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9 novembre 2018

L'incitation au racisme devient la norme

"Les partis d'extrême-droite gagnent du terrain un peu partout en Europe. Ces partis sont très enclins à mettre en avant la liberté d'expression, et de ce fait, ils en repoussent les limites pour faire progresser des idées ouvertement xénophobes et racistes.

En Allemagne, par exemple, la formation AfD siège aujourd'hui dans les seize parlements régionaux du pays. Certains sujets tabous en Allemagne - comme d'être ouvertement raciste ou de nier l'Holocauste - sont de plus en plus brisés par ce parti. Les membres de l'AfD se placent constamment sur ce terrain et ils s'appuient sur la pensée nationaliste et l'idée que la nation, le peuple de la nation ou le Volk allemand est martyr et en quelque sorte, victime du politiquement correct. Ils font cela de manière totalement délibérée.

Donc on revient à une situation où ce qui était interdit en termes d'incitation au racisme est permis et devient donc la norme. Et nous devons nous en rendre compte et les médias aussi. Les médias doivent s'interroger : s'ils les voient par un certain prisme, s'ils sont naïfs dans la manière dont ils parlent de l'extrême-droite, sont-ils en un sens complices de son essor ?"

- Liz Fekete, directrice de l'Institute of Race Relations (Institut d'analyse des relations entre les races). Voir ses déclarations sur cette page du site Euronews.

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18 août 2018

L'actrice qui se dédie à la prévention du VIH

En tant que Messagère de la paix, Charlize Theron, actrice primée aux Oscars, se dédie tout particulièrement à la prévention du VIH et à l’élimination de la violence à l’égard des femmes. En 2007, elle a lancé le Projet Charlize Theron Africa Outreach, dont la mission est d’aider les jeunes Africains à se protéger du VIH. Le projet soutient des organisations locales qui mènent des programmes innovants et adaptés aux conditions locales destinés aux jeunes de 10 à 20 ans, afin qu’ils puissent bénéficier de ressources essentielles comme l’accès à des soins de santé adaptés, une éducation en matière de santé sexuelle et procréative, l’acquisition de compétences nécessaires à la vie courante et un accompagnement psychosocial, autant d’éléments qui leur apprennent à se protéger et à protéger leurs camarades du VIH.

Mme Theron a également tourné une série de spots d’utilité publique pour le centre d’accueil d’urgence des victimes de viol de Cape Town où elle prône une politique de tolérance zéro pour les auteurs de viols ou de violence domestique. En 2009 et 2011, elle s’est rendue en République démocratique du Congo pour contribuer à sensibiliser au sort dramatique des femmes et filles victimes de violences sexuelles.

Charlize Theron est également favorable au mariage homosexuel et a participé à une manifestation de soutien qui a eu lieu en Californie, le 30 mai 2009. Elle a notamment déclaré à ce sujet : « Je ne me marierai que lorsque mes amis homosexuels pourront eux aussi se marier ».

L'actrice est membre de l'association PETA. Elle est d'ailleurs apparue pour une campagne contre la fourrure. Elle encourage également le projet des Choma Dream Cafes, un réseau interactif destiné à l’éducation et formation des adolescentes. En 2017, elle passe du temps avec les filles de Soweto pour leur parler et les sensibiliser à ce sujet. L'actrice s'est dit : "incroyablement fière des efforts déployés aujourd'hui par l'Afrique du Sud contre la maladie."

Sources : Messagers de la paix de l'ONU et Wikipedia

11 août 2018

Le monde ne sombre pas dans le chaos

Après avoir étudié et compilé des centaines de données statistiques, le professeur de psychologie Steven Pinker en est persuadé : l’humanité va de mieux en mieux !

"La modernité est-elle vraiment défaillante? Ou avons-nous échoué à apprécier le progrès et les idéaux qui le rendent possible? Si vous suivez les gros titres, le monde au 21ème siècle semble sombrer dans le chaos, la haine et l’irrationalité. Pourtant, Steven Pinker montre qu'il s'agit d'une illusion, un symptôme d'amnésie historique et d'erreurs statistiques. Si vous suivez les tendances plutôt que les gros titres, vous découvrez que nos vies sont devenues plus longues, plus saines, plus sûres, plus heureuses, plus pacifiques, plus stimulantes et plus prospères - pas seulement en Occident, mais dans le monde entier. Un tel progrès n’est pas un hasard, ce sont les fruits d’un système de valeurs cohérent et inspirant que beaucoup d’entre nous adoptent sans même s’en rendre compte. Ce sont les valeurs des Lumières: de la raison, de la science, de l'humanisme et du progrès.

Les défis auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui sont considérables, notamment les inégalités, le changement climatique, l’intelligence artificielle et les armes nucléaires. Mais pour les gérer, il ne faut pas sombrer dans le désespoir ou tenter de revenir à un passé mythique et idyllique. Il faut les traiter comme des problèmes que nous pouvons résoudre, car nous avons résolu d'autres problèmes dans le passé. En plaidant pour un siècle des Lumières, Pinker nous montre comment utiliser nos facultés de raison et de sympathie pour résoudre les problèmes." (1) Nous n'aurons jamais un monde parfait, mais nous pouvons poursuivre sur notre lancée positive. 

Pour continuer à progresser, la civilisation humaine doit faire vivre et transmettre aux plus jeunes certaines valeurs. "D'abord la raison: la conviction que la logique et la preuve sont préférables à l'autorité, au charisme, à l'instinct ou au mysticisme. Ensuite la science, l'idée que l'on peut comprendre le monde en proposant des explications et en les mettant à l'épreuve de la réalité. Et enfin l'humanisme: l'idée que le bien-être des hommes, des femmes et des enfants est plus important que la gloire de la tribu, de la race ou de la nation." (2)

(1) Quatrième de couverture du livre "Enlightenment Now: The Case for Reason, Science, Humanism, and Progress" de Steven Pinker, Editions Allen Lane, 2018

(2) Interview de Steven Pinker parue dans le Washington Post

7 août 2018

Les mesures radicales contre le réchauffement

Le climatologue François-Marie Bréon tire la sonnette d'alarme. Il énonce des mesures radicales à mettre en œuvre dans la lutte contre le réchauffement climatique, ayant pour conséquence la multiplication des vagues de chaleur dans le monde. "Nous ne pourrons jamais revenir à des températures dites normales, sauf si on divise la population par dix, ce qui aura forcément pour effet de diminuer les émissions de gaz à effet de serre. Moins d’avions, moins de logements chauffés, etc. Aujourd’hui, il faudrait diviser nos émissions par quatre pour stabiliser le climat à un réchauffement limité à 2°C." Tandis que Hans Joachim Schellnhuber, directeur du Potsdam Institute for Climate Impact Research, estime qu'une Terre à +4 ou +5°C ne pourrait pas abriter plus d'un milliard de personnes.

"Atténuer le réchauffement impose des choix drastiques, coûteux et impopulaires"

Concernant les mesures à prendre, François-Marie Bréon déclare: "Il faut décourager les gens de prendre l’avion et la voiture. On sait que la baisse de la vitesse sur les routes permet de diminuer les gaz à effet de serre. Il faudrait également augmenter le prix du gaz, de l’essence mais aussi multiplier celui des billets d’avion par trois, améliorer l’isolation des bâtiments existants. Mais toutes ces mesures ne seraient pas bonnes pour l’économie et seraient clairement impopulaires. La lutte contre le changement climatique est incompatible avec le tourisme international et de nombreux secteurs économiques. Les mesures qu’il faudrait prendre seront difficilement acceptées. On peut dire que la lutte contre le changement climatique est contraire aux libertés individuelles et donc sans doute avec la démocratie."

Source: quotidien Libération

Voir aussi l'article de la Libre "Comment la Terre pourrait basculer vers un climat incontrôlable"

3 août 2018

L’assassinat des défenseurs de l’environnement

2017 détient la triste palme de l’année la plus meurtrière pour les défenseurs des droits à la terre et les défenseurs environnementaux. Les chiffres annuels de Global Witness montrent qu’au moins 207 activistes des droits à la terre et activistes environnementaux ont été tués en 2017 dans 22 pays – c’est-à-dire presque 4 par semaine, ce qui en fait la pire année enregistrée jusqu’ici. L’Amérique latine concentre 60% de ces meurtres. Avec 57 assassinats, le Brésil arrive en tête du classement suivi par les Philippines, la Colombie et le Mexique.

Des chefs autochtones, des activistes de la communauté et des activistes environnementaux ont été assassinés alors qu’ils tentaient de protéger leurs domiciles et leurs communautés contre l’extraction minière, l’agrobusiness et d’autres industries destructrices.

Ainsi, en Colombie, Hernán Bedoya a été abattu de 14 balles par un groupe paramilitaire parce qu’il protestait contre l’extraction de l’huile de palme et les plantations de bananiers sur des terres volées à sa communauté. Aux Philippines, l’armée a massacré huit villageois qui s’étaient opposés à une plantation de café sur leurs terres. Enfin, au Brésil, 22 amérindiens de la tribu Gamela ont été blessés grièvement – certains s’étant fait couper les mains – par des agriculteurs qui les ont attaqués sauvagement avec des machettes et des armes à feu.

L'industrie agroalimentaire est devenue le premier secteur lié aux meurtres d'activistes, juste devant l'extraction minière. Le meurtre est l’exemple le plus choquant parmi la batterie de tactiques utilisée pour faire taire les défenseurs. Ces tactiques comprennent menaces de mort, arrestations, intimidations, cyberattaques, agressions sexuelles et attaques juridiques.

Les attaques brutales sur ceux qui défendent leurs terres contre l’agriculture destructrice – notamment l’accaparement des terres pour l’huile de palme qui est utilisée dans les produits domestiques tels que le savon et le café – ont augmenté. Le rapport indique par ailleurs que certains gouvernements et certaines entreprises sont complices des assassinats.

Source : Article L’humanité épuise la planète Terre

Voir aussi l’article de presse sur le site Global Witness.

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10 août 2016

Le règne de l'information brute

Le règne de l'information brute ... ou la démission de l'analyse journalistique. Je constate de plus en plus souvent un traitement superficiel de l'information internationale. C'est le cas pour les médias gratuits, pour les médias traditionnels, mais moins pour les chaînes culturelles ou spécialisées. Si l'information est le pouvoir, nous assistons presque quotidiennement à une communication orientée de la part de plusieurs dirigeants de grands pays situés à l'Est qui manient la désinformation et la mauvaise foi avec brio. Par leur omniprésence dans nos médias, sans sérieuse mise en perspective des propos ou analyse de ce qui se trame dans les coulisses, nous donnons du pouvoir à ces manipulateurs. Et malheureusement, nous entendons peu de discours humanistes en retour. Les valeurs démocratiques semblent subir une sorte de léthargie chronique, sorte de fatalité face à la violence de notre monde contre laquelle il ne semble plus nécessaire de se dresser.

Même s'ils bafouent les principes de l'État de droit, les "hommes forts" de tel ou tel pays plaisent à certains. Les dirigeants de ces "démocratures" - élus démocratiquement mais n'hésitant pas à se comporter en dictateur -, donnent la leçon au reste du monde. Sans tomber dans l'excès de la censure, n'est-il pas possible de limiter la possibilité pour ces despotes d'influencer nos opinions publiques et de créer des troubles qui servent leurs objectifs ? Au nom de la liberté d'expression, nous laissons l'extrême droite s'exprimer largement dans nos médias. Je pense ici à la France. Comment s'étonner dès lors d'une réaction de repli sur soi et de montée du populisme? Pour combien d'années encore les français vont-ils voter front national au premier tour des élections présidentielles? N'y a-t-il aucune autre alternative aux yeux de l'homme de la rue ?

Oui, l'information est le pouvoir. Nos concitoyens peuvent être influençables et manquer parfois de discernement. Nos médias ont une grande responsabilité, celle de nous fournir une information de qualité, recoupée, analysée de manière critique et qui ne se complaît pas dans la polémique. Et je pense qu'il y a du travail pour revenir à une situation acceptable. À l'heure de l'impact de plus en plus important sur nos opinions publiques des réseaux sociaux - dont je trouve certains aspects très positifs; nous avons besoin de sources fiables pour rester bien informé. Toutes les sources ne se valent pas. Trop influencés par une société de l'apparence et de l'immédiateté, nous risquons de réagir de manière émotionnelle et sans la distance nécessaire dont nous avons besoin par rapports aux évènements.

Nous pensons être bien informés puisque, en apparence, l'information est partout, mais l'abondance ne signifie pas la pertinence. Il est important de garder un oeil critique sur ce que l'on nous sert, en particulier en période de troubles sociaux suscitant beaucoup d'émotions ou en période électorale. Je pense que l'homme de la rue se rend à peine compte à quel point beaucoup d'événements sont instrumentalisés, et sont simplement présentés de façon brute. Ceci ayant pour conséquence de propager la désinformation jusqu'à nos oreilles, puisque les filtres critiques sont absents. Je me pose cette question : L'information neutre, vantée par les chaînes d'information en continu, existe-t-elle vraiment ?

Mais il n'y a pas de complaisance, simplement un manque de rigueur journalistique et de perspicacité. Je plaide donc pour un discernement plus grand dans les contenus diffusés afin de ne pas subir les conséquences de cette guerre de l'information. Je suis impatient de retrouver au journal télévisé des reportages de journalistes d'investigation, des débats avec des invités qualifiés pour saisir les enjeux derrière les accusations et les faux-semblants. Faisons vivre nos valeurs humanistes en cultivant notre sens critique.

8 juin 2016

La journée de l'océan

Les océans couvrent 70% de la planète. Pourtant, seul 1% de cette étendue est aujourd'hui protégée. De 50 à 80% de la vie sur Terre se trouve sous la surface de l'océan, qui constitue 90% de l'espace habitable de la planète. Moins de 10% de cet espace à été exploré. Les océans abritent près de 200.000 espèces non identifiées. Il est possible qu'en réalité, leur nombre se compte en millions. De lourdes menaces pèsent sur les récifs coraliens, d'abord le réchauffement des eaux qui mène à leur mort, ensuite l'acidification des eaux, conséquence directe des émissions croissantes de gaz à effet de serre. Les plastiques jetés en mer polluent durablement les zones marines. Un "7ème continent", une masse de plastique qui flotte dans le nord de l'océan Pacifique, s'étend sur une surface comparable à six fois la France. Cette question de la pollution plastique sera abordée aujourd'hui lors d'une cérémonie au siège des Nations Unies, à New York, à l'occasion de la journée mondiale de l'océan.

Ce billet reprend des extraits d'articles publiés dans le journal Metro du 8 juin 2016.

23 avril 2016

La sensibilité d'interprétation musicale

Parfois certaines chansons sont comme des cadeaux, généreusement offertes par des artistes inspirés. Même si le thème est la mort, les paroles invitent à garder un lien avec ceux qui sont partis. Je vous invite à écouter ce splendide morceau qui touchera votre coeur.

A boy flies for freedom
But dies for the peace
In the clouds, he waits for an answer
But there's no release

It's strange here without you
And it's so hard to see
So brother up in heaven
Please wait up for me

Oh, brother up in heaven
Please wait up for me

I still see his shadow
His laugh lingers on
When I dream, we're all back together
When I wake, he's gone

It's strange here without you
This was not meant to be
So brother up in heaven
Please wait up for me

And though we try to change the world

A flower when it's cut will surely die
So why do men with so much hate
Destroy what they cannot create
While we all stand by

We look back in anger
But you helped us to see
So brother up in heaven
Please wait up for me

Oh, brother up in heaven
Please wait up for me

 

Titre : “Brother up in heaven”. Chant : Neil Lockwood. Album : On Air / Alan Parsons

 

2 avril 2016

Les convictions de Robert F. Kennedy

Il affirmait souvent : « Certains regardent le monde tel qu’il est et se demandent pourquoi ; moi, je regarde le monde tel qu’il devrait être, et je me dis pourquoi pas ». Il emprunte à Saint-Augustin la recommandation suivante : « Ne dites : les temps sont bons, les temps sont mauvais. Soyez bons et les temps seront bons ». Il cite Marc Twain : « Il est curieux que le courage physique soit si répandu en ce monde et le courage moral si rare ». Les discours et les actes de Robert Kennedy participent de l’élaboration d’une véritable philosophie politique du courage moral. Rares sont les hommes politiques qui invoquent la compréhension, la compassion et l’amour. Robert F. Kennedy était un de ceux-là.

Voir la biographie  « Robert F. Kennedy : la foi démocratique » de Jean-Pierre Mignard.

12 août 2015

L'héritage

"Soyez bons avec la terre : elle ne vous a pas été donnée par vos parents, elle vous est prêtée par vos enfants. Nous n'héritons pas la Terre de nos parents, nous l'empruntons de nos enfants."

- Proverbe amérindien.

"Les grands-pères et les grands-mères sont dans les enfants : enseignez-les bien."

- Proverbe Ojibwa.

8 août 2015

Non à Facebook

Non à Facebook. Voici une position à contre-courant des tendances actuelles ! On ne pose plus la question qui est inscrit ? Mais plutôt qui ne l’est pas ! La plate-forme a beaucoup évolué depuis sa première fonction de partage de profils universitaires. Aujourd’hui, les jeunes l’utilisent beaucoup comme outil de socialisation. 

Je ne peux qu’applaudir à l’utilisation d’une plate-forme de partage d’informations, de photos de réunions familiales, d’échanges tantôt drôles ou touchants et où l’on reprend contact avec d’anciennes connaissances. Mais je ne suis pas intéressé par une plate-forme où l’on consulte des informations sans intérêt, où l’on « s’amuse » à des jeux et où les utilisateurs ne se disent rien ou, en tout cas, de moins en moins (car le quotidien nous accapare trop). 

Au final, si on n’a rien à y faire, pourquoi rester ? Pourquoi même s’y inscrire si cela n’apporte rien de fondamental. La popularité d’un média n’est pas ce qui doit nous décider à nous y investir. Profiter des nouvelles technologies, ce n'est pas suivre les comportements à la mode propres aux jeunes générations, mais plutôt de choisir ce qui peut apporter un avantage dans nos vies, et mieux encore, ce qui renforce nos valeurs de vie. 

Pourtant, le partage est une de mes valeurs ! Alors pourquoi cet avis ? Parce que je n’arrive pas à sentir la véritable plus-value. D’autre part, la politique de Facebook n’est pas un modèle du genre. Je préfère garder ce qui est de l’ordre du privé ailleurs que sur une plateforme américaine peu regardante sur la confidentialité et la propriété des informations déposées. 

Mon avis est peut-être trop tranché, mais le diktat du « fais comme tout le monde » me gêne aussi. Si à l’avenir j’entends des échos plus favorables que ceux rapportés autour de moi, peut-être reconsidérai-je la question. Je suis convaincu que la fonction crée l’outil et non l’inverse. Il y a d’autres façons de partager et nous ne devrions pas nous en priver.

Voir aussi cette présentation : http://www.slideshare.net/olivier/montaigu-webouvertdef

 

19 février 2024

Le citoyen sera de plus en plus confus face à l'information

"Reporters sans frontières pointe du doigt "des productions manipulatoires à grande échelle" par des sociétés spécialisées, pour le compte de gouvernements ou d’entreprises. [...] Antonin Descampe, lui, préfère parler de "désordre informationnel massif" plutôt que de désinformation. Pour ce professeur en journalisme et en innovation média à l’UCLouvain [...], "la désinformation c’est le fait de désinformer avec une intention malveillante. Ici, l’idée, c’est vraiment celle du désordre informationnel. C’est-à-dire susciter une forme de confusion informationnelle chez les citoyens sans nécessairement qu’il y ait une intention absolument malveillante.

On se retrouve aujourd’hui dans une situation dans laquelle effectivement tout contenu, qu’il s’agisse de texte mais également d’audio, de vidéo, d’image, peut potentiellement avoir été généré, éventuellement partiellement, par une intelligence artificielle. Et donc on se retrouve dans une situation où le citoyen est dans un état de confusion. Il ne sait pas si la photo a été prise véritablement ou fabriquée par une intelligence artificielle, et cela ne lui permet pas de faire des choix éclairés dans son environnement." [...] Un site américain a d’ailleurs dénombré "49 médias désormais entièrement automatisés". Des sites qui génèrent des articles entièrement créés par l’intelligence artificielle."

Source : extraits choisis d'un article de la RTBF

Lire aussi le passionnant article "Le journalisme IA, c’est hype"

28 décembre 2023

La conviction que nous résidons dans les mains de la Vie

"En équilibre précaire entre l’infiniment grand et l’infiniment petit, l’être humain est projeté dans la vie un peu comme une bille dans un jeu de flipper sans que l’on ne lui donne vraiment ni les règles, ni le sens, ni même son réel degré d’autonomie. Formaté par son environnement et son éducation, il forge peu à peu sa personnalité au hasard des personnes et des événements que la vie lui fait rencontrer. Après l’innocence de son enfance et la relative insouciance de sa jeunesse, il prend petit à petit conscience qu’il vit dans un monde menacé et menaçant, crucifié par des guerres, des maladies, des catastrophes, de la misère, bref des horreurs les plus diverses. Il a enfin à affronter sa propre finitude : tôt ou tard, avec ou sans préavis, ce sera “Tilt !, Game Over !”. La société actuelle aussi bien que son propre instinct de survie l’incitent à ne pas trop penser à tout cela, même le plus souvent à l’ignorer.

Comme Camus, notre raison s’affole et se révolte devant l’absurdité du monde tel que notre raison le perçoit. Cependant notre raison ne dit pas tout, loin s’en faut. Pascal l’a bien explicité en son temps avec sa célèbre maxime : “le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas”. Ce qui a de plus important dans nos vies (l’amour, la beauté, la bonté, l’amitié, la solidarité, la compassion, la spiritualité, les arts, la musique en particulier), nous touche souvent, nous bouleverse parfois et pourtant, ne relève que bien peu de notre raison. Toutes ces valeurs résonnent avec notre vie intérieure, notre intimité la plus profonde. [...] Toutes ces valeurs irrationnelles et immatérielles fondent notre humanisme, subliment la condition d’animal que nous sommes aussi et nous séparent radicalement du monde des machines, si artificiellement intelligentes qu’elles puissent être. [...]

Si nous cherchons vraiment à aller jusqu’au bout de nous-mêmes, peut-être s’installera en nous alors une folle espérance, pas d’abord la réalisation des espoirs ou des souhaits que nous pouvons entretenir pour l’un ou l’autre d’entre nous, mais surtout une confiance pure et désintéressée en l’avenir, bref une intime conviction que nous sommes dans les mains de la Vie."

Source: extraits choisis d'un article de La Libre par Yves Genin, professeur émérite UCL

18 septembre 2023

La migration ne se règlera pas via des partenariats avec l'UE

"En s'entêtant à résoudre le casse-tête migratoire surtout (voir seulement) en passant des accords avec des pays tiers, l'Union européenne se ment à elle-même. En atteste la situation sur l'île italienne de Lampedusa, ou des milliers de demandeurs d'asile ont débarqué en l'espace de quelques jours, malgré l'accord controversé signé en juillet avec la Tunisie pour tarir ces flux. Cette "crise" et avant tout celle de la stratégie européenne, toujours plus axée sur la concrétisation de "l'Europe forteresse", grâce aux partenaires (lisez: gendarmes) que doivent être les Etats situés sur les routes migratoires.

On nous dira qu'il s'agit d'être pragmatique. Que pour "protéger" nos frontières, il faut se résoudre à amoindrir nos valeurs et verser des mannes d'argent à des régimes peu respectueux des droits humains et de la démocratie. Que l'accord passé en 2016 avec la Turquie, en dépit de la dérive autoritaire du président turc Erdogan, a permis de diminuer les arrivées en Grèce (même s'il a aussi abouti à y entasser les candidats à l'asile dans des camps de détention à ciel ouvert ...). On nous fera croire que c'est pour sauver des vies en mer qu'il faut coopérer aussi avec la Libye, dont les gardes-côtes sont formés et équipés avec de l'argent européen pour repêcher ceux qui prennent le large depuis cet "enfer pour migrants" vers l'Europe [...]

A force de se bercer d'illusions quant à ces partenariats, l'UE a voulu oublier qu'elle doit se doter avant tout d'une politique pour gérer la migration et l'asile en interne. Cette (absence de) vision nous coûte, à nous européens, trop cher, nous poussant à brader notre souveraineté pour des résultats contestables. Le prix est même insupportable, si on compte l'affaiblissement des valeurs européennes et, surtout, du devoir élémentaire de protéger des vies humaines."

Source : extraits choisis de l'édito de La Libre Belgique du 18 septembre 2023

14 octobre 2023

L'astrophysicien Hubert Reeves s'est rapproché des étoiles

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hubert Reeves "ne faisait pas partie de ceux qui se voient coloniser l’espace, que ce soit Mars ou les planètes hors de notre système solaire. “Si on n’a pas appris à bien se comporter vis-à-vis de la Terre ici, qu’est-ce qu’on va faire quand on ira ailleurs ?, interrogeait-il encore dans La Libre. Je n’y crois absolument pas. Ce n’est pas une solution. Il faut qu’on résolve nos problèmes à la maison. Oui, je trouve que c’est fascinant d’aller dans l’espace, d’explorer les autres planètes. Mais je ne crois pas que cela sauvera l’humanité. Il n’y a aucun rapport entre ça et les problèmes qui se posent à nous. Même si on allait sur Mars, après peu de temps, on ferait comme ici !”

Source : extrait d'un article de La Libre

13 octobre 2023

L'extrême-droite à nouveau en tête des sondages en Flandre

"Le sondage "Le Choix des Belges" RTBF – La Libre – Kantar confirme la tendance à la hausse du Vlaams Belang constatée depuis les élections de 2019. Crédité de 23,3% des intentions de vote par notre sondage, le parti d’extrême droite est confortablement premier parti de Flandre. [...] Le Vlaams Belang obtient près de 5 points de plus dans ce sondage que lors des élections de 2019 au cours desquelles il avait déjà effectué une percée. Notre sondage confirme que le mouvement d’extrême droite est le premier parti en Flandre."

Au niveau fédéral, les partis de rejet, antisystèmes, sont en progression : le Vlaams Belang et le PTB occupent une place de plus en plus importante. Les belges iront voter dans 8 mois.

Source: extraits choisis d'un article de RTBF Info

14 août 2023

Les données personnelles des européens vaudront 1000 milliards en 2030

"Sur l'ensemble de l'internet, d'énormes quantités de données personnelles peuvent être collectées à partir de l'historique des recherches, des préférences des navigateurs et des informations que nous saisissons. [...] Il existe de nombreuses façons de collecter des données en ligne, que ce soit par le biais des adresses IP, des données de navigation, des cookies ou des informations que nous fournissons, lorsque nous remplissons des formulaires.

Nous divulguons également de nombreuses données par le biais des médias sociaux, en "aimant" ou en réagissant à des messages. De telles actions peuvent révéler des données sensibles, sans même que nous nous en rendions compte.

Ce type de données, qui peuvent inclure des éléments tels que l'orientation sexuelle, les données relatives à la santé, les affiliations politiques ou religieuses ou les données révélant la race ou l'appartenance ethnique, est considéré comme sensible parce que leur divulgation peut entraîner du harcèlement, de la discrimination ou même une usurpation d'identité."

Source: lisez la suite de l'article sur Euronews

5 novembre 2022

La liberté individuelle plus forte que le sevrage aux technologies addictives

Les gens ne jurent que par leur liberté, qu'ils ne la braderaient pour rien au monde. Ils entendent souvent par là, la possibilité de faire tout ce qu'ils veulent. La réalité est que les individus n'ont jamais été aussi dépendants d'une part, des énergies fossiles; et d'autre part, du numérique promu par les GAFAM. Ils n'ont jamais autant conditionné leur choix que par les tendances du moment et que par un "pilotage" très efficace des comportements par les géants du numérique. Des géants qui s'accaparent le temps libre des individus et les soumettent quotidiennement à des stimulis puissants pour renforcer leur machine à cash. Parmi les plus efficaces : Instagram et TikTok. Toujours plus et toujours plus vite. Voilà à quoi sont réduits nombre d'entre-nous.

31 janvier 2023

L'enquête Noir Jaune Blues révèle une détresse populaire

"Un Belge sur deux souhaiterait une gouvernance autoritaire. C’est ce qu’il ressort de l’enquête "Noir Jaune Blues", publiée par la RTBF et Le Soir et réalisée en collaboration avec la Fondation "Ceci n’est pas une crise". Alors, comment le philosophe Vincent de Coorebyter interprète-t-il cette tendance ? Selon lui, il faut nuancer cette enquête. En effet, "il y a plusieurs réponses massives en faveur d’un chef autoritaire, mais à chaque fois on note que ce chef doit vraiment comprendre le peuple." L’aspiration des Belges ne serait pas d’avoir un dictateur, mais bien quelqu’un qui serait l’expression de la voix populaire. Le philosophe y voit aussi un attachement à la démocratie et à son principe ultime : la souveraineté populaire.

Vincent de Coorebyter reconnaît qu’un certain nombre d’inquiétudes peuvent être nourries par l’enquête. "Je ne suis pas en train de dire que cette majorité forte qui s’exprime en faveur de ce type de solution est rassurante. C’est exactement la voie qui a conduit à la présidence de Trump aux Etats-Unis, à celle de Bolsonaro au Brésil…", conçoit-il. "La récupération politique potentielle de ce type d’attente ou de vision est extrêmement dangereuse." "Mais cela ne veut pas dire que l’aspiration telle qu’elle s’énonce est une embardée en dehors de la démocratie par amour de l’autoritarisme." Ce n’est donc pas l’expression d’un fascisme populaire, "mais c’est d’abord l’expression d’une détresse populaire", estime le philosophe.

"Ce qui me frappe, c’est qu’il y a une critique claire de la démocratie représentative telle qu’elle fonctionne en Belgique avec des partis politiques, des corps intermédiaires, des syndicats, des fédérations patronales, des groupes de pressions,…", conclut Vincent de Coorebyter. "Tout cela paraît trop lent, inefficace, trop compliqué." In fine, cette enquête traduit donc aussi le besoin d’une société plus solidaire, plus finement attentive à la diversité des situations."

Source: extraits choisis d'un article de la RTBF

1 juillet 2023

L’éthique de l’apparence participe à la destruction de la nature

« Dès le début, le capitalisme a développé une éthique de l’apparence faisant prévaloir la forme sur le fond – « la rationalité formelle » de Max Weber – pour faire des affaires – « la rationalité pratique » du même Weber. Cette éthique est au cœur de la publicité bien sûr, mais aussi du droit. Il n’est plus exigé de l’individu qu’il soit vertueux, simplement qu’il en ait l’apparence, conformément à la règle, pour suivre son propre intérêt. Avec cette morale du profit individuel, ce qui compte n’est pas le vrai, la valeur humaine, l’intérêt collectif, le souci de la nature, mais ce qui rapporte et donne un air de vérité. […] On n’est plus dans une éthique des valeurs mais dans celle de l’apparence. « Le vrai est un moment du faux », disait Guy Debord. Cela aboutit à chercher à obtenir du crédit par n’importe quelle stratégie, pourvu qu’elle soit conforme à la manière de penser et de gouverner de la religion du marché globalisé. […] Dès lors que seul compte le gain immédiat, l’aptitude à exploiter à l’infini un stock de données ou de matières que l’on prélève dans la nature, chez le voisin ou en soi, cela conduit à un mépris des conséquences de nos actes au long terme, une perte du sens des responsabilités. Notre éloge de la force, de la compétitivité, de la performance, est celui de valeurs de maîtrise qui ne sont rien d’autre que des substituts à la guerre. La promotion des valeurs guerrières – même par le jeu métaphorique du commerce et de l’industrie – aboutit nécessairement à la destruction de l’humain et de son rapport soucieux à la nature. C’est le « soin » qui est détruit, au sens du souci porté à soi, à autrui, au monde. »

Source : Par Roland Gori, Professeur honoraire de psychopathologie clinique à l’Université d’Aix-Marseille. Extraits choisis du chapitre 10 de l’ouvrage collectif Collapsus.

23 juin 2023

Le philosophe et le chirurgien invoquent la culture en réponse à l'IA

Lors d'une conférence à Bruxelles sur la révolution que représente le nouvel agent conversationnel ChatGPT, sont présents parmi les orateurs les personnes suivantes : François-Xavier Bellamy, philosophe français et député européen et Laurent Alexandre, chirurgien, entrepreneur et essayiste français.

François-Xavier Bellamy interroge la notion “d’intelligence” qui est selon lui plus complexe qu’enseignée habituellement, et qui ne peut être réduite à une puissance de calcul. L’intelligence humaine étant protéiforme, l’intelligence artificielle ne pourra jamais la supplanter tout à fait. D’autant plus que cette dernière n’a ni sentiments, ni conscience d’elle-même — du moins pas encore.

Laurent Alexandre envisage plusieurs scenarii : le premier serait que Chat GPT-4 ne connaîtrait pas de version plus performante et que l’organisation du travail ne serait pas bouleversée ; le second que l’intelligence se développerait, mais qu’elle n’atteindrait jamais ce qu’on appelle l’intelligence artificielle générale qui dépasserait le cerveau humain dans tous les métiers — 80 % des experts croient en ce scénario, raison pour laquelle il suscite beaucoup d’inquiétude ; enfin celui de la “superintelligence” d’ici dix ans qui serait incommensurablement plus développée que celle de l’homme, prophétisée par Sam Altman, le président d’Open IA et créateur de ChatGPT. Laurent Alexandre poursuit: "Il faut que l’homme s’adapte et utilise cette révolution numérique pour parfaire son humanité."

La culture générale sera notre réponse à l’intelligence artificielle.

Laurent Alexandre et François-Xavier Bellamy s’accordent sur la seule et unique réponse à apporter à l’intelligence artificielle : l’acquisition d’une solide culture générale grâce à la lecture. Bellamy le martèle : ce qui compte, c’est l’éternelle actualité de la culture. La fréquentation des livres épaissît notre vie intérieure. Elle donne petit à petit le recul nécessaire, l’esprit critique nécessaire pour discerner le vrai du faux, le beau du laid, le bien du mal, et les miroirs aux alouettes que l’époque nous tend. Les livres sont la source de notre liberté.

Source : extraits choisis et remaniés d'un article de La Libre par Aymeric de Lamotte, Directeur général adjoint de l’Institut Thomas More et avocat.

12 juin 2023

La déferlante de crédulité versus l’éducation à la pensée méthodique (partie 1)

« Le vraisemblable se meut avec plus d’agilité sur les réseaux sociaux que le vrai. Vérifier une information est souvent coûteux et mettre en péril son propre cadre mental plus encore. Le cerveau est, sur bien des points, un épicier qui évalue l’investissement que représente une tâche et il n’aime guère faire des efforts. La plupart du temps nous acceptons donc des propositions satisfaisantes, même si elles ne sont pas optimales. […] Cela représente aussi un péril collectif lorsque […] les propositions qui flattent nos instincts mentaux les plus immédiats sont omniprésentes et renforcées par les algorithmes qui président à nos recherches d’informations. […] La dérégulation du marché de l’information est encore en cours et qu’on ne sait pas, par exemple, de quelle façon l’interconnexion massive des objets de notre quotidien va affecter les flux qui inspireront notre représentation partagée du monde. […]

La situation actuelle est inquiétante mais loin d’être désespérée. La défense de la rationalité, qui est une incitation à négocier intellectuellement avec le monde en convoquant les outils de sélection du réel que l’histoire des idées et des méthodes nous a laissés, est loin d’être un combat d’arrière-garde. […] En raison du caractère polymorphique de l’empire des croyances, ce combat est loin d’être terminé et ne le sera sans doute jamais. Il est surtout porteur d’un programme plein d’espoir : il parie sur le fait qu’il y a assez de points communs et d’humanité en chacun de nous pour que notre rationalité, lorsqu’elle s’applique à la pensée méthodique, aboutisse à une conclusion universellement valable au-delà de nos différences culturelles. C’est pourquoi les énoncés scientifiques sont universellement vrais et non pas vrais pour un Chinois et non pour un Ghanéen par exemple. Les ressources de la pensée méthodique révèlent notre commune humanité qui est enfouie sous l’amoncellement de nos différences. Ainsi, le rationalisme est un universalisme et il n’y a pas d’universalisme possible sans rationalisme. […]

Pour cette même raison, la pensée méthodique est la chose la plus démocratique qui soit parce qu’on peut tous la pratiquer, mais elle est exigeante et on ne la pratique pas n’importe comment. C’est un travail ascétique, difficile, à recommencer tous les jours. Un combat essentiellement contre soi-même. […] C’est pourquoi, même si l’ampleur de la tâche paraît immense aujourd’hui et même si la défense de la rationalité dans le débat public est prise dans un étau, le combat n’est pas perdu. Nous n’avons de toute façon d’autre choix que de le mener si nous voulons prévenir l’avènement de nouveaux totalitarismes qui n’auront pas nécessairement la forme dont l’histoire nous a appris à nous méfier. […] La tyrannie des minorités […] désigne un phénomène sociologique banal qu’avait bien décrit par exemple Mancur Olson : le fait que certains groupes minoritaires parviennent à imposer leur point de vue contre la majorité, y compris en démocratie. Cela peut se produire de deux façons au moins : lorsque la majorité reste apathique et ne trouve pas assez de motivation pour s’opposer à l’activité de petits groupes ne représentant qu’eux-mêmes ; lorsque la minorité parle si fort qu’elle arrive à faire confondre la visibilité de son point de vue avec de la représentativité. Or ce type de phénomènes est particulièrement important pour comprendre la diffusion de la crédulité sur Internet. […]

Un faible nombre de personnes motivées peuvent influencer l’opinion sur Internet beaucoup plus que dans la vie sociale classique. […] Si certains auteurs voient dans Internet l’espoir de démocratiser la démocratie, la démocratie dont il est question ne correspond pas nécessairement à l’idéal qu’ils paraissent s’en faire : certains y votent mille fois, tandis que d’autres jamais. Or, les motivés que sont les croyants « votent » beaucoup. Pour n’en prendre qu’un exemple particulièrement inquiétant, une étude récente de l’activité de certains internautes anti-vaccins sur les réseaux sociaux a montré qu’ils s’organisaient selon les caractéristiques réticulaires de ce que la littérature des Web Sciences a désigné sous le terme de Small World. […] Nombre de nos concitoyens, qui sont indécis sur tel ou tel sujet, peuvent se laisser impressionner par la saillance de certaines propositions qui étaient confinées auparavant dans des marges de radicalité. Il semblerait que l’islamisme profite lui aussi de ce type de mécanismes. »

Source : extraits choisis du dernier chapitre du livre « Déchéance de rationalité » de Gérald Bronner chez Grasset, 2019.

Gérald Bronner est professeur de sociologie à l'université de Paris-Diderot, membre de l’Académie des technologies et de l’Académie nationale de médecine.

6 février 2023

La journée mondiale sans téléphone portable et smartphone

La journée mondiale sans téléphone portable, c'est le 6 février. A l'heure où le smartphone est devenu quasiment indispensable, l'objectif de cette journée est de se pencher sur les addictions qu'il peut générer chez les individus. Phil Marso a inventé cette journée il y a déjà vingt ans, à une époque où le rapport que l'on entretient avec cet appareil était bien différent de ce qu'il est aujourd'hui. Très vite Phil Marso a l'intuition que le téléphone va changer nos comportements, nos relations aux autres et à l'intimité et s'en inquiète.

Cette année, l'écrivain interviendra dans les écoles les 6, 7 et 8 février 2023. Plusieurs classes d'élèves prépareront des ateliers pour sensibiliser les nouvelles générations à la maîtrise du smartphone sur le plan addiction, santé, vie privée, écologique etc. Phil Marso encourage les usagers à maîtriser l’outil au quotidien pour éviter une dépendance. L'occasion pour tout un chacun de retrouver les vertus de l'ennui, de nouer le dialogue avec ses voisins, de lire un livre ou de profiter des paysages ... en relevant la tête.

19 janvier 2023

L'être humain est corvéable, la machine ChatGPT est encensée

"Lors de sa sortie en novembre dernier, ChatGPT a été salué comme l'une des innovations technologiques les plus impressionnantes de 2022. Ce puissant chatbot à intelligence artificielle (IA) peut générer des textes sur presque tous les sujets ou thèmes.

Mais cette réussite n'est pas le fruit du seul génie de la Silicon Valley. Dans sa quête pour rendre ChatGPT moins toxique - l'application était encline à débiter des remarques violentes, sexistes et racistes, OpenAI a fait appel à des travailleurs kényans externalisés gagnant moins de 2 dollars de l'heure, a révélé une enquête du TIME."

Comme le précise l'article de La Libre: "Pour être plus éthique, ChatGPT a emprunté la route de l’immoral."

Source: extraits choisis d'un article du Time

Regardez la vidéo d'Euronews dont la conclusion est : "Il est peut-être temps de repenser [...] le type de politiques que les gouvernements doivent mettre en place pour que cet outil puissant ne soit pas utilisé pour causer des dommages dans le monde réel."

29 mars 2023

L'évolution inéluctable d'une technologie qui devient néfaste pour la société

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez les commentaires avisés d'une experte en intelligence artificielle. Lire aussi l'article du Courrier International

Face à l'augmentation de la désinformation, et de la possibilité technique toujours plus grande de manipuler le citoyen à travers des médias vidéo et audio, certains scientifiques appellent à un moratoire sur l'intelligence artificielle. A minima, nos experts s'inquiètent que l'être humain se repose trop sur la machine et perd de plus en plus son sens critique. La société sera amenée à réglementer ce secteur afin d'éviter les dérives et à initier un débat public sur le rôle de l'IA à long terme.

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