L'Inde continue à ménager Poutine malgré la guerre en Ukraine
"Peu importe que l'armée russe commette des crimes de guerre ou rase des villes ukrainiennes, l'Inde continue à ménager Vladimir Poutine. Comme la Chine ou l'Afrique du Sud, elle s'est abstenue de voter les résolutions de l'Onu appelant la Russie à cesser de recourir à la force contre l'Ukraine. Invités à participer au sommet du G7 en début de semaine, elle et quelques autres pays émergents n'ont pas voulu souscrire à la partie du communiqué final condamnant la "guerre d'agression injustifiable" menée par le président russe.
Si l'Inde plaide pour la cessation immédiate des hostilités, elle omet de pointer la responsabilité de la Russie, avec laquelle elle entretient des relations historiques et dont elle est très dépendante pour ses achats d'armes et de munitions. Elle profite même de la situation pour acheter le pétrole que Moscou, sous sanctions occidentales, lui vend à prix bradés. [...]
New Delhi, qui affiche une position historique de non-alignement dans les relations internationales, joue sur les deux tableaux. Sur fond de rivalité territoriale avec la Chine et le Pakistan, elle ne veut s’aliéner ni la Russie, qui l’a soutenue sur la question du Cachemire, ni les Américains, qui promettent des investissements d’envergure, et les Européens, avec lesquels elle vient de relancer les négociations d’un accord de libre-échange."
Source : article de La Libre "L’Inde ne peut plus ménager Moscou"
La Chine se profile déjà comme une menace pour la sécurité en Europe
"À l’OTAN, certains considèrent que si la Russie pose aujourd’hui un danger, le vrai problème émergera dans quelques années depuis la Chine. Le facteur chinois est déjà incontournable dans la structure européenne. Elle a acheté beaucoup d’infrastructures critiques sur le continent. Il y a aussi beaucoup de désinformation chinoise en Europe. La perspective de l’OTAN a changé vis-à-vis de la Chine, au vu de son attitude pendant la pandémie. Désormais, elle ne condamne pas les actions russes en Ukraine, au contraire, on peut même dire que la Chine soutient la Russie.
L’OTAN considère le facteur chinois comme un problème de sécurité. C’est une vision très américaine, celle de considérer la Chine comme un compétiteur stratégique. Les Européens se rapprochent de plus en plus du point de vue Américain. Cela veut dire que l’Otan va s’engager à mieux comprendre ce que la Chine signifie pour notre sécurité en Europe. Et que l’OTAN deviendra probablement une organisation plus globale, ne sera plus seulement une alliance régionale préoccupée par la sécurité de ses membres. Il va essayer de renforcer les partenariats qui existent déjà avec le Japon, la Corée du Sud, l’Australie, et d’autres pays de la région."
- Bruno Lété, chargé de recherche au German Marhsall Fund, expert en sécurité et défense.
Source: article de La Libre L’Otan se prépare à un "désordre géopolitique d’une décennie"
Ce que la feuille de route de l'OTAN reproche à la Russie et à la Chine
"Dans son nouveau Concept stratégique, l'Otan souligne que sa raison d'être est la défense collective et que son but, par sa capacité nucléaire, est de "préserver la paix et décourager toute agression", mais ses propos sont très durs à l'égard de la Russie et, dans une moindre mesure, vis-à-vis de la Chine.
"Par la coercition, la subversion, l'agression et l'annexion, la Russie tente d'exercer un contrôle direct et d'établir des sphères d'influence", dénonce le texte. À la Chine, les alliés reprochent "ses opérations cyber, sa rhétorique hostile et ses activités de désinformation" et le fait qu'elle "utilise le levier économique pour créer des dépendances stratégiques et accroître son influence" dans le monde.
Les alliés en ont discuté jeudi lors d'une session consacrée, sous l'insistance de l'Espagne, à la protection du flanc sud de l'Alliance, le continent africain, d'où les flux migratoires continuent. En Afrique, "à la fois Moscou et Pékin utilisent le levier économique, la coercition et des approches hybrides pour avancer leurs intérêts", a déclaré le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg."
Source : article de La Libre
Ecoutez aussi l'émission de France Culture "La Chine est-elle devenue folle ?" où l'on prend conscience de la guerre idéologique qu'elle mène désormais contre l'Occident.
L'illusion que la culture dans laquelle nous vivons ne nous influence pas
"Nous sommes des créatures culturelles, et ce que nous prenons pour des émotions spontanées et naturelles est en réalité formé par un système culturel qui évolue avec le temps"
- Kim Stanley Robinson, auteur américain

