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Regards sur...

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13 octobre 2018

Le refuge pour reporters persécutés

A la Maison des journalistes, des reporters en exil tentent de se reconstruire. Cette structure unique au monde accueille et aide les professionnels des médias persécutés dans leur pays. Financée par des dons de médias français, elle accueille 14 journalistes. Cette structure peut les aider dans leurs démarches éventuelles pour obtenir l'asile. Ecoutez les témoignages.

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12 octobre 2018

Les préjugés courants sur les flux migratoires

1. Ce sont tous des illégaux !

Aucun homme n’est illégal, mais une personne peut se trouver dans une situation administrative irrégulière. Demandeur d'asile, migrant, réfugié ou sans-papiers représentent des situations différentes. Il est important de comprendre ces différences pour savoir de quoi on parle.

2. Ils viennent tous en Belgique

Contrairement à une opinion largement répandue, la migration n’est pas simplement un phénomène Sud‑Nord. De fait, moins de la moitié des migrants dans le monde quittent un pays en développement pour se rendre dans un pays développé. Il y a entre 400 000 et 500 000 citoyens belges qui résident à l'étranger actuellement.

LA DÉCLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L’HOMME, Article 13

  1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat.
  2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.

LA CONVENTION DE GENÈVE DE 1951, Article 1.A.2.
Est reconnue réfugiée, toute personne qui, craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays.

La situation au pays

De tout temps, l’homme s’est déplacé. Aujourd’hui encore, les causes de l’immigration sont multiples et ne doivent pas être simplifiées : ce n’est pas facile de quitter son pays ! Pour des raisons liées à :

  • des conflits armés ;
  • des atteintes aux droits de l’Homme (persécutions du fait de la race, la nationalité, les opinions politiques, la religion, l’appartenance à un groupe social, etc.) ;
  • la pauvreté, la misère et l’aspiration à améliorer ses conditions de vie par le travail ;
  • des difficultés d’accès à des infrastructures d’éducation ou de santé ;
  • des catastrophes naturelles ;
  • des aspirations individuelles et familiales (goût du voyage, regroupement familial, relation amoureuse, etc.).

Toutes les raisons d’un départ sont valables. Par contre, pour pouvoir être accueilli dans un pays et y rester (s’y installer), il existe de nombreuses conditions.

Sur le chemin de l'exil

Les personnes qui fuient leur pays suite à des persécutions doivent souvent organiser leur voyage de façon urgente. Elles laissent leurs biens, leur famille et leurs amis derrière elles. Elles partent avec le premier moyen de transport dont elles disposent : en avion, en bateau, en train ou en camion. Le voyage est souvent très difficile et dangereux.
En Belgique aussi, au moment de la Première Guerre mondiale en 1914, 1.300.000 personnes ont quitté notre pays pour se réfugier dans un pays voisin.

En Belgique

3. C’est tellement facile de rester en Belgique

Pour séjourner légalement en Belgique, il faut soit :

  • être membre de l’espace Schengen ;
  • détenir un visa touristique ;
  • détenir un visa pour études ;
  • bénéficier d’un regroupement familial ;
  • introduire une demande d’asile ;
  • obtenir le statut de réfugié ou de protection subsidiaire (protections internationales) ;
  • faire valoir des critères exceptionnels.

Pour venir travailler en Belgique, il faut remplir un certain nombre de conditions, qui dépendent de la nationalité, la durée du séjour, le type et le statut de l'activité professionnelle qui va être menée. Les travailleurs étrangers doivent avoir obtenu un permis de travail avant de pouvoir venir en Belgique.

Et après

Si, à la fin de sa procédure, le statut de réfugié ne lui a pas été accordé, le demandeur d’asile ne peut plus séjourner légalement sur le territoire belge. Il peut alors décider de rentrer volontairement au pays ou de tenter sa chance ailleurs… A défaut, certains choisissent de rester sur le territoire belge en situation irrégulière, risquant à tout moment d’être emmenés en centre fermé, en vue de leur expulsion.

Source : la brochure (téléchargeable) « À la rencontre de l’autre » de la Croix-rouge de Belgique est un mini-guide pour mieux comprendre l’asile et la migration. La brochure aborde des préjugés courants, et permet de mieux comprendre les flux migratoires, la procédure d’asile et la situation des personnes migrantes.

4. Ce n'est pas dans notre intérêt de les accueillir car ils prennent notre travail

Selon les organisations internationales il y aurait actuellement 258 millions de migrants à travers le monde et ce chiffre devrait augmenter à l'avenir. C'est la raison pour laquelle l'ONU veut adopter en décembre prochain à Marrakech le pacte mondial pour une migration sûre, ordonnée et régulée. "L'Europe à l'heure actuelle et plus encore dans les décennies à venir aura un intérêt à ouvrir des voies légales pour accéder à son marché du travail", insiste la Représentante spéciale de l'ONU pour les migrations internationales. Louise Arbour évoque en particulier un risque sévère de main d’œuvre. 

Elle insiste aussi sur le rôle des migrants dans l'économie mondiale. "Ils dépensent 85% de leurs revenus dans le pays où ils vivent et envoient 15% de leurs ressources dans leur pays. Ces 15% représentaient en 2017, 600 milliards de dollars. C'est trois fois plus que l'aide au développement des pays les plus riches", rappelle-t-elle. Louise Arbour fait aussi le lien entre migration et changement climatique. Il n’est peut-être pas trop tard mais le temps presse. Elle souhaite une action internationale rapidement.

Source : article Euronews

Nous ne vivons pas une crise migratoire, mais plutôt une crise de l'accueil et de la solidarité.

9 octobre 2018

L'Etat néerlandais condamné pour ses rejets de gaz à effet de serre

Le ministère néerlandais des Affaires économiques et du Climat a promis d'exécuter la décision de la Cour d'appel.

Marjan Minnesma, directrice de l'ONG Urgenda Foundation à l'origine des poursuites, se bat depuis plusieurs années pour obliger les Pays-Bas à réduire leurs émissions de CO2. En 2015, la justice avait ordonné à l'Etat de les faire baisser d'au moins 25% d'ici 2020. Devant l'inaction des politiciens, Marjan Minnesma a porté l'affaire devant le tribunal, et elle a gagné.

Source : Article Euronews

9 octobre 2018

Le prix citoyen européen 2018

"L'histoire nous montre qu'aujourd'hui, des personnes sont dans le besoin. Mais demain, ce sera peut-être à nous de demander de l'aide et d'être accueillis. Nous ne devons jamais l'oublier. Nous pouvons vivre en paix maintenant grâce à l'Europe, et cette paix est basée sur un principe fondamental, celui de de la tolérance. Si l'Europe perd cela, nous perdrons alors notre identité et ce sera la fin" - Antonio Calo, Professeur d'histoire et de philosophie à Trévise.

Il remporte le Prix citoyen européen de cette année. Une initiative récompensée par le Parlement européen, qui décerne chaque année ce prix à ceux qui promeuvent les valeurs européennes. Source : article Euronews

3 octobre 2018

La solidarité en passe de devenir un délit ?

"Nous reconnaissons avoir hébergé à plusieurs reprises des étrangers en détresse et en situation irrégulière. Nous les avons transportés dans nos voitures afin de leur offrir gratuitement chez nous le gîte et le couvert. Nous leur avons donné des vêtements chauds et des sacs de couchage (...). Nous avons commis ce que les autorités de notre pays tendent à considérer comme des délits. Pourtant ce que nous avons fait ne nous a apporté aucun avantage pécunier. Nous avons l’intime conviction d’avoir accompli ainsi, à notre modeste niveau, notre devoir d’humanité. Nous avons simplement porté assistance à des personnes en danger.

Les hommes et les femmes que nous avons rencontrés lors de ces actions humanitaires ont fui des situations insupportables dans leurs pays respectifs en affrontant de terribles obstacles. Ils ont vu mourir leurs compagnes et compagnons d’exil dans le désert, dans les geôles libyennes. Ils ont traversé la méditerranée au péril de leur vie avant d’être confrontés à l’incapacité de nos pays européens d’organiser pour eux un accueil digne et solidaire. On les appelle des transmigrants. De passage chez nous en espérant à tort ou à raison un avenir meilleur en Grande-Bretagne, ils sont démunis, malades parfois, anxieux toujours."

Extraits d'un manifeste publié sur le site change.org dont les initiateurs se demandent si la solidarité est en passe de devenir un délit.  

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3 octobre 2018

La semaine du commerce équitable avec Oxfam

La semaine du commerce équitable, du 3 au 13 octobre, sera l'occasion pour Oxfam Magasins du monde de lancer une pétition pour un secteur du cacao plus respectueux des droits humains et de l'environnement. L'organisation souhaite que la Belgique, en tant que deuxième exportateur de chocolat au monde, prenne ses responsabilités.

"Les entreprises et les gouvernements sont conscients de ces fléaux. Pourtant le travail des enfants et la déforestation massive ne diminuent pas. Que du contraire. Tant qu'on ne s'attaque pas à la source du problème c'est-à-dire à l'extrême pauvreté des agriculteurs, rien ne changera", souligne Pierre Santacatterina, directeur-général d'Oxfam-Magasins du monde.

Le Ghana et la Côte d'Ivoire représentent 60% de la production de cacao mondial et pourtant un paysan ne gagne que 0.67 euro par jour. En outre, plus de deux millions d'enfants fournissent un travail lourd et dangereux dans les champs et les plantations. Enfin, 85% des forêts de la Côte d'Ivoire ont disparu, dont 30% dû à la culture du cacao entre 1990 et 2015. Trois enjeux dès lors, selon Oxfam: garantir un salaire décent pour les cultivateurs de cacao, interdire le travail des enfants et mettre fin à la déforestation dans la forêt tropicale ouest-africaine. Retrouvez l'article dédié à la campagne sur le site Oxfam.

Voir aussi l'article de La Libre "De petits efforts pour de grands effets", ainsi que les reportages d'Arte sur le commerce équitable.

27 septembre 2018

L'argent de la honte

Les banques actives en Belgique investissent plus de 17 milliards de dollars dans les 20 plus grandes sociétés d’armement nucléaire. Un nouveau rapport de la Coalition Belge Contre les Armes Nucléaires en collaboration avec FairFin et Scandesbanques.be démontre que BNP Paribas investit près de 9 milliards de dollars dans les producteurs d’armes nucléaires. Cela fait d’elle le plus gros investisseur parmi les banques actives en Belgique. Deutsche Bank a investi un peu plus de 7 milliards de dollars dans 17 sociétés d’armement nucléaire jusqu’à récemment.

Le rapport recommande aux banques d'adopter et de publier une politique d’investissement claire et sans ambiguïté, ainsi qu'une liste des sociétés exclues. Le gouvernement belge est invité à étendre la loi interdisant le financement des armes controversées aux armes nucléaires et à assumer ses responsabilités d’actionnaire majeur de BNP Paribas et de Belfius pour encourager les banques à adopter des politiques et des investissements plus éthiques. Source

Malgré le fait qu’il n’y a que peu de traités internationaux et de lois nationales qui concernent directement les banques ou les autres institutions financières à propos de leurs investissements dans le commerce et la production d’armes, il y a de plus en plus d’institutions financières qui restreignent leurs investissements dans ces domaines. Source.

22 septembre 2018

Les migrations climatiques, prochaine banqueroute de nos politiques ?

La prochaine crise des migrants sera celle du changement climatique. De l'avis de nombreux experts, le réchauffement des températures va entraîner dans les décennies à venir de grands exodes du Sud vers le Nord. Que fera alors l'Europe ?

"Quand nous voyons que près de la moitié de la population africaine subsaharienne dépend directement de l'agriculture de subsistance pour vivre, cela signifie que beaucoup de migrants économiques arrivant en Europe sont aussi des migrants environnementaux. Nous devons comprendre que le changement climatique va entraîner une redistribution de la population mondiale et nous devons nous y préparer, nous devons anticiper cela. Nous devons créer des schémas de migration avec des voies sûres et légales pour ceux qui voudront venir en Europe. Et il y en aura de plus en plus, des gens qui veulent venir en Europe. Nous percevons cela comme une crise parce que nous avons fermé les frontières et que, par conséquent, les gens doivent utiliser les services des passeurs et des trafiquants, les gens doivent prendre la mer. Il est dans l’intérêt de certains gouvernements d'en faire une crise politique, car ils pourront en retirer certains avantages électoraux". - François Gemenne, spécialiste des dynamiques migratoires.

L'ONU annonce 250 millions de réfugiés climatiques à l'horizon 2050. Source Euronews

16 septembre 2018

Les épreuves d'un exil forcé

Mon nom est Walid Issa et je viens d'Alep en Syrie. Mon pays est riche de paysages variés et la ville de Damas est une des plus vieilles ville du monde. Alep possède à la fois des quartiers anciens riches en histoire, et également des quartiers modernes. En Syrie, le niveau éducatif et culturel est très élevé, on rencontre des écrivains, poètes, ingénieurs, médecins et avocats. Mon pays offre la liberté de culte, ce qui permet aux mosquées de cotoyer les églises. Ce qui rend magnifique la région où j'habite, c'est la solidarité entre ses habitants, lors des fêtes ou dans le malheur. Ma région fournit la ville d'Alep en denrées alimentaires grâce à sa production agricole. Je possédais des terres agricoles et je gérais aussi une station-service. Mais depuis, tout a basculé. Tout être humain cherche la sécurité, le calme, le stabilité et une vie libre. En l'absence de tout cela, il est forcé d'émigrer. Dans mon pays, nous n'avons plus ces conditions de vie. La mort, la guerre, la criminalité, les armes ont pris le dessus, et nous sommes passés de la lumière à l'obscurité. J'ai toujours vécu entre ma famille et mes amis, dans mon pays, ma petite campagne. J'ai toujours rêver de voyager pour le tourisme ou le travail et de rentrer chez moi après. Mais je n'ai jamais imaginé que j'allais quitter mon pays comme réfugié... sans pays, sans maison, sans famille.

"L'ennemi, le véritable ennemi, ce n'est pas la nation voisine, mais c'est la faim, le froid, la misère, l'ignorance, la routine, la superstition, les préjugés" - Henry Dunant, fondateur de la Croix-Rouge et Prix Nobel de la Paix en 1901.

Ce qui se passe en Syrie est inimaginable... entre les bombardements aux armes lourdes, les armes chimiques, les missiles. Des bandes sont apparues, elles volent, elles kidnappent les gens et violent les lois et les droits humains. En exil, le voyage ressemble beaucoup à une catastrophe naturelle. Durant mon périple, j'ai vu de tout. De la Syrie jusqu'à la Turquie, j'ai voyagé comme clandestin sans trop de risques. Ensuite, la véritable aventure commençait : le bus pour rejoindre Istanbul, le camion ensuite, en embarcations pour traverser des eaux marécageuses, des heures à marcher en pleine forêt, dormir à la belle étoile sans couverture ni repas, puis finalement en avion entre plusieurs aéroports. J'ai traité avec toutes sortes de trafiquants entre terre, mer et air, à tous prix et en acceptant toutes leurs conditions. Ce qui m'a vraiment marqué, c'était l'entraide entre nous, clandestins. A l'aéroport de Bruxelles, un chauffeur de taxi me présente une connaissance syrienne qui m'accueille chez lui. A l'office des étrangers, c'est une journée éprouvante entre les formalités et les questions, on m'envoie finalement au centre d'Ans, près de Liège. Quand j'y parviens, on m'accueille, on m'indique ma chambre en me donnant mes affaires, et je passe enfin une nuit paisible, loin du bruit des bombardements. Au centre d'accueil, j'apprends le français. Tôt ou tard, on sera amenés à vivre ensemble en dehors du centre.

Qu'est-il devenu depuis ? Walid a été reconnu réfugié et s'est installé à Verviers où, grâce à une procédure de regroupement familial, il a pu retrouver sa famille.

Extraits remaniés d'un texte d'un réfugié repris de la remarquable bande-dessinée "Je n'ai jamais imaginé être un réfugié" de la Croix-Rouge de Belgique, 2016. Projet de l'Ecole Supérieure des Arts de la ville de Liège.

13 septembre 2018

Les chiffres de l'indécence

"Les clubs des cinq grands championnats européens de football ont dépensé au total 3,63 milliards d’euros sur le marché des transferts. Un record absolu." Source.

Quelques investissements alternatifs :

Avec 3 euros par mois, vous offrez 1 repas chaud complet pour une personne tous les mois au restos du coeur. Selon la FAO, le nombre de personnes souffrant de faim dans le monde est en hausse, avec 821 millions de personnes en 2017, soit une personne sur neuf. Source.

Avec 5 euros tous les mois, vous permettez à l'organisation Tree Nation de planter pour vous un arbre quelque part dans le monde, afin de lutter contre la déforestation, la désertification et le changement climatique. Source.

Avec 10 euros par mois versés au WWF, vous pouvez contribuer à la protection des dauphins en devenant parrain de l'espèce. Faites la différence. Source.

Avec 12 euros par mois, vous permettez à des enfants livrés à eux-mêmes de retrouver un foyer chaleureux, à grandir dans une famille aimante, avec de belles perspectives d’avenir. Et cela en Belgique et dans 135 autres pays. Source.

Avec 6000 euros, vous permettez à des villages africains de disposer d'un purificateur d'eau portable utilisant l'énergie solaire. Pour des centaines d'africains, dont les ressources en eau sont limitées et souvent polluées, c'est l'assurance de se débarasser des bactéries, virus et autres parasites, responsables de maladies telles que le choléra ou la polio. De quoi réduire les risques d'épidémies et répondre à des situations d'urgence, en particulier dans les camps de réfugiés. Source.

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