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12 janvier 2018

La parole des autocrates

Alors qu'une partie des politiciens en Europe ne se retrouvent plus dans les valeurs européennes; les régimes autoritaires et dictatoriaux, eux, se serrent les coudes: Vladimir Poutine a fait l'éloge du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un, "un homme politique mature", déclare-t-il ce jeudi 11 janvier 2018.

Dans le documentaire de Michael Kirk, "Poutine contre les USA", diffusé sur Arte, on en apprend plus sur les raisons de l'ingérence russe lors des élections de 2016, et les intentions de Poutine. En utilisant les nouvelles technologies pour désinformer le public, Poutine tente de "démontrer que tout le monde ment, que la vérité objective n'existe pas, qu'il n'y a aucune différence entre ce qu'on entend dans les médias occidentaux et dans les médias russes. Poutine est parvenu à brouiller les lignes auprès de beaucoup, y compris aux USA et en Occident." (Tony Blinken, Vice-secrétaire d'Etat des USA, de 2015 à 2017).

Dans sa quête de vengeance, Vladimir Poutine a jeté une ombre sur la démocratie américaine. Dans ce même documentaire, le Directeur du renseignement national des USA de 2010 à 2017, James Clapper, déclare : "Poutine doit être assez content. Lui, personnellement, et les russes collectivement, ont dépassé leurs propres attentes. Leur but était de semer le désordre dans ce pays, et ils ont brillamment réussi. Et les russes ne vont pas s'arrêter là, l'expérience qu'ils ont acquise lors de l'élection de 2016 va les pousser à interférer à nouveau, peut-être de façon bien plus agressive".

Plaidons pour des médias de qualité, qui aident les citoyens à détecter les messages de désinformation, de propagande ou de haîne auxquels nous avons aujourd'hui si facilement accès, et malheureusement accompagnés de trop peu d'analyse, de recul ou d'opinion contrastée et éclairée. Nos enfants doivent être éduqués à ne pas tomber dans le piège que des hommes intelligents et sournois comme Vladimir Poutine nous tendent. La Moldavie a bien pris la mesure du danger et à décider d'interdir la retransmission des programmes télévisés russes, elle qui souhaite rentrer dans l'union européenne. Idem pour l'Ukraine, au motif que les chaînes de télévision russes « incitaient les citoyens ukrainiens à la haine et à la discorde ». 

Retrouvez des exemples de petits et gros mensonges, de faux et usages de faux, de langue de bois et autres éléments de propagande, de statistiques et de chiffres farfelus dans l'ouvrage "Post-vérités".

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19 décembre 2017

La collusion révélée

Grand reporter au quotidien britannique The Guardian, Luke Harding publie un ouvrage intitulé "Collusion : Comment la Russie a fait élire Trump à la Maison-blanche". 

L'enquête de Harding révèle le rôle d'intervenants russes, et se penche sur leur capacité à exploiter leurs relations avec les principaux responsables de la campagne de Trump ainsi que les membres de son entourage. En s'appuyant sur des sources inédites, et grâce à un accès privilégié aux principaux acteurs de l'affaire, Harding pointe du doigt des entreprises russes et américaines, des transactions immobilières, des banques offshore et des établissements financiers internationaux.

Il remonte à l'origine des actions de piratage, rapporte des rencontres secrètes, suit la piste de sommes gigantesques en dollar réglées dans des conditions douteuses et fournit une abondance de preuves qui mènent toutes à l'élection la plus choquante de l'histoire des États-Unis.

La Russie est-elle en train de remodeler l'ordre mondial avec la complicité du dirigeant le plus puissant de la planète ? Voici qui devrait tous nous inquiéter au plus haut point.

14 décembre 2017

Un ancien cadre de Facebook critique son influence

Un ancien vice-président de la firme Facebook affirme avoir interdit à ses enfants de se connecter au réseau social. Selon lui, il détruit le "tissu social" et fausse la façon dont les gens se comportent dans la société. Il invite aujourd'hui les utilisateurs à prendre du recul par rapport aux réseaux sociaux et à Facebook en particulier, ainsi qu'à préserver une indépendance intellectuelle.

Facebook provoque une addiction de l’utilisateur via les boutons "J’aime", les "coeurs" , les "pouces levés" qui créent une boucle infernale dans laquelle chacun en veut plus et fausse ses rapports avec ses relations.Il évoque aussi que les réseaux sociaux sont devenus des canaux de désinformation, prenant exemple sur un fait-divers en Inde où sept personnes ont été lynchées après la diffusion de fausses informations sur What’sApp. "De mauvais acteurs peuvent maintenant manipuler les gens pour vous inciter à faire ce qu’ils veulent", a-t-il déclaré.

Ce n’est pas la première fois qu’un ancien de Facebook tire à boulets rouges sur son ancien employeur. Dans son récent livre "Chaos Monkey", Antonio Garcia-Martinez, ancien de Facebook et de Twitter, dénonce la façon dont la firme suit à la trace ses utilisateurs, monétisant toutes les informations qu’elle collecte. En novembre à Philadelphie, Sean Parker, le premier président de Facebook, a expliqué à Axios combien le réseau social distillait sa dose quotidienne de "dopamine" en incitant ses utilisateurs à attirer des "likes". Ce processus de validation sociale "exploite une vulnérabilité dans la psychologie humaine", a-t-il précisé.

Ce billet reprend des parties de l'article original de La Libre. Voir son interview en vidéo à Stanford. Voir aussi le Center for Humane Technology.

Jaron Lanier, pionnier de la réalité virtuelle, n'y va pas par quatre chemins dans son livre de 2018 "Stop aux réseaux sociaux !":

"Les réseaux sociaux ont tendance à faire ressortir le pire en nous : ils nous rendent tristes, craintifs, égoïstes et moins empathiques. Ils nous bercent d’illusions de popularité et de succès. Ils nous font croire que nous sommes plus connectés que jamais alors qu’ils nous isolent. Jaron Lanier s’appuie sur son expertise pour nous expliquer comment, en nous surveillant constamment et en nous manipulant sans que nous en soyons conscients, ils ont des effets dangereux sur nous. Si vous aspirez à une vie plus heureuse, à un monde plus juste et plus pacifique, ou simplement à retrouver votre liberté de penser, arrêtez les réseaux sociaux."

13 décembre 2017

L'offensive médiatique pro-russe se prépare

Petit à petit, la démagogie et la désinformation du Kremlin prend sa place en France.

Dans l'émission d'Arte 28 minutes du 14 décembre, on évoque la chaîne RT, financée par le Kremlin, et qui relaye allègrement sa propagande. Un autre documentaire pour mieux comprendre les difficultés des journalistes, dans un pays où le régime autoritaire vire à la dictature.

7 décembre 2017

Les enfants d'Asie victimes de la pollution

L'Unicef publie un nouveau rapport "Danger in the air" mettant en évidence l'impact de la pollution de l'air sur les enfants. Le continent asiatique est le plus touché avec l'Inde et la Chine. Un total de 16 sur 17 millions d'enfants dans le monde âgés de moins d'un an sont exposés à des niveaux de pollution 6 fois supérieurs aux plafonds considérés comme sûrs pour la santé. Le rapport met en exergue les liens entre la pollution et les fonctions cérébrales, comme la mémoire, l'apprentissage, le QI, les capacités linguistiques et motrices. Les particules fines de la pollution urbaine peuvent endommager la barrière hémato-encéphalique, la membrane qui protège le cerveau des substances toxiques, accentuant les risques de maladies de Parkinson et d'Alzheimer chez les personnes âgées. Article consulté dans le quotidien Métro du 7 décembre.

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20 novembre 2017

L'internet ou la démission de la pensée critique

"Internet, c’est le café du commerce devenu planétaire. Avec un côté sympathique certes, mais ce n’est pas là que doit se décider l’avenir du monde. Si on extrapole certaines tendances, il ne faudra pas longtemps pour que le volume des rumeurs y dépasse celui des faits avérés, pour que le faux surpasse le vrai, pour que dans le cyberespace de la désinformation supplante l’information.

Peut-on espérer une surveillance par des autorités, un sursaut d’éthique chez les maîtres du Big Data, une censure par des programmes et des machines, ou encore un autocontrôle des internautes ? Je n’y crois pas vraiment. Il va falloir admettre qu’Internet nous informe, mais ne nous apprend rien !"

Extrait choisi de l'article "Internet et les fabricants d'ignorance" de Luc De Brabandere paru dans La Libre.

Voir aussi l'excellent article "Le danger des fake news" paru dans le Courrier International.

15 novembre 2017

L'appel des scientifiques pour la planète

Parallèlement à la COP23, plus de 15 000 scientifiques issus de 184 pays ont décidé d'unir leur voix pour tenter d'éveiller les consciences. Ils ont signé un appel contre la dégradation catastrophique de l'environnement. Voir l'article dans BioScience.

Pour en savoir plus.

14 novembre 2017

La guerre silencieuse de la Russie contre l'Occident

Voici des extraits choisis du documentaire d'Arte "Prague face à la propagande de Poutine". Il s'agit d'une enquête sur l’influence de l’entreprise de désinformation menée par la Russie et la lutte engagée contre ce dangereux phénomène dans un pays déjà affaibli et sous tension. Le combat mené aujourd’hui par la Russie en République tchèque est une lutte médiatique âpre et silencieuse, conduite à grand renfort de mensonges ciblés et de "fake news" en tout genre, visant à ébranler peu à peu l’opinion publique et à user le moral de la population.

En quoi consiste la  menace ?

Petr Pavel, Président du comité militaire de l'Otan déclare: "Nous considérons comme une menace le fait que la propagande actuelle et surtout la propagande russe jette le descrédit sur les institutions. Cela nourrit la défiance des citoyens vis à vis des médias officiels, ils n'ont plus confiance dans les hommes politiques, dans les autorités du pays. L'afflux d'informations venues de toute part met à mal la clairvoyance du citoyen qui, faute de parvenir à discerner la vérité, peine à se forger sa propre opinion."

La désinformation occupe une grande place dans les documents officiels de la Fédération de Russie. Notamment dans la doctrine dite de Guérassimov que Vladimir Poutine a signée à la fin de l'année 2014. Valéri Guérassimov est le chef d'État-major des forces armées de la Fédération de Russie. Dans sa doctrine, il affirme entre autres que pour atteindre les cibles stratégiques, il est nécessaire de combiner des moyens militaires et non militaires, dont la désinformation. Grâce à ces moyens, il devient possible d'amener à saturation la population d'un pays ciblé, de l'amener à une apathie généralisée et à l'indifférence, et par là-même d'affaiblir sa capacité de défense. Voir le podcast de décembre 2020 "Mythes et réalités de la "doctrine Guérassimov" et de la guerre hybride russe".

Des mécanismes anciens mais renouvelés

Les auteurs d'articles de sites de propagande russe, le plus souvent anonymes, usent de toute une série de techniques de manipulation, comme le rejet de la faute, l'affabulation, la stigmatisation, l'appel à la peur ou encore la relativisation. La stigmatisation est une technique qui vise à attribuer un sobriquet à une personne. Vous indiquez directement au lecteur ce qu'il doit penser de la personne, qui peut être étiquettée individuellement ou en tant que groupe, comme par exemple les migrants.

En outre, des usines à trolls sont créées pour influencer les opinions et le moral des individus. Les trolls tentent de fausser les points de vue sur les réseaux sociaux et reçoivent pour cela des directives et une mission quotidienne. La journaliste infiltrée dans une de ces structures raconte : "Derrière chaque information concernant la Russie, les Etats-Unis, la Turquie ou l'Ukraine, vous avez une armée de trolls qui commentent la moindre nouvelle. Les commentaires ne sont soumis à aucune espèce de censure. Les positions sont extrêmes, mais ces personnes ne sont pas condamnés pour leurs propos. C'est une vaste entreprise de propagande de haîne, qui vise à l'escalade de la discorde entre les nations. Elle véhicule une image on ne peut plus négative de tout ceux qui sont différents."

Ce phénomène de désinformation et de trolls téléguidés a touché ces dernières années toute l'Europe, ainsi que les Etats-Unis. Les soupçons de tentatives pour influencer le choix des électeurs sont apparus lors de l'élection de Donald Trump aux Etats-Unis ou encore en Grande-Bretagne lors du Brexit. Depuis, les tentatives d'ingérence se sont multipliées et ont frappé d'autres pays européens comme les Pays-Bas, l'Allemagne, la Suède et l'Ukraine. D'autres preuves de manipulations par le Kremlin touchent les pays du Sud comme l'Italie, la Grèce et l'Espagne.

Les objectifs poursuivis sont donc clairs, affaiblir l'Occident et en particulier l'Otan.

L'indolence des médias

Edward Lucas, journaliste britannique au "The Economist" déclare : "Les grands quotidiens adoptent des techniques de manipulation autrefois réservées à la presse à scandale. Faute de rédacteurs expérimentés et de temps pour traiter les sujets, l'information de qualité est sacrifiée au profit de nouvelles à charge émotionnelle." 
Face à de fausses informations visant à tout critiquer, à tout discréditer, le public visé devient apathique, cesse de s'intéresser à la politique et devient perméable à de simples manipulations qui passent par le registre émotionnel.

La démocratie a besoin de médias de haut niveau. Des médias dont les rédactions n'éludent pas la vérification des faits, afin que le public puisse se faire sa propre opinion en toute confiance. La résilience de nos démocraties européennes en dépendent de plus en plus face aux attaques du Kremlin.

 

Voir le livre d'Edward Lucas, The New Cold War, Bloomsbury Publishing, 2014

Voir les confessions d'un ancien troll russe, ainsi que mon précédent billet.

8 novembre 2017

La détresse des migrants

Un couple de belges accueillent des migrants chez eux pour les protéger.

"Quand nous allions au Parc Maximilien, on se retrouvait face à des hommes qui crevaient de faim. On voyait leur tête, comme ils étaient fatigués. On n’avait pas le cœur de leur dire non. [Nous les avons hébergé]. Les premiers moments étaient un peu stressants. Mais au final, tout se passe bien. Ils sont très gentils. Il faut bien se dire qu’ils ont tout à y perdre s’ils ne sont pas corrects ! Ce sont vraiment des gars biens ! Ils en ont chié dans la vie. La nuit, ils ne dorment pas beaucoup car ils sont angoissés. Après les rafles, un groupe est resté chez nous durant une semaine sans sortir. Après, il y a eu la délégation soudanaise. Ils étaient mortifiés. Ils n’osaient pas sortir. Au bout d’une dizaine de jours, nous étions amis. Nous avons gardé contact et ils reviennent quand ils en ont besoin. Au début, je m’en faisais trop quand ils repartaient. Ils m’envoyaient un SMS pour me dire que tout allait bien et qu’ils étaient en sécurité. Aujourd’hui, je me détache des médias, je ne lis plus les articles sur Theo Francken parce que ça me déprime."

Extrait remanié d'un témoignage issu du quotidien Metro. Voir aussi le Maire français qui accueille les migrants et Des bénévoles logent 300 migrants.

3 novembre 2017

L’énorme cavité de la grande pyramide

Une équipe de chercheurs de la mission internationale ScanPyramids annonce dans la revue Nature la découverte d’un vide important au cœur de la grande pyramide. Les entrailles du monument ont été scrutées depuis 2 ans par une méthode non invasive, et fait état d’un espace oblong d’au moins 30 mètres de long, qui n’est pas relié aux salles déjà répertoriées.

Dans l’interview de M. Zahi Hawass, ancien conseiller suprême des Antiquités égyptiennes, l’égyptologue semble minimiser l’importance de cette découverte, expliquant que la présence de cavités n’est pas inhabituelle. Cette « anomalie » de 30 mètres de long est pourtant tout à fait remarquable et mérite au contraire tout notre intérêt. Il s’agit, selon moi, d’un évènement majeur pour pousser plus loin la compréhension de la fonction de cette pyramide.

Le commun des mortels pourrait se demander depuis quand les égyptologues savent-ils que des cavités importantes sont présentes dans la grande pyramide ? Et surtout, si c’est la réalité, que faut-il faire pour qu’ils cherchent à investiguer ? Ne sont-ils pas curieux ? Si cette cavité, permettant d’y insérer le fuselage d’un avion de 200 places, n’est qu’un « trou » parmi d’autres, alors on se doit de constater l’énorme incohérence de précision des bâtisseurs.

Comment expliquer la minutie constatée dans leur travail et cette plaie béante dans une structure aussi importante pour eux que la grande pyramide ? Comment concilier le fait qu’ils aient, à la fois, assembler les pierres d’une manière aussi parfaite pour qu’une feuille de papier ne puisse être glissée entre deux blocs et, en même temps, laisser un trou dans la pyramide de la taille d’un avion ? C’est plus que troublant, c’est absurde.

En fait, toute la pyramide est une anomalie en elle-même : une telle précision dans ses mesures, une somme de connaissance digne de notre époque moderne, et par-dessus tout, une méthode de construction toujours non élucidée. Bref, un exploit qui ne peut être l’œuvre d’une civilisation dite « primitive » utilisant uniquement des outils de cuivre. Il semble évident qu’il nous manque tout un pan de connaissances qui semble avoir été perdu.

Toute la question est de savoir si cette énorme cavité est bien une chambre ou une série de chambres, et ce qu’elle pourrait contenir. Est-ce que cette découverte va confirmer une fois pour toute que la grande pyramide n’est pas un tombeau pour un quelconque pharaon, et par là-même forcera les égyptologues à revoir leurs certitudes, ou bien allons-nous découvrir un nouveau trésor ? Les investigations futures, si elles sont autorisées, promettent d’être passionnantes.

Les premières hypothèses : Science et Avenir, Live Science.

Voir la méthode ScanPyramids et ses découvertes.

 

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