Parmi les thèmes au coeur de cette campagne, l'économie et l’emploi. Mais ce sont les questions d’immigration qui ont suscité les débats les plus houleux. A l'heure du décompte des voix, les populistes du Mouvement 5 étoiles (M5S) tout comme la Ligue, d'extrême droite, sont les auteurs de percées historiques aux législatives en Italie. Pour la première fois, au coeur de l'Europe, les forces antisystème et donc le populisme l'emportent. Avec un vote marqué à la fois par le rejet de la vieille classe politique, l'exaspération face au marasme économique et les tensions autour des migrants et de l'Union européenne, l'Italie s'inscrit dans la lignée du Brexit, de la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis et de la poussée de l'extrême droite ailleurs en Europe. Au sein de la coalition droite-extrême droite, c'est la Ligue de Matteo Salvini, anti-migrants et anti-Europe, qui se taille la part du lion avec 18,5% des suffrages dans les deux instances.

Par sa proximité avec l'Afrique, l’Italie est le pays en Europe qui accueille le plus de migrants chaque année. Les conséquences humanitaires de cet afflux ont été utilisées par des partis, en particulier ceux de droite, pour rendre les migrants responsables des mauvais résultats économiques et de la prétendue hausse de la criminalité dans le pays. Avec des slogans très durs comme "Les Italiens d'abord" ou "Stop à l'invasion", la Ligue du nord a récupéré beaucoup de mécontents et d'eurosceptiques. Pourtant, ces leitmotivs ne sont pas en phase avec la réalité et les chiffres. L'article "Italie: le défi migratoire, entre idées reçues et réalité" reprend les clichés répétés par ces partis populistes et d'extrême droite, et les démonte grâce aux statistiques et aux données objectives. Le documentaire d'Insiders associé à l'article "Élections en Italie : la crise des migrants domine la campagne" est éclairant sur le triste vécu des migrants, le manque de compassion de certains italiens et la récupération électorale des populistes et de l'extrême droite.