Dans cette analyse très complète de la propagande russe, les constatations effectuées en 2015, sont toujours d’actualité 3 ans plus tard. Voici des extraits choisis :

La campagne de désinformation du Kremlin a trouvé un terrain fertile sur le territoire national car elle joue sur les émotions très anciennes du peuple russe et permet à la société d’oublier ses préoccupations politiques et économiques plus immédiates. Une grande part de la population est sourde aux arguments considérés par les Occidentaux comme logiques et objectifs. Le lavage de cerveau qui est imposé continuellement à la population depuis l’arrivée au pouvoir de Poutine a atteint un tel niveau que les Russes installés devant leur poste de télévision en sont venus à accepter des histoires grotesques et absurdes. Voir le reportage complètement falsifié servi aux russes concernant un sujet relatif à l'euro-scepticisme en France.

Par ailleurs, après des années de manipulation délibérée des médias en vue de faire taire toute voix discordante, la société russe est aujourd’hui très réceptive à la rhétorique gouvernementale, y compris à l’idée d’un complot de l’Occident contre la patrie russe, organisé dans le voisinage immédiat de la Russie.

En ce qui concerne les pays occidentaux, les Etats-Unis sont apparemment les seuls à avoir adopté une démarche ferme à l’égard de la propagande du Kremlin. La réponse de la communauté euro-atlantique à la guerre de l’information menée par la Russie a été jusqu’ici peu homogène. La lutte contre la guerre de l’information menée par la Russie devrait devenir la priorité numéro un de la communauté euro-atlantique. Les attaques de désinformation conduites par ce pays entraînent des pertes humaines, à la fois en Ukraine et en Russie (l’assassinat de Boris Nemtsov est largement attribué à l’atmosphère de haine suscitée par la propagande d’Etat). Ces campagnes ont pour but d’affaiblir, de démoraliser et de diviser notre Alliance.