la qualité de la vie, passer de vendeurs et acheteurs à des fournisseurs et utilisateurs de réseaux, et des externalités à la circularité. C'est la seule façon de le faire, de façon coopérative et intelligente. La technologie intelligente, comme le solaire et l'éolien, pour le peuple."

- Jérémy Rifkin, économiste

Source: France Culture

"L'avenir n'est pas dans la technologie, mais dans un nouvel agencement des relations sociales. Ce qui fera pencher la balance, c'est la force et la vitesse avec lesquelles nous saurons retrouver l'exigence de la solidarité."

- Hervé Kempf, journaliste spécialisé en écologie

29 février 2020

Les actes citoyens pour éviter l'effondrement

Si nous considérons par exemple les voyages en avion. Prendre l'avion est une activité banale et très populaire. Cependant, le public sait qu'il s'agit d'un moyen de transport très polluant. Les plus jeunes générations ne peuvent pas concevoir de s'en priver aujourd'hui. Pablo Servigne nous dit que cela semble tellement aller de soi, que les individus ont du mal à croire que nous pourrions nous en passer. Mais cette approche tient en fait du récit. Nous pensons que nous allons pouvoir nous déplacer aux quatre coins du monde sans contraintes, que c'est un dû et que c'est facile. Mais il s'agit d'une histoire que l'on se raconte. On pourrait se raconter d'autres histoires. Il y a plusieurs manières de voyager, il n'est pas toujours nécessaire de prendre l'avion.

Et lorsque les gens se posent la question de savoir s'ils vont arrêter de prendre l'avion, ils se ravisent et se disent plutôt qu'ils vont voyager moins. Ils pensent ensuite aux opportunités de vacances qu'ils vont manquer... et souvent la démarche s'arrête là. La volonté individuelle manque. Les individus ne voient pas cela comme une solution personnelle pour contribuer à résoudre les problèmes de pollution.

Pablo Servigne nous explique que ce n'est pas une question de volonté mais plutôt une questions de contrainte. La décroissance est un projet politique. Elle consiste à se dire: essayons collectivement de diminuer l'impact de nos modes de vie sur la planète, et de le faire de manière coordonnée. Sinon, nous vivrons demain une décroissance subie. Et une décroissance subie, c'est un effondrement. Nous n'avons pas le choix. Nous l'avions encore dans les années septante, mais aujourd'hui nous n'avons plus le choix. La question d'actualité à se poser est: est-ce que nous voulons que la décroissance soit subie ou volontaire ?

L'objectif de la décroissance est de cesser de faire de la croissance économique un objectif. Elle part du postulat que la croissance économique apporte plus de nuisances que de bienfaits à l'humanité.

Source : FIFDH Genève

7 mars 2020

Les violences conjugales en hausse en Russie

Pendant des années, Natalya P. a été terrifiée par son ex-mari et la perspective qu'il la blesse, elle et ses enfants. Elle explique que ses amies qui vivent des violences sont dans une situation encore plus difficile qu'avant, depuis la dépénalisation des violences commises dans le cercle familial.

Depuis 2017, la Douma a en effet dépénalisé les violences dans le cercle familial, sous la pression des groupes orthodoxes. Plusieurs tentatives pour faire voter une loi sur les violences conjugales ont échoué depuis. Nombre de députés et groupes orthodoxes s'élèvent contre ce projet de loi. 16 millions de femmes sont victimes de violences conjugales et environ 10 000 meurent sous les coups chaque année en Russie.

"70 % des familles souffrent des violences domestiques. Et dans 80 % des cas, les victimes sont des femmes." - Oksana Pushkina, députée

Source : Euronews

2 janvier 2019

La femme de la forêt équatorienne

En Équateur, la militante Nina Gualinga lutte contre l’industrie pétrolière. Jeune autochtone, elle est témoin des tromperies des compagnies lorsqu'elle a 8 ans. Depuis, elle s'engage pour la sauvegarde de la forêt amazonienne. A 24 ans, sa lutte pour les droits de l’Amazonie et la justice climatique l’a conduite à des conférences à Paris (COP21), en Allemagne, à Hawaï, au Maroc, et à participer à des marches à New York aux côtés de l’acteur Leonardo Di Caprio.

En 1992, sa communauté, Sarayaku, obtenait du gouvernement équatorien un titre de propriété pour son territoire. Mais en 2001, sans consulter la population locale, l'Etat attribue une partie de celui-ci à une compagnie pétrolière. La population de Sarayaku, s'organise et repousse plusieurs missions d'exploration. Ces mobilisations ont empêché la prospection et donc l'exploitation du pétrole dans la zone. Une intense résistance pacifique s’est mise en place. Les femmes jouent un rôle décisif. Face à une telle détermination, les ouvriers et les militaires se retirent. C’est un tournant dans l’histoire de l’Equateur et Sarayaku devient une icône de la résistance. Le groupe de femmes autochtones, dont Nina fait partie, exige que toutes les activités pétrolières et minières dans la forêt amazonienne soient arrêtées. En 2003, les Kichwa de Sarayaku déposent une plainte auprès de la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) contre l’État équatorien pour violation de leurs droits fondamentaux de peuples autochtones.

Les autorités équatoriennes promeuvent les politiques d'extraction et ne respectent pas le processus de consultation préalable relative à l’exploitation des ressources sur les terres natives. Depuis plus de 25 ans, dans un contexte politique difficile, ce peuple remarquable, déterminé et inventif résiste aux intimidations, aux tentations économiques des sociétés pétrolières qui menacent sa culture et son milieu de vie. De plus, les scientifiques ont dénoncé le fait que l’activité pétrolière contamine les terres et les cours d’eau depuis quatre décennies, non seulement par des déversements accidentels, mais aussi par le déversement d’eaux de production extraites de gisements. Une enquête réalisée par l’Institut des sciences de l’environnement et de la technologie de l’Université Autonome de Barcelone (ICTA-UAB) révèle que les animaux consommés par les populations autochtones d’Amazonie sont contaminés par les activités de l’industrie pétrolière dans la région. Le combat de ces femmes se poursuit.

En 2018, Nina reçoit le prix WWF décerné aux jeunes militants de la sauvegarde de l'environnement. Lorsqu'elle et les membres de sa tribu parlent de la protection de leur environnement, il ne s’agit pas que de la terre. Il s'agit de la protection de leur histoire, leurs traditions et leur culture. Quand elle pense à l'avenir de l'Amazonie, Nina identifie une nouvelle menace: le développement du réseau routier. "Avec les routes arrivent ceux qui exploitent le bois et abattent les arbres. Et quand les animaux ne peuvent plus se reproduire, les familles n'ont plus rien à chasser et ne peuvent plus se nourrir grâce à la forêt."

Source: Courrier international

24 décembre 2018

L'édito de l'indignation

"Tous les jours, nos cœurs se gonflent d’indignation. Parce que des enfants meurent de faim, au Yémen, dans l’indifférence. Parce que sur la route de l’exil, des hommes, des femmes, des enfants se heurtent aux murs de notre insensibilité. Parce que des dictateurs comptent leurs dollars pendant que leur peuple traîne leur cafard. Parce qu’ici, des grands-parents s’en vont seuls, sans une plainte, abandonnés des leurs. Parce que, aveuglés par les lumières de nos villes, nous ne voyons pas la misère à nos pieds. Parce que sur les réseaux sociaux, dans ce miroir des solitudes, la haine rode et devient une habitude." Source: Edito de La Libre par Francis Van de Woestyne du 24 décembre. 

25 novembre 2018

La marche belge pour le climat

Pour que les industriels se remuent pour le climat, nos politiques doivent les y contraindre. Et pour que nos politiques prennent des décisions pour le climat, les citoyens doivent les y contraindre. Faisons entendre nos voix. Soyons présents à la marche pour le climat.

Le dimanche 2 décembre à Bruxelles aura lieu la plus grande marche en Belgique pour le climat. Regardez la vidéo. Plus d'informations sur le site. Voir l'article "Le monde s'éloigne de son objectif climatique", et aussi "Une grande marche pour le climat".

19 novembre 2018

Les valeurs européennes selon le Roi Philippe

"Les valeurs européennes sont le fruit d’une longue histoire, celle d’une affirmation progressive de la dignité humaine, prenant son origine dans la pensée grecque, ancrée dans le droit romain, relayée par les convictions philosophiques et religieuses, modernisée par les Lumières et s’épanouissant dans les démocraties contemporaines. Il a fallu plus de deux millénaires de réussites et d’échecs, d’heures brillantes et de pages sombres, pour que l’Europe puisse affirmer, comme elle le fait dans le Traité de l’Union européenne, que les valeurs communes de tous ses états membres sont le respect de la dignité humaine, la liberté, la démocratie, l’égalité, l’État de droit."

Extrait du discours du Roi Philippe de Belgique le 19 novembre 2018

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