L'Europe sera contrainte d'ajuster son projet
"Le XXIe siècle marque une rupture géopolitique radicale, car l’enjeu des tensions passe de la rivalité des États à la survie de l’humanité face au péril environnemental. Le climat s’impose comme un puissant facteur d’unité du monde. Il ne s’agit plus d’abord de la quête de l’hégémonie entre États, mais de la recherche d’un équilibre viable entre biosphère et humanité. Car nous sommes désormais exposés à trois mêmes périls : changement climatique, destruction de la biodiversité et pandémies à répétition. Certes, les rapports de force stratégiques resteront un facteur structurant de l’ordre mondial, mais ils sont subordonnés à la lutte de toute l’humanité contre les mêmes dangers. Ils appellent une coopération entre tous les États, Chine et États-Unis compris, malgré leur rivalité systémique. [...]
La mise en place d’un plan de relance [européen post-Covid], relativement modeste, s’avère compliquée par les manœuvres politiques et par un débat juridique en Allemagne. Et puis viendra le temps de l’apurement incontournable de la dette Covid qui pourrait se compliquer d’un relèvement des taux obligataires. Ils vont aggraver les écarts structurels au sein de l’UE-27. [...] Bref, L’Europe au lendemain du Covid-19 débouche sur un immense chantier ouvert. Le travail de conscientisation des citoyens éclairés doit être entrepris par de grands partis transnationaux à naître, porteurs de visions audacieuses sur le rôle de l’Europe dans le monde et sur les conditions internes de sa robustesse. Mais avant tout, le projet européen doit redevenir civilisationnel : une ouverture au bien, au vrai et au beau, sous-tendue par une vie de l’esprit."
Source: Extrait choisis d'un article de La Libre

