La pyramide de Maslow: les besoins d'estime
La pyramide des besoins, ou pyramide de Maslow, est une représentation pyramidale de la hiérarchie des besoins, une théorie de la motivation élaborée à partir des observations réalisées dans les années 1940 par le psychologue Abraham Maslow. Recherchant ce qui se cache derrière ces motivations, il met au jour cinq groupes de besoins fondamentaux : les besoins physiologiques, les besoins de sécurité, les besoins d'appartenance et d'amour, les besoins d'estime et le besoin d'accomplissement de soi. Cette taxinomie des besoins est, selon Maslow, universelle.
Force est de constater que, dans nos sociétés occidentales, ces besoins sont contrariés par le modèle de société que nous avons mis en place, et que nous imposons aux autres.
Niveau 4. Les besoins d'estime : avoir confiance et être apprécié
En théorie, les adultes sont suffisamment construits intérieurement pour ne plus être dépendant du regard des autres, de conserver ainsi une bonne confiance et ne plus rechercher l’approbation d’autrui. C’est bien sûr plus délicat pour les adolescents. Mis à part la confiance qui s’instaure dans le cadre familial, certains usages de notre époque peuvent fragiliser l’estime des enfants et adolescents, si nécessaire à ce moment de la vie. Etre accepté et apprécié des autres est crucial pour les plus jeunes qui veulent s’intégrer. Quoi de plus normal, finalement.
Mais à ceci près que la société ne protège pas vraiment les plus fragiles face à l’injustice. Des idées standardisées, des vêtements reconnaissables et maintenant des smartphones enviables. C’est apparemment cela qu’il faut viser. Gare à celui qui n’y adhère pas. Actuellement, il n’y a pas de discours moral audible et partagé par tous, qui rétablirait l’équilibre pour affirmer que ne pas en disposer ne diminue pas la valeur des individus. La consommation règne en maître. Elle pousse chacun à acheter pour se sentir exister, et nous invite à en avoir toujours plus. Posséder le dernier smartphone vous place au-dessus de la mêlée. Tout cela favorise l'ego et l'apparence. L’estime de soi est tributaire de l’image que l’on montre, publie ou déclare aux autres.
Ce qui était auparavant une difficulté de l’adolescence s’est étendue aux jeunes adultes. Nous sommes devenus des spectateurs et des acteurs de la société de l’image. Les marques ont investi les valeurs personnelles des individus pour vendre leur marchandise. Nous n’achetons plus une paire de chaussure, mais un style et un art de vivre. Que nous puissions intégrer des récits de la sorte démontre la puissance du marketing qui sous-tend ce système. Cette déviance lucrative des valeurs nous rend captif de ces entreprises pour leur profit. Et si demain, l’économie venait à s’effondrer, quel en serait l’impact sur la santé mentale des plus fragiles ? Serons-nous capables de retrouver une saine confiance intérieure ? Pourrons-nous être apprécié des autres pour nos qualités propres et nos points forts ?
Au départ, les réseaux sociaux nous semblaient être le terreau propice à la liberté d’expression et à notre épanouissement personnel. Et il n’y a pas de doute qu’ils apportent des bienfaits remarquables et sont devenus indispensables à nos démocraties. Mais les outils sont ce que nous en faisons. Aujourd’hui, je pense que le résultat est mitigé : harcèlement, propos haineux, fabrique de l’ego via l’image idéale de soi, dépendance et même dépression, viennent écorner cette image originelle. Si toute la société se met à utiliser ces outils, il faudrait y insuffler de l’éthique, comme partout ailleurs dans la vraie vie. Et pourquoi ne pas apprendre à nos jeunes à les utiliser à bon escient.

