2080, l'humanité
Déni
En nous érigeant au-dessus du vivant, nous avions l'impression de sortir de notre condition.
Nous étions des hommes fiers de notre puissance, méprisant la fragilité, la vulnérabilité.
Le monde nous appartenait. Nous avions tout.
Mais nous nous sommes engagés sur la voie de la compétition et de la destruction.
Il fallait accumuler et détruire pour se convaincre d'être au sommet.
L'homme se disait civilisé. Il vivait dans le déni.
Dépression
Puis il y a eu de profondes déchirures dans notre tissu d'illusions.
Alors que nous consommions pour être vu et exister, le climat se déréglait.
Nous avons vu l'humanité décliner, la biodiversité rapidement s'effondrer.
Nous avons vu la sécheresse s'imposer, le feu tout dévorer, l'eau nous noyer.
Il y a eu les guerres bien sûr, et les pandémies, mais les famines furent les plus meurtrières.
Nous nous en sommes voulu terriblement, passant par toutes sortes d'émotions, entre cris et larmes.
Résignation
Nous avons vécu un lent et long déclin économique et démographique.
A mesure que le grand déclin s'intensifiait, nos vies s'accompagnaient de douloureux renoncements.
La température du globe a continué d'augmenter, en raison de réactions en chaîne incontrôlables.
Nos efforts n'ont pas permis de stabiliser le climat mondial.
Nous avons brisé l'équilibre.
Nous avons perdu le futur auquel nous aurions pu prétendre.
Acceptation
L'acceptation de la réalité a été longue et difficile. Nous avons lutté contre le désespoir.
Nous sommes parvenus à changer notre perception du monde, à nous changer de l'intérieur.
Nous avons cessé de promouvoir certaines valeurs qui se sont révélées mortifères.
Puis nous avons cessé de nous voir comme supérieurs aux autres êtres vivants.
A présent, les jeunes générations ne connaissent pas l'insouciance, ni l'opulence vécues jadis par leurs aînés.
Elles sont contraintes de vivre dans la frugalité et l'incertitude, avec la sensation d'un futur volé.
Reconstruction
Si seulement nous pouvions plier le temps sur lui-même, revenir en arrière.
Rêver d'un autre monde, tout en se rappelant ce que les rêves des hommes ont coûté aux espèces vivantes, et à la planète.
Avant le grand déclin, nous pensions avoir tous les droits. Aujourd'hui, notre survie veut qu'il nous reste surtout des devoirs.
Avoir échappé à la mort. Persévérer. Vivre au jour le jour. Un pas après l'autre. Un pied devant l'autre.
Pour notre planète, nous ne cessons d'essayer de rétablir une relation équilibrée de bénéfice mutuel, une relation durable.
Notre liberté inclut désormais aussi celle des générations futures, auxquelles nous nous devons de léguer un monde habitable.
L'humanité est enfin sortie de l'enfance.
Source: Roman d'anticipation "Visite" de Li-Cam. Texte librement inspiré du témoignage du personnage fictif de Bella. Les titres des sections sont inspirés des 5 étapes du deuil selon Elisabeth Kübler-Ross.
Le niveau d'hypocrisie du patron de Facebook est ahurissant
"Contenus choquants, exploitation sexuelle, harcèlement en ligne, prévention du suicide... Les réseaux sociaux sont décriés à travers le monde pour leur impact néfaste sur la jeunesse. Face à ces dérives bien documentées, le Sénat américain a organisé une audition [le 31 janvier 2024]. Les patron de Facebook (Meta) de X (anciennement Twitter) ou de Tik Tok ont été convoqués devant une commission parlementaire du Sénat américain face aux dérives observées ces dernières années. [...]
A chaque scandale impliquant son entreprise, le PDG de Meta a souvent fait son mea culpa. Une tactique qui contraste avec le positionnement de ses concurrents. Mais Mark Zuckerberg [dont la fortune est plus élevée que jamais] s'est surtout justifié soulignant les investissements continus de Meta dans les efforts entrepris par sa compagnie pour protéger les enfants. [...] Les sénateurs ont dans leur main des documents internes du géant des réseaux sociaux qui prouvent que Mark Zuckerberg a refusé de renforcer les équipes chargées de débusquer les risques pour les adolescents. "Le niveau d'hypocrisie est ahurissant", a jugé le sénateur démocrate Richard Blumenthal. Aux Etats-Unis, ces documents font partie du dossier de plainte déposé par une quarantaine d'États fin octobre. Ces derniers estiment que Meta nuit à la "santé mentale et physique de la jeunesse", évoquant les risques d'addiction, de cyber-harcèlement ou de troubles de l'alimentation.
"En tant que père de trois jeunes enfants, je sais que les questions abordées aujourd'hui sont horribles et alimentent les cauchemars de tous les parents", a déclaré Shou Zi Chew, le responsable de TikTok. "J'ai l'intention d'investir plus de 2 milliards de dollars dans la sécurité. Rien que cette année, nous avons 40 000 professionnels qui travaillent sur ce sujet". [...] "X n'est pas la plateforme de choix des enfants et adolescents", a rappelé de son côté Linda Yaccarino, la patronne de X. [...] A ce stade, la législation américaine protège largement les plateformes numériques de toute responsabilité juridique en ce qui concerne les contenus partagés sur leur site."
Source : extraits choisis d'un article d'Euronews
Dans un autre article (source), on apprend que suite à la pandémie, "Les jeunes ressentent un manque d'amitiés proches, une séparation d'avec leur communauté et le sentiment que leur identité de citoyen numérique a supplanté leur sentiment d'appartenance au monde réel", expliquent les chercheurs Stephanie Rivas-Lara et Hiral Kotecha.
Regardez la séquence vidéo d'Arte 28 minutes sur cet évènement.
La connexion de nos intelligences, nos coeurs et nos imaginaires
Dans cet entretien, Geneviève Ferone Creuzet explore la possibilité d’un régime de post-croissance et esquisse des pistes pour le faire advenir. Engagée, elle enseigne sur les sujets d'économie circulaire et d'écologie industrielle, a publié plusieurs ouvrages et co-préside le Shift Project.

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