La déloyauté devient la forme la plus commune de l’exercice de la liberté
La courtoisie, la politesse, un discours démontrant une certaine éducation sont des comportements qui seront de plus en plus rares à l'avenir. Nous constatons un déficit de ces bonnes manières dans nos interactions sociales. Que dire, par exemple, de la notion de loyauté ? Qu'elle soit liée au monde du travail ou à celui de la privée, qu'en reste-t-il ? Jacques Attali analyse les causes de la déloyauté dans la société d'aujourd'hui :
"La déloyauté devient la forme la plus commune de l’exercice de la liberté. Pour comprendre cette évidence, ou au moins cette menace, il faut en revenir aux éléments fondamentaux de nos sociétés modernes, démocratiques ou non, où domine l’économie de marché : elles sont toutes fondées sur l’apologie de la liberté individuelle; chaque citoyen y est poussé à se concentrer sur sa sphère individuelle, sur son bonheur personnel, et à ne pas se préoccuper des enjeux collectifs.
Chaque membre d’une telle société est incité à ne se préoccuper que de lui-même et à se concentrer sur la façon dont il peut gagner les moyens de satisfaire ses propres besoins et ses désirs les plus individualistes, qu’il s’agisse de consommer des biens matériels, de voyager, de s’exprimer, ou de choisir librement sa forme de bonheur, en étant autorisé à le trouver où il veut, en changeant d’avis autant qu’il veut sur ce qu’il désire, et même sur ce qu’il est. [...]
Cette apologie de la liberté illimitée a de la valeur : elle constitue une formidable incitation au changement, à la découverte, à la création à l’innovation, au progrès. Pour autant, cette forme de liberté a aussi des limites : elle ne respecte ni tradition, ni patrimoine, ni acquis; elle empêche de construire quoi que ce soit de durable. Aussi, la société la freine-t-elle en dressant devant elle deux obstacles : un obstacle juridique, (le contrat) et un obstacle moral, (la loyauté)."
Source: découvrez la suite de l'article du blog de Jacques Attali
Le numérique consommé avec avidité limite la transition écologique
"Si le numérique est souvent qualifié de “virtuel”, le secteur repose sur des technologies qui sont bien réelles. [...] Aujourd’hui, le numérique est un des plus gros consommateurs d’énergie au monde. 10 % de l’électricité mondiale alimente le numérique, et cela double tous les quatre ans. L’explosion du streaming vidéo, le développement exponentiel de l’IA, la multiplication des objets connectés, etc. nécessitent un accroissement de la consommation en énergie. Si le secteur numérique continue à se développer au rythme actuel, il devrait consommer plus de 20 % de l’électricité mondiale actuelle vers 2030 et près de 100 % en 2050. Or, nous savons que la transition énergétique va mener à une diminution de l’offre mondiale d’énergie. [...]
Il est évident que le secteur numérique ne peut pas continuer à se développer au rythme actuel. On irait alors tout droit vers un mur technologique, sociétal, politique, stratégique mondial aux conséquences aussi dramatiques que celles dues au changement climatique. Si nous voulons que le numérique joue le rôle qui lui revient dans la transition vers un monde durable, zéro carbone, il est temps de réfléchir à quand et comment commencer à freiner son développement anarchique. Ce ne sera pas facile. [...] C’est 60 % de l’humanité qui est aujourd’hui connectée."
- Michel Wautelet, ingénieur et professeur e.r. UMons (didactique des sciences)
Source: extraits choisis d'un article de La Libre

