Le penseur dont il faudra relire les écrits
Le philosophe Bernard Stiegler, expert des conséquences sociales du numérique, est décédé. Penseur essentiel des temps modernes, il cherchait à allier la réflexion la plus pointue à l'expérience de terrain la plus concrète.
Très critique du système capitaliste, il avait consacré ses recherches aux mutations provoquées dans la société par le numérique. Il prenait position contre les dérives libérales de la société et a axé sa réflexion sur les enjeux des mutations - sociales, politiques, économiques, psychologiques - portées par le développement technologique. Il avait notamment analysé les risques que faisaient peser ces changements sur l'emploi traditionnel, prédisant sa disparition. Il était toujours soucieux de mettre le progrès technologique au service de l'humain.
Quelques citations de Bernard Stiegler :
"Les gens croient qu'en étant informés, ils savent quelque chose. Or pas du tout ! Un savoir n'est pas seulement une information, mais la transformation de celui qui sait par ce qu'il apprend (aux autres)."
"Ce n'est pas la technique qui est toxique en soi, c'est notre incapacité à la socialiser correctement."
"L'équivalent général" c'est à dire l'argent, condition du capital et marché où, avec les industries culturelles, le temps des consciences est lui-même devenu une marchandise, est conditionné par l'équivalence générale du temps primaire-secondaire dans ses spatialisations tertiaires, manipulables, stockables, échangeables et donc monnayables."
"Affirmer que l'emploi est condamné à dépérir, ce n'est pas vraiment la meilleure façon d'être populaire. Il y a aujourd'hui une obsession de l'emploi – qui est en réalité la dénégation d'un processus tout à fait opposé, et le choc politique qui se prépare dans cette contradiction entre le discours et la réalité promet d'être terrible."
"Aujourd'hui, l'emploi (…) ne produit que standardisation, répétition machinale et stupide, démotivation, et ne se fait désirer que sous la menace permanente d'un chômage toujours plus brutal et angoissant."
Source des citations : babelio
Source : La Libre

