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15 juillet 2020

Le scénario d'un drame sociétal potentiel

"2025. L'économie mondiale ralentit de façon critique, les pays se disputent des ressources de plus en plus rares, les inégalités ont atteint un paroxysme historique, la biocapacité de la planète diminue rapidement. Aux États-Unis, de nombreux produits et services naguère tenus pour acquis sont devenus inabordables pour la plupart des gens. Les dérèglements du climat entraînent des désastres environnementaux de plus en plus coûteux, des terres arables et des écosystèmes sauvages uniques sont irrémédiablement détruits, les aquifères s’assèchent, les prix du pétrole et de l'énergie grimpent en flèche, les services publics de nombreuses villes n’assurent plus leurs fonctions, les gens manifestent aux quatre coins du pays, la violence monte, les projets de surveillance gouvernementaux se multiplient, les puissants développent des ruses pour préserver leurs privilèges.

De graves crises géopolitiques éclatent. La menace terroriste, les tensions interethniques et les conflits entre cultes se multiplient et électrisent les médias, les politiciens sont impuissants, un arrêt des activités gouvernementales fédérales semble imminent. Mais dans la tourmente, malgré les nombreux signaux perceptibles, la plupart des gens ne saisissent pas le fond du problème. L'accumulation de crises multifactorielles masque les causes primaires, la désignation de boucs émissaires détourne l'attention et les débats publics échouent à aborder les questions les plus fondamentales concernant l'insoutenabilité intrinsèque de la société en tant que système complexe."

- Arthur Keller, expert en risques systémiques et en stratégies de transformation. Source

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12 juillet 2020

Le réchauffement climatique est inexorable

La température moyenne mondiale va continuer d'augmenter dans les cinq prochaines années, selon un nouveau rapport de l'Organisation météorologique mondiale (OMM). Pratiquement aucune région n'est épargnée, à l'exception de certaines zones océaniques australes.

"Ce rapport prédit qu'il y a au moins 70% de chances qu'au moins un mois au cours des cinq prochaines années dépasse cette limite de 1,5 degré. Et il y a une chance sur 5 qu'une année entière puisse dépasser cette limite. Cela montre à quel point nous nous rapprochons de ce que l'accord de Paris tente d'empêcher. Ce n'est pas impossible d'arrêter cela. Mais tout retard ne fait que réduire la fenêtre d'opportunité pour inverser ces tendances et limiter la hausse des températures." - Maxx Dilley, de l'Organisation météorologique mondiale.

Source: Euronews

10 juillet 2020

La Russie mise en accusation pour la tragédie du vol MH17

"Les Pays-Bas ont décidé de traduire la Russie devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme. Le gouvernement hollandais compte ainsi soutenir un recours déjà introduit devant la juridiction par des proches de victimes néerlandaises. Le rôle présumé de Moscou est mis en cause dans la destruction de l'avion du vol MH 17 de la Malaysia Airlines, abattu par un missile au-dessus de l'Ukraine en 2014.

Le crash avait fait 298 morts, dont 196 Néerlandais. Il y a deux ans, l'enquête internationale, menée sous l'égide des pays-Bas, a établi que l'avion avait été abattu par un missile en provenance de la 53e brigade anti-aérienne russe basée à Koursk. Moscou a toujours nié son implication dans ce drame."

Le Kremlin va-t-il se défiler ou se montrer à la hauteur ?

Source: extraits d'Euronews

7 juillet 2020

Ma forêt s'agrandit

Je suis fier d'être propriétaire d’une centaine d’arbres dans le monde.

Depuis février 2016, des arbres sont plantés en mon nom. Essentiellement à croissance rapide et plantés dans les pays proches de l’équateur, ils me permettent de compenser plus de 26 tonnes de CO2 !

Rejoignez-moi sur Tree Nation. Ensemble, plantons !

7 juillet 2020

La répression comme perspective d'avenir

"Nous devons encore faire savoir au monde que le moment est venu de soutenir Hong Kong. (...) Avec la détermination du peuple hongkongais à se battre pour la liberté, nous n'abandonnerons jamais et ne nous rendrons jamais à Pékin."

- Joshua Wong, figure de proue du mouvement pro-démocratie à Hong Kong. Source 

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5 juillet 2020

L’adoption d’un nouvel idéal masculin

Après avoir vu le documentaire d’Arte « Des hommes, des vrais », cela m’a définitivement convaincu que l’archétype masculin, popularisé par le cinéma d’Hollywood, influence massivement nos esprits au fil des générations. Chacune d’elles intègre sa vision de la masculinité, de la virilité. Cet archétype a évolué lentement : les codes de la virilité de John Wayne ne reviendront plus à notre époque, nous sommes passés petit à petit à une vision plus diverse, moins étriquée de ce que doit être un mâle. Mais on est encore loin du compte. Hollywood continue à reproduire l’idée que la force est l’expression de la virilité, une sorte d’élément commun entre les héros d’hier et d’aujourd’hui. Un homme, un vrai n’est-il pas plutôt censé s’affranchir de ces codes stupides ?

N’est-il pas temps de passer d’une masculinité faisant la part belle à l’assurance, la force et la violence, la volonté personnelle, à quelque chose de plus réaliste et abouti : la conviction personnelle basée sur l’analyse, la rigueur et l’expérience, la force morale et la défense des droits humains, le courage personnel, la connaissance de soi et la coopération, l’empathie et la bienveillance, la générosité et l’ouverture d’esprit. Cela me semble beaucoup plus attirant. Et lorsque nous aurons intégré ce modèle, il faudra l’associer à un récit de société dans lequel il pourra pleinement s’exprimer, en synergie avec l’idéal féminin. Car l’un ne peut rien sans l’autre.

Voir l’émission de France Inter

4 juillet 2020

L'eau garde encore bien des mystères

Dans de nombreuses traditions, l'eau serait à l’origine de toutes choses et serait la substance qui purifie et agit autant dans le visible que l’invisible. Toutefois, la science considère cet élément comme un mystère dont nous effleurons à peine la surface : pourquoi l’eau est-elle considérée comme le solvant le plus complexe à étudier ? Serait-ce dû à ses propriétés extraordinaires ? Ou bien du fait de son intime intrication avec la conscience ? Au-delà de la médecine, de la biologie et de la physique, en quoi l’eau pourrait-elle nous donner accès à une dimension plus subtile, informationnelle et spirituelle ?

28 juin 2020

La campagne mondiale de récolte de fonds contre le Covid-19

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Usher - Je pleure

Je n'arrive pas à tenir le coup
Je ne montre généralement pas mes émotions
Mais ça ne s'améliore pas
Parce qu'on ne peut pas être aveugle avec les yeux grands ouverts

Et je vois la lutte
Je vois la douleur
Je ne vois que le gâchis que nous avons fait
Je vois des choses que je ne peux pas changer
Et cela me fait mal au cœur de dire

Je pleure
Pour les fils sans père
Et la douleur que les mères
Gardent au plus profond d'elle-mêmes

Et je me battrai
Pour l'avenir que nous créons
Cela peut changer si nous y faisons face
Parce que ces larmes ne sèchent pas
Alors je pleure

Quand je me regarde dans le miroir
Est-ce que je vois quelqu'un qui s'occupe des autres
Est-ce que je m'aime plus que mes soeurs... et mes frères...
Je ne sais pas

Et je vois des luttes
J'ai vu la douleur
J'ai vu au-delà du gâchis que nous avons fait
J'ai vu des choses que nous ne pouvons pas changer
Et cela me fait mal au cœur de dire

Je pleure
Pour les fils sans père
Et la douleur que les mères
Gardent au plus profond d'elle-mêmes

Alors je me battrai
Pour l'avenir que nous créons
Cela va changer si nous y faisons face
Parce que ces larmes ne sèchent pas
Alors je pleure

Si vous aimez quelqu'un
Si vous aimez quelqu'un
Si vous aimez quelqu'un
Laissez-le respirer
Je pleure

23 juin 2020

La température en Sibérie atteint 38°C alors que les européens reprennent leur vie d'avant

"Alors que l'Europe tente de trouver sa voie dans le "monde d'après", celui où la pandémie de Covid-19 laisse une trace indélébile, le thermomètre a atteint les 38°C dans la ville russe de Verkhoyansk en Sibérie. Cette température a fixé le nouveau record en la matière dans cette localité à plus de 4 600 km de Moscou. Et c'est sans doute le record pour l'ensemble du cercle polaire arctique.

Cette impressionnante hausse de mercure a également contribué a donné naissance à des feux qui ont pris dans les forêts situées au-delà du cercle arctique. Cependant, pour les scientifiques, ce pic de chaleur n'est pas le problème le plus préoccupant. Non, ce qui est réellement alarmant selon eux, c'est que cette hausse s'inscrit dans une durée. En effet, presque tous les derniers mois ont connu des moyennes de température supérieures aux valeurs normales. Pour les Nations unies, cette vague de chaleur, bien qu'éclipsée par la pandémie de Covid-19, est un des signes d'une accélération du changement climatique.

Le permafrost subit lui aussi les affres de ce réchauffement généralisé. Ce qui pour la Russie est particulièrement préoccupant. Ce pays a effet bâti dans ses régions polaires de nombreuses villes et infrastructures pétrolières et gazières sur ce sol, en théorie, immuablement gelé. Ce phénomène est particulièrement inquiétant, car elle libère des gaz à effet de serre, principalement du méthane. Ces gaz alimentent à leur tour l'accélération du changement climatique, dans un cercle vicieux."

Source : extraits remaniés d'un article d'Euronews

21 juin 2020

La belle musique de synthétiseur analogique comme je l'aime

Sebastian Teir, alias Kebu, est un compositeur finlandais de musiques instrumentales et mélodiques sur synthétiseur en utilisant uniquement des synthétiseurs analogiques. Sa musique se distingue non seulement par un traitement habile de la synthèse analogique, mais aussi par une performance en direct captivante pour le public.

Kebu - Deep Blue

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Kebu - To Jupiter And Back

Kebu - Perplexagon Part 4
20 juin 2020

Le monde dans lequel vivent les européens aujourd'hui

"Tout se mêle et s'entrechoque: une pandémie sanitaire, une actualité internationale tourbillonante de laquelle transpirent des annonces guerrières, une surinformation névrotique liée aux réseaux sociaux, une crise de confiance dans les états, un monde politique rejeté ou en déshérence de légitimité intellectuelle et au projet sociétal insuffisamment lisible, des déchirements culturels et religieux, des tribalisations et des morcellements des générations qui opposent leurs droits, une fracture politique, des réalités climatiques gravissimes et même existentielles dans un contexte où l'Europe se questionne sur sa propre réalité."

Extrait du livre "Hypercapitalisme: le coup d'éclat permanent" de Bruno Colmant - Economiste, chef du service économique de la banque Degroof Petercam, membre de l’Académie royale de Belgique.

14 juin 2020

Les armes non létales mutilent et peuvent tuer

"Manifester en France expose aujourd’hui à la violence des armes non létales. Les forces de l’ordre dégainent à la moindre occasion et la liste des blessés et mutilés s’allonge de mois en mois. Face à ce qu’il perçoit comme une crise du maintien de l’ordre, l’État attise la brutalité de sa police en la dotant d’un arsenal militaire toujours plus puissant et fourni – au grand bonheur des marchands d’armes. Démontant la rhétorique humanitaire de ses défenseurs, Paul Rocher montre que le recours massif aux armes non létales est la marque d’un étatisme autoritaire de plus en plus intolérant à toute contestation dans une période de recul social majeur.

L'auteur montre l’écart saisissant entre les prescriptions des fabricants et la pratique policière : bien que conçues comme des armes défensives, permettant de maintenir à distance un adversaire, les forces de l’ordre en font un usage offensif, disproportionné, terrorisant voire tortionnaire – et parfois létal, comme l’exemplifient dramatiquement les décès de Rémi Fraisse, Zineb Redouane et Steve Maia Caniço. Ceci n’empêche pas l’État et les industriels du secteur d’employer la rhétorique humanitaire pour booster un marché juteux tourné vers l’exportation.

Le dernier chapitre replace l’usage des armes non létales dans le cadre d’un durcissement autoritaire de l’État qui cherche à imposer complètement son agenda néolibéral, longtemps freiné par la résistance populaire. Le recours à un arsenal d’origine militaire pour régler les conflits politiques domestiques, loin de correspondre à un adoucissement du maintien de l’ordre, apparaît ici comme le corollaire de la suspension des procédures démocratiques en France."

Gazer, mutiler, soumettre: Politique de l'arme non létale / Paul Rocher
Paul Rocher est économiste et diplômé en science politique de Sciences-Po Paris.

7 juin 2020

Les travailleuses de l'habillement en danger par nos marques préférées

Des décennies d’exploitation et de conditions de travail déplorables ont maintenu dans la pauvreté les personnes, en grande majorité des femmes, qui travaillent dans les usines de l’industrie textile mondialisée. Les ouvrières sont aujourd’hui touchées de plein fouet par les fermetures d’usines et les risques sanitaires liés au Covid-19, alors qu’elles vivent déjà pour la plupart dans une situation de grande précarité et n’ont pas d’économies pour faire face à la situation.

Achact demande aux enseignes de la mode de ne pas reporter le poids de la crise sanitaire sur les ouvrières à l’autre bout de leurs chaînes d’approvisionnement :

  • N’annulez pas vos commandes, payez vos fournisseurs en respectant les délais convenus, accordez des extensions de délais de livraison et ne sanctionnez pas en cas de retards ou de pertes de production.
  • Assurez-vous que les travailleuses de vos chaînes d’approvisionnement ne soient pas licenciées, que les salaires qui leur sont dus leur soient immédiatement versés, et que leurs salaires, prestations et éventuelles indemnités de fin de contrat, tels que prévus par la loi, leur soient toujours versés pendant la crise.
  • Assurez-vous que la pandémie ne soit pas un prétexte pour bafouer les droits des travailleuses et les discriminer. Garantissez le droit aux négociations collectives et à la liberté syndicale pendant la crise également.
  • Faites passer les vies humaines avant les profits : ne versez pas de dividendes ou de bonus alors que des employées font l’objet de licenciements ou ne reçoivent pas leur salaire.

Voir l'ensemble des exigences.

Voir le dossier

Signez la pétition !

4 juin 2020

Le fléau de l'élevage industriel

"L'élevage est une des principales causes du réchauffement climatique, devant le secteur des transports. Une personne végétarienne contribue davantage à lutter contre le dérèglement du climat qu'un individu qui fait le choix de ne plus utiliser sa voiture. [...] La moitié de la consommation d'eau potable mondiale est utilisée pour la production de viande et de produits laitiers. [...] Et dans le même temps, quarante pourcent de la population mondiale souffre de la pénurie d'eau. [...] Quatre-vingt pourcent de la destruction de la fôret amazonienne serait due à l'augmentation du nombre de bovins."

- Frédéric Lenoir dans "Lettre ouverte aux animaux" en 2017

2 juin 2020

Lorsque Trump incite à la violence, le patron de Facebook laisse faire

Alors que Twitter a masqué un message du locataire de la Maison Blanche, sur les affrontements à Minneapolis après la mort d'un homme noir, George Floyd, pour violation des directives du réseau sur l'apologie de la violence; Facebook refuse de sanctionner les messages polémiques de Donald Trump.

"Les pillages seront immédiatement accueillis par les balles", déclarait le Président au sujet des manifestations qui dégénèrent en émeutes. Ces propos apparaissent sur Facebook, mais Mark Zuckerberg a décidé de les laisser visibles. Il se justifie en invoquant la liberté d'expression et l'intérêt du public à s'informer.

Twitter et Facebook ont mis en place des systèmes de lutte contre les contenus dangereux (appels à la haine, harcèlement,...) et contre la désinformation. Mais Facebook exempt les personnalités et candidats politiques de l'essentiel de ces mesures.

Comme d'autres experts, Evelyn Douek - chercheuse à la Harvard Law School, s'interroge sur la capacité de la toute nouvelle "Cour suprême" de Facebook à intervenir. - Source

Malgré le contexte actuel, l'ancien président Barack Obama souhaite faire passer une note d'espoir: "Si, à l’avenir, nous pouvons canaliser notre colère justifiée en une action pacifique, soutenue et efficace, alors ce moment peut être un véritable tournant dans le long cheminement de notre nation pour être à la hauteur de nos plus grands idéaux. Mettons-nous au travail." - Source

26 mai 2020

Le monde dans lequel vivent les américains aujourd'hui

Noam Chomsky, dissident politique, linguiste, professeur émérite au MIT et auteur de renommée mondiale. Il répond aux coupures du président Trump dans le soutien américain à l'Organisation mondiale de la santé et à l'augmentation soudaine des décès aux États-Unis, et discute des conditions à Gaza, de la montée de l'autoritarisme dans le monde et de la réponse progressive. "C'est le comportement typique des autocrates et des dictateurs. Lorsque vous faites des erreurs colossales qui tuent des milliers de personnes, trouvez quelqu'un d'autre à blâmer", explique Chomsky. "Aux États-Unis, c'est malheureusement le cas, depuis bien plus d'un siècle, un siècle et demi, qu'il est toujours facile de blâmer le "péril jaune"." Source: Democracy Now!

18 mai 2020

Le dilemme mondial

"Le système économique et la planète sont en guerre l'un contre l'autre. Ou, plus précisément, l'économie est en guerre contre de nombreuses formes de vie sur terre, y compris la vie humaine. (...) Soit on laisse le bouleversement du climat transformer radicalement le monde, soit on transforme radicalement l'économie pour éviter le bouleversement du climat."

- Naomi Klein, extraits de son livre "Tout peut changer", pages 33 et 34.

16 mai 2020

Le rêve d'une cohérence pour un projet de société à revoir

C’est en démocratisant l’entreprise et en démarchandisant le travail que nous pourrons être en mesure de dépolluer la planète.

C'est le credo de de 3.000 chercheuses et chercheurs internationaux, issus de 600 universités du monde entier, qui signent une tribune pour un autre monde. Les signataires font le constat que notre modèle actuel n’est pas durable et sont convaincus que seul un changement sociétal profond permettra de lutter contre la crise sanitaire, climatique, économique et politique. L'initiative émane de trois "académiques": Isabelle Ferreras, Julie Battilana et Dominique Méda.

Que nous apprend la crise du coronavirus ?

Démocratiser
En premier lieu, cette crise nous apprend que les travailleurs ne peuvent être réduits à des « ressources ». Chaque jour, les travailleurs démontrent qu’ils ne sont pas une simple « partie prenante » de l’entreprise parmi d’autres. Ils sont LA partie constituante, pourtant toujours trop souvent exclue du droit de participer au gouvernement de l’entreprise, monopolisé par les actionnaires qui apportent le capital - Ce même capital dont la dynamique est d'accumuler pour lui-même en détruisant la planète. Il est aujourd’hui devenu injustifiable de ne pas émanciper les travailleurs en leur accordant la citoyenneté dans l’entreprise. C’est là un changement nécessaire. Ceux qui investissent leur travail dans l’entreprise, leur santé, en bref leur vie, doivent aussi pouvoir collectivement valider ces décisions.

Démarchandiser
Le travail ne peut être réduit à une « marchandise ». Le mécanisme du marché ne peut être laissé seul en charge des choix collectifs fondamentaux. Les soins de santé, la prise en charge et l’accompagnement des plus vulnérables sont autant d’activités qui doivent être protégées des seules lois du marché, sans quoi nous risquons d’accroître toujours plus les inégalités, jusqu’à sacrifier les plus faibles et les plus démunis. Pour éviter un tel scénario, que faut-il faire ? Démarchandiser le travail. C’est-à-dire que la collectivité garantisse un emploi utile à toutes et tous. Au moment où nous faisons face à la fois au risque pandémique et à celui d’un effondrement climatique, ces deux changements stratégiques nous permettront non seulement d’assurer la dignité de chacun, mais aussi d’agir collectivement pour dépolluer la planète et la sauver.

Dépolluer
L’Etat, au nom de la société démocratique qu’il sert et qui la constitue, au nom aussi de sa responsabilité de veiller à notre survie environnementale, doit conditionner son intervention à des changements de cap dans la ligne stratégique des entreprises aidées. Il doit imposer – outre le respect de normes environnementales strictes – des conditions de démocratisation quant au gouvernement interne des entreprises. Car ce sont les entreprises gouvernées démocratiquement qui seront prêtes pour mener la transition écologique, celle dans lesquelles aussi bien les actionnaires que les travailleurs pourront faire entendre leurs voix et décider de concert des stratégies à mettre en œuvre.

Extraits remaniés de la tribune "Travail: démocratiser, démarchandiser et dépolluer" parue dans Le Soir. Voir aussi l'article de la RTBF

1 mai 2020

L'accentuation du fossé entre la finance et l'économie

En cette période unique de l'histoire, certains analystes boursiers estiment que la pandémie de COVID-19 pourrait changer à jamais le paysage de l'investissement. Euronews a posé la question à Amro Zakaria Abdu, spécialiste des marchés et co-fondateur de la Market Trader Academy :

"Je pense que nous allons vers un élargissement du fossé entre le monde de la finance et l'économie. Ils devraient être liés, mais ils ne le sont pas. Il y aura plus de financiarisation, les gouvernements détiendront une plus grande partie de l'économie tout simplement parce qu'ils sont en train d'injecter beaucoup d'argent dans leurs économies pour les relancer. Cela accentuera aussi les disparités entre les riches et les pauvres, malheureusement, parce que tout cet argent de la relance est dédié aux marchés de capitaux et tout le monde ne possède pas des actions ou des obligations... Donc quand nous serons sortis de tout cela, nous serons dans un monde totalement différent en termes d'économie et de marchés financiers."

Des économistes estiment qu'après la crise, la tendance sera à la relocalisation et les entreprises engrangeront moins de bénéfices et seront plus endettées. Et ce alors que le Fonds monétaire international a indiqué que cette année, le monde allait probablement connaître sa pire récession depuis la Grande Dépression avec un PIB qui se contracte de 3%.

Source: extraits du magazine "Inspire Middle East" de Euronews

20 avril 2020

Le retour à l'exact opposé de la mondialisation

"La crise économique, consécutive à la pandémie de Covid-19, risque de disloquer la société. Le seul rôle de la politique économique aujourd’hui doit être d'éviter cette dislocation et de maintenir des liens sociaux forts, déclare l'économiste Branko Milanovic, qui dresse un parallèle entre la crise actuelle et la chute de l’Empire romain.

Nous sommes peut-être sur le point d’assister à un basculement fondamental de l’économie mondiale. Dans l’immédiat, il s’agit d’une crise à la fois de l’offre et de la demande. L’offre diminue parce que les entreprises ferment ou font travailler moins de salariés pour les protéger du virus. La demande recule, parce que les gens restent chez eux et nombre des biens et services qu’ils consomment habituellement ne sont plus disponibles.

Le monde est peut-être face à un tournant radical : un retour à l’économie naturelle. L’exact opposé de la mondialisation. Alors que la mondialisation repose sur la division du travail entre les nations, un retour à l’économie naturelle pousserait les pays à rechercher l’autosuffisance. Ce changement n’est pas inévitable. Si les gouvernements parviennent à maîtriser et à surmonter la crise actuelle dans les six ou douze prochains mois, on reprendra probablement le chemin de la mondialisation – même si certains de ses fondements, comme la production en flux tendu, devront sans doute être revus.

Mais si la crise persiste, elle pourrait signer la fin de la mondialisation."


Source : extraits du Courrier International

15 avril 2020

Le nécessaire combat contre les fake news

Pour beaucoup de gens, le phénomène des fake news est venu de nulle part pour dominer les ondes, les colonnes de la presse et l'internet. Mais ce n'est pas le cas. Un nouveau documentaire du journaliste britannique Tim White retrace les origines des fausses nouvelles, de la seconde guerre mondiale, en passant par l'Estonie, la guerre en Ukraine et le crash du vol MH17.

14 avril 2020

Le plus grand des menteurs se prend pour un Roi

Le Président américain hausse le ton sur le déconfinement. Déterminé à être le grand ordonnateur du déconfinement des Etats-Unis, Donald Trump semble prêt à aller au conflit avec les gouverneurs. "Quand quelqu'un est président des Etats-Unis, l'autorité est totale (...) Les gouverneurs le savent", a-t-il déclaré devant la presse.

La réponse d'Andrew Cuomo, gouverneur de New York, a été vive. "S'il m'ordonne de redémarrer d'une manière qui mettrait en danger la santé des habitants de mon État, je ne pourrais pas le faire", a-t-il déclaré. "Nous aurions un défi constitutionnel entre l'État et le gouvernement fédéral, cela ira jusqu'en justice", a-t-il prévenu. "La position du président est tout simplement absurde. Ce n'est pas ce que dit la loi. Ce n'est pas ce que dit la constitution. Nous n'avons pas de roi Trump, nous avons un président Trump", a-t-il souligné, contredisant les dires du président américain qui affirmait disposer d'un pouvoir absolu.

Le locataire de la Maison Blanche peut certes donner le ton, fixer un cap, mais le système fédéral accorde aux gouverneurs des 50 Etats le pouvoir de prendre les mesures obligatoires de confinement ou de déconfinement. "Le président n'a aucune autorité légale pour passer outre les décisions de confinement prises au niveau des Etats ou rouvrir les écoles et les petits commerces", soulignait Stephen Vladeck, professeur de droit à la University of Texas.

Sources: La Libre, article 1 et article 2

Voir aussi un précédent billet.

13 avril 2020

L'espoir dans un sursaut moral et éthique

Observer le fonctionnement de notre monde me donne envie de dénoncer toute une multitude d’erreurs d’appréciation. Des constats que vous faites également, j’en suis persuadé : dirigeants mondiaux peu recommandables, désinformation mondialisée sans recours à l'analyse, crise climatique banalisée, décroissance et effondrement simplement ignorés, apathie des individus face aux difficultés et trop occupés par les divertissements, déficit d'empathie envers les plus fragiles, réflexe consommateur plutôt que citoyen, déficit moral dans nos vies, manque de reconnaissance du rôle primordial des femmes, etc. Bref, une société essentiellement portée par le déni, sans curiosité, se comportant comme un automate préprogrammé. Tout cela me semble lourd et stérile. Un constat amer.

La pandémie liée à la maladie Covid-19 va en réveiller certains, j'espère le plus grand nombre, sur les dérives de la mondialisation, la politique du court-terme, les aberrations du commerce international, l'exploitation du Sud par le Nord, l’addiction à la technologie pour revenir, un jour, vers un monde plus durable, empathique et solidaire. Mais pour cela, il faudra à nouveau se sentir acteur et pas seulement consommateur. La récession économique qui va suivre va nous faire désirer une autre société pour notre génération et les générations futures. Nous sentons bien que nous sommes dans une impasse et qu'il y aura forcément quelque chose de fondamentalement différent après.

11 avril 2020

Les priorités actuelles ne devraient pas être dédiées qu'aux compagnies

"La France, l’Europe, le monde, au lieu de se contenter d’arroser avec des milliers de milliards imaginaires des compagnies au bord de la faillite, ferait mieux de dépenser, en plus, au plus vite, 50 milliards dans des programmes massifs de recherche, pour trouver ces vaccins et ces médicaments. Qui éviteraient justement, s’ils réussissent, la faillite de ces compagnies. Et, il n’y a pas de doute : ces programmes réussiront. Le plus vite serait le mieux."

- Jacques Attali. Source

9 avril 2020

Le pari jamesien

"Lorsqu'un problème est insurmontable, il faut inventer une solution et miser dessus, en faisant tout ce qui est en notre possible pour la voir advenir. Et si notre chemin s'arrête brusquement, nous pourrons dire que nous aurons vécu pleinement, en accord avec nos convictions et en ayant fait ce qui nous semblait juste."

- William James, psychologue

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