Nils Melzer, rapporteur spécial aux Nations Unies sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, s'alarme de la situation actuelle dans le monde. Pas moins de 7 millions de migrants ont été victimes de torture. Dans son rapport, il décrit une augmentation vertigineuse du nombre de cas et appelle les Etats à respecter la dignité humaine. Il relève l'incompatibilité des lois, politiques et pratiques en vigueur, avec l'interdiction universelle de la torture et des mauvais traitements. Au conseil des droits de l'homme à Genève, il relève que certaines pratiques récemment introduites suggéraient une érosion délibérée du principe de non-refoulement, qui empêche quiconque d'être expulsé vers des pays où il risque d'être torturé ou maltraité. "Aucun migrant ne peut légalement être expulsé sans une évaluation individualisée des risques", a-t-il souligné.

L'expert a également exhorté les États à cesser de fonder leurs politiques migratoires sur la dissuasion, la criminalisation et la discrimination. Chaque fois que les États ne font pas preuve de la diligence voulue pour protéger les migrants, punir les auteurs ou fournir des recours, ils risquent de devenir complices de torture ou de mauvais traitements.

«La seule manière de mettre fin aux souffrances horribles causées par le trafic de migrants, la contrebande abusive et la détention arbitraire est de fournir aux migrants des voies de migration sûres et régulières et d'assurer la protection effective de leurs droits humains non seulement en théorie mais aussi en pratique. (...) J'espère que mon rapport aidera les États à mettre fin à l'une des plus grandes tragédies de notre temps: le mépris généralisé et systématique de la dignité humaine et de l'intégrité de millions de personnes qui ont tout perdu ou abandonné ", a-t-il confié au Conseil.

Source : News United Nations Human Rights