"Le populisme désigne l'instrumentalisation de l'opinion du peuple par des partis et des personnalités politiques qui s'en prétendent le porte-parole, alors qu'ils appartiennent le plus souvent aux classes sociales supérieures." Le populisme contamine de plus en plus de pays européens et il n'est pas certain que sa progression soit achevée. Ce type de discours peut conduire à des dérives de type autoritaire et à une altération de l'état de droit, si cher à nos démocraties. Au-delà des aspects politiques et juridiques, ce sont des injustices et des souffrances pour les citoyens qui sont en jeu ici. Des politiciens de Hongrie, de Pologne, d'Autriche, de République Tchèque, ou encore d'Italie, entrent dans cette tendance inquiétante où ces dirigeants jouent sur les peurs, les menaces extérieures et blâment les médias. Pour compléter leur électorat, ils flirtent avec les idées d'extrême-droite en pointant les migrants, l'incompatibilité avec d'autres cultures et religions, ou le rejet des élites qualifiées de corrompues. De surcroît, l'idée de récupérer leur souveraineté, et donc de sortir de l'Europe, est martelée sans cesse. 

Ce réflexe populiste et identitaire est pourtant loin du bon sens et les politiciens qui l'exploitent tentent simplement de renforcer leur pouvoir en récupérant des voix par l'émotion. Contrer cette tendance ne peut passer que par un intérêt plus marqué des citoyens pour la politique intérieure et internationale, pour le fonctionnement de la justice et des principes démocratiques qui fondent les valeurs partagées en Europe. Mais il faut aussi une remise en question de nos modes de pensée si souvent accusateurs envers les autres qui sont désignés comme différents. Une vision plus unifiée de l'humanité, si insignifiante dans l'univers, devrait nous rappeler que nous avons plus à gagner à nous unir plutôt qu'à nous haïr. Un écrivian suédois nous propose de considérer que la culture pourrait être la meilleure arme contre le populisme. La littérature, l'art, le théâtre, le développement de la pensée ou encore la musique comme vecteur de lien, d'ouverture, de respect.