La décision du coeur
"Au lieu d'utiliser nos mains pour dessiner des coeurs, on devrait décider nos coeurs à dessiner demain."
- Renaud Hantson dans "Avance".
La nouvelle économie du partage n'en est pas une
"On ne cesse d'entendre leurs noms. Uber, Airbnb, Lyft et tant d'autres jeunes pousses devenues grandes seraient en passe de redéfinir le capitalisme. Pourtant, si l'on gratte le vernis d'innovation, cette vague de sociétés high-tech, pour la plupart américaines, est financée par des fonds de capital-risque sur un mode on ne peut plus traditionnel. Et derrière des promesses alléchantes dignes des mouvements sociaux les plus vertueux se dissimule une réalité bien plus glauque : L'économie du partage est en train de faire pénétrer dans des domaines auparavant protégés de nos vies un marché toujours plus avide et déréglementé. Tom Slee offre ici une synthèse lucide et documentée des enjeux liés à ce qu'on appelle l'économie du partage ou collaborative. Tranchant comme un rasoir, "Ce qui est à toi est à moi" montre que parce que ce modèle offre à quelques-uns la possibilité de gagner des fortunes aux dépens des collectivités, il n'est rien de moins que délétère sur les plans social, urbain et économique."
Source : quatrième de couverture de "Ce qui est à toi est à moi : Contre Airbnb, Uber et autres avatars de "l'économie du partage" par Tom Slee
L'enseignement et l'information cruciales pour nos démocraties
Dans le déluge de mensonges, de diffamations et d’insultes, qui pleuvent sur le monde, d’innombrables personnes ont, partout, le courage de dire la vérité, de se battre pour elle, et d’en mourir. Enseignants et journalistes sont en première ligne dans ces combats. Dans les dictatures, ils ont peu de chances de l’emporter, contraints de n’enseigner et de faire savoir que ce que le pouvoir veut dire au peuple. Dans les trop rares démocraties, bien des obstacles s’opposent aussi à leur combat. Les réseaux sociaux, la pauvreté, l’environnement familial forment dans bien des pays et bien des milieux, de terribles obstacles à l’accès à la vérité. Pour survivre, d’innombrables médias cèdent alors à la facilité et se contentent de distraire, de faire scandale, plutôt que d’enquêter, de mettre en perspective, de chercher le mot juste et la vérité. [...] Car nul ne peut être libre s’il n’a pas appris à distinguer le vrai du faux. Et ce n’est pas si simple.[...]
D’abord, le vrai est ce qui se démontre, par la logique, ou ce qui se prouve, par des faits ou des statistiques, ou par des expériences qui établissent, dans certaines circonstances clairement identifiées, la validité d’un raisonnement, c’est-à-dire d’une réflexion logique.[...] En science dure comme dans tout autre domaine, le vrai n’est que le résultat provisoire d’un consensus majoritaire, entre le plus grand nombre possible d’experts honnêtes, indépendant des pouvoirs, et aux compétences le plus largement reconnues. Ensuite, il faut expliquer que la science et la religion n’obéissent pas aux mêmes critères de validité : la raison et la foi sont deux domaines totalement distincts. [...] Enfin, il faut enseigner la pratique de l’esprit critique, du doute systématique, de la recherche obsessionnelle de preuves ; et chercher ce qui se cache derrière toute affirmation non étayée.[...]
Si cela n’est pas fait, dans la famille comme à l’école, l’engrenage sera terrible : des jeunes mal formés deviendront des adultes mal informés, qui donneront la priorité à la distraction sur le savoir, au spectacle sur la vérité, aux convictions sur la raison, à l’intolérance sur l’altruisme. Aucune démocratie n’y résistera. Si au contraire tout cela est correctement enseigné, sans cesse répété, dans toutes les écoles du monde, en particulier dans toutes les écoles de journalisme, et si possible aussi dans toutes les familles, aucun média ne pourrait plus survivre en mentant ou en misant sur le scandale. Et la démocratie aurait véritablement un avenir.
Source: extraits choisis d'un article de Jacques Attali.
Le temps des insatisfactions montantes
Voir le dernier essai d'Eric Sadin, philosophe : L'ère de l'individu tyran
Le choc des incultures
Voir aussi Le temps des grands simplismes. "Nous avons besoin d'un récit commun."

