L'action militante pour le climat inspire aussi les scientifiques
"À Munich, des scientifiques bloquent une rue pour alerter sur l'urgence climatique. Des militants du groupe Scientist Rebellion se sont collés au sol du pavillon Porsche à Wolfsburg, en Allemagne, pendant 42 heures. L’un des chercheurs a dû être transporté à l’hôpital. Depuis un an, les membres allemands de Scientist Rebellion, un collectif de scientifiques activistes implanté dans une vingtaine de pays, multiplient les actions de désobéissance civile non violente pour alerter sur l’urgence climatique. Une radicalisation inhabituelle qui divise la communauté scientifique, soumise au devoir de réserve et dépendante des financements."
Source: Euronews
Les complotistes s'adaptent à l'actualité, ils n'en ont pas terminé avec nous
"Après avoir abondamment diffusé infox et rumeurs sur le Covid, de nombreuses figures de la complosphère antivax jettent désormais leur dévolu sur l'invasion russe en Ukraine, devenant ainsi des relais actifs de la propagande du Kremlin et de sa guerre informationnelle. [...]
Sur les comptes Facebook, Twitter ou boucles Telegram [des] complotistes les plus en vue, le changement est perceptible dès le début de l'offensive russe le 24 février. On y retrouve des "narratifs" complotistes bien connus : l'Ukraine serait la "base arrière d'un réseau de pédophilie international" et accueillerait des "laboratoires secrets américains" préparant un nouveau Covid dans le cadre d'un "nouvel ordre mondial". Quant au conflit, il aurait été "fabriqué" pour détourner l'attention ou encore pour permettre la réélection d'Emmanuel Macron. [...]
Les cibles, elles non plus, n'ont pas changé, à l'image de Bill Gates ou George Soros, objets de nombreuses infox démontées ces dernières années par les fact-checkeurs de l'AFP. Hier accusés d'avoir planifié la pandémie, les deux milliardaires américains se voient aujourd'hui imputer le financement d'usines d'armes biologiques en Ukraine. Ou encore d'avoir programmé la guerre pour détourner l'attention et avoir les mains libres pour fabriquer un nouveau virus. La Russie ne serait intervenue que pour enrayer ce scénario...
On retrouve dans ce récit la propagande du Kremlin présentant l'attaque de l'Ukraine comme un sauvetage des populations russophones et un rempart contre un prétendu régime "nazi". [...] Ravivés par le conflit en Ukraine, les accents pro-russes de la désinformation ne sont pas nouveaux - ils étaient déjà perceptibles dans la désinformation sur le Covid - et Moscou est considéré comme l'un des maîtres de la désinformation via les réseaux sociaux.
En mai 2021, quand des influenceurs sont contactés par une mystérieuse agence de communication pour dénigrer les vaccins occidentaux, c'est donc sans surprise que tous les yeux se tournent vers la Russie, même si Moscou nie en bloc. [...] Cette désinformation - qu'elle porte sur le Covid ou l'Ukraine - "attise les insatisfactions des populations" des démocraties occidentales pour les déstabiliser et sert donc de fait les intérêts de Moscou, souligne Julien Nocetti, spécialiste de la guerre de l'information russe à l'Ifri."
Source : Extraits choisis d'un article de La Libre
Le système détraqué de Spotify: comprendre comment nous sommes tous dupés
"Elles sont séduisantes, modernes et pratiques. Depuis leur émergence il y a une vingtaine d’années, les plateformes de streaming n’ont cessé de grignoter des parts de marché d’une industrie musicale qu’elles ont révolutionnée. Mais derrière leur technologie, la promesse est-elle vraiment tenue ? Avec quelles conséquences pour les revenus des artistes, et leurs conditions de travail ? Au-delà de l’illusion de liberté, les Spotify, Deezer et autres Apple Music sont devenues les nouvelles radios commerciales.
Les choses ont bien changé depuis le début des années 2000 : 150 millions de CD s’écoulaient en France chaque année ; en 2018, les Français n’en achètent plus que 24 millions, selon le Syndicat national de l'édition phonographique (SNEP). Le streaming est passé par là. Proposant un accès presque illimité aux musiques (du monde entier) à un prix relativement bas, les plateformes vendent une forme d’idéal. Pourtant, à y regarder de près, la réalité est moins reluisante. Concrètement, cette dématérialisation de la musique et des artistes que nous écoutons pose deux problèmes, au minimum : son impact environnemental d’abord et celui sur les revenus de ces mêmes artistes, ensuite.
L’ADAMI, l’organisme de gestion des droits des artistes interprètes, précisait fin 2020 que 46 centimes seulement reviennent aux artistes quand un abonné verse 9,99 euros par mois à Spotify. En théorie, et cela dépend de la plateforme, le taux de rémunération par écoute varie de 0,0019 à 0,0145 euros, selon le quotidien Libération. Objectivement une misère, qui a donc fait la fortune considérable de l’avisé Daniel Ek, PDG de Spotify. Dans la pratique, il y a un autre problème. De taille : l’argent reversé par les plateformes aux artistes ne l’est pas en fonction des écoutes de chaque utilisateur, ce qui a priori semble un système juste. En réalité, ce sont les plus « streamés » qui profitent du jackpot au détriment des autres. Ainsi, la rémunération de chacun dépend surtout de sa place dans « l’écosystème » commercial des services de streaming, plus que du choix de chaque abonné. Par ces mécaniques favorisant la concentration des revenus, la promesse de départ (une diversité inégalée construisant une offre encourageant la découverte) n’est pas tenue. En réalité, les algorithmes des plateformes poussent non seulement certains artistes mais aussi certains genres. Le rap et l’électro en particulier sont favorisés.
Une double décennie après son apparition, le streaming est donc devenu la nouvelle puissance dominante, que ce soit pour la musique seule ou les vidéos. Il est d’ailleurs le premier moteur de trafic sur Internet. Parallèlement à son avènement, l’impact et le coût environnemental des produits culturels n’a jamais été aussi mauvais, alors que les ressources que les artistes en retirent n’ont jamais été aussi faibles. Grâce à leurs algorithmes, leurs applications et recommandations, les plateformes se sont transformées en programmateurs, à l’image des radios musicales des années 80. Elles orientent et concentrent les écoutes sur les genres les plus commerciaux, confortant une standardisation loin de la diversité d’un Internet libre et fantasmé. Fortes de leur domination sur l’industrie de la musique, elles pressurisent et précarisent un peu plus les artistes. Enfin, elles tirent un bénéfice des données personnelles de leurs abonnés."
Source : Extrait remaniés d'un excellent article de Blast, Streaming: le prix d'une illusion
Voir aussi: #DeleteSpotify, quand les internautes se rebellent contre la désinformation
Voir aussi l'article de La Libre sur le choix entre l'argent ou la protection contre la désinformation du patron de Spotify.
Vidéo explicative et humoristique de Trevor Noah
Vidéo pour le soutien des musiciens
Les méthodes du pouvoir biélorusse et le patriotisme polonais dénoncés
"A 94 ans, une ancienne résistante polonaise défend les migrants et l'Union européenne. Son dernier cheval de bataille: le traitement des migrants, et notamment des enfants, à la frontière entre la Pologne et le Bélarus, qui lui rappelle la façon dont les nazis traitaient les juifs et les opposants: "Nous n'avons pas le droit de laisser un enfant dans une situation dangereuse. Pour moi, la façon dont ces enfants sont traités [à la frontière] est honteuse", s'insurge Wanda Traczyk-Stawska." Source : Euronews
Voir aussi l'article de La Libre: Il est grand temps que l’Occident revoie sa définition de la guerre et joue le même jeu que ses adversaires
La jeunesse rêve d'un autre monde
"Depuis 6 ans, Melati, 18 ans, combat la pollution plastique qui ravage son pays, l’Indonésie. Comme elle, une génération se lève pour tenter de réparer le monde. Partout, adolescents et jeunes adultes luttent contre la crise migratoire, démocratique ou climatique, et toute forme d’injustice. Seuls contre tous, parfois au péril de leur vie et sécurité, ils protègent, dénoncent, soignent les autres et la Terre.
Melati part à leur rencontre à travers le globe. Elle veut comprendre comment tenir et poursuivre son action. Des favelas de Rio aux villages reculés du Malawi, des embarcations de fortune au large de l’île de Lesbos aux cérémonies amérindiennes dans les montagnes du Colorado, René, Mary, Xiu, Memory, Mohamad et Winnie nous révèlent un monde magnifique, celui du courage et de la joie, de l’engagement pour plus grand que soi. Dans une période inquiétante où le dérèglement climatique, l’extrême droite et les fermetures des frontières sont de mise, cette jeunesse nous donne envie de prendre part à des combats contre les injustices sociales qui en découlent !"
Source: Grignoux
Les reporters appellent les GAFAM à sauver l'information fiable
"A l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai, dans une tribune au « Monde », des membres de la Commission internationale sur l’information et la démocratie demandent aux dirigeants des plates-formes numériques de tout mettre en œuvre pour lutter contre la désinformation.
Nous lançons un appel solennel aux dirigeants des plates-formes numériques et des réseaux sociaux, qui ont acquis pouvoir et fortune dans l’espace digital, pour qu’ils s’engagent à un changement systémique en faveur de la fiabilité de l’information et de la responsabilité des plates-formes sur la base de principes démocratiques.
Vous n’êtes pas soumis aux procédures ni aux obligations de transparence imposées aux lois et au fonctionnement des Etats démocratiques. Vous avez un impact énorme sur nos sociétés, nos libertés et nos vies, sans être responsables pour l’essentiel.
Les algorithmes hiérarchisent les contenus en fonction des intérêts des plates-formes et favorisent, même involontairement, l’information sponsorisée. Grâce aux moyens de surveillance, les informations privées deviennent accessibles. A l’inverse, les médias œuvrant à la révélation des informations d’intérêt public sont fragilisés.
Trente-six Etats ont signé le partenariat international sur l’information et la démocratie lancé en marge de l’Assemblée générale des Nations unies (ONU), en septembre 2019, sur la base de notre déclaration. A notre initiative, ces Etats démocratiques vous demandent de « respecter les principes de transparence, de responsabilité et (…) de mettre en place des mécanismes visant à promouvoir l’accès à une information fiable et à lutter contre la propagation d’informations erronées ou manipulatrices destinées à tromper le public ».
Ils vous demandent de respecter les responsabilités qui vous incombent, notamment en vertu des principes directeurs de l’ONU relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme, en amont de la conception de nouveaux programmes, logiciels et objets connectés.
Nous vous appelons à un grand saut pour contribuer à la mise en œuvre d’un cadre global propice à une délibération publique ouverte, tolérante et la plus intègre possible."
Source : Extraits choisis d'un article de RSF
Le risque d'épidémie le plus élevé pour les migrants
"Les conditions de vie horribles dans les camps surpeuplés dans les hotspots des îles grecques, sont les conditions les plus propices à une épidémie de COVID-19, averti Médecins Sans Frontières (MSF). Compte tenu du manque de services sanitaires adéquats et des soins médicaux très limités, le risque de propagation du virus parmi les habitants des camps est extrêmement élevé. Et comme le premier cas a été confirmé chez un citoyen grec à Lesbos, l'évacuation des camps est devenue plus urgente que jamais.
« Dans certaines parties du camp de Moria, il n'y a qu'un seul robinet d'eau pour 1300 personnes et aucun savon n’est disponible. Les familles de cinq ou six personnes doivent dormir dans des espaces ne dépassant pas 3m². Cela signifie que les mesures recommandées telles que le lavage fréquent des mains et la distanciation sociale pour prévenir la propagation du virus, sont tout simplement impossibles », explique le Dr Hilde Vochten, coordinatrice médicale MSF en Grèce."
Est-ce que l'Europe va enfin prendre ses responsabilités ou bien condamner des milliers de personnes ?
Source: Extrait d'un article de MSF
Voir aussi l'interview édifiante de Jean Ziegler sur RTBF Auvio
Le refus du combat pour le troisième Reich
Nous venons de voir le dernier film de Terrence Malick "Une vie cachée" (titre original: A hidden life). Ce drame poignant retrace l'histoire véridique de Franz Jägerstätter, un objecteur de conscience autrichien, refusant de se battre pour les nazis pendant la seconde guerre mondiale. Franz est un paysan confronté à la menace d'une exécution pour trahison. C'est sa foi inébranlable et son amour pour sa femme, Fani, et ses enfants qui maintiennent son esprit en vie.
Ce film m'amène à la réflexion suivante : En des temps troublés par la guerre civile, lorsque l'homme fait son examen de conscience, et qu'il constate que la guerre a tout perverti, même sa propre morale. Alors il se rend compte qu'il aurait du réagir en dénoncant la haine, se dresser contre les injustices et surtout avoir eu très tôt l'intention de ne pas favoriser les partis extrémistes. Les valeurs humaines, fondement d'une société civilisée recherchant la paix, ne doivent jamais être galvaudées par la politique, quelque soit la forme qu'elle peut prendre. Car si la haine et la souffrance deviennent le quotidien des citoyens, c'est que l'obscurantisme a déjà infiltré les esprits. Une société ne s'en remet pas sans effort.
Citation de Franz dans le film: "Il y a une différence entre le type de souffrance que nous ne pouvons pas éviter et une souffrance que nous choisissons."
Merci Monsieur Malick de nous rappeler de garder une conscience claire et vigilante face à l'obscurantisme.
La réappropriation des valeurs
"L’incitation sauvage à la consommation n’épargne personne. La vie actuelle, influencée en permanence par les médias et soumise à une technologie triomphante, a fini par tirer un rideau d’argent sur les vraies valeurs de la vie, infiniment discrètes.
La dégradation des relations humaines est telle depuis tant d’années que l’on a peine à comprendre que le monde politique ne cherche pas davantage à reconstruire un système de valeurs intellectuelles et morales qui puisse enfin favoriser l’épanouissement de l’homme dans toutes ses dimensions.
Il faudrait réfléchir à l'influence que peuvent avoir nos choix, nos attitudes et nos méthodes sur la formation du caractère de nos enfants, sur leur développement intellectuel, et sur leur perception de la vie et du monde. La vie ne prend du sens que pour ceux qui sont capables de consacrer du temps à ceux qu’ils aiment.
Seul un plus grand souci du développement de la vie intérieure est à même de pallier les insuffisances et les défaillances d'un système éducatif qui, hélas, songe bien plus à développer des compétences qu'à les rendre accessibles pour tous, par une amélioration des conditions sociales et psychologiques de l'apprentissage."
- Baudouin De Rycke, ex- enseignant et auteur
Sources : La Libre et l'ouvrage de l'auteur "Le Petit Prince au pays de l'homme-machine".
Lever le voile sur le sens de la vie
Certains d’entre nous vivent avec le sentiment vague mais persistant que nous avons vécu avant cette vie. Que des émotions fortes, des peurs irraisonnées ou une sensibilité particulière ne peuvent vraiment s’expliquer par les événements vécus dans la vie présente. C’est le cas de nombreuses personnes et je n’y déroge pas non plus. L’impression qu’avant cette vie, nous avons eu accès à des sentiments élevés d’amour et de justice plus puissants et chevillés en nous que ceux que nous avons construits dans notre for intérieur. Comment l’expliquer si ce n’est par l’existence d’un au-delà d’où nous viendrions et où les ressentis seraient plus forts.
De même, des peurs viscérales et illogiques s’imposent parfois à nous sans pouvoir y rattacher un véritable événement créateur. Avons-nous été quelqu’un d’autre, ayant vécu une expérience traumatisante et qui fait écho dans cette vie ? Et comment expliquer que ces ressentis sont majoritairement présents au début de notre existence ? Toutes ces interrogations nous amènent à discerner qu’il existe autre chose derrière le voile de notre vécu présent, que nous sommes plus que la somme de nos expériences dans cette vie. C’est comme si nous avions un aperçu d’un vécu plus vaste et qu’il nous faut y consacrer des efforts pour découvrir l’ensemble du tableau.
Tout cela me ramène à une question fondamentale que chacun se posera toute sa vie : quel est le sens de notre existence ? Certains individus sensibles ont cependant la conviction, après des années de recherches, qu’ils ont des réponses à fournir. Ces affirmations sur le sens de la vie sont éclairantes et dissipent la brume que nous nous employons à maintenir par déni sur cette question. Bien sûr, les grandes traditions ont leur façon de nous initier à cette thématique ; mais j’ai voulu écouter aussi une approche contemporaine, ne serait-ce que pour limiter un jargon peu compréhensible aujourd’hui. Ces affirmations, je vous les livre ici. Elles sont tirées de l’ouvrage de Sylvie Ouellet « Après la mort, qu’est-ce qui m’attend ? ».
« Nous sommes venus sur terre pour apprendre certaines leçons importantes pour notre ouverture de conscience. Elles ont été choisies sciemment par notre âme avant de nous incarner. Ces apprentissages sont amorcés dans un dessein plus vaste que nous pouvons le concevoir avec les yeux de la personnalité. Nous venons sur terre pour découvrir des nouvelles facettes de nos habiletés et chacune des expériences de notre vie existe pour nous aider à conscientiser ces habiletés. » […] « Aujourd’hui, je sais que l’incarnation ne vise pas à nous mettre à l’épreuve, mais à nous apprendre à faire rayonner notre plein potentiel. Je sais aussi que toute souffrance me ramène dans mon espace sacré pour entendre et accueillir le message qu’elle livre. » […]
« Lorsque nous venons sur terre, nous venons dans un but individuel d’abord. Nous visons à accroître notre conscience de « Soi » par les expériences que nous vivrons. Mais nous venons aussi dans un but collectif : celui d’élever la conscience des êtres incarnés. Nous planifions cette incarnation avec nos guides et avec les guides de tous les êtres qui seront sur notre parcours. La grande pièce de la vie imbrique tous les personnages de manière à ce que la contribution de chacun soutienne l’évolution des autres, et vice versa. Aucun rôle n’a plus de valeur qu’un autre et chaque personnage donne la réplique à la mesure de ses capacités. » […]
« Après la mort, ce qui nous attend, c’est la continuité de la vie avec le bagage que nous avons accumulé au fil des expériences terrestres. Alors, nous pouvons dès maintenant savoir quelle serait la suite de notre parcours si la mort frappait maintenant à notre porte. Dans cette grande traversée, nous apportons tout ce que nous sommes. La mort ne nous rend pas plus heureux ou plus malheureux. Elle ne guérit pas nos blessures émotionnelles ni ne règle aucune situation à laquelle nous avons refusé de faire face. Elle n’a rien de magique. Elle n’est qu’un changement de plan de conscience soumis aux mêmes lois qu’ici-bas. De l’autre côté, nous ne sommes ni mieux ni pires que nous étions ici-bas. Pour nous élever vers la lumière, il nous faut nous défaire des énergies lourdes que nous avons accumulées ici-bas. La lumière promise existe bel et bien. Cependant, elle n’est pas un prix de présence attribué du simple fait de traverser le voile d’incarnation. Elle n’est pas non plus un endroit merveilleux où nous sommes parachutés sans effort. La lumière, c’est une vibration d’amour. Le moteur de l’élévation, c’est donc l’amour que nous portons en nous. » […]
« La mort n’est qu’une étape dans ce périple qui nous permet de dresser un constat de nos acquis terrestres en nous élevant à divers points de vue différents. Savoir ce qui nous attend après la mort nous permet de voir l’importance de nos actions sur terre. C’est ici-bas que nous traçons les grandes lignes du voyage dans l’au-delà. C’est maintenant que nous préparons les bagages dont nous disposerons dans l’au-delà et que nous œuvrons à la fin de ce grand mouvement entre ciel et terre. »
Les migrations dans un documentaire
Dans Human Flow, l’artiste chinois dissident Ai Weiwei nous emmène en voyage à la rencontre des exilés du monde. Et nous fait prendre une sacrée dose de recul.
L'artiste déclare : "J’ai été détenu en Chine très longtemps, sans le droit d’avoir un passeport. Quand j’ai enfin pu en avoir un, j’ai décidé de partir moi aussi. J’étais curieux de savoir ce qui se passait dans le monde. Avec mon équipe on est allés en Grèce, à Lesbos, au Liban, en Jordanie, au Bangladesh, en Iran, en Irak, en Afghanistan… Je voulais comprendre. Comment les gens deviennent-ils des réfugiés ? Pourquoi quittent-ils leur pays pour faire un voyage si dangereux ? Comment sont-ils accueillis, dans les pays où ils arrivent ? Sont-ils traités comme des êtres humains, ou comme des problèmes qu’il faut régler ?"
"Le flux des humains est aussi naturel que celui des rivières."
Il poursuit : "Avec ce film, je veux montrer ce qu’il y a derrière l’horreur : les humains. Le flux des humains est aussi naturel que celui des rivières. L’humain a toujours migré, et on vient tous de quelque part ! Le climat, la guerre, la religion ou la famine, tous ces problèmes ont poussé nos parents, ou les parents de nos parents, à bouger, recommencer, repartir de zéro. Ça fait partie de notre histoire collective, la capacité de l’être humain à s’adapter, échanger, créer une société civilisée. Mais aujourd’hui quand il y a une tragédie, on se dit toujours : c’est leur problème. Je ne suis pas d’accord. Leur tragédie est notre tragédie, et leur tragédie, très souvent, est aussi à cause de notre implication ou de notre négligence...
Aujourd’hui, dans notre monde moderne avec tous les avantages de la globalisation, sommes-nous capables de prendre nos responsabilités et reconnaître nos privilèges, pour résoudre nos problèmes ensemble ? L’Europe est complètement divisée, chaque pays protège ses intérêts, et personne ne veut collaborer. Ça veut dire que l’Union Européenne est un échec ? Va-t-on revenir à l’ancien temps ? Rembobiner l’histoire ?"
Le numérique consommé avec avidité limite la transition écologique
"Si le numérique est souvent qualifié de “virtuel”, le secteur repose sur des technologies qui sont bien réelles. [...] Aujourd’hui, le numérique est un des plus gros consommateurs d’énergie au monde. 10 % de l’électricité mondiale alimente le numérique, et cela double tous les quatre ans. L’explosion du streaming vidéo, le développement exponentiel de l’IA, la multiplication des objets connectés, etc. nécessitent un accroissement de la consommation en énergie. Si le secteur numérique continue à se développer au rythme actuel, il devrait consommer plus de 20 % de l’électricité mondiale actuelle vers 2030 et près de 100 % en 2050. Or, nous savons que la transition énergétique va mener à une diminution de l’offre mondiale d’énergie. [...]
Il est évident que le secteur numérique ne peut pas continuer à se développer au rythme actuel. On irait alors tout droit vers un mur technologique, sociétal, politique, stratégique mondial aux conséquences aussi dramatiques que celles dues au changement climatique. Si nous voulons que le numérique joue le rôle qui lui revient dans la transition vers un monde durable, zéro carbone, il est temps de réfléchir à quand et comment commencer à freiner son développement anarchique. Ce ne sera pas facile. [...] C’est 60 % de l’humanité qui est aujourd’hui connectée."
- Michel Wautelet, ingénieur et professeur e.r. UMons (didactique des sciences)
Source: extraits choisis d'un article de La Libre
La guerre silencieuse de la Russie contre l'Occident
Voici des extraits choisis du documentaire d'Arte "Prague face à la propagande de Poutine". Il s'agit d'une enquête sur l’influence de l’entreprise de désinformation menée par la Russie et la lutte engagée contre ce dangereux phénomène dans un pays déjà affaibli et sous tension. Le combat mené aujourd’hui par la Russie en République tchèque est une lutte médiatique âpre et silencieuse, conduite à grand renfort de mensonges ciblés et de "fake news" en tout genre, visant à ébranler peu à peu l’opinion publique et à user le moral de la population.
En quoi consiste la menace ?
Petr Pavel, Président du comité militaire de l'Otan déclare: "Nous considérons comme une menace le fait que la propagande actuelle et surtout la propagande russe jette le descrédit sur les institutions. Cela nourrit la défiance des citoyens vis à vis des médias officiels, ils n'ont plus confiance dans les hommes politiques, dans les autorités du pays. L'afflux d'informations venues de toute part met à mal la clairvoyance du citoyen qui, faute de parvenir à discerner la vérité, peine à se forger sa propre opinion."
La désinformation occupe une grande place dans les documents officiels de la Fédération de Russie. Notamment dans la doctrine dite de Guérassimov que Vladimir Poutine a signée à la fin de l'année 2014. Valéri Guérassimov est le chef d'État-major des forces armées de la Fédération de Russie. Dans sa doctrine, il affirme entre autres que pour atteindre les cibles stratégiques, il est nécessaire de combiner des moyens militaires et non militaires, dont la désinformation. Grâce à ces moyens, il devient possible d'amener à saturation la population d'un pays ciblé, de l'amener à une apathie généralisée et à l'indifférence, et par là-même d'affaiblir sa capacité de défense. Voir le podcast de décembre 2020 "Mythes et réalités de la "doctrine Guérassimov" et de la guerre hybride russe".
Des mécanismes anciens mais renouvelés
Les auteurs d'articles de sites de propagande russe, le plus souvent anonymes, usent de toute une série de techniques de manipulation, comme le rejet de la faute, l'affabulation, la stigmatisation, l'appel à la peur ou encore la relativisation. La stigmatisation est une technique qui vise à attribuer un sobriquet à une personne. Vous indiquez directement au lecteur ce qu'il doit penser de la personne, qui peut être étiquettée individuellement ou en tant que groupe, comme par exemple les migrants.
En outre, des usines à trolls sont créées pour influencer les opinions et le moral des individus. Les trolls tentent de fausser les points de vue sur les réseaux sociaux et reçoivent pour cela des directives et une mission quotidienne. La journaliste infiltrée dans une de ces structures raconte : "Derrière chaque information concernant la Russie, les Etats-Unis, la Turquie ou l'Ukraine, vous avez une armée de trolls qui commentent la moindre nouvelle. Les commentaires ne sont soumis à aucune espèce de censure. Les positions sont extrêmes, mais ces personnes ne sont pas condamnés pour leurs propos. C'est une vaste entreprise de propagande de haîne, qui vise à l'escalade de la discorde entre les nations. Elle véhicule une image on ne peut plus négative de tout ceux qui sont différents."
Ce phénomène de désinformation et de trolls téléguidés a touché ces dernières années toute l'Europe, ainsi que les Etats-Unis. Les soupçons de tentatives pour influencer le choix des électeurs sont apparus lors de l'élection de Donald Trump aux Etats-Unis ou encore en Grande-Bretagne lors du Brexit. Depuis, les tentatives d'ingérence se sont multipliées et ont frappé d'autres pays européens comme les Pays-Bas, l'Allemagne, la Suède et l'Ukraine. D'autres preuves de manipulations par le Kremlin touchent les pays du Sud comme l'Italie, la Grèce et l'Espagne.
Les objectifs poursuivis sont donc clairs, affaiblir l'Occident et en particulier l'Otan.
L'indolence des médias
Edward Lucas, journaliste britannique au "The Economist" déclare : "Les grands quotidiens adoptent des techniques de manipulation autrefois réservées à la presse à scandale. Faute de rédacteurs expérimentés et de temps pour traiter les sujets, l'information de qualité est sacrifiée au profit de nouvelles à charge émotionnelle."
Face à de fausses informations visant à tout critiquer, à tout discréditer, le public visé devient apathique, cesse de s'intéresser à la politique et devient perméable à de simples manipulations qui passent par le registre émotionnel.
La démocratie a besoin de médias de haut niveau. Des médias dont les rédactions n'éludent pas la vérification des faits, afin que le public puisse se faire sa propre opinion en toute confiance. La résilience de nos démocraties européennes en dépendent de plus en plus face aux attaques du Kremlin.
Voir le livre d'Edward Lucas, The New Cold War, Bloomsbury Publishing, 2014
Voir les confessions d'un ancien troll russe, ainsi que mon précédent billet.
L'Europe sera-t-elle soumise aux prédateurs dans l'avenir ?
"Presque deux ans après le début de l’offensive russe contre l’Ukraine, les promesses de « fin de l’histoire » et d’apaisement des conflits évoquées après la chute du mur de Berlin semblent appartenir à un passé lointain. De l’Afghanistan au Caucase, du Sahel à la Lybie, de la Syrie à l’Ukraine et de la Corée du Nord à Taiwan, les zones d’affrontements ne cessent de s’élargir sur fond d’échec patent des institutions internationales.
Non seulement la mondialisation anglo-saxonne n’a pas apporté un surcroît de paix au monde mais elle a, au contraire, été utilisée par les puissances identitaires comme la Chine, la Russie ou la Turquie pour étendre leurs influences, satisfaire leurs besoins grandissants en énergie et en ressources et s’opposer toujours plus frontalement à l’hégémonie américaine.
Quant à l’Europe et à la France en particulier, hantées par le désenchantement et le doute, assaillies par des vagues migratoires hors de contrôle, elles semblent dépassées par l’accélération des mutations technologiques et immobilisées par le cadre juridique supranational de l’UE. Pour la plupart des analystes, la situation géopolitique actuelle est pire qu’aux heures les plus tendues de la guerre froide et l’hypothèse d’un drame nucléaire ne peut plus être totalement écartée. Le monde se dirige-t-il vers un choc global ?"
Source : 4eme de couverture du livre "Vers un choc global ?"
La détresse des migrants
Un couple de belges accueillent des migrants chez eux pour les protéger.
"Quand nous allions au Parc Maximilien, on se retrouvait face à des hommes qui crevaient de faim. On voyait leur tête, comme ils étaient fatigués. On n’avait pas le cœur de leur dire non. [Nous les avons hébergé]. Les premiers moments étaient un peu stressants. Mais au final, tout se passe bien. Ils sont très gentils. Il faut bien se dire qu’ils ont tout à y perdre s’ils ne sont pas corrects ! Ce sont vraiment des gars biens ! Ils en ont chié dans la vie. La nuit, ils ne dorment pas beaucoup car ils sont angoissés. Après les rafles, un groupe est resté chez nous durant une semaine sans sortir. Après, il y a eu la délégation soudanaise. Ils étaient mortifiés. Ils n’osaient pas sortir. Au bout d’une dizaine de jours, nous étions amis. Nous avons gardé contact et ils reviennent quand ils en ont besoin. Au début, je m’en faisais trop quand ils repartaient. Ils m’envoyaient un SMS pour me dire que tout allait bien et qu’ils étaient en sécurité. Aujourd’hui, je me détache des médias, je ne lis plus les articles sur Theo Francken parce que ça me déprime."
Extrait remanié d'un témoignage issu du quotidien Metro. Voir aussi le Maire français qui accueille les migrants et Des bénévoles logent 300 migrants.
Les promesses de réduction d'émissions
A six jours de la COP23, il semble que les promesses des Etats atteindront à peine un tiers des réductions d'émissions de gaz à effet de serre, nécessaires pour rester sous la barre des 2°C. Le secteur privé et la société civile devront combler les deux tiers restant. Ce qui constitue un énorme défi à relever, d'autant plus si les citoyens ne se décident pas à agir individuellement. Nous sommes au pied du mur. Voir aussi le débat instructif sur ARTE.
Le calvaire des réfugiés
"Quant aux malheureux réfugiés venant mourir en masse à nos portes, leur calvaire constitue un scandale et une faute dont nous aurons bien du mal à nous déculpabiliser un jour, car ils sont la preuve aveuglante de notre égoïsme, de notre mésentente et du caractère creux en réalité de nos déclarations pompeuses d'allégeance à des valeurs universelles.
Chaque réfugié a quitté son pays au prix d'un déchirement dont la plupart d'entre nous auraient bien du mal à concevoir l'horreur même. Il mérite d'être traité comme une personne ayant une histoire individuelle, une identité propre, méritant le respect et non comme un grain de sable parmi d'autres, à l'existence négligeable. Tout réfugié doit être déclaré à l'abri de marchandages indignes entre nations européennes plus pleutres les unes que les autres, suscitant la honte en nous, leurs citoyens."
- Paul Jorion, anthropologue, sociologue et essayiste. Extrait de son livre "Vers un nouveau monde", Renaissance du livre, 2017
L'information qu'on nous dispense
"La presse n'offre pas les explications authentiques qu'attend l'opinion publique, et cela, parce qu'elle a cessé petit à petit de jouer ce qui devait être son rôle, de peur de vexer ici un généreux bailleur de fonds, de peur d'effaroucher là les firmes dont la publicité fait vivre les organes de presse.
Assommés de toute part par des nouvelles aussi nombreuses qu'accablantes, nous avons du mal à émettre un jugement critique à leur propos. Nous ne sommes guère informés par les médias au sujet du fonctionnement réel de notre société. La manière dont l'actualité nous est présentée relève du sensationnalisme, nous aveuglant davantage qu'elle nous informe. La presse actuelle se contente le plus souvent de nous assener des faits bruts, sans mettre à notre portée des instruments d'analyse.
La presse avait pourtant un rôle noble à jouer: son idéal d'autrefois d'informer comme un service public à rendre à l'opinion d'une nation. Elle devait tout nous dire et non, comme c'est de plus en plus souvent le cas aujourd'hui, nous divertir par priorité, ensuite filtrer et mentir par omission.
Car ce n'est pas en affirmant ce qui est faux que la presse aujourd'hui nous trompe, c'est par les grands blancs qu'elle laisse se créer dans ce qu'il serait essentiel pour nous de savoir: que le monde que nous avons connu s'écroule autour de nous, que le moment est venu pour nous de retrousser nos manches sans tarder, parce que le temps presse, parce que désormais, chaque minute compte."
- Paul Jorion, anthropologue, sociologue et essayiste. Extrait de son livre "Vers un nouveau monde", Renaissance du livre, 2017
J'ajouterais que la société devrait investir dans une presse de qualité afin de renforcer son indépendance. Mais aussi améliorer l’éducation critique aux médias dans les écoles, veiller à réinstaurer la neutralité du net, et surveiller les informations parues sur les réseaux sociaux par de vrais journalistes. Enfin, la société devrait arrêter de poursuivre en justice les lanceurs d’alerte, et reconnaître qu'ils tentent de protéger nos sociétés civiles en dénonçant les excès.
Des hommes pareils
Vous, vous êtes et nous, nous sommes
Des hommes pareils
Plus ou moins nus sous le soleil
Mêmes cœurs entre les mêmes épaules
Qu'est-ce qu'on vous apprend à l'école
Si on y oublie l'essentiel ?
On partage le même royaume
Où vous, vous êtes et nous, nous sommes...
Moi, j'ai des îles, j'ai des lacs
Moi, j'ai trois poissons dans un sac
Moi, je porte un crucifix
Moi, je prie sur un tapis
Moi, je règne et je décide
Moi, j'ai quatre sous de liquide
Moi, je dors sur des bambous
Moi, je suis docteur-marabout
Et nous sommes
Des hommes pareils
Plus ou moins loin du soleil
Blancs, noirs, rouges, jaunes, créoles
Qu'est-ce qu'on vous apprend à l'école
S'il y manque l'essentiel ?
Semblables jusqu'au moindre atome
Vous, vous êtes et nous, nous sommes...
Moi, je me teins et je me farde
Moi, mes chiens montent la garde
Moi, j'ai piégé ma maison
Moi, je vis sous des cartons
Moi, j'ai cent ans dans deux jours
Moi, j'ai jamais fait l'amour
Nous, enfants neveux et nièces
On dort tous dans la même pièce
Quel que soit le prix qu'on se donne
On nage dans le même aquarium
On partage le même royaume
Où vous, vous êtes et nous, nous sommes
Où nous sommes des hommes pareils
Plus ou moins nus sous le soleil
Tous tendus vers l'espoir de vivre
Qu'est-ce qu'on vous apprend dans les livres
S'il y manque l'essentiel...?
S'il y manque l'essentiel...?
J'aime mieux ce monde polychrome
Où vous, vous êtes et nous, nous sommes...
Des hommes pareils...
Francis Cabrel – Des hommes pareils, album Des roses et des orties.
La suite de Blade Runner
Mon impression
Esthétique, onirique, captivant, intrigant, intelligent, Blade Runner 2049 fera date. Tout comme le film éponyme de Ridley Scott, il fera partie des incursions plausibles dans notre futur, comme une vision dystopique de l'avenir. D'un bout à l'autre du film, le scénario délivre les pièces d'un puzzle complexe, qui demande toute notre attention. C'est un film lent mais qui ne lasse pas car, à l'instar du premier long métrage, il nous incite à nous poser des questions sur la définition de ce que signifie être humain. Question centrale dans l'oeuvre géniale du romancier Philip K. Dick.
Le film se veut un complément au premier par la continuité de l'histoire des personnages, mais aussi par l'intégration de nouvelles technologies : en complément des androïdes, de plus en plus humains, les hologrammes de compagnie font leur apparition dans la vie de chacun et sont plus vrais que nature. Les effets spéciaux donnent corps à une délicate scène d'amour. Du côté des points faibles, la longueur un peu excessive (2h40) et le choix d'une bande son tonitruante, parfois agressive, dépourvue d'émotions, et ceci malgré la participation au casting du grand Hans Zimmer. On est malheureusement loin de l'atmosphère délicieusement mélancolique du maître Vangelis.
L'histoire
Trente ans après les évènements du premier volet, Los Angeles est dans une situation écologique catastrophique: entre un territoire contaminé par la radioactivité, des déchets à perte de vue et une mer qui menace de la submerger, la mégalopole est surpeuplée et bruyante. Les habitants qui n'ont pas eu la chance d'émigrer vers les colonies de l'espace sont condamnés à survivre grâce aux aliments génétiquement modifiés de la compagnie Wallace. La société s'est encore durcie et les androïdes sont devenus obéissants, car les derniers Nexus 8 sont presque tous "retirés". Mais la découverte d'une anomalie sur des os exhumés risque de tout faire basculer. Dès lors, la police decide de maintenir le secret sur cette découverte qui pourrait entraîner la société dans le chaos.
La thématique principale du film est centrée sur la possibilité pour les androïdes de procréer, ce qui amènerait ces derniers à ne plus se laisser traiter en esclave, car devenus semblables aux humains, et à se rebeller. Un sujet très fort, assurément. C'est suite au "retrait" d'un Nexus 8 que l'agent "K", notre jeune blade runner, va remonter la piste de Rachel et de Deckard. Il va devenir l'instrument de la société Wallace, qui tient sous sa coupe la police de L.A., et dont l'objectif est de retrouver "l'enfant". Par ailleurs, K sera surveillé par un groupe de nouveaux androïdes aux ambitions révolutionnaires. S'ajoute à cela, la quête d'identité de notre héros qui cherche à savoir si ses souvenirs d'enfance sont réels ou ne sont que de vulgaires implants mémoriels. Le film se conclut sur une note touchante.
Les dialogues
Rien de superflu dans les échanges, des clés de compréhension placés aux bons moments, quelques non-dits, des paroles presque mystiques dans la bouche de Wallace, le patron et gourou de la société fabricant les nouveaux androïdes. Une tension dramatique qui s'exprime aussi par l'intensité des regards. Parmi les dialogues forts du film, je retiens ces 3 échanges :
- Les nouveaux androïdes insoumis déclarent : "Mourrir pour une bonne cause est l'acte le plus humain qu'on puisse poser. Plus humain que l'humain."
- Lorsque Deckard justifie sa longue absence : "Parfois, lorsqu'on aime quelqu'un, il vaut mieux devenir un étranger."
- Compliment de l'agent K à son séduisant hologramme : "L'ADN humain est composé de 4 bases, toi tu es composée de 0 et de 1. Deux fois moins, mais deux fois plus élégante."
Le réalisateur
Avec cette suite qui revisite entièrement le film de 1982, Denis Villeneuve réussit un tour de force dont peu de réalisateur peuvent se targuer. Aidé par le scénariste du premier opus Hampton Fancher, il délivre un résultat totalement juste et démontre une parfaite maîtrise des thématiques de Blade Runner. On ne compte plus les rappels, clins d'oeil et liens directs avec le scénario du premier film. Le canadien m'avait déjà impressionné avec "The arrival" proposant une approche originale du contact extraterrestre et une dimension visuelle remarquable. Il fait désormais partie de mes réalisateurs favoris avec Ridley Scott, Christopher Nolan ou encore Terrence Malick. Villeneuve s'impose de fait dans le domaine de la science-fiction d'une très belle manière. Du cinéma de cette qualité, on en veut tous les jours.
J'ai pu assister à la première mondiale du film au Kinepolis de Bruxelles, en présence du journaliste cinéma Hugues Dayez dont voici la critique enthousiaste.
Ce qu'en dit la presse : La Libre, Cinefilm, Première, Le Figaro, Le Point, Le Monde, Numerama.
Le remède du multilatéralisme
Le Président français a fait ses débuts à la tribune des Nations Unies ce 19 septembre 2017. Dans une allocution remarquable, Emmanuel Macron est revenu sur les grands défis de notre époque. Il appelle à une refonte du multilatéralisme comme solution à nos défis mondiaux : la guerre, le terrorisme, les migrations, le réchauffement climatique. Il en souligne aussi l'urgence et la responsabilité de notre génération, notre devoir de solidarité et d'humanité.
“Le multilatéralisme est universel, c’est cela qui construit la paix dans la durée, c’est la règle du droit”.
Le credo de la croissance
Décroissance : Un XXIe siècle à la bougie ? Croissance, croissance, croissance ! Tel est le credo qui fait tourner les rouages du capitalisme mondialisé. Voici un intéressant débat d'idées entre Anselm Jappe, philosophe et Laurence Boone, économiste.
André Gorz, philosophe et journaliste appellait dès 1977 dans son livre "Ecologie et liberté" à une révolution écologique, sociale et culturelle qui abolirait les contraintes du capitalisme. Pour lui, l'énergie étant limitée, la surconsommation des uns condamne les autres à la misère. La croissance économique est une illusion qu'il faut combattre.
Geneviève Ferone et Jean-Didier Vincent, dans leur livre "Bienvenue en Transhumanie", nous avertissaient déjà en 2011 sur la croissance économique : "Il faut toujours continuer à vendre, à acheter et à consommer. (...). Certaines voix s'élèvent pour faire observer que dans les pays développés, nous sommes arrivés à un point où la croissance économique ne nous apporte que peu ou pas d'amélioration. En revanche la croissance menace de causer de grands dommages à nous-mêmes et au reste du monde, avec le réchauffement de la planète, l'augmentation du prix des ressources et le risque d'effondrement écologique. Pourtant le consensus est que la croissance est nécessaire pour réduire le chômage et promouvoir la stabilité économique. Mettre un terme à la croissance est proprement inconcevable.
Une double approche est requise pour envisager un monde sans croissance : en plus de changements dans nos modèles économiques, il est nécessaire qu'aient lieu des changements sociaux remettant en cause la place accordée aux valeurs matérialistes. Nous pouvons appeler de nos voeux une économie qui favorise l'épanouissement humain, mais personne ne sait très bien décrire pour près de 7 milliards de personnes à quoi pourrait ressembler une société où les gens dotés d'un niveau de vie confortable jouiraient de temps libre en abondance pour développer leurs talents et leur humanité, dans toute la mesure du possible. (...).
Que dire alors de la décroissance ? Décroissance de quoi exactement ? Considérant que notre mètre-étalon de la croissance est le PIB (produit intérieur brut), pouvons-nous mesurer avec le même instrument ce que serait la décroissance ? Ce n'est pas si simple. Ce PIB synonyme de progrès social est très imparfait, il n'intègre pas de variables plus qualitatives et ne tient pas compte de l'impact de l'homme sur le capital naturel. Si on se réfère au capital naturel, la décroissance est déjà amorcée. Ce qu'il faut faire décroître de façon urgente est notre empreinte écologique, c'est-à-dire la pression de l'homme sur son environnement. Cela passera très certainement par un autre modèle économique intégrant cette contrainte et une nouvelle politique de redistribution et de gestion des ressources. (...).
Les différentes crises - économique, écologique, énergétique - ne sont pas simplement "conjoncturelles" ou "contingentes", elles sont l'expression d'une crise fondamentale, c'est tout un mode de vie, de production, et de pensée, vieux d'au moins deux cent cinquante ans, qui ne semble plus capable d'assurer la survie de l'humanité, et il y a de bonnes raisons de penser que nous sommes en train de vivre une mutation historique de notre modèle. (...). Les limites de la prospérité, aujourd'hui, sont plus dépendantes du capital naturel disponible que des prouesses technologiques. Les défis auxquels nous devons répondre nous invitent autant à l'audace, à l'humilité qu'à la solidarité. Tant que nous n'aurons pas accepté et intégré ces nouvelles dimensions d'échanges et d'interconnexions entre différentes disciplines et communautés d'acteurs, cette foi aveugle dans le progrès technologique risque de devenir une nouvelle religion en croisade contre les adorateurs du principe de précaution, et autres fossoyeurs de notre civilisation moderne."
"On en vient facilement à l'idée d'une croissance infinie ou illimitée, qui a enthousiasmé beaucoup d'économistes, de financiers et de technologues. Cela suppose le mensonge de la disponibilité infinie des biens de la planète, qui conduit à la "presser" jusqu'aux limites et même au-delà des limites" - Pape François, LS 106.
Le réveil de notre humanité
Les paroles des chansons de Depeche Mode ont toujours été emprunt de religiosité et de morale. Cela n'aura pas échappé à tout ceux qui apprécient ce groupe. Ce morceau en est un bon exemple. Le texte dénonce sans ambiguïté les travers de notre époque : une société sans repères qui perd le contrôle, régresse et perd son âme, affublée d'une technologie qui déshumanise. Avec cette rengaine "Nous ne ressentons rien". Le parolier tente de susciter une prise de conscience salutaire. Certains diront qu'il ne s'agit que d'une chanson, mais d'autres auront le sentiment que le message peut avoir un impact sur beaucoup d'entre-nous.
We are not there yet / Nous n'y sommes pas encore
We have not evolved / Nous n'avons pas évolué
We have no respect / Nous n'avons pas de respect
We have lost control / Nous avons perdu le contrôle
We're going backwards / Nous allons à reculons
Ignoring the realities / Ignorant les réalités
Going backwards / Nous régressons
Are you counting all the casualties? / Comptez-vous toutes les victimes?
We are not there yet / Nous n'y sommes pas encore
Where we need to be / Là où nous devrions être
We are still in debt / Nous sommes encore redevables
To our insanities / Pour nos folies
We're going backwards / Nous allons à reculons
Turning back our history / Remontant dans notre histoire
Going backwards / En régressant
Piling on the misery / Ajoutant à notre malheur
We can track in all the satellites / Nous pouvons suivre tous les satellites
Seeing all in plain sight / Les voir tout à fait
Watch men die in real time / Voir des hommes mourir en temps réel
But we have nothing inside / Mais nous n'avons rien à l'intérieur
We feel nothing inside / Nous ne ressentons rien à l'intérieur
We are not there yet / Nous n'y sommes pas encore
We have lost our soul / Nous avons perdu notre âme
The course has been set / La trajectoire a été fixée
We're digging our own hole / Nous creusons notre propre trou
We're going backwards / Nous régressons
Armed with new technology Armés de nouvelle technologie
Going backwards / Reculons
To a cavemen mentality / Vers une mentalité d'hommes des cavernes
We can emulate on consoles / Nous pouvons faire sur consoles
Killings we can control / Des tueries qu'on peut contrôler
For senses that have been dulled / Pour des sens qui ont été altérés
Because there's nothing inside / Parce qu'il n'y a rien à l'intérieur
We feel nothing inside / Nous ne ressentons rien
We feel nothing inside / Nous ne ressentons rien à l'intérieur
(We feel nothing, nothing inside) / (Nous ne ressentons rien, rien en dedans) 5X
Because there's nothing inside / Parce qu'il n'y a rien en dedans
Because there's nothing inside / Parce qu'il n'y a rien à l'intérieur
Depeche Mode - Going Backwards de l'album Spirit.

