Les complotistes s'adaptent à l'actualité, ils n'en ont pas terminé avec nous
"Après avoir abondamment diffusé infox et rumeurs sur le Covid, de nombreuses figures de la complosphère antivax jettent désormais leur dévolu sur l'invasion russe en Ukraine, devenant ainsi des relais actifs de la propagande du Kremlin et de sa guerre informationnelle. [...]
Sur les comptes Facebook, Twitter ou boucles Telegram [des] complotistes les plus en vue, le changement est perceptible dès le début de l'offensive russe le 24 février. On y retrouve des "narratifs" complotistes bien connus : l'Ukraine serait la "base arrière d'un réseau de pédophilie international" et accueillerait des "laboratoires secrets américains" préparant un nouveau Covid dans le cadre d'un "nouvel ordre mondial". Quant au conflit, il aurait été "fabriqué" pour détourner l'attention ou encore pour permettre la réélection d'Emmanuel Macron. [...]
Les cibles, elles non plus, n'ont pas changé, à l'image de Bill Gates ou George Soros, objets de nombreuses infox démontées ces dernières années par les fact-checkeurs de l'AFP. Hier accusés d'avoir planifié la pandémie, les deux milliardaires américains se voient aujourd'hui imputer le financement d'usines d'armes biologiques en Ukraine. Ou encore d'avoir programmé la guerre pour détourner l'attention et avoir les mains libres pour fabriquer un nouveau virus. La Russie ne serait intervenue que pour enrayer ce scénario...
On retrouve dans ce récit la propagande du Kremlin présentant l'attaque de l'Ukraine comme un sauvetage des populations russophones et un rempart contre un prétendu régime "nazi". [...] Ravivés par le conflit en Ukraine, les accents pro-russes de la désinformation ne sont pas nouveaux - ils étaient déjà perceptibles dans la désinformation sur le Covid - et Moscou est considéré comme l'un des maîtres de la désinformation via les réseaux sociaux.
En mai 2021, quand des influenceurs sont contactés par une mystérieuse agence de communication pour dénigrer les vaccins occidentaux, c'est donc sans surprise que tous les yeux se tournent vers la Russie, même si Moscou nie en bloc. [...] Cette désinformation - qu'elle porte sur le Covid ou l'Ukraine - "attise les insatisfactions des populations" des démocraties occidentales pour les déstabiliser et sert donc de fait les intérêts de Moscou, souligne Julien Nocetti, spécialiste de la guerre de l'information russe à l'Ifri."
Source : Extraits choisis d'un article de La Libre

