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Regards sur...

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6 juin 2019

Le manque de considération pour les individus et la planète

"Je pense que les jeunes sont en train de faire comprendre à ces partis politiques qu’ils ne peuvent plus traiter la crise climatique comme un problème à énumérer à la fin de tout le reste, en l'oubliant peut-être la plupart du temps. Le but d'un New Deal vert, c'est qu'il n'y a pas une seule politique climatique, c'est une vision de la façon dont vous organisez une économie et une société pour qu'elle ne soit pas en guerre contre la vie sur Terre, et cela vaut pour le climat, pour nos océans, mais aussi pour la vie quotidienne des gens, car nous avons un système économique qui traite réellement les gens et la planète comme s'ils étaient jetables." - Naomi Klein, journaliste, auteure et activiste

Source: Euronews

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5 juin 2019

La juriste qui milite pour la reconnaissance de l'écocide

Valérie Cabanes est juriste en droit international et spécialiste des droits de l'homme et du droit humanitaire. Elle porte le projet de reconnaissance par la justice de l’écocide comme un crime contre la paix et les générations futures, au nom de la terre et du vivant. Son objectif est que l’écocide soit reconnu par le droit pénal international "comme cinquième crime pouvant être poursuivi devant la Cour pénale internationale au même titre que le crime contre l’humanité, le crime de génocide, le crime de guerre et le crime d’agression".

"Mes voyages dans plus de 40 pays et mes recherches m’ont convaincue que la guerre et la pauvreté sont intimement liées à la sur-exploitation des ressources terrestres et à un partage inéquitable de celles-ci. J’ai aussi pu constater que les modes de vie des peuples autochtones sont les plus à même de préserver le système Terre; ils savent exploiter ses ressources sans jamais l’épuiser car ils se reconnaissent eux-mêmes comme un simple maillon de la chaîne de vie."

"Il est urgent que l’homme retrouve sa juste place de gardien du Vivant, cela passe par une prise de conscience individuelle mais le droit pourrait accompagner ce cheminement. Reconnaître la destruction des écosystèmes comme un crime semble nécessaire pour imposer par la loi, à nos gouvernements et à nos entreprises, la transition énergétique qui permettra de protéger notre environnement, de mieux respecter notre droit à la vie et celui des générations futures."

Retrouvez sa biographie, ses ouvrages et une interview

31 mai 2019

La nécessité d'une Europe forte

"Si nous voulons éviter une nouvelle guerre froide, si nous voulons éviter la confrontation entre deux blocs, si nous voulons établir un véritable ordre multilatéral, il nous faut impérativement une Europe unie et forte qui soit le pilier fondamental de cet ordre multilatéral fondé sur l'État de droit."

- Antonio Gutteres, Secrétaire général des Nations Unies et ancien Haut Commissaire pour les réfugiés. Source

27 mai 2019

Les clivages politiques intra-européens s'accentuent

Les résultats des élections européennes du 26 mai 2019 nous rendent pessimiste, la montée des populistes et des extrêmes donne envie d'utiliser l'analogie d'un cancer qui reprend. Il est clair que la période d'instabilité politique et économique que nous traversons, est le signe d'un monde changeant et parfois menaçant. Mais les causes ne devraient pas produire, selon moi, les retours à l'extrême droite que nous constatons. 

Les bienfaits de l’Europe

Nous vivons dans une zone du monde privilégiée, dont le niveau de confort de vie est inégalée dans l'histoire, et où un beau projet d'association de pays appelé Europe est présent depuis longtemps. Mais nous ne semblons pas nous satisfaire de cette situation. Alors que le reste du monde nous envient, nous ne semblons plus capables d'en apprécier la valeur, si bien que nous sommes portés à écouter ceux qui veulent sa disparition. Pourtant les bienfaits et les avancées de l’Europe sont nombreux (1). Ceci dit, nos systèmes ne sont pas sans défauts. Certaines personnes ont une vie difficile en Europe et les causes peuvent être multiples.

Les réactions face à l’Europe

L’Europe est un projet de civilisation, mais il faut avouer qu’il est aujourd'hui peu lisible pour ses citoyens. La faute sans doute à ses politiciens aux prises avec la complexité d'une réalité à 28 pays, dont les populistes ont vite fait d'en condamner la légitimité et la solidité. Les citoyens, eux, semblent ne pas prendre du recul et réagir de manière émotionnelle; plutôt que de consacrer de l'énergie à des solutions, nous préférons le rejet. Plutôt de nous montrer curieux du monde et bienveillants, nous préférons le repli stérile, une malveillance qui se banalise et un regain d'égoïsme. En Belgique, si nous n'agissons pas contre les tendances politiques clivantes, nous arriverons peut-être à des scénarios identiques à la France avec une extrême-droite en position de force. Ne perdons pas de vue que lorsque le politique prend le chemin des extrêmes, cela va de pair avec plus de violence, de racisme et de troubles sociaux pour les citoyens. Ce n’est évidemment pas ce que nous voulons. 

Un manque de pédagogie pour la jeunesse

D’autre part, plutôt que d'éveiller nos jeunes aux valeurs démocratiques, nous les laissons se perdre dans une marée de désinformation qui a pris ses quartiers sur les réseaux sociaux (2) (3), là où les jeunes ont la mauvaise idée d'aller s'informer sur la politique. Dans un système politique complexe où sont systématiquement pointés les dysfonctionnements et les scandales, et non les succès et avancées, comment espérer que nos enfants, déjà en manque de repères, fassent des choix politiques judicieux ? Où sont les efforts de pédagogie et de clarté de propos dont les jeunes ont besoin pour les aider à poser des jugements sur la société et son avenir ? Quel média traditionnel, à l’exception d’Arte et quelques autres, va se décider à décrire objectivement l'Europe telle qu'elle est, plutôt que d’évoquer constamment ses défauts ? La manière de s'informer de tout citoyen est cruciale. C'est ni plus ni moins qu'un enjeu de démocratie. Il en va de notre discernement du jeu politique.

Une couverture médiatique complète pour les extrémistes

Tourné vers la jeunesse, le Vlaams Belang a mené une campagne acharnée sur Facebook, saturant les fils d'actualités de questions liées à l'immigration et à l'Islam (4) (5). Le résultat est payant (6). Au nom de la liberté d'informer, il semble normal de laisser aux autocrates et aux populistes une place dans les médias pour que nous puissions comprendre que ceux-ci sont extrémistes. Mais alors pourquoi entendons-nous si faiblement les contre-discours démocratiques et les analyses journalistiques qui doivent accompagner les discours des populistes ? Pourquoi nos médias qualifient-ils "d'hommes forts" des dirigeants moralement faibles ? Dans quelle mesure cela peut-il jouer sur nos perceptions ? Pourquoi ai-je le sentiment que peu est fait pour nous éviter le piège idéologique qu’ils nous tendent ? Une démocratie doit se reconquérir au quotidien. Pourquoi des formations politiques démocratiques et respectables, sont peu présents dans les médias et que leurs responsables soient rarement interviewés ? La Flandre, le Royaume-Uni et la France (7) - pour ne parler que des électeurs proches, ont-ils scellé leur avenir aux extrêmes, maintenant que l'habitude de récuser les partis traditionnels est prise ? Les vieux démons vont-ils réapparaître ? Si une partie du problème est en lien avec des perceptions erronées, ne serait-il pas temps d'y travailler, de reparler des valeurs ? 

Les pistes pour un autre avenir

Une société portée sur le clivage n'apporte que désunion et conflits. Si la société se plaint des résultats désastreux de ses élections, elle devrait se remettre en question et œuvrer à tous les niveaux pour rétablir la situation. Rappelons-nous que nous sommes des citoyens qui co-construisent la société dans laquelle nous évoluons. Les partis politiques, s’ils sont responsables, devraient réussir à dégager un intérêt collectif au-dessus des intérêts particuliers. Et le plus tôt sera le mieux, car les changements de société ne se font pas sur quelques années, c’est un travail de longue haleine. 

Sources : 

(1) Les avantages de vivre en Europe.

(2) Trois milliards de faux comptes supprimés de Facebook.

(3) 500 pages et groupes diffusant la haine et la désinformation.

(4) Le succès de l'extrême droite en Flandre.

(5) Le montant des dépenses en communication du Vlaams Belang.

(6) Le montant du financement de la campagne du Vlaams Belang

(7) Les élections montrent que les français changent.

26 mai 2019

L'Europe des différences, de la solidarité et des libertés

Pour que l'Europe soit à nouveau "...pour le monde entier, le visage lumineux de l'audace, de l'esprit et de la liberté."

- Laurent Gaudé, écrivain et dramaturge

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22 mai 2019

L'Europe n'est pas parfaite mais elle est importante

Aujourd'hui, l'Europe semble traversée par des crises, des difficultés insurmontables, une agitation eurosceptique, nationaliste et populiste nourrie par le rejet de l'autre, la peur, le ressentiment. Nos démocraties et nos valeurs sont mises à l’épreuve. Voulons-nous voter pour la désagrégation ou la cohésion, pour une Europe fermée ou accueillante ? Au-delà de cette analyse, l'Europe n'en reste pas moins nécessaire pour faire face aux défis d'aujourd'hui et de demain. D'ailleurs, pour réaliser plus de progrès, ne faudrait-il pas plus d'Europe ? Ne devrions-nous pas continuer à travailler sur nos acquis démocratiques, mais aussi prendre un nouvel élan pour l'avenir, ensemble ?

Barack Obama déclarait le 6 avril: “L’Europe de 2019 a atteint à certains égards le summum du bien-être de l’humanité. Globalement en Europe aujourd’hui, on jouit en moyenne des plus hauts niveaux de vie que l’humanité ait jamais connu à travers son histoire. On a à portée de main des quantités inédites d’information. On franchit librement des frontières restées longtemps fermées.” Barack Obama ne s’est pas trompé et n’a pas exagéré : on se soigne plutôt bien en Europe, en tout cas mieux qu’ailleurs. On y voyage aussi facilement : Erasmus et la libre circulation des personnes ont signé l’acte de naissance du citoyen européen. Alors, nous ne pouvons pas abandonner ce projet.

Dans quelques jours, nous aurons notre mot à dire. Les élections européennes pourraient se révéler un tournant très important dans notre histoire commune, mais aussi une occasion de répondre positivement au message de nos enfants, clairement exprimé dans la rue. Comme à chaque élection, le vote est un devoir de citoyen qui doit être pris au sérieux. Ne pas voter, ou voter invalidement, c’est gaspiller la démocratie. Il est aisé de porter un jugement rapide et d'asséner qu'ils sont tous pourris et que le vote ne sert à rien. Mais avouons que cette approche est injuste. Si, au contraire, nous votons avec l'idée de porter des projets positifs pour l'avenir, et que de surcroît nous sommes nombreux à le faire, alors cette accumulation aura un réel impact. Elle pourrait même être décisive !

Votons pour des personnalités politiques tolérantes, fiables, franches et constructives. Votons pour des politiciens ne craignant pas de dire que, pour relever les défis, les efforts à fournir seront nombreux. Il n'y a jamais eu de solution simple à nos problèmes de société. Votons pour protéger les plus faibles d'entre-nous et ceux qui passeront après nous. Gardons aussi en mémoire que c'est au niveau européen que se joue la relance d'une réelle politique environnementale, monétaire, fiscale, sociale, industrielle, défensive et diplomatique. 

Voir aussi l'interview d'Emma Bonino

19 mai 2019

Comment se défaire des populistes ?

"Il faut que les pays démocrates, les gouvernements, réussissent à s'emparer de la question migratoire, des problèmes de cohabitation, et les traitent dans un vocabulaire raisonnable et respectueux pour en faire des politiques publiques recevables. Si nous le faisons, nous enlevons à ces partis populistes le monopole et la possibilité de raconter n'importe quoi."

- Dominique Reynié, politologue. Source: Arte

18 mai 2019

Leur donner une voix

"Je sais ce que c'est que d'être un sans-voix, d'être perçu comme un étranger, d'avoir ce sentiment de n'être jamais installé, de ne pas se sentir chez soi. Et je pense aussi que n'importe quel immigré, mais pas seulement des immigrés, toute personne dont les droits été bafoués, toute personne qui n’a aucune liberté, sera reconnaissante, si quelqu'un d'autre essaie de leur donner une voix."

- Ai Weiwei, artiste et dissident chinois. Source: Euronews

17 mai 2019

Le nouvel attrait pour l'extrême droite

En Belgique comme ailleurs en Europe, les mouvements d'extrême droite gagnent du terrain : l'attrait des nationalistes augmente en général et en particulier auprès des jeunes, un électorat pourtant souvent associé au contraire à la gauche de la gauche. La moyenne d'âge de l'électorat diminue et les candidats d'extrême droite sont eux aussi plus jeunes. Ces mouvements s'appuient sur les réseaux sociaux pour diffuser leurs thèses auprès du public et notamment des jeunes. Si les médias ont changé, en revanche les principales thèses des mouvements nationalistes restent identiques: les théories sur les menaces que feraient peser l'immigration sur l'Europe.

Julia Ebner, chercheuse à l'Institut pour le Dialogue stratégique : "L'extrême droite a vraiment fait un effort pour attirer un public plus jeune. Ils ont changé de noms et, il ressort des analyses sur les médias sociaux que dans la plupart des cas, ce sont les partis politiques d'extrême droite qui ont été les plus actifs auprès des utilisateurs de ces médias sociaux."

Source : Euronews

16 mai 2019

Les méthodes du Kremlin pour les élections européennes

La Sûreté de l'Etat en Belgique surveille le travail de sape de l'Union Européenne par la Russie à l'approche des élections du 26 mai. La Russie tente de "semer la discorde" entre les États de l'Union européenne.

"De nos enquêtes, il ressort que les médias classiques et les réseaux sociaux russes encouragent une vague nationaliste antieuropéenne à l’approche des élections. Mais cela ne se produit pas à une grande échelle. Nous n’avons pas pu identifier une campagne d’influence ciblée et coordonnée à grande échelle en provenance de Russie. [Cependant], les méthodes de désinformation et de manipulation de l’information se sont affinées."

Même analyse de la part de East Stratcom, la task force européenne qui traque la désinformation russe. Les médias proches du Kremlin, Sputnik et Russia Today, continuent d'attaquer l'Union Européenne, ses valeurs et son mandat démocratique tout en faisant la promotion de l'euroscepticisme. "La Russie joue un jeu de longue haleine" et les médias du Kremlin bénéficient de moyens importants. De plus, ils sont bien référencés sur le web et leurs contenus peuvent être consultés dans 30 langues différentes.

La Sûreté estime que l'objectif de la Russie est de polariser et de diviser l'Europe.

Pour l'agence européenne, "La Russie tente de semer la discorde dans les Etats membres en soutenant des candidats populistes, antieuropéens, issus à la fois de l'extrême droite et de l'extrême gauche". Le renseignement belge poursuit: "Pour les élections européennes, l'objectif principal du Kremlin est d'accroître les gains des partis antieuropéens afin d'avoir plus d'influence dans la prise de décision du Parlement Européen sur ce que les russes considèrent être des questions clés telles que l'énergie, les sanctions, les partenariats avec les pays de l'Est, ou la défense."

Du côté des réseaux sociaux, près de 500 experts travaillent pour Facebook 24h sur 24h, pour surveiller les réseaux sociaux à l'approche des élections du 26 mai. Ils ont en ligne de mire les pages, les groupes et comptes à caractère "inauthentique", c'est-à-dire les faux comptes diffusant souvent de fausses informations. Une fois détectés, ces comptes sont supprimés.

Sources: La Libre, Agence européenne contre la désinformation

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