Lorsque les crises deviennent "le système", refaire société avec humanisme
Nous vivons une période où les crises se succèdent. On y est habitué et cela devient la norme. Les crises deviennent le système. Il est instructif de voir comment le politique et les citoyens réagissent à ces défis, devenus récurrents :
- Au niveau politique, la réponse à ces défis semble ne plus être à la hauteur des enjeux, selon moi. C'est particulièrement le cas pour le changement climatique et la gestion des flux migratoires. La morale et l’exemplarité en politique deviennent rares. Les calculs à court terme prennent le dessus. On peine à déceler le courage et la détermination pour protéger nos générations futures et garantir l'état de droit. L’inertie du système guette;
- Dans la population, les réactions varient du désintérêt complet à l’engagement salutaire. Cependant, nous constatons que l’exaspération du citoyen face au politique se répand, le ressentiment est réel. Le choix de l’extrême droite, comme réponse, prend de plus en plus sa place dans les esprits en Europe. Car des réponses simples et populistes aux problèmes complexes sont si tentantes. Dans ces conditions, comment éviter que l’extrémisme et la violence ne prennent le pas ?
Bien s'informer est crucial
Tout d’abord, le citoyen pourrait se questionner sur le raccourci facile qu'il émet, sans analyse et sans réflexion plus profonde. Le citoyen pourrait être vigilant à l’information qu’il consulte et qui façonne, chaque jour, sa vision actualisée du monde. L’infobésité et la désinformation étant courantes depuis plusieurs années, il est nécessaire de sélectionner ses sources parmi celles qui sont fiables et reconnues. D’autre part, il faudrait consacrer son temps à l’information qui a réellement de l’importance et du sens, pour pouvoir ensuite voter en citoyen informé et responsable. Prendre conscience de la gravité des problèmes, mais aussi se convaincre que l’espoir n’est pas perdu, et que nous pourrions nous en sortir par le haut.
Devenir des citoyens conscients
Face aux gouvernements qui ne respectent plus les valeurs démocratiques et l'état de droit, certains en appelle à la désobéissance civile. On pourrait d'abord commencer par désobéir aux injonctions sociales de notre société de l’hyperconsommation et du jetable. La désobéissance aux technologies toutes-puissantes, qui entrent de plus en plus en conflit avec nos valeurs européennes, notre cohésion sociale, en opposition avec le bon sens et un meilleur avenir, notamment écologique. Ces technologies "sociales", très répandues aujourd'hui, qui captent d'abord nos émotions pour les analyser et tenter ensuite de les influencer. Devenir tous conscients de ces mécanismes est urgent.
Une mobilisation individuelle et collective
La situation demande une mobilisation collective et individuelle, toutes deux pleinement conscientes des enjeux de société, et agissant de concert. Notre nombril ne peut rester l’horizon de la société de demain. Notre modèle de société devrait être réformée pour limiter les crises causées par le profit à tout prix et le désinvestissement social. Retrouver de la robustesse dans un monde plombé par la performance, quitte à être moins riche demain. Il faudrait retrouver l’inspiration, un récit porteur d’espoir, des citoyens ou des élus qui soient des exemples à suivre, des collectifs multidisciplinaires d’experts apportant des pistes de solution. Mais surtout PAS des politiciens qui manipulent le ressentiment des citoyens pour prendre le pouvoir !
Voir aussi
Je découvre a posteriori de la rédaction de ce billet que la sociologue des émotions Eva Illouz ne dit pas autre chose dans son ouvrage "Explosive modernité". Elle vient de publier récemment l'ouvrage "Le futur des émotions".
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