Canalblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Regards sur...
Publicité
9 avril 2022

Les discours du Kremlin sont déjà bien trop implantés en France

"A la faveur de la guerre en Ukraine, la propagande russe s’est trouvé de nombreux relais dans la population française, conséquence d’un mouvement amorcé il y a près de dix ans, explique l’essayiste Marie Peltier. Affirmations trompeuses, photos manipulées, théories du complot… Depuis le début de la guerre en Ukraine, une myriade de fausses informations circule sur les réseaux sociaux.

Si celles-ci proviennent du camp russe comme du camp ukrainien, Moscou se distingue depuis le début du conflit par un recours bien plus structuré, systématique, quasi industriel même, à la manipulation de l’opinion publique : comme l’a montré une enquête du Monde, une armée de petites mains anonymes diffuse sur les réseaux sociaux, y compris en France, des rumeurs pour semer le doute sur la réalité de la situation, et trouve des relais dans les sphères conspirationnistes, et même politiques. [...]

Le niveau de désinformation russe dans nos sociétés est très élevé depuis cinq ans. Comme il y a en ce moment des intérêts militaires et stratégiques, cela s’active encore plus, mais la proportion me semble similaire. On s’imagine souvent qu’il y a plus de désinformation qu’avant, mais c’est surtout qu’on en est plus conscient.

Dans le fond, la trame narrative est très similaire à ce qui se passait déjà en Syrie : les relais du Kremlin œuvrent à distiller en permanence le doute sur ce qui se passe vraiment sur le terrain, en utilisant des postulats conspirationnistes : « les médias vous mentent », « les politiques vous manipulent », etc. Ces éléments complotistes étaient déjà là en 2016 au moment de la chute d’Alep. D’ailleurs, on se concentre sur le Kremlin, mais ce type de désinformation est un point commun à la plupart des régimes dictatoriaux. Depuis 2003 et la guerre en Irak, ceux-ci sapent les démocraties occidentales par ce genre de discours."

Lire la suite de l'interview de Marie Peltier sur le site du journal Le Monde.

Publicité
8 avril 2022

La lutte contre le changement climatique n'est pas notre choix !

"Le 3ème volet du rapport du GIEC est dur à encaisser, parce qu'il montre que les solutions sont à portée de main, et que pourtant nous n'allons pas les saisir : consciemment, nous faisons le choix de ne pas lutter contre le changement climatique. J'ai longtemps pensé que, face à l'énormité des impacts et à la disponibilité des solutions, nos démocraties choisiraient les secondes. Mais ce n'est pas le cas. En France, dans un scénario optimiste, 3 électeurs sur 4 voteront pour un programme insuffisant sur le climat.

Et ce n'est pas spécifique à la France. Toutes les démocraties font le choix de ne pas lutter contre le climat. On dit souvent que c'est aux gouvernements d'agir, mais la réalité c'est que leurs électeurs ne leur donnent aucune consigne en ce sens. C'est un choix démocratique. Mais c'est aussi un choix de civilisation, le choix de nous engager sur une trajectoire à +3,5 degrés (si tout va bien). Et donc de transférer à nos enfants la charge de gérer les impacts les plus graves. J'ai sincèrement pensé, pendant longtemps, que c'était une affaire de pédagogie, de conscientisation, etc. Mais je réalise aujourd'hui que la réalité est plus simple que ça : nous ne voulons pas lutter contre le changement climatique, parce que ça ne fait pas rêver, que ça implique des coûts, que ça perturbe des équilibres et des manières de vivre. [...]"

- François Gemenne, chercheur et enseignant sur les politiques du climat et des migrations.

Source: extrait d'une publication de l'auteur sur LinkedIn

2 avril 2022

Le monde libre sous la menace d'un affaiblissement futur

En un mois seulement, beaucoup de choses ont changé. Des évènements géopolitiques significatifs se sont succédés rapidement. Poutine a choisi de poursuivre l'invasion de l'Ukraine, après le Crimée en 2014. L'Europe et les USA ont choisi de le sanctionner pour cela. Voici un aperçu des principaux évènements en seulement 37 jours de conflit :

L'invasion de l'Ukraine le 24 février 2022 et depuis, des crimes de guerre et des horreurs. Des cyberattaques massives sur l'Ukraine et l'arrêt des relations diplomatiques russo-ukrainiennes. Le monde entier à l'ONU qui demande l'arrêt de l'invasion, mais n'est pas entendue par la Russie. Les pays européens qui resserrent les rangs et présentent un front uni contre la barbarie. Des sanctions économiques internationales sans précédent contre la Russie et la Biélorussie, avec des contre-mesures en retour. L'évocation de frappes nucléaires ou d'attaques chimiques. L'OTAN qui se renforce et les dépenses militaires des pays européens qui repartent à la hausse. La solidarité européenne envers les femmes et les enfants ukrainiens exilés. Le choix des occidentaux de ne pas prendre part au conflit russo-ukrainien afin d'éviter une troisième conflagration mondiale. La Chine qui ne condamne pas l'invasion, mais qui assure une amitié indéfectible à la Russie. La volonté affichée des russes et des chinois de créer ensemble un nouvel ordre géopolitique mondial. Ecoutez l'analyse dans le podcast "Russie, Chine : l’alliance ambigüe". Et comme toujours, les mensonges de l'Etat russe, la propagande et la désinformation dans le but de diviser les européens et d'affaiblir nos démocraties.

L'avenir nous réserve-t-il des difficultés de grande ampleur ? Parmi les évènements possibles : Des sanctions commerciales plus fortes jusqu'à l'arrêt total du commerce avec la Russie. Une guerre froide. Une menace d'extension du conflit sur le continent européen. Des cyberattaques contre l'Occident de plus en plus néfastes et fréquentes. Des pénuries énergétiques, alimentaires ou de composants électroniques. Une Chine de plus en hostile envers les USA et l'OTAN.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avec la possible alliance idéologique russo-chinoise, sommes-nous aux prémices d'une menace encore plus grande pour le monde libre et en particulier les démocraties ? Le monde libre fait-il face désormais à de puissants autocrates hostiles ? Sommes-nous arriver à un moment charnière de notre histoire où nous devrons dire au revoir à notre vie insouciante d'avant 2020 ? Les décisions de ces autocrates vont-elles, à terme, rendre nos vies plus difficiles ? Comme le disent plusieurs universitaires belges, allons-nous passer en économie de guerre ? Un nouveau clivage idéologique entre deux blocs va-t-il naître ?

Pascal Boniface nous donne son analyse et ses mises en garde :

13 octobre 2021

L'AIE dénonce une transition énergétique trop lente

"Le monde subira le réchauffement climatique mais aussi des "turbulences" en matière d'approvisionnement, s'il n'investit pas plus massivement et rapidement dans les énergies propres, a prévenu l'Agence internationale de l'énergie (AIE). A ce jour, les engagements climatiques des Etats, s'ils sont tenus, ne permettront que 20% des réductions d'émissions de gaz à effet de serre nécessaires d'ici 2030 pour garder le réchauffement sous contrôle. "Les investissements dans des projets énergétiques décarbonés devront tripler dans les dix ans, pour la neutralité carbone à 2050", résume le directeur de l'AIE, Fatih Birol.

L'organisme, émanation de l'OCDE chargée d'accompagner de nombreux pays, offre trois scénarios pour l'avenir. Dans le premier, les Etats continuent comme aujourd'hui: les énergies propres se développent, mais hausse de la demande et industrie lourde maintiennent les émissions au niveau actuel. Le réchauffement atteint 2,6°C par rapport au niveau pré-industriel, loin du 1,5°C garant d'impacts gérables."

Voir la suite de l'article sur La Libre

31 mars 2022

La propagande passe désormais par les réseaux sociaux des ambassades de Russie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"La propagande russe marche très bien et les citoyens de l'UE ne comprennent pas ce qui se passe. Ils pensent que la guerre est très loin (...) Les citoyens doivent comprendre une chose: si vous n'êtes pas unis pour nous aider à gagner cette guerre, la guerre arrivera dans l'Union européenne." - Ivan Fedorov, maire de Melitopol, ville du sud de l'Ukraine. Source: article de La Libre 

Publicité
30 mars 2022

La Belgique expulse 21 diplomates russes pour espionnage et menace sécuritaire

"Le gouvernement fédéral a décidé d'expulser 21 personnes accréditées comme diplomates russes auprès de l'ambassade de Russie à Bruxelles ou du consulat général à Anvers, pour leur implication dans des opérations d'espionnage et d'influence menaçant la sécurité du pays, a annoncé mardi la ministre des Affaires étrangères Sophie Wilmès."

Source: extrait d'un article de La Libre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans une nouvelle du site web de l'Ambassade de Russie en Belgique, on peut y lire la phrase suivante "Il est clair que ce geste inamical de la partie belge ne restera pas sans réponse."

30 mars 2022

L'homme moderne obéit à ses seuls désirs

"L'homme moderne est cet être revenu de tout, fier de ne croire à rien d'autre qu'à son propre pouvoir. Une confuse volonté de puissance le pousse à obéir à ses seuls désirs, à dominer la nature à sa guise, à ne reconnaître aucune référence qui déborderait sa vision unidimensionnelle et close. Il s'attribue des valeurs définies par lui-même. Au fond de lui, ayant coupé tous les liens qui le relient à une mémoire et à une transcendance, il est terriblement angoissé, parce que terriblement seul au sein de l'univers vivant. Il se  complaît dans une espèce de relativisme qui dégénère souvent en cynisme ou en nihilisme."

François Cheng de l'Académie Française, extrait de son livre "De l'âme", Le livre de poche, aux pages 153 et 154.

8 octobre 2021

Le changement de nos sociétés pour le climat est possible et nécessaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les dérèglements climatiques ne sont plus une perspective lointaine. Ils nous touchent toutes et tous, maintenant. Ici, en Belgique, où les phénomènes climatiques exceptionnels se multiplient. Et plus encore dans les pays du Sud, qui sont confrontés à des sécheresses dramatiques ou à des incendies dévastateurs. Le dimanche 10 octobre 2021, à la veille de la COP26 et d’un important sommet européen, les manifestants emprunterons les rues de Bruxelles pour demander à nos responsables politiques DES ACTES AMBITIEUX MAINTENANT !

Les écoles de Wallonie, Flandre et Bruxelles veulent réveiller les décideurs politiques et appellent à la mobilisation citoyenne pour la Marche pour le Climat de dimanche. Elles se préparent aussi pour une action collective symbolique : « Wake up for Climate ! » ce vendredi 8 octobre 2021. Une récente enquête montre que 60 % des jeunes se disent très ou extrêmement inquiets par rapport au changement climatique. Aujourd’hui, ils souhaitent faire passer au monde politique un message clair : « il faut se réveiller ! »

Back to the climate

12 mars 2022

Le peuple russe n’est pas le pouvoir russe

"Elle a été arrêtée il y a quelques jours par la police russe lors d’une manifestation contre la guerre en Ukraine. Elle s’appelle Elena Osipova et elle une figure du mouvement pour la paix en Russie. Pour "En toutes lettres !", la journaliste et réalisatrice, Safia Kessas a décidé de lui écrire cette missive.

Chère Elena Osipova,

J’ai découvert votre visage joliment marqué par le temps et votre silhouette modeste, lors d’un rassemblement contre la guerre en Ukraine. C’était il y a quelques jours, vous manifestiez à Saint-Pétersbourg, la ville où vous résidez. J’ai vu des policiers vous emmenez avec votre petit béret bleu, votre écharpe brune à carreau bien serrée et votre pardessus. Vous étiez emmitouflée pour vous protéger du froid et aussi de la bêtise répressive. J’ai découvert que vous étiez devenue un symbole du mouvement pour la paix en Russie. Vous à la destruction des arsenaux nucléaires dans le monde avec vos pancartes dessinées. A 77 ans, on vous présente comme peintre et militante. On vous surnomme aussi "la grand-mère de l’opposition"."

Lisez la suite sur le site de la RTBF.

9 mars 2022

La Commission veut sanctionner les acteurs de la désinformation

"Nous n'essayons pas de décider ce qui est vrai et ce qui est faux. Je ne suis pas le ministre de la Vérité ; nous n'avons pas de ministère de la Vérité. Ce sur quoi nous devons nous concentrer, ce sont les acteurs étrangers qui, de manière intentionnelle et coordonnée, tentent de manipuler notre environnement informationnel pour faire avancer leurs propres objectifs et nous nuire. [...] On nous a reproché d'avoir attenté à la liberté de l'information avec l'interdiction de Russia Today et Sputnik. Mais quand des acteurs étrangers, de manière coordonnée et volontaire, manipulent l'information afin de nous nuire, c'est inacceptable.", a indiqué Josep Borrell lors d'un débat sur l'ingérence étrangère et la désinformation.

"Le président Poutine veut que son peuple se divertisse, ne [fasse] pas attention à ce qu'il se passe (...) alors qu'à côté les Ukrainiens se font tuer.", a déclaré Vera Jourova, la vice-présidente de la Commission.

La Commission européenne va proposer un nouveau mécanisme pour sanctionner les acteurs malveillants de la désinformation dans le cadre de l'invasion russe de l'Ukraine, a déclaré mardi le Haut représentant de l'UE pour les affaires étrangères, Josep Borrell, devant le Parlement européen. Le service diplomatique de l'UE s'est doté depuis 2015 d'un service d'analyse sur la désinformation étrangère, la manipulation de l'information et l'ingérence pour remonter les sources de désinformation et identifier les responsables afin de les sanctionner.

Source : Extraits choisis d'un article de La Libre

7 mars 2022

Les géants de la tech veulent nous vendre quelque chose, mais quoi ?

Si les grand firmes de la tech débordent d’enthousiasmes quant aux opportunités ouvertes par le concept de métavers, les mises en garde se multiplient pour ne pas laisser l’intérêt financier comme seule boussole de la construction du web du futur. L’irruption de grosses sociétés privées et lucratives dans la création d’univers virtuels invite à s’interroger sur le type de société que nous voulons.

L’une des principales questions que nous devons nous poser aujourd’hui concerne le rôle des multinationales dans la création de sociétés virtuelles. Voulons-nous vraiment que Facebook ou ses descendants contrôlent tous les aspects de notre réalité lorsque nous allons dans des mondes virtuels ? Je pense que le métavers des entreprises est quelque chose auquel il faut résister. Un modèle comme Internet – où personne ne contrôle l’ensemble du système – serait sans doute préférable : il y aura des mondes virtuels contrôlés par le secteur privé, mais aussi les mondes virtuels des États et ceux des collectifs et des particuliers. En fin de compte, j’espère qu’il y aura une pluralité de mondes virtuels fondés sur de nombreux modèles et que les gens pourront choisir le leur avec une certaine autonomie.” - David Chalmers, philosophe

Source : Extraits d'un article du Courrier International "Il faut résister au métavers des entreprises"

Personnellement je me pose cette question: Allons-nous vivre une nouvelle aliénation de l'humanité qui libérera nos dernières inhibitions ?

28 février 2022

La lente réaction de Google pour stopper la monétisation des médias russes

"Google suspend la possibilité pour les médias d'Etat russes de générer de l'argent sur ses plateformes. Le géant américain de l'internet Google a annoncé avoir "suspendu" la possibilité pour les médias financés par l'Etat russe de générer de l'argent sur ses différentes plateformes, en réponse à l'invasion de l'Ukraine par Moscou. Cette décision fait suite à des mesures similaires prises par sa filiale YouTube et par le réseau social américain Facebook."

Il aura fallu 5 jours de guerre pour que Google agisse contre la Russie. Dieu que l'argent peut brouiller le regard des hommes !

Source : article de La Libre

12 janvier 2022

La lutte conjointe contre la désinformation sur Youtube

"Plus de 80 organisations de fact-checking du monde entier ont adressé une lettre ouverte à la direction de YouTube, appelant à des mesures plus efficaces pour lutter contre la désinformation et proposant leur collaboration à la plate-forme d'hébergement vidéo. "Chaque jour, nous constatons que YouTube est l'un des principaux vecteurs de désinformation en ligne dans le monde. [...] Nous ne voyons pas beaucoup d'efforts de la part de YouTube pour mettre en oeuvre des politiques qui résolvent le problème." Les fact-checkers signataires s'inquiètent eux d'une "désinformation galopante", encore accélérée par l'épidémie de Covid-19. Des documentaires complotistes ou des vidéos faisant la promotion de faux remèdes ont ainsi engrangé des millions de vues sur le site.

YouTube a répondu en affirmant avoir "largement investi dans des politiques et des produits (...) pour réduire la diffusion de fausses informations". Restant inquiets face à des risques tels que la déstabilisation politique, les fact-checkers se disent prêts à "s'engager avec YouTube pour concrétiser leurs propositions", qu'ils détaillent dans leur lettre. "Cette bataille est l'une des plus grandes de notre époque, et nous devons la mener en collaborant avec les plates-formes." Les pistes d'amélioration concernent aussi bien l'opacité des algorithmes que les comptes "récidivistes", ou les vidéos non-anglophones qui passent régulièrement "sous les radars" du site."

Source: extraits remaniés d'un article de La Libre

17 décembre 2021

La Chine détient le record du nombre de journalistes détenus en 2021

"Jamais depuis la création du bilan annuel de Reporters Sans Frontières en 1995 le nombre de journalistes emprisonnés n'avait été aussi élevé", constate l'ONG de défense de la liberté de la presse. Cette hausse exceptionnelle, de l'ordre de 20% en un an, "est principalement le fait de trois pays", à savoir la Birmanie, le Bélarus et la Chine, dont la loi de sécurité nationale imposée en 2020 à Hong Kong a provoqué une augmentation en flèche des détentions de journalistes dans ce territoire."

10 décembre 2021

L'adhésion au monde naturel

« En ce début de siècle 21, nous autres, huit milliards d’humains, asservissions la nature avec passion. Nous lessivions les sols, acidifiions les eaux, asphyxiions les airs. Un rapport de la Société zoologique britannique établissait à 60 % la proportion d’espèces sauvages disparues en cinq décennies. Le monde reculait, la vie se retirait, les dieux se cachaient. La race humaine se portait bien. Elle bâtissait les conditions de son enfer, s’apprêtait à franchir la barre des dix milliards d’individus. Les plus optimistes se félicitaient de la possibilité d’un globe peuplé de quatorze milliards d’hommes.

Si la vie se résumait à l’assouvissement des besoins biologiques en vue de la reproduction de l’espèce, la perspective était encourageante : nous pourrions copuler dans des cubes de béton connectés au Wifi en mangeant des insectes. Mais si l’on demandait à notre passage sur Terre sa part de beauté et si la vie était une partie jouée dans un jardin magique, la disparition des bêtes s’avérait une nouvelle atroce. La pire de toutes. Elle avait été accueillie dans l’indifférence. Le cheminot défend le cheminot. L’homme se préoccupe de l’homme. L’humanisme est un syndicalisme comme un autre.

La dégradation du monde s’accompagnait d’une espérance frénétique en un avenir meilleur. Plus le réel se dégradait, plus retentissaient les imprécations messianiques. Il y avait un lien proportionnel entre la dévastation du vivant et le double mouvement d’oubli du passé et de supplique à l’avenir. « Demain, mieux qu’aujourd’hui », slogan hideux de la modernité. Les hommes politiques promettaient des réformes (« le changement », jappaient-ils !), les croyants attendaient une vie éternelle, les laborantins de la Silicon Valley nous annonçaient un homme augmenté.

En bref, il fallait patienter, les lendemains chanteraient. C’était la même rengaine : « Puisque ce monde est bousillé, ménageons nos issues de secours ! » Hommes de science, hommes politiques et hommes de foi se pressaient au portillon des espérances. En revanche, pour conserver ce qui nous avait été remis, il n’y avait pas grand monde. »

Source : extrait des pages 143 à 144 du livre « La panthère des neiges » de Sylvain Tesson chez Gallimard.

16 novembre 2021

La part belle à nos pulsions et à l'émotion sans réflexion

"Nous vivons dans une époque dont le "surmoi" (qui protège le "moi" de ses pulsions selon Freud) s'est égaré. Le "ça", qui lui joue avec nos envies inconscientes et désordonnées de tout, tout de suite, a pris le dessus. Et le résultat de cette bataille qui n'en est plus une, faute de combattant entre le "ça" et le "surmoi", trouve toute liberté d'exprimer un "moi" hypertrophié à travers les réseaux sociaux et un consumérisme débridé. L'émotion ne prend plus le temps de la réflexion et du combat intérieur. Tout est épidermique. Tout est réaction. L'acte d'achat, par-delà nécessité ou envie, est devenu impulsion. La polémique, le raccourci le plus sûr pour se faire un nom. Il faut réagir à tout, et vite. On en vient dans l'élan de la course à raconter n'importe quoi sans le penser, juste pour faire parler de soi. On commente les commentaires, sans rien apporter, dans un rétrécissement de la pensée. On ajoute du bruit au bruit. Au vacarme de la "machine" qui couvre les sons réfléchis."

Source: extrait (p. 45) du livre "Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce" de Corinne Morel Darleux

14 novembre 2021

Les illusions tenaces de nos sociétés occidentales

"Nous vivons surtout dans une société verrouillée par deux illusions. La première tient dans la quête d’une croissance infinie, qui sous-entend que tous nos désirs matériels pourraient être comblés indéfiniment. La seconde illusion relève du besoin de contrôle sur tous les phénomènes, comme la mort, la santé et l’ensemble des comportements des uns et des autres. Cette soif de contrôle nous montre que nous avons peur de l’inconnu. Or, la base même du vivant est l’impermanence, sujet au mouvement, à une danse vers le mystère ! Voilà donc deux illusions responsables de l’extinction de la vie.

Et nos institutions aux hiérarchies pyramidales, qui vivent dans ce besoin de contrôle excessif, se retrouvent paralysées dès qu’un imprévu survient. Le système se replie alors sur son propre dogme, favorisant les inégalités et la peur, mais est-il encore représentatif de ses communautés ? Respecte-t-il les grandes lois de la vie ? Et qu’en est-il de notre responsabilité individuelle, de notre libre arbitre, dans toutes ces actions collectives ? En cela, nous avons quelques deuils à effectuer."

- Sébastien Lilli, Président de l'INREES

Source : Extrait d'un article de la revue Inexploré

13 novembre 2021

La modification générale des débats publics en France

"Aucune digue n’empêche plus aujourd’hui les représentants de l’extrême droite, voire de l’ultra-droite, d’intervenir dans les médias sous couvert d’objectivité et de respect de la pluralité politique. Certains offrent même une tribune de choix aux plus fervents réacs. Lesquels y dénoncent pêle-mêle l’islamo-gauchisme, le wokisme, la cancel culture (« on ne peut plus rien dire »), l’immigration incontrôlée ; à l’inverse, les tentatives d’expliquer sociologiquement un événement ou un comportement sont fréquemment assimilées à la « culture de l’excuse » et par là même dévaluées. Il n’en a pas toujours été ainsi.

L’omniprésence de ces discours est un symptôme de la modification plus générale des débats publics et des nombreuses batailles culturelles (à commencer par la lutte contre le racisme) que la gauche a perdues. Si l’on reprend toute la chaîne qui conduit de la production jusqu’à la diffusion des idées, les équilibres se sont considérablement modifiés depuis les années 1970. Des nouvelles règles du monde intellectuel à la concentration de l’édition et des médias, en passant par la transformation des partis politiques, tout est fait pour que les fast thinkers et les experts auto-proclamés triomphent et portent haut la voix de la réaction. Jusqu’à quand ?"

Source: Quatrième de couverture du livre "Comment sommes-nous devenus réacs ?" de Frédérique Matonti

9 novembre 2021

La sûreté de l'Etat s'inquiète de la polarisation de la société

"La polarisation et l'insatisfaction dans notre pays ont désormais pris une telle ampleur que nous ne pouvons plus parler de phénomène temporaire. En 2021, notre pays restera toujours sous l'influence de la crise sanitaire pendant un certain temps, et les extrémistes de toutes sortes exprimeront donc leur colère, en ligne et en public, souvent attisée par des campagnes de désinformation menées par des acteurs nationaux et étrangers", indique le directeur de l'analyse du service de renseignement civil, Peter Lanssens.[...] "Tout cela crée un terrain propice à la manipulation en ligne, avec un impact jamais vu avant et qui constitue un défi pour la démocratie", ajoute le rapport 2020 de la Sûreté de l'Etat.

Source: Extraits choisis d'un article de La Libre

4 novembre 2021

Le Metaverse, la fuite en avant technologique pour une croissance économique infinie

"Dans un récent communiqué, Mark Zuckerberg nous a annoncé la création de Meta, sa nouvelle entreprise qui englobera désormais Facebook & Cie, et qui ira bien au-delà des réseaux sociaux en termes de technologie servant à connecter les gens entre eux. Au travers de tout un système virtuellement immersif, appelé le Metaverse, il ne nous annonce rien de moins que le renouveau de l’humanité. [...] Metaverse devrait permettre aux gens de faire des réunions, d’aller à des concerts, de faire du sport, ses courses ou encore de dire bonjour à ses grands-parents sans jamais sortir de chez soi.[...] Un "renouveau" qui a de très inquiétantes similitudes avec le modèle désuet caractéristique des Gafam : un capitalisme dont la survie dépend de la croissance et de la destruction de l’environnement, et dont le marché s’approprie toujours plus de nos vies personnelles.

Le Metaverse de Mark Zuckerberg est une aberration écologique, sociale et éthique. Il veut massifier les interactions sociales virtuelles en 3D pour atteindre 1 milliard de consommateurs. Si Metaverse se réalise d’ici 2030, nous n’aurons aucune chance d’atteindre nos objectifs climatiques. [...] Investir 10 milliards de dollars dans des technologies qui vont nous enfoncer toujours plus profondément dans les causes de nos crises socioécologiques est d’une violence sans nom à l’égard des générations futures et de ceux qui subissent déjà ces crises à travers le monde. On va nous vendre des balades en forêt virtuelles à l’heure où nous sommes tellement déconnectés de la nature que nous exterminons le non-humain à une vitesse inouïe. Sans parler du fait que ces technologies seront synonymes d’un progrès réservé à une élite, et de dividendes supplémentaires à cacher dans des paradis fiscaux pour une élite encore plus restreinte."

Source : Extraits choisis d'un article de La Libre par Lino Paoletti, délégué ONU pour la biodiversité au Forum des Jeunes. Master en science et gestion de l'environnement. Etudiant en éthique.

Lire aussi l'éclairante tribune du philosophe Eric Sadin dans Libération.

Ecoutez aussi la chronique de La Libre du 21 janvier 2022.

18 octobre 2021

La catastrophe planétaire en cours

"Toute femme, tout homme, tout être humain est appelé à devenir Terrien. Nous sommes des êtres naturels enracinés dans le vivant. Face à nos peurs légitimes, à l'état de sidération que provoquent les destructions de la nature que nous constatons désormais de visu, à l'angoisse que nous ressentons devant la catastrophe planétaire en cours, il faut redonner ce sens à nos vies : nous sommes des vivants. C'est notre joie de vivre, la fraternité avec nos semblables, l'amour de la nature, notre harmonie avec l'ensemble du vivant qui peuvent nous permettre de soulever des montagnes, augmenter notre puissance d'agir et abattre l'ordre ancien des Destructeurs.

L'écologie intégrale entend rassembler autour de son projet par la raison et la conviction, mais aussi par les sentiments et les émotions. Elle va puiser ses forces dans une écologie intérieure qui représente une nouvelle étape de l'évolution humaine. La révolution mentale que nous devons accomplir est d'embrasser l'ensemble du vivant comme étant partie de nous-mêmes. Delphine Batho est députée des Deux-Sèvres. Engagée d'abord comme leader lycéenne et vice-présidente de SOS Racisme, elle a été ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie, avant d'être limogée brutalement du gouvernement en 2013 pour avoir dénoncé la baisse du budget de l'Écologie. Elle est présidente de Génération Écologie."

Quatrième de couverture du livre "Ecologie intégrale: Le manifeste" par Delphine Batho

17 octobre 2021

Les perspectives sombres de l'Europe dans le contexte international

"Le transatlantisme a certes renforcé les institutions démocratiques des deux côtés de l’Atlantique, mais il a vidé de part et d’autre le débat politique de son contenu. Les idées politiques ont cédé la place à la confrontation des hommes via les réseaux sociaux et, du côté américain, l’argent a évincé les valeurs. L’individualisme a miné la cohésion, condition de la démocratie, et l’argent a pris la place des valeurs. L’Amérique a transformé l’Europe et c’est tout le camp occidental qui s’en trouve moralement affaibli. Trop d’intérêts économiques, culturels et stratégiques forment une trame solide entre Washington et Bruxelles, mais l’alliance a perdu de sa légitimité.

Tel est le contexte dans lequel l’Europe affronte trois défis : le réchauffement climatique, la possibilité d’une deuxième guerre froide - avec la Chine cette fois - avec le remplacement des Nations unies par le front des démocraties alliées sous leadership américain. [...] La responsabilité morale de l’Europe commande le franchissement rapide du seuil vers une Union politique. L’Union politique signifie être porteur de l’héritage civilisationnel. L’Europe-marché se meurt. L’Europe de l’Esprit doit prendre le relais."

Source: Extraits choisis d'un article de La Libre

6 octobre 2021

Les profits de Facebook avant les gens

"J'ai rejoint Facebook parce que je pensais que Facebook a le potentiel de faire ressortir le meilleur de nous-mêmes. Mais je suis ici aujourd'hui parce que je crois que les produits de Facebook nuisent aux enfants, attisent les divisions et affaiblissent notre démocratie. Les dirigeants de l'entreprise savent comment rendre Facebook et Instagram plus sûrs, mais ils ne feront pas les changements nécessaires parce qu'ils ont fait passer leurs profits astronomiques avant les gens. [...] J'ai pris l'initiative (de témoigner) parce que j'ai réalisé une vérité effrayante: presque personne en dehors de Facebook ne connaît ce qui se passe à l'intérieur de Facebook. La direction de la compagnie cache des informations vitales au public, au gouvernement américain, à ses actionnaires et aux gouvernements du monde entier."

- Frances Haugen, ancienne cheffe de produit chez Facebook.

Source : Euronews

1 octobre 2021

L'inquiétante vérité sur Facebook

"Journalistes d’investigation, Sheera Frenkel et Cecilia Kang démontent les mécanismes de Facebook et dénoncent ses dérives dans ce livre explosif. Ou comment l’entreprise, sous la direction de Mark Zuckerberg et Sheryl Sandberg, tous deux aveuglés par leur ambition, a poursuivi sa croissance en niant des faits accablants : fuites des données personnelles, violation de la vie privée, propagation de discours haineux et complotistes…

Le géant des réseaux sociaux aux 2,85 milliards d’utilisateurs à travers le monde est devenu un vecteur de fake news, manipulé par des politiques corrompus, et un danger pour les internautes. Facebook, qui se voulait défenseur du bien, est devenu une force du mal…

Après avoir été correspondante étrangère au Moyen-Orient pendant dix ans, Sheera Frenkel couvre aujourd’hui la cybersécurité pour le New York Times. Cecilia Kang s’y occupe des technologies et de la politique de régulation, après avoir travaillé pour le Washington Post. Elles font partie d’une équipe de journalistes d’investigation qui a remporté le prix George-Polk du Reportage et le prix Gerald-Loeb du Reportage d’investigation, et a été finaliste du prix Pulitzer."

Source: quatrième de couverture du livre "L'inquiétante vérité: Et si Facebook n'était pas votre ami ?"

Voir aussi l'article de La Libre "Panne et scandale: en pleine tourmente, Facebook s'explique"

26 septembre 2021

La consommation numérique débridée, nouveau modèle de civilisation

"Facebook a modifié en 2018 son algorithme de tri des données sur Facebook. Car si tout le monde peut s’exprimer sur le réseau, tout le monde ne peut pas tout lire : la plateforme sélectionne ce qu’elle vous fait lire, afin de vous faire rester le plus longtemps possible en ligne, ce qui fait monter les enchères publicitaires ! C’est une guidance personnalisée de l’attention, et donc de la pensée. Le nouvel algorithme favorise les informations qui rejoignent vos centres d’intérêt, et surtout celles qui sont sensationnelles, émotionnelles, outrancières - fillette tuée par un chien, pont qui s’écroule, agression au couteau en rue, etc. - car c’est ce qui maintient les utilisateurs en ligne, plus que le rapport du Giec ou les avancées de la justice sociale. C’est aussi ce qui entraîne des sentiments comme la colère, la haine… On formate ainsi des gens de plus en plus émus, de plus en plus indignés, et de moins en moins capables de comprendre et d’analyser.

La responsabilité des écoles est cruciale pour éviter que la population ne se soumette de plus en plus, à travers les réseaux sociaux, à ces injonctions qui submergent le raisonnement, la science et le discernement sous les émotions les plus négatives. Si la maîtrise des outils informatiques et la préparation aux nombreux métiers que le numérique va développer dans les années qui viennent sont hautement souhaitables, n’est-il pas essentiel, dans les lieux d’apprentissage, de faire comprendre aux étudiants comment fonctionne le système commercial débridé qui les manipule sans scrupule ? Ne faut-il pas inclure dans toutes les formations une réflexion sur un usage modéré des outils, une attention à leur empreinte écologique ? Et surtout, une information qui leur permette de rester libres, de choisir leur futur, sans être embrigadés à leur insu dans une société dominée par les algorithmes ?"

Source : extraits choisis d'un article de La Libre

Publicité

feuille-turquoise

Publicité

stylo plume

Publicité
Visiteurs
Depuis la création 21 113
Publicité