Ce lundi 17 décembre, l'Assemblée générale de l'ONU a adopté, à une écrasante majorité de 181 pays, un Pacte mondial pour les réfugiés.

«Dans notre monde, qui renvoie souvent aux personnes dans le besoin, qui a honteusement politisé même la douleur de l’exil, qui a diabolisé et continue de diaboliser les réfugiés et les migrants et parfois même seulement les étrangers, ce pacte, en synergie avec l’autre pacte, le Pacte sur les migrations, peut réellement représenter concrètement un nouvel engagement en faveur de la coopération internationale », a déclaré Filippo Grandi, le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Le Pacte représente « un nouvel engagement en faveur de valeurs partagées de solidarité et la recherche de solutions justes et durables pour les personnes défavorisées ».

Le document comprend quatre objectifs essentiels: alléger les pressions exercées sur les pays d'accueil; accroître l'autonomie des réfugiés; élargir l'accès à des solutions faisant appel à des pays tiers; et aider à créer dans les pays d'origine les conditions nécessaires au retour des réfugiés dans la sécurité et la dignité.

Plus de 25 millions de personnes ont passé des frontières pour échapper à la guerre, à la persécution ou à la violence. 85% sont accueillis par des pays à revenu faible ou intermédiaire dont les services et infrastructures sont souvent mis à mal par l'accueil de tant d'arrivants. Les pays hôtes ne devraient pas être laissés seuls à assumer cette charge. Il nous faut une réponse mondiale plus résolue où chacun joue son rôle en accueillant des réfugiés, en investissant dans leur cause et en allégeant la pression pesant sur les pays qui les accueillent. C'est l'objectif du pacte mondial sur les réfugiés.

Les réfugiés sont des personnes qui se trouvent en dehors de leur pays d'origine en raison de craintes de persécution, de conflits, de violences généralisées ou d'autres circonstances qui ont gravement perturbé l'ordre public et qui, par conséquent, nécessitent une protection internationale.
Un migrant est une personne qui change de pays de résidence habituelle, quels que soient le motif de la migration ou le statut juridique. « Je suis un migrant mais je n’ai pas eu à risquer ma vie sur un bateau qui prend l’eau, ni à payer des trafiquants. Une migration sûre ne peut pas être limitée à l'élite mondiale », a déclaré le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres.

Qui va financer ?
Le Pacte mondial pour les réfugiés inscrit la réponse dans une approche de partenariat beaucoup plus large. Il examine ce que le secteur privé, les communautés religieuses et les institutions financières internationales peuvent apporter sur la table. La Banque mondiale a mis en place un instrument financier spécifique pour les pays à faible revenu touchés par les déplacements forcés - 2 milliards de dollars sur plusieurs années - afin de traiter les conséquences socio-économiques des flux de réfugiés. Sources : ONU info du 16 décembre; ONU info du 17 décembre.

Qu'est-ce que le Pacte mondial pour les migrations ?
Le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières est un texte qui reflète à la fois le point de vue des migrants, dont les droits de l’Homme sont réaffirmés et les attentes des États, y compris en termes de sécurité et de contrôle des frontières. Le Pacte prévoit ainsi que les États gèrent leurs frontières « selon le principe de la souveraineté nationale et dans le respect des obligations prévues par le droit international », tout en « prévenant la migration irrégulière ». Il repose sur le principe de la responsabilité partagée entre pays d’origine, de transit et de destination dans la gouvernance des flux migratoires. Il prévoit ainsi une coopération renforcée pour lutter contre le trafic de migrants et la traite des êtres humains et pour démanteler les réseaux de passeur, au bénéfice des États comme des migrants. Source : France diplomatie.