La mer de la tranquillité par Emily Saint-John Mandel
"La "guerre du Net" implique un nouveau type de conflit, dans lequel l'information en ligne elle-même devient une arme. [...] Des changements massifs, jusqu'alors engendrés par des conflits armés, pourraient être provoqués sans même tirer un seul coup de feu. [...] A l'ère de l'intelligence artificielle et de la guerre cognitive, les médias sociaux sont le théâtre d’une « guerre du Net » sans merci, sans fin, dont nos esprits sont l’enjeu."
- David Colon, professeur à Sciences Po Paris, où il enseigne l’histoire de la propagande et de la manipulation de masse.
Source : extraits choisis de l'introduction et du 4e de couverture du livre de David Colon, "La guerre de l'information"
"En s'entêtant à résoudre le casse-tête migratoire surtout (voir seulement) en passant des accords avec des pays tiers, l'Union européenne se ment à elle-même. En atteste la situation sur l'île italienne de Lampedusa, ou des milliers de demandeurs d'asile ont débarqué en l'espace de quelques jours, malgré l'accord controversé signé en juillet avec la Tunisie pour tarir ces flux. Cette "crise" et avant tout celle de la stratégie européenne, toujours plus axée sur la concrétisation de "l'Europe forteresse", grâce aux partenaires (lisez: gendarmes) que doivent être les Etats situés sur les routes migratoires.
On nous dira qu'il s'agit d'être pragmatique. Que pour "protéger" nos frontières, il faut se résoudre à amoindrir nos valeurs et verser des mannes d'argent à des régimes peu respectueux des droits humains et de la démocratie. Que l'accord passé en 2016 avec la Turquie, en dépit de la dérive autoritaire du président turc Erdogan, a permis de diminuer les arrivées en Grèce (même s'il a aussi abouti à y entasser les candidats à l'asile dans des camps de détention à ciel ouvert ...). On nous fera croire que c'est pour sauver des vies en mer qu'il faut coopérer aussi avec la Libye, dont les gardes-côtes sont formés et équipés avec de l'argent européen pour repêcher ceux qui prennent le large depuis cet "enfer pour migrants" vers l'Europe [...]
A force de se bercer d'illusions quant à ces partenariats, l'UE a voulu oublier qu'elle doit se doter avant tout d'une politique pour gérer la migration et l'asile en interne. Cette (absence de) vision nous coûte, à nous européens, trop cher, nous poussant à brader notre souveraineté pour des résultats contestables. Le prix est même insupportable, si on compte l'affaiblissement des valeurs européennes et, surtout, du devoir élémentaire de protéger des vies humaines."
Source : extraits choisis de l'édito de La Libre Belgique du 18 septembre 2023