1. Ce sont tous des illégaux !
Aucun homme n’est illégal, mais une personne peut se trouver dans une situation administrative irrégulière. Demandeur d'asile, migrant, réfugié ou sans-papiers représentent des situations différentes. Il est important de comprendre ces différences pour savoir de quoi on parle.
2. Ils viennent tous en Belgique
Contrairement à une opinion largement répandue, la migration n’est pas simplement un phénomène Sud‑Nord. De fait, moins de la moitié des migrants dans le monde quittent un pays en développement pour se rendre dans un pays développé. Il y a entre 400 000 et 500 000 citoyens belges qui résident à l'étranger actuellement.
LA DÉCLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L’HOMME, Article 13
- Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat.
- Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.
LA CONVENTION DE GENÈVE DE 1951, Article 1.A.2.
Est reconnue réfugiée, toute personne qui, craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays.
La situation au pays
De tout temps, l’homme s’est déplacé. Aujourd’hui encore, les causes de l’immigration sont multiples et ne doivent pas être simplifiées : ce n’est pas facile de quitter son pays ! Pour des raisons liées à :
- des conflits armés ;
- des atteintes aux droits de l’Homme (persécutions du fait de la race, la nationalité, les opinions politiques, la religion, l’appartenance à un groupe social, etc.) ;
- la pauvreté, la misère et l’aspiration à améliorer ses conditions de vie par le travail ;
- des difficultés d’accès à des infrastructures d’éducation ou de santé ;
- des catastrophes naturelles ;
- des aspirations individuelles et familiales (goût du voyage, regroupement familial, relation amoureuse, etc.).
Toutes les raisons d’un départ sont valables. Par contre, pour pouvoir être accueilli dans un pays et y rester (s’y installer), il existe de nombreuses conditions.
Sur le chemin de l'exil
Les personnes qui fuient leur pays suite à des persécutions doivent souvent organiser leur voyage de façon urgente. Elles laissent leurs biens, leur famille et leurs amis derrière elles. Elles partent avec le premier moyen de transport dont elles disposent : en avion, en bateau, en train ou en camion. Le voyage est souvent très difficile et dangereux.
En Belgique aussi, au moment de la Première Guerre mondiale en 1914, 1.300.000 personnes ont quitté notre pays pour se réfugier dans un pays voisin.
En Belgique
3. C’est tellement facile de rester en Belgique
Pour séjourner légalement en Belgique, il faut soit :
- être membre de l’espace Schengen ;
- détenir un visa touristique ;
- détenir un visa pour études ;
- bénéficier d’un regroupement familial ;
- introduire une demande d’asile ;
- obtenir le statut de réfugié ou de protection subsidiaire (protections internationales) ;
- faire valoir des critères exceptionnels.
Pour venir travailler en Belgique, il faut remplir un certain nombre de conditions, qui dépendent de la nationalité, la durée du séjour, le type et le statut de l'activité professionnelle qui va être menée. Les travailleurs étrangers doivent avoir obtenu un permis de travail avant de pouvoir venir en Belgique.
Et après
Si, à la fin de sa procédure, le statut de réfugié ne lui a pas été accordé, le demandeur d’asile ne peut plus séjourner légalement sur le territoire belge. Il peut alors décider de rentrer volontairement au pays ou de tenter sa chance ailleurs… A défaut, certains choisissent de rester sur le territoire belge en situation irrégulière, risquant à tout moment d’être emmenés en centre fermé, en vue de leur expulsion.
Source : la brochure (téléchargeable) « À la rencontre de l’autre » de la Croix-rouge de Belgique est un mini-guide pour mieux comprendre l’asile et la migration. La brochure aborde des préjugés courants, et permet de mieux comprendre les flux migratoires, la procédure d’asile et la situation des personnes migrantes.
4. Ce n'est pas dans notre intérêt de les accueillir car ils prennent notre travail
Selon les organisations internationales il y aurait actuellement 258 millions de migrants à travers le monde et ce chiffre devrait augmenter à l'avenir. C'est la raison pour laquelle l'ONU veut adopter en décembre prochain à Marrakech le pacte mondial pour une migration sûre, ordonnée et régulée. "L'Europe à l'heure actuelle et plus encore dans les décennies à venir aura un intérêt à ouvrir des voies légales pour accéder à son marché du travail", insiste la Représentante spéciale de l'ONU pour les migrations internationales. Louise Arbour évoque en particulier un risque sévère de main d’œuvre.
Elle insiste aussi sur le rôle des migrants dans l'économie mondiale. "Ils dépensent 85% de leurs revenus dans le pays où ils vivent et envoient 15% de leurs ressources dans leur pays. Ces 15% représentaient en 2017, 600 milliards de dollars. C'est trois fois plus que l'aide au développement des pays les plus riches", rappelle-t-elle. Louise Arbour fait aussi le lien entre migration et changement climatique. Il n’est peut-être pas trop tard mais le temps presse. Elle souhaite une action internationale rapidement.
Source : article Euronews
Nous ne vivons pas une crise migratoire, mais plutôt une crise de l'accueil et de la solidarité.